Exil en Normandie (les écrits du confins)

Exil en Normandie

Marcel, mon petit Marcel, je ne te le répéterai pas deux fois : maintenant que nous allons être confinés chez papi et mamie en Normandie, je t’interdis de chausser tes patins à glace, que tu confonds avec des patins en moleskine pour glisser sur le parquet ciré, et ne fais pas l’imbécile, pas de trottinette ni de skate dans la cour gravillonnée, tu m’écoutes ? Comprends donc que papa est fatigué, nous avons mis huit heures pour arriver ici, quand il en faut trois en temps normal par l’autoroute. Oui, Marcel, nous avons pris de petites routes et avons du mentir aux gendarmes quatre fois en leur disant que mes parents étaient à l’agonie. Oui, mamie est arrivée plus tard que nous avec le coffre plein de victuailles, mais cela ne t’autorise en aucun cas à rayer les tomettes de l’entrée et de la cuisine, ni le plancher en chêne du séjour, du salon et de la bibliothèque où papi fait sa sieste. Tu auras ton goûter à l’heure habituelle, mais sois sage et ne réveille pas le vieux, qui ne nous attend pas. C’est une surprise, alors silence, d’accord ? Oui maman. Je peux aller aux cabinets ? Bien sûr, mais avec les patins. J’ai oublié tes pantoufles à Paris, on t’en achètera ici, sauf s’il y a pénurie. Bon, je rigole. En province, ils ont tous des sabots, sauf en Charente, mais là-bas c’est par flemmardise. Autre chose, mon fils, si quelqu’un te demande dans la rue du village si tu viens de Paris, réponds-lui que p’têt bien que oui, p’têt bien que non. Il te prendra pour un gosse du coin qui fait les courses pour ses grands parents interdits de sortie pour cause de pandémie. Si l’épicier, qui te voit tous les étés et sait que tu voles des bonbons dans ses rayonnages (comme tous ces petits saligauds de parisiens) te demande ce que tu fais là, hors saison, tu réponds mes parents m’ont perdu sur le sentier des douaniers et je suis rentré tout seul. Il te dira alors : c’est vrai, ça ? Bin, p’têt bien que oui, p’têt bien que non. Alors, tu pourras faire les commissions et chaparder quelques friandises quand il te tournera le dos. Mais en attendant, pas de patins à roulettes, de vélo de ballon de foot, juste du calme, si jamais tu réveillais papi nous n’aurions plus qu’à rentrer illico à Paris, tu comprends, Marcel ? Oui maman. Je peux jouer à la Nintendo dans ma chambre ? Oui, mais avec un casque sur la tête. Promis ? Promis maman.

Marcel avait dix ans et son papi Léon 82. Mamie Françoise était discrète et son lieu de résidence principal était la cuisine. Ce qui faisait que le vieux couple ne se réunissait qu’à l’heure des repas. Mais nous fûmes bien accueillis, Roland et moi, Louise. Il sut gérer le motif de notre arrivée hors saison et il faut reconnaître que Léon et Françoise n’étaient pas mécontents de voir du monde en ces temps catastrophiques d’enfermement obligatoire. La première semaine se passa bien, le temps était clair et doux. Puis, sous l’influence maritime, le ciel se chargea de nuages, de plus en plus lourds, et Marcel commença à s’ennuyer. Le vent et les averses en vinrent à signer un pacte interdisant au gamin de jouer à l’extérieur. Alors l’ennui devint plus difficile à supporter : pas de copains, les jeux vidéo devenus une obligation finirent par lui être insupportables. Il n’avait qu’une envie : ravager le carrelage et les planchers avec ses patins à glace (précision : ils étaient rangés -et oubliés- à côté des chaînes à neige dans le coffre de la voiture).

Papi Léon en prit conscience, les crêpes et les gâteaux de Françoise ne suffisaient plus. Louise sa mère et Roland déprimaient. L’accès aux plages et aux chemins de balade étaient désormais étroitement surveillés . Tout le monde attendait qu’un nouveau monde advienne. Mais ici on avait la chance de posséder un espace de vie suffisant pour se livrer à des activités ludiques. Le jardin offrait ses tâches pérennes et saisonnières, à l’intérieur de la maison le ménage le nettoyage des vitres (une fois par an en Suisse dit-on) la cuisine et le repos, la lecture et la musique (papi adorait le bel canto, donc quelques opéras italiens).

Léon termina sa sieste ce jour-là et appela Roland. Il retira alors une cordelette qui pendait à son cou, au bout de laquelle se trouvait une petite clé. Une clé qui permet d’ouvrir un tiroir d’assez grande dimension. Vas dans ma chambre, Roland, dans la grande armoire tu trouveras un tiroir qu’ouvre cette clé. Elle contient une boîte en fer blanc de bonne dimension. Prends-la et descends la. Je t’attends. Roland s’exécuta. Cinq minutes plus tard, il était dans la bibliothèque du vieux. Vas chercher ton fils, maintenant, s’il te plaît. Le gamin faisait grise mine. Léon lui tendit alors la grosse boîte. Elle était lourde pour un enfant et les décalcomanies dont elle était décorée se décollaient pour certaines. Marcel posa la boîte par terre. Ouvre la, petit morpion ! dit sur un ton péremptoire le grand-père.

Comment décrire l’émerveillement d’un gosse qui découvre d’autres choses ?

Il y avait là tout l’univers d’un grand-père du temps où il était enfant : les voitures Dinky toys, les cyclistes en fer blanc, en métal ou en plastique moulé de Bonux, avec lesquels il jouait au tour de France en les faisant glisser sur le parquet, les Anquetil, Bobet, Bahamontès, Simpson, Darrigade (…), un petit train électrique mangeur de piles des cafés BIEC, il y avait des cow boys des indiens des tipis des totems des soldats sudistes, nordistes, des bagarres et des combats inventifs et loin des vraies guerres, mille assortiments pour composer le temps que pour quelques mois il faudrait supporter. Marcel, à la vue de ces jouets désuets, aurait pu dire : c’est quoi, ces vieux trucs, ça pue le rance, moi c’est playmobil mangas et tablette. Bien sûr, il aurait pu le dire. Comme des milliers de petits parisiens exilés en Normandie.

Quand il sauta au cou de son grand-père, celui-ci lui demanda : tu ne serais pas un peu normand, toi ?

P’têt bien que oui, p’têt bien que non !

21 03 2020

AK

(les écrits du confins)

Je sais que confins s’emploie au pluriel mais je fais ce que je veux!

Voir article France Info.

que faire quand on ne bouge pas ?

(conf J-3)

Eh bien, on fait travailler son imagination. Certes, ce travail n’est pas rémunéré, mais il a tendance à rendre joyeux quand la situation ne l’est pas. Du moins chez Chinou et Chinette. Exemples :

Nous avons créé un super bilboquet avec un plat à tajine et un gros pomelos :

Puis on a joué à TROUVE L’INTRUS:

Ensuite, on s’est raconté l’histoire de l’araignée BANANE, la croqueuse de fruits :

 

Puis, un peu de sculpture (avec ce qu’on a sous la main):

Enfin, on a ouvert les vieux carnets de Chinou qui dormaient dans la cuisinette planqués dans un des tiroirs du vaisselier :

Ah, ça fait du bien de déconner un peu, non?

 

A bons chats Vilain Coronat …(les écrits sans confins)

17 03 2020 conf J2

Je ne sais pas pourquoi, mais je sens que les cinq chats présents qui vivent encore (nous en avons perdus pas mal, disparus ou écrasés) à la maison sont soucieux. Eux-mêmes semblent prendre en considération le mal que nous, humains, traversons. Ils mangent peu, dorment beaucoup et font montre d’une tendresse accentuée à notre égard, surtout au mien car je les laisse parfois entrer dans la cuisine où une moindre portion de nourriture leur est alors offerte. Ils déposent en remerciement de petites bestioles sur le perron : un lézard, une souris, très rarement un oiseau (une tourterelle de Turquie dont ils savent que le chant m’agace).

Tout cela paraît simple mais ne me convient pas. Alors j’ai décidé de les interroger, assis à la table de jardin où ils aiment s’étaler au soleil. Quand il y a du soleil, comme aujourd’hui. C’est Pirouette qui est arrivée la première me faire ses hommages. Cinq minutes de mamours avant d’entamer la conversation. Je lui ai demandé (je traduis en simultané pour les lecteurs qui ne pratiquent pas le langage félin) ce qu’elle pensait de la situation. Elle ronronna en tournant à 180° ses oreilles : c’était chaud pour les hommes, le danger était partout. Cependant, comme elle parcourait les rues de la ville la nuit, elle me rassura : les gens de ton pays dorment encore sur leurs deux oreilles, mais caresse encore les miennes car ma vigilance s’amenuise d’heure en heure Je sens la pluie des larmes. Oh, me dit Pirouette, demande donc à Petit Lion ce qu’elle en pense, je suis épuisée.

Petit Lion était encore au fond du jardin, se chauffant sur une bâche que le soleil tiédissait. A proximité de la table, sur le tas de bois que l’hiver avait réduit roupillait Bouboule, le gros chat à poils longs comme sa fatigue chronique et sa libido excessive. Je lui tendis la main. Il ouvrit un seul œil : bien suffisant pour répondre à un humain qui n’a pas encore servi les rations de croquettes. Il se tourna sur le dos et je caressai son ventre. Il aimait ça, se prenait pour un pacha. Je réitérais ma question. Il me sourit. Sur l’instant j’eus envie de le prendre par la queue et le pendre comme un miquet dans un manège de fête foraine. Mais il ronchonna entre ses dents aux incisives aiguisées : les hommes sont stupides, ils n’ont que ce qu’ils méritent : le chaos et la fin des haricots. Je rétorquais : tu crois ? Il sourit de nouveau et me répondis : tu verras, si vous vous en sortez, votre vie recommencera comme celle que vous viviez avant. Vous, les hommes, êtes inconséquents, le Pouvoir vous a rendu fous et fous vous resterez ! Ce jugement, issu d’un chat dont la toison eut pu servir de chapka à un anachorète sibérien me stupéfia par sa justesse. J’en fus très dépité.

Vers seize heures, j’ouvris quelques boîtes pour nourrir mes interlocuteurs. Petit Lion arriva en trottinant, prenant l’air d’un chat féral, ou d’un général dirigeant une centrale d’achat pour chats. Je tentais de l’interroger mais il avait la gueule dans la gamelle, et sa réponse fut lapidaire : nous on ne sait ni lire ni écrire, on connaît la jungle plus que Rudyard Kipling et vos histoires de Disneyland on vous les laisse. Tu as compris, homme ? D’ailleurs, où est ta femme ? A la cuisine, c’est ça, elle prépare la tambouille pendant que tu nous parles. Tu devrais avoir honte ! Mais tu es comme les autres, infecté par la peur, nourrissant la panique et râlant sans arrêt sur le bonheur que tu ne comprends pas posséder ni administrer aux autres, sauf à nous, qui ne sommes que des animaux de compagnie. Ah, si nous n’étions pas là, tu n’aurais pas conscience de l’inquiétude que nous avons te concernant. Allez, merci pour le gueuleton !

Ces paroles m’avaient complètement décontenancé. Aucune envie d’interroger Micromégas, le plus jeune de la troupe. C’était un vrai pot de colle. S’il m’apercevait, fumant sur le perron, il se pointait à pattes raccourcies pour se frotter à mes jambes, ne manquant aucune ouverture de porte pour pénétrer la cuisine et se frotter aux paquets de croquettes, qu’il ne mangeait pas. Parmi ces félins il offrait une naïveté déconcertante. Son obstination à vouloir grimper sur mes épaules était la source de bien de réprimandes de ma part. Jusqu’à ce jour où il me susurra à l’oreille ce qui suit :

« Micromégas est un géant de trente-neuf kilomètres de haut, jeune savant doté d’environ mille sens et habitant une gigantesque planète de Sirius. À la suite de travaux d’entomologie contestés par un fanatique du clergé de sa planète, il est chassé de la cour. Il part alors en voyage dans l’univers « pour achever de se former l’esprit et le cœur». (source wikipédia, à consulter!)

Son ennemi était le nôtre : un Nanomégas ridiculement petit, vorace et bravache.

Il ne faut jamais donner sa langue aux chats, ils en possèdent déjà toute la grammaire et le vocabulaire. Mais ils aiment bien qu’on les écoute ronronner, quand ils sont confinés avec nous dans de maigres espaces…de vie.

17 03 2020

AK

Buvons un coup (virtuel) pour la saint Patrick !

wikipédia :

Le personnage de saint Patrick

Évangélisateur de l’Irlande, saint Patrick aurait expliqué le concept de la Sainte Trinité aux Irlandais lors d’un sermon au roc de Cashel grâce à un trèfle, en faisant ainsi le symbole de l’Irlande (l’emblème officiel du pays étant la harpe celtique). La légende raconte que c’est à ce moment-là qu’il chasse tous les serpents du pays, action qui symbolise la conversion du peuple irlandais : les serpents représentent les croyances polythéistes celtiques des irlandais, assimilées à Satan, rendu responsable de l’ignorance du Dieu véritable. Chaque année, les citoyens d’Irlande mettent un trèfle à la boutonnière pour se souvenir de cet enseignement religieux.

A la santé des irlandais !

le début de la fin

Au moment précis où il allait croiser l’évidence, il se rendit compte qu’enfin son but était atteint: il ne se passerait rien, rien de plus que ce qu’il avait prévu depuis de longues années. Il se souvînt en effet du soir, il y avait maintenant presque mille ans, où, penché à la balustrade du balcon, il regardait passer les gens et les voitures dans la rue. Et cette pensée qui lui avait alors traversé l’esprit: celui qui regarde le monde extérieur ignore son fortin intérieur, il tourne le dos à son quotidien, se projette dans un espace qu’il déserte de fait, celui qui finalement est sa vie de tous les jours.

Croiser l’évidence, comme on croise le fer. Une performance toute ancrée dans le silence du dernier cri. Sur le balcon, les pots de géraniums saignent gentiment au soleil, mais le rouge carmin demeure, rien ne s’assombrit, sinon la nuit qui descend et dessine les passants acoquinés à leurs ombres gigantesques. Dans son dos, le doigt sur la joue, un Van Dongen dont il a agrandi la carte postale, tapisse le pan de mur, une Freebox à ses côtés, oubliée par mademoiselle Ninou, l’ancienne locataire des lieux.

Ce soir, c’est la fête de la Musique, et il aurait bien invité mam’zelle Ninou à danser. Mais l’orage a fait grincer les guitares électriques et les cordes du oud se sont allongées comme des spaghettis trop cuits. On a joué du parapluie, entend-t-il ronchonner les familles qui retournent à leurs abris automobiles. La robe rouge aux motifs fleuris de la brune peinte par Van Dongen le scrute avec ses grands yeux noirs. Les oiseaux se sont tus, entre deux éclairs le tonnerre brouille les timbales. Les oiseaux pétitionnent contre le chambard nocturne, eux qui pratiquent la fête de la musique chaque jour d’avant l’aube jusqu’à la nuit tombée.

Au moment précis où il allait croiser l’évidence, par le retour d’une corneille dans son logis de branches, au sommet du cerisier d’Amérique qui surplombe la forêt de tilleuls en fin de floraison, il se retourne vers son chez lui, du balcon contemple le portrait. A cette distance les pixels n’apparaissent pas en rupture. Dans ce tableau sont réunies toutes les femmes qui ne font qu’une. Il aimerait peindre l’instant qui le surprend, mais il sait trop bien qu’il n’en retirerait que l’amertume de son manque de savoir faire. Qu’au bout de ses doigts il peindrait l’infortune. Il sourit. Rien ne l’attend, ni amour ni peine. C’est une forme de bonheur, la solitude.

Au moment précis où tout tombe à l’eau, où l’évidence ne vide plus les pots du désespoir, son but était atteint. Il se passerait une chose, un incertain , une exceptionnelle intrusion dans la mornitude et elle se présenta. Elle ne ressemblait à rien et portait tous les critères, palpables, spirituels, humoristiques, moralement condamnables, mais vraiment délicieux. Une assiette; remplie de soupe. Quel délice!

Dans les vapeurs qui émanaient de l’assiette, murmurante à ses oreilles, une voix: je l’ai commandée pour toi, mais pour un peu, tu l’aurais mangée froide.

Alors il comprit l’explication du tableau: le doigt sur la joue ; c’était avant tout un signe fait pour avertir le maître d’hôtel, et non cette attention délicate de poser la main sur mon cœur.

-par AK Pô

22 06 11

sad day

certainement le début d’une longue attente, puis d’une convalescence moins rigide et enfin d’un retour à la vie de tous les jours…Mais qui sera encore là pour l’anniversaire de Chinette? N’y pensons pas. Bon dimanche!

le dernier billet de l’affreux Jojo

A l’angle de ce meuble qui se nomme enfilade

J’ai trouvé un billet écrit de ta main d’homme

Telle que tu l’utilisais quand le silence entre nous

Charriait reproches et engueulades, un billet

Un rectangle de papier blanc où tu avais inscrit

L’amour perdu aux ombres de la mort l’ancre

Séditieuse des regrets éternels pour le dernier défunt

Mais que ces mots obscènes étaient pleins de tendresse

Tu les avais chaussés de ton imaginaire

Tu les avais chassés de nos vies sur les nerfs

A l’angle de ce meuble pas plus haut qu’un balcon

Long comme un jour sans pain ni marrons ni poings

Tu écrivis des mots de ta main froide lacée

De ces chaînes que traînent les condamnés

Et tu étais heureux de te plaindre et râler

En vérité tu étais l’époux parfait dont rêvent

Les mégères, ces femmes qui ont encore

Les pieds sur terre quand le lit les bascule

Qui portent dans leurs reins la raideur de l’hiver

Comme les fleurs de givre s’évadent des frimas

A l’angle de ce meuble où tu me pris un soir

Mes narines humèrent la douceur de la terre

Et du dernier tiroir, étant encore en vie,

Je sortis une pelle à gâteau et te tranchais le crâne.

Quelques instants plus tard tu perdis la tête

Rédigeant ce billet à l’encre rouge si prégnante

Où je pus enfin lire que tu m’avais aimée.

13 03 2020

AK

La fin du début

 Le Dieu américain empêcha tous les anges de voler par peur qu’ils soient contaminés par l’autre Satan (pas le grand roupillant en Iran) mais celui qui faisait désormais la nouba en Europe (une partouze à 27, mais les anglais(e)s sont si moches et les irlandais(es) trop cathos pour y participer). Le monde et l’immonde enfin réunis dans la nanosphère d’un virus ravageur de cervelles…
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Combattre sans se battre

 

Ceux qui craignent l’avenir
Bâtissent des monuments
Qu’à un moment ou l’autre
L’Histoire effacera, c’est la loi
Des hommes des pavés et des pierres
Quand le sable et les cendres mêlés
Ne tracent plus le chemin
L’homme puise en lui l’eau de vie
Et sur le sel des larmes
Le goût si violent de ses peurs
Surgit de nouveau
Sur la margelle du plaisir
L’homme qui avait soif boit
L’avenir devient son présent
Et il s’étonne alors d’être vivant
Entre les pavés les pierres
Le sable et les cendres mêlées,
Juste et si étonnement vivant.
11 03 2020
AK