Extrait article de Libération (ça ne fait pas rire)

Aux Etats-Unis comme en France, les milliardaires maîtrisent l’absurde, arme attitrée du satiriste. Et aujourd’hui, le sketch le plus insolent a lieu sur la scène ouverte de la Maison Blanche.

Xavier Niel dans «Hot Ones», une émission animée par Kyan Khojandi. (Marie Flament /Canal +)

par Adrien Dénouette, critique de cinéma et enseignant

publié le 24 février 2025 à 15h05

Comment se moquer d’un milliardaire s’il l’a déjà fait lui-même ? Début février dans son émission Hot Ones, Kyan Khojandi recevait Xavier Niel. Le concept du programme consiste à tester des sauces de plus en plus piquantes avec une célébrité du divertissement. Produite et diffusée par Canal +, l’émission sert de prétexte à tartiner ses réussites sur le ton de l’humour, dans un numéro d’autodérision offrant une image sympathique de l’invité. Sans surprise, Niel s’en est très bien sorti. Car depuis la réélection de Donald Trump, le riche new look est un personnage omniprésent. Xavier Niel, Anthony Bourbon, Marc Simoncini, Eric Larchevêque, Oussama Ammar, GMK : partout, l’entrepreneur à succès parade sans contradictoire. Sur les réseaux, mais aussi à la télé, à la radio, sur YouTube, où son train de vie obscène fait des millions d’envieux. Autant de tribunes à une parole qui n’existait pas il y a quelques années à peine, encore moins dans cette attitude décontractée qui emprunte à l’humour, au stand-up, aux codes de la rue. Car l’idéologie extrême-libérale ne se contente plus de couper les vannes de la satire : elle en adopte le langage, ajoutant à ses fake news un sens de la dérision que les populismes du siècle dernier ne maîtrisaient pas.

Comment tourner Musk et Trump en ridicule s’ils sont déjà des caricatures ? Comment vanner Niel s’il l’a déjà fait sous le regard énamouré du mec de Bref ? Cette OPA sur la satire est la dernière étape d’une stratégie de concentration des pouvoirs. C’est la grande nouveauté de notre époque, et le défi qu’elle nous lance.

Mépris assumé du raisonnable

Septembre 2024. Devant les caméras, Donald Trump visite les cuisines d’un restaurant McDonald’s, multiplie les tapes dans le dos et se prête à l’exercice du service en caisse. Au bout d’une cinquantaine de minutes, il rend son tablier et s’exclame : «Je viens de travailler une heure chez McDonald’s. Cela fait une heure de plus que Kamala dans toute sa vie !» Efficace, la punchline fait le tour du monde. Le sketch visait à jeter le doute sur l’image de Kamala Harris, sa crédibilité de femme du peuple ayant bossé chez McDo. La candidate a-t-elle fourni des preuves de ce passé de trimarde ? Qu’importe, personne ne s’en souvient. Le sketch de Trump, en revanche, est resté dans les mémoires. (…/…)

Vallée des saints (Bretagne 2017)

Pour Yolaine notamment, qui rêvait de les voir (en vrai!)

Les mardis de la poésie : Fernando Pessoa (1888-1935)

(Photo illustration : Statue de Pessoa installée sur la terrasse du bar A Brasileiro, à Lisbonne, qu’il fréquentait assidument, voire beaucoup trop !); j’y suis allé fin des années 70, la statue n’existait pas et ce bar était très cosmopolite, avec tout un tas de gens différents, du clodo au bureaucrate bien cravaté. Maintenant cette époque est révolue avec le tourisme de masse qui est une vraie plaie, et pas qu’à Lisbonne !

À la veille de ne jamais partir

À la veille de ne jamais partir
du moins n’est-il besoin de faire sa valise
ou de jeter des plans sur le papier,
avec tout le cortège involontaire des oublis
pour le départ encore disponible du lendemain.
Le seul travail, c’est de ne rien faire
à la veille de ne jamais partir.
Quel grand repos de n’avoir même pas de quoi avoir à se reposer !
Grande tranquillité, pour qui ne sait même pas hausser les épaules
devant tout cela, d’avoir pensé le tout
et d’avoir de propos délibéré atteint le rien.
Grande joie de n’avoir pas besoin d’être joyeux,
ainsi qu’une occasion retournée à l’envers.
Que de fois il m’advient de vivre
de la vie végétative de la pensée !
Tous les jours, sine linea,
repos, oui, repos…
Grande tranquillité…
Quelle paix, après tant de voyages, physiques et psychiques !
Quel plaisir de regarder les bagages comme si l’on fixait le néant !
Sommeille, âme, sommeille !
Profite, sommeille !
Sommeille !
Il est court, le temps qui te reste ! Sommeille !
C’est la veille de ne jamais partir!

Parfois, en Certains Jours de Lumière

Parfois, en certains jours de lumière parfaite et exacte,
où les choses ont toute la réalité dont elles portent le pouvoir,
je me demande à moi-même tout doucement
pourquoi j’ai moi aussi la faiblesse d’attribuer
aux choses de la beauté.

De la beauté, une fleur par hasard en aurait-elle ?
Un fruit, aurait-il par hasard de la beauté ?
Non : ils ont couleur et forme
et existence tout simplement.
La beauté est le nom de quelque chose qui n’existe pas
et que je donne aux choses en fonction du plaisir qu’elles me donnent.
Cela ne signifie rien.
Pourquoi dis-je donc des choses : elles sont belles ?

Oui, même moi, qui ne vis que de vivre,
invisibles, viennent me rejoindre les mensonges des hommes
devant les choses,
devant les choses qui se contentent d’exister.

Qu’il est difficile d’être soi et de ne voir que le visible!

Lorsque Viendra le Printemps

par Fernando Pessoa

Lorsque viendra le printemps,
si je suis déjà mort,
les fleurs fleuriront de la même manière
et les arbres ne seront pas moins verts
qu’au printemps passé.
La réalité n’a pas besoin de moi.

J’éprouve une joie énorme
à la pensée que ma mort n’a aucune importance.

Si je savais que demain je dois mourir
et que le printemps est pour après-demain,
je serais content de ce qu’il soit pour après-demain.
Si c’est là son temps, quand viendrait-il sinon
en son temps ?
J’aime que tout soit réel et que tout soit précis ;
et je l’aime parce qu’il en serait ainsi, même
si je ne l’aimais pas.
C’est pourquoi, si je meurs sur-le-champ, je meurs content,
parce que tout est réel et tout est précis.

On peut, si l’on veut, prier en latin sur mon cercueil.
On peut, si l’on veut, danser et chanter tout autour.
Je n’ai pas de préférences pour un temps où je ne pourrai plus avoir de préférences.
Ce qui sera, quand cela sera, c’est cela qui sera ce qui est.

Extrait de: 

 1960, Le Gardeur de Troupeaux, (Gallimard)

Fernando Pessoa

Poèmes tirés du site : https://www.poemes.co/

Biographie à lire sur le site .

Extrait : Fernando Pessoa, de son vrai nom Alberto Caeiro, (né le 13 juin 1888, Lisbonne – mort le 30 novembre 1935, Lisbonne), était un poète et écrivain portugais. Pessoa est considéré après Luís de Camões le poète le plus important du Portugal; il est l’un des plus importants poètes portugais et l’un des auteurs les plus importants du 20ème siècle dans le monde.

Djo-John et les deux ânes.

Djo-John grimpa sur un monticule qui surplombait le passage des gens et des chariots, s’adossa à un vieux châtaigner. Une fois installé, il regarda les deux mulets, en fait une mule et son mari, qui tiraient une charrette pleine de terre féconde sur le chemin caillouteux qui menait au village. Ce faisant, comme peu de monde et de matériel roulant passait, il put surprendre la conversation des deux complices attelés poussant leur lourde charge.

Le mulet, décréta Djo-John, s’appelait Gus (diminutif de Gustave, le grand père de Djo) et la mule Mona, comme sa grand-mère, Monette John.

-Tu ne crois pas qu’ils nous fatiguent, Gus, tous ces hommes qui nous oppressent ?

-Tu vois Mona, c’est notre lot : ils forent tous les sols où ils peuvent mettre leurs pieds pour en extraire du pétrole, et nous, on nous oblige à charreter cette terre fertile pour remplir les cimetières, alors que ces abrutis pourraient prospérer dans la plus complète harmonie avec la pachamama !

-Ne me parle pas de pachamama, Gus, ces imbéciles veulent changer le cours des choses, tu vois : pensée unique et profit congénital, un peu comme dans leurs anciens magazines on voyait le grand oncle Balthazar Picsou au sommet d’une pyramide de pièces d’or, et les petits Riri, Fifi et Loulou, neveux de l’oncle Donald tentaient de lui faucher des pièces pour s’acheter des burgers à la fête foraine de Las Vegas !

-Tu mélanges tout, Mona, hop là ! Attention aux cailloux devant nous ! Tiens, même les moraines se sont transformées en gravillons et bientôt nous serons sur le sable avec des énergumènes pareils.

-Pourvu qu’ils ne nous bitument pas le chemin avec leur sable pourri, Gus.

Djo-John écoutait distraitement la conversation, mâchonnant un brin d’herbe au latex (chiklé) qui entrait dans une oreille et en sortait par l’autre, enrichie de cérumen jaunâtre comme un miel d’orpaillage. Il est vrai que la charrette avançait lentement, bien que la pente fût relativement faible, au niveau de l’inflation de ce pays de cocagne vanté par les dirigeants, descendants illustres de Walt Disney et surtout de Paracelse (et de son cousin Flamel), qui avait transformé le plomb en or en massacrant les emplumés natifs par les armes et l’eau de feu, eux qui fumaient des calumets sans nicotine et chassaient le futé bison dans les plaines des Appalaches.

Les mulets firent une courte halte ; la pente de l’inflation qui se dressait devant eux pour atteindre le village nécessitait de décréter quelques manœuvres tactiques, tant la charge était lourde. Il semblait qu’un poids supplémentaire rendait le chariot plus lourd. Était-ce le ruissellement de l’or tant attendu depuis quatre années de sécheresse, ou celui de malfrats ayant sauté par dessus les ridelles pour sommeiller en paix, tel que Djo-John le faisait en cet instant sur son monticule ?

Mona et Gus se regardèrent. Ils devaient reprendre leur travail, sous peine d’être licenciés sine qua non par leur patron, un certain Buridan, qui ne leur laissait que ce choix : assécher le fleuve Colorado pour alimenter Las Vegas en fontaines et piscines polluées aux cocktails avec pailles en plastique, ou se ruiner la santé entre deux picotins d’avoine non payables en pièces d’un cent, trop coûteuses à fabriquer, et pas rentables pour les bandits manchots des casinos de Los Angeles.

Mona reprit son souffle.

-Tu te souviens, Gus, de quand ils nous ont amenés ici ? Porto Rico, le jazz, West side story, on pensait tous qu’on arriverait en terre élégiaque, liberté de brouter, plus besoin de s’esbigner à tirer des charrues, de l’avoine et du son en veux-tu en voilà…

-S’il te plaît, Mona, c’était au siècle dernier. Maintenant nous en sommes arrivés sans doute au dernier siècle. À quoi servons-nous, sinon à disparaître dans la grande Babylone qui déconne à plein tube ?

-Tu me donnes envie de pleurer !

-Ne dis pas ça, Mona, suer n’est pas pleurer, bien au contraire. Notre courage, c’est d’avancer, de nous battre, et cette terre qu’on nous oblige à charrier, c’est notre vengeance. Nous sommes harnachés, c’est un fait, mais n’avons pas d’œillères, ils ont oublié de nous en mettre. Certes, quelques malfrats roupillent sur le tas de terre féconde que nous menons au cimetière…

-Que veux-tu dire, Gus ?

-Ah, Mona, tu as vu cet ado sur le monticule, qui nous regardait passer ?

-Oui.

-Eh bien, quand nous arriverons au village, aux abords du cimetière, nous basculerons les trois endormis qui roupillent sur notre pachamama. Dans le trou, les salauds ! Le gosse, c’est certainement un des fils du pasteur local, alors forcément il viendra assister au spectacle. Ici, tout le monde aime le spectacle, c’est le fondement de leur société. Alors, Mona, tu brairas.

-Et toi ?

-Je ferai une énorme merde qui attirera ce gosse, croyant qu’elle va se transformer en or par la magie subtile de la transmutation des artifices en intelligence universelle et là, hop, une ruade dans le cul. Il tombe au fond du trou fondamental de son propre fondement : son cul. Impossible de remonter, c’est trop glissant.

-C’est tout ?

-Non, le petit con a lâché ses papiers, et toi et moi apprenons alors qu’il se nomme Djo-John .

Mona éclata d’un grand rire, son braiment fut gigantesque, Gus plongea ses naseaux dans un bac de picotin d’avoine, et deux coups de fusil bien ajustés firent le reste. Tel est le sort des animaux qui discutent en travaillant.

15 02 2025

AK

Un rêve absurde (mais un peu Marcel Duchamp)

Je parcourais un rêve absurde -ils le sont tous- quand le réveil a sonné.

Dans ce rêve, j’étais le sigisbée de ma prostate et tentais de lutter contre cette dépendance, dans un contexte n’incluant que des hommes, comme moi devenus fantômes sur la réalité de la vieillesse, alors que les femmes, narquoises, riaient à gorge déployée en hurlant que la ménopause suffisait à leur combat vital et que les vieux rogatons de notre espèce pouvaient bien aller fantasmer avec les quarante vierges qui les attendraient au paradis de qui vous savez.

Le soleil matinal dardait de ses rayons les gondoles du supermarché dans lequel je devais me rendre sous peine de mourir moins âgé que prévu, que l’angélus de l’imprévu, voire du tocsin que ma mauvaise haleine répandrait, comme un gaz sarin dans le métro tokyoïte (1995) sur le village qui apparaissait dans mon rêve et semblait réel par ses rues désertes et ses bâtisses en ruine, où des zombies luttaient contre l’emprise de la Prostate en urinant tels des chiens sans laisse (ni liesse) sur les luminaires et les murs de la cité, rappelant les « dog’s days » new yorkais des années 80.

Bien entendu, je levais mes fesses du lit comme on hypothèque sa vie en comptant ce qu’il reste dans le fond de ses poches, après le médecin, le pharmacien et le distributeur de nourritures célestes et ultra-trafiquées qui vous tendent les bras dans les officines et le supermarché (le seul du patelin). Le rêve reprend alors (son) pied dans la réalité. Hier soir, vous vous êtes endormi devant la télé, et avez utilisé les pauses publicitaires pour aller faire pipi, boire un coup ou fumer une cigarette, avez observé tous ces visages enthousiastes qui croquaient n’importe quoi, dansaient devant un fast-food, qui caressaient tendrement les capots des bagnoles ou, simplement en les regardant, se donnaient envie d’en avoir une. Vous songez : « ces gens-là parcourent un rêve absurde », mais vous ignorez pertinemment que le vôtre l’est tout autant, car vous êtes assujetti à obéir à votre Prostate et à son rythme de vie intense, qui devient chaque jour plus décadent, surtout au royaume des sans-dents désargentés qui patientent avec vous dans la salle d’attente de l’oncologue, à la caisse de la grande surface ou dans les recoins ombrageux d’un mur de pierre connu de tous les sigisbées de la Prostate.

Mais la honte ultime est d’être surpris en train d’uriner dans un bosquet, en pleine après-midi, quand une femme d’environ cinquante ans traverse la rue pour aller chercher des crèmes revitalisantes pour son visage et son corps, ainsi qu’un parfum alléchant pour son garde du corps. Elle fait certainement partie des quarante vierges qui vous attendraient là-haut, chez qui vous savez. Et alors elle vous adresse un sourire sarcastique en criant : « plus de règles pour nous ! Obéissez, hommes liges, aux exigences de la grande Prostate, et pissez dans des poches en résine translucides et imperméables pour assouvir vos besoins, sales chiens ! »

Telle est la loi des rêves qui s’enchevêtrent dans la réalité factuelle, pas la réalité virtuelle que le rêve a déjà investi de son parfum de musc, sous la houlette de la Prostate surdimensionnée et acariâtre qui humilie les vessies dociles et soumises aux diktats des décrets et obligent les hommes à se rendre aux latrines dont la grande Prostate menace de taxer l’accès, les flux migratoires, pour transformer l’urine en or, sous peine d’ inflammation de l’urètre mâle ou de cystite collatérale féminine.

« Urètre ou ne pas être ? Rabibochons nos vessies et luttons contre l’expansionnisme de la Prostate! » Ainsi s’est achevé mon rêve et à mon grand plaisir je n’ai convaincu personne de le suivre jusqu’au bout.

En fait, je suis un vieux roublard , et dans quelques années j’irai certainement rejoindre les quarante vierges pas trop décaties chez qui vous savez, enfin, si le temps s’y prête et si mon planning n’est pas comblé de RDV sous les toits.

04 02 2025

AK

Illustration de l’article : les WC d’un resto à saint Omer, là-haut, de France.

Ô mon cargo, tu es le plus beau des cargos !

Un documentaire certes long (une heure) mais vraiment passionnant sur le trafic maritime international et toutes ses manipulations, financières, humaines et sociales. À voir jusqu’au 10/02/2025 pour ceux et celles que la géopolitique intéresse…

Environ 90% de ce que nous consommons transitent sur les quelque 60 000 vaisseaux qui sillonnent sans relâche les mers du globe. C’est dire notre dépendance et l’importance du frêt maritime, tentaculaire réseau d’artères maritimes qui structure la mondialisation. Mais celle-ci n’est rendue possible que parce qu’une armada de cargos voguent à son servic… e. Ces dizaines de milliers de bateaux gros comme des buildings sillonnent les mers et les océans sans relâche afin de faire fonctionner notre système économique. Une activité phénoménale ! Il est vrai que le système semble tombé sur la tête… Ici, du poulet américain est découpé et mis sous vide en Chine. Là, du whisky écossais embouteillé en Australie revient à la case départ, avant d’être distribué dans le monde entier… Et si peu de monde en a vraiment conscience, c’est que ces autoroutes tracées dans l’immensité des mers échappent aux regards.

https://www.publicsenat.fr/emission/documentaire/cargos-la-face-cachee-du-fret-e0

Imaginaire Ardent

Tu ne m’écris plus, Imaginaire Ardent,

Suis-je devenu bête ou serais-je un animal

Auquel on apprend les règles des vivants

Les chiens sont devenus politiciens, mâles

Haletants se battant pour un os, un territoire

Lointain au-delà du réel, un Mars chocolaté

Entre leurs dents étincelantes de paradis fiscaux

Quand nous, peuples félins, croquons rats et sourires

Dans les égouts profonds de l’histoire nazie,

T’en souviens-tu, Imaginaire Ardent, de cette réalité

Que tous les innocents aux mains pleines oublient,

Des misères et des illusions notoires, croyants crédules crucifiés

Devenus animaux et suspendus ensuite aux celluloïds, aux GSM

De Chat-GPT, de DeepSeek, accros à ces colliers connectés

Par lesquels on apprend les règles cruelles des bons vivants,

Pose-moi la question, Imaginaire Ardent, du savoir

Quelle différence existe entre la « mapa »(*) planétaire et la MAPA

Quelle indifférence s’installe dans les esprits entre ces cartes

Jetées sur une table ovale dont seuls quelques joueurs profitent

Vaut-elle mieux que ces milliards jetés par les fenêtres

Pour guerroyer et nous affamer nous assujettir, peuples félins,

Trop caressants et légers prédateurs, endormis

Dans les paperasses de bureaucraties délétères

Qui à chaque coup de vent soulèvent d’absurdes normes

Sommes-nous à ce point si ignorants et bêtes

Pour suivre ces nouveaux maîtres qui nous sucent

Le sang, les sens et ce qui est notre véritable essence :

Celle qui remplit nos vies de bonheur et de paix

Je comprends maintenant pourquoi

Tu ne m’écris plus, Imaginaire Ardent,

On t’a renommé dans les cabinets présidentiels

Tu es devenue l’Ignoble Arrogance.

28 01 2025

AK

(*) mapa : carte, plan, cartographie en espagnol

Donald se prend pour monsieur William

(article extrait de « La Presse », quotidien canadien -voir le lien en fin d’article)

…Cela nous mène à William McKinley.

Trump, qui fait rarement référence à l’Histoire dans ses discours, sauf en passant et de manière brouillonne, a parlé lundi de la « Destinée manifeste ». Cette théorie du XIXe siècle veut que le peuple américain soit dépositaire d’une mission divine de répandre les vertus de la civilisation dans le monde. C’est notamment ce qui justifiait le déplacement des nations autochtones et les guerres pour s’emparer de leurs territoires dans l’Ouest.

Tous les pays coloniaux avaient leur version de cette théorie, et les Américains sont loin d’être les seuls à s’être prétendus moralement supérieurs à un moment ou l’autre.

Mais l’utilisation de cette expression démodée par un président en 2025 prend un tout autre sens. Il est très clair, et Donald Trump l’a dit : il entend « étendre le territoire du pays ».

PHOTO TIRÉE DU SITE DE LA MAISON-BLANCHEL’ex-président William McKinley

Le 47e président a convoqué le souvenir de William McKinley, 25e président américain, dernier expansionniste enthousiaste, très rarement cité dans les discours politiques depuis un siècle.

« Je vais renommer le mont Denali “mont McKinley” », a dit Trump sous des applaudissements nourris. Un peu comme s’il renommait une base militaire en l’honneur d’un général sudiste, comme un pied de nez au « wokisme ». Tout ce qui donne l’impression de revenir au « bon vieux temps » cartonne évidemment chez ses partisans (car il s’agit de make America great AGAIN, vu qu’elle était great avant).

À moins d’être adepte d’alpinisme, tous ne sont pas familiers avec la querelle entourant le nom de la plus haute montagne d’Amérique du Nord. Depuis des temps immémoriaux, la nation Koyukon l’appelle Denali (Deenaalee) – « la très haute », ou celle qui est haute. En 1917, le gouvernement fédéral américain l’a rebaptisée du nom de McKinley, passé à l’histoire notamment pour être un des quatre présidents assassinés (en 1901). En 1975, l’Alaska a réclamé qu’on lui redonne son nom autochtone. Ce qui a été fait sous Barack Obama.

La présidence de celui qui l’a remplacé, Teddy Roosevelt, a été si spectaculaire que McKinley est vaguement tombé dans l’oubli.

Pourquoi intéresse-t-il Trump soudainement ? Parce que c’est sous McKinley que les États-Unis ont connu leur dernière expansion.

Après la guerre contre les Espagnols autour de l’indépendance de Cuba (1898), les États-Unis ont pris le contrôle de Hawaii, de Porto Rico, de Guam et des Philippines.

Trump, lundi, a clairement exprimé son intention d’étendre à nouveau le territoire national, sans donner de précisions. Ce n’est pas un détail !

Il n’a cité que Panamá, sous prétexte que le canal serait sous « contrôle » chinois. Le pays, une ancienne province de la Colombie, est en quelque sorte une création américaine : pour favoriser la construction du canal, les Américains ont armé les indépendantistes panaméens et reconnu le nouveau pays au début du siècle dernier.

Une intervention militaire pour prendre le contrôle du canal de Panamá est donc fort possible, et ce ne serait pas la première.

Mais ce n’est pas ainsi que Trump passerait à l’histoire pour avoir étendu le territoire américain. On connaît ses deux premières cibles : le Groenland et, incroyablement, le Canada.

Un projet fou ? Comme vous voulez. Mais ce n’est pas pour rien qu’il parle d’expansionnisme et cite McKinley le premier jour de sa présidence. C’est très sérieux dans sa tête.

source : https://www.lapresse.ca/international/chroniques/2025-01-21/trump-les-tarifs-et-le-canada/president-de-droit-divin-cherche-nouveaux-territoires.php?sharing=true&fbclid=IwZXh0bgNhZW0CMTEAAR08RBKqCDGhYvm15FUXN4X9285SNGZXos4cIrbmKLc609ZvuuIWqC3Ly9w_aem_ytpWzXoe7K9FUSinonLDDA

TOCSIN

Je suis en train d’écouter le discours d’un dingue !

Le monde est foutu si l’Europe ne réagit pas et tous les européens, j’ai l’impression d’écouter Hitler devant des masses fanatiques .

Bon, écœuré pour réagir à froid !

So sorry, ladies and gentlemen !