émission satirique en Algérie : coupez !

Suite aux révélations faites dans un livre sorti en France (« Alger-Paris, une histoire passionnelle« ) concernant le patrimoine de certains dirigeants algériens en France, une émission satirique diffusée à Alger s’est permise de l’évoquer. La réaction a été immédiate : clap de fin!

 

Extrait du « petit journal » de Canal+ :

http://www.canalplus.fr/c-emissions/c-le-petit-journal/pid6515-le-petit-journal.html?vid=1255525

Affaire à suivre…

les bri-collages de Chinou, le siesteux dominical

les photos ne sont pas très bonnes…mais les intentions sont si merveilleuses que la colle tient encore et l’envie demeure de vous scotcher!

 

Bientôt le temps des cerises (et des poires)

Pas besoin d’aller au Japon (dommage!), les cerisiers sont en fleur au pied des Pyrénées !

Et puis, l’oncle Estéban est si moche qu’il nous paie l’apéro sur la grande nappe du ciel.

 

Petit bonus rigolo : http://www.ladepeche.fr/diaporama/peint-veritables-oeuvres-ventre-femme-enceinte/1774887-sipa-00710092-000005.html

Dread Zeppelin : black dog (un souvenir de Vancouver qui date)

Voici un groupe qui non seulement peut paraître ringard mais dont cette chanson « pastiche » trottine dans ma tête depuis plusieurs décennies ; très exactement lors d’un passage à Vancouver avec une compagne, où un ami qui vivait là depuis des années l’avait enregistré sur une cassette.

La cassette s’est perdue, et je retrouve par hasard ce groupe sur internet, quarante ans plus tard…

http://fr.wikipedia.org/wiki/Dread_Zeppelin

Nota : la page de couv’ est un négatif de cliché argentique, pour sûr !

Le jambon et la tielle, de Bayonne vers Sète…

 

Cela devient un rituel de Chinette et Chinou : avant d’aller nous régaler d’images singulières à Sète ( festival de mi-mai à début juin), de jouir de la ville et de ses lieux magiques (la Pointe Courte), nous rendons visite à l’Atlantique, à ses rivages en constantes mutations. Bayonne est devenue une ville qui a su, par l’esprit basque espagnol, se mettre au goût du tourisme: attractivité des lieux sur les rives de la Nive, restos en chapelets, exotisme des noms… Mais, contrairement à Sète, ce tourisme n’est pas ce que j’appellerai « naturel ». J’entends par là qu’il cherche plus le client que le plaisir de vivre un quotidien partagé avec des gens simplement de passage (cependant, il faut se balader hors de la grande digue et ses attrape-couillons).

Ceci dit, Bayonne a, par beau temps, des reflets magiques que les canaux de Sète peuvent jalouser. La lumière de l’Atlantique a les mêmes vertus que celles de la Méditerranée, et réciproquement : elle fait rêver. Elle inverse l’horizon, elle vous rend Dagobert et vous dormez le cul à l’air en faisant ronfler les vagues.

Dire de Bayonne qu’elle est une ville vivante, c’est-à-dire que la nuit y pointe l’aube dans des lieux arcs-en-ciel, est autre chose. Sans oublier la fin de l’ETA côté français, dont le « petit Bayonne » était un des lieux actifs, mais cela remonte à un quart de siècle environ. L’environ bayonnais, en quelque sorte. Tout ceci n’étant que la partie visible d’un sauvage environnement.

 

IMGP4844 IMGP4911 IMGP4909 IMGP4908 IMGP4907 IMGP4905 IMGP4903 IMGP4901 IMGP4899 IMGP4896 IMGP4895 IMGP4894 IMGP4893 IMGP4889 IMGP4888 IMGP4887 IMGP4884 IMGP4883 IMGP4882 IMGP4881 IMGP4880 IMGP4879 IMGP4878 IMGP4877 IMGP4876 IMGP4875 IMGP4874 IMGP4873 IMGP4872 IMGP4870 IMGP4867 IMGP4866 IMGP4865 IMGP4864 IMGP4863 IMGP4861 IMGP4860 IMGP4859 IMGP4854 IMGP4853 IMGP4852 IMGP4851 IMGP4849 IMGP4847 IMGP4846 IMGP4844 IMGP4859 IMGP4854 IMGP4853 IMGP4852 IMGP4851 IMGP4849 IMGP4847 IMGP4846

du côté de la Création Franche ( à Bègles)

Je suis retombé par hasard sur le catalogue (1994) du « site de la création franche », fonds de création artistique brute et inventive, dont le musée se situe à Bègles, en banlieue bordelaise, et qui fête cette année ses 25 ans (voir article de Sud-Ouest de janvier 2015). Ce catalogue étant plein de vraies merveilles, j’en ai scanné quelques unes histoire de partager ce petit plaisir avec vous.

Pour les expos et horaires : http://art-flox.com/lieu/Site_de_la_creation_franche,_musee_municipal.html

 

pour connaître le nom des artistes présentés ici, me  laisser un commentaire. Je répondrai après la sieste.

Bienvenue à Naypyidaw, capitale de la Birmanie

La planète voit naître des villes fantomatiques alors que les mégapoles sursaturées ne cessent de s’étendre.

De Brasilia dans les années 60, en passant par Kilamba (Nigéria) dans les années 2000, voici Naypyidaw, capitale administrative de la Birmanie.

Les fonctionnaires avaient le choix : s’installer à Naypyidaw ou dormir en prison (entendu dans la vidéo).

La vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=ru16ADvLXXM

L’article paru dans le dernier Courrier International : http://www.courrierinternational.com/article/birmanie-bienvenue-naypyidaw-la-capitale-la-plus-etrange-au-monde

Quelques autres (petites) villes ou villages fantômes pour celles et ceux qui ne savent pas où passer leurs vacances :http://www.topito.com/top-10-des-villes-fantomes-quon-a-envie-de-traverser

IMGP4584 les bri-collages de Chinou…

une petite littérature de pépé Chinou (ça lui arrive, pauvre vieux!)

Vous n’êtes jamais rentré dans la boutique de Mémé Philomène. Parmi les plus anciens lecteurs de ce site nul n’a jamais pénétré cet antre. Pourtant, l’histoire veut qu’elle existât. Puisque moi, j’en ai poussé la porte, à l’âge de cinq ans. Et que les histoires s’écrivent avec le vécu et non le déni d’un Passé que tant de gens semblent, à l’heure actuelle, avoir oublié.
Entrer chez Mémé Philomène, quand on a cinq ans, nécessitait un certain courage, mais également une extrême gourmandise, ce que l’on appellerait cinquante ans plus tard une addiction. A la porte, une clochette tintait, avec un petit heurtoir en forme de marteau de charpentier. La pièce était sombre, et les pots -car tel était le but ultime de mon intrépidité- brillaient par l’éclairage du jour plus que par l’électricité intérieure. Il n’y en avait pas ; tout était à l’économie, y compris le chauffage. Les pots. Sur le comptoir alignés. Un comptoir proportionné à la taille de Mémé Philomène, bas et accessible sans une gymnastique de jeune fille. Pourtant, la vieille était frêle de silhouette, maigre, et son chignon semblait tirer ses rides en sillons gersois, tantôt vers le haut, tantôt vers le bas, mais toujours à l’horizon grandiose de son regard de commerçante. Elle était vêtue de son habit de veuve : une robe noire, un foulard avec une dentelle usée et un petit bibi râpé qui donnait à ses cheveux blancs l’allure d’un Pégase dont les indiens d’Amérique auraient volé les plumes. Ses dents avaient perdu depuis des lustres (ceux qui éclairaient ses nuits solitaires) l’ivoire du sourire, et si les gosses ignoraient tout de cette vieille femme, les plus anciens du village avaient créé de multiples légendes sur son compte, souvent discriminantes, la jalousie étant le moteur des imbéciles, et le pouvoir de l’argent, financé par les ragots, celui des notables.
Sans le savoir alors, j’ai dû commencer à aimer un oncle auvergnat, Alexandre Vialatte, dont je lirai, bien des années plus tard, « les fruits du Congo », puis une multitude d’autres écrits. Car dans les pots, il y avait des bonbons qui faisaient rêver, d’autres qui portaient leur époque coloniale, et d’autres encore qui s’amusaient à quelques centimes l’unité. Il y avait des têtes de nègre (nous buvions du « ya bon banania »), des Malabar avec décalcomanie, des Carambar (avec ses blagues), des sucettes à l’anis(…), des réglisses entortillonnées, des berlingots, du Zan, des bonbons acidulés, des caramels durs et mous…et puis, et puis… Il y avait la goutte qui pendait au nez de Mémé Philomène. Comme un sempiternel rhume des foins, de son nez rougi (par le froid, par l’alcool?) descendait une goutte qu’une reniflade remontait au niveau des narines, marées inconsolées ne connaissant pas l’estran.
Mémé Philomène regardait au travers du prisme des pots en verre les yeux des enfants. Leur choix était difficile, sur les quinze pots du comptoir. Il fallait le meilleur achat avec le minuscule budget que l’on avait en poche. Et elle scrutait le gamin. Son œil perçant devinait d’où venait la fortune que contenait nos poches. Un reliquat de commissions faites au marché, une prime de bonne tenue à l’école, un billet tiré du portefeuilles de papa, du porte-monnaie de maman, la vieille sentait tout ça, et son pendule à fonction verticale jugeait, jaugeait, comptabilisait. Il fallait acheter bon et beaucoup, pour partager avec les copains. La prochaine fois, un autre s’y collerait. L’achat le plus dur, celui qui nécessitait le plus de prouesse, d’esquive, était celui des cigarettes en chocolat. C’était pour nous un produit parfait pour le partage en commun, sauf que Mémé Philomène, avec ses yeux noirs, ses rides et son air de veuve noire, quand nous nous y étions risqués individuellement, posez la question : « j’espère que tu ne fumes pas pour de vrai, sinon gare, je le dis à tes parents ! Du coup, nous entrions à trois ou quatre dans la boutique, et pendant que certains faisaient diversion, nous fauchions deux ou trois paquets de « lucky strike » en chocolat. C’était, pour nous, sales gamins de la cambrouse, de grands motifs de satisfaction, qui donnaient lieu à des festivités rustiques et underground (nous fumions de vraies cigarettes volées aux aînés et nous baffrions de confiseries dans des granges gorgées de foin, dans des cabanes loin du village, dans des grottes sablonneuses…
Mémé Philomène est morte. Et puis, avec le temps, d’autres commerces ont fermé. Beaucoup d’autres, et surtout des cafés, des restaurants. Et des PME, toute une industrie de la chaussure, tout un savoir-faire, avec ses riou merdé qui puaient et changeaient de couleur selon les teintures du jour, le tout se déversant directement dans la rivière, jusqu’au gave de Pau. Et l’abattoir municipal, et j’en oublie.
On peut parfois étrangement mêler les parfums du Passé et la pestilence du Futur. La boutique de Mémé Philomène ne conserve pourtant dans mon souvenir aucune odeur, sinon celle de moisi et d’absence de cire sur le plancher. Les bonbons étaient tous dans des pots en verre fermés, rien ne s’en exhalait que les couleurs et nos envies morpionnes. A vous raconter cette historiette je me rends compte que devenu adulte, je suis devenu un de ces bonbons, une de ces sucreries que lèchent des tartufions, qui paient leurs gâteries en vidant le fond de nos poches, que les rides gersoises de Mémé Philomène, comme son indécente goutte au nez, n’ont donné aux enfants qu’une envie : brigander. Brigander ceux qui voudraient nous faire perdre la mémoire, la noyer au fond d’une urne tout aussi transparente qu’un pot rempli de douceurs amères , de bonbons empoisonnés, de nos cendres dispersées, des funérailles de la Mémé Philomène, en ces temps de misère et de doute.

-par AK Pô
17 03 2015
Ptcq

(paru sur un autre site)