Ce qu’il faut, c’est la dimension. Belle comme un désastre, immense comme l’espace stellaire. Alors, par la porte étroite, le fascisme s’insinue. Limitations de vitesse, enlèvement des panneaux signalant les radars fixes, contrôles aux frontières danoises, intox musicale de la star académie yankee sous les aguichants aspects commerciaux de lady Gaga, copyright flamboyant du leadership de la banalisation du son, mais expertise stakhanoviste du travail bien fait, réglé au métronome d’une gestuelle rigoureuse et cadencée, au pas de l’oie, cadencée. Pendant ce temps, on se croisette à Cannes. Flashes, projos, films en rail pour travellings de nuits blanches. C’est beau, c’est brillant.
Ici, l’orage vient de cesser. Un peu plus bas, en Espagne, un tremblement de terre. Un petit film revient à environ un million d’euros. Cela se justifie. Quand les tunisiens ont ouvert les placards de Ben Ali, ils ont découvert, comment dire, la caverne d’Ali Baba. Heureusement, Fernandel c’est notre Mitterrand de la pellicule, tout le monde l’a oublié. Comme on a oublié Belmondo dans Pierrot le fou, mais là, c’est de sa faute à lui, à l’acteur. Pourtant, des histoires savoureuses, tout le monde en écrit. Par exemple, ce petit mail qu’un inconnu m’a envoyé récemment, que je vous livre sans honorer son copyright:
« L’histoire se déroule dans une petite ville de province. Suite à une épidémie de suicides, personnes âgées pour la plupart et désœuvrées pour l’autre, un homme, John Bloumsfeld, chômeur opiniâtre mais non sectaire, décide d’enquêter. Comme il fait chaud, il cherche tous les mots possédant un accent circonflexe sur les voyelles pour suivre une piste ombragée. Déambulant ainsi dans le parc Laôrenz, il découvre une série de crottes de chiens formant des ribambelles, des farandoles et autres arabesques, qui l’intriguent. Il décide de photographier chacune de ces crottes, les annote, les répertorie, et les assemble . Il demande à sa petite amie d’en recueillir le fumet, mais celle-ci manque de nez, étant assistante opératrice de métier et ne sachant plus faire la différence entre un pet de Silicon Valley et un Bichon bien chiant. John sait bien que sa copine a du chien et qu’elle ne veut trahir aucun secret.
Après une analyse intense et prospective de ses données, John Bloumsfeld (dont la presse parlera bientôt, sauf s’il disparaît sous la paille d’un chapeau) découvre avec stupéfaction que ces crottes mises bout à bout recèlent un langage codé. En effet, certains étrons pointent d’un côté, et décrivent des pleins et déliés permettant une structure continue de l’écriture. Lui apparaît alors, sans nul doute possible, que les chiens communiquent, non pas en se flairant le fion ou en pissant sur la verticalité d’un espace qui leur est désormais inaccessible (depuis qu’ils marchent à quatre pattes et que l’homme leur a volé l’invention du rotovator), mais par le dépôt d’excréments en des lieux qui jadis étaient certainement des prairies.
Effectivement, à la Médiathèque Inter Régionale, ainsi qu’au Temple des Archives locales, il découvre le lien entre les prairies ancestrales broutées par des vaches blasonnées aux bouses faramineuses et les crottes que les chiens indomptés venaient y déposer au-dessus, en plein centre, comme une cerise sur un gâteux. L’évolution des sociétés a fait en sorte que les villes se développent, remplaçant les vaches pacagières par des rombières à toutous, des pimbêches qui mènent grand train loin des caniveaux new yorkais en compagnie de Greenwood tachetés offerts par des caisses de retraite fondées par lady Gaga et garanties pur steak argentin. Effectivement, un langage se profile, que de longues nuits avec son assistante John décrypte entre deux phéromones excités.
Au départ, le lien entre les suicides et l’écriture potentielle utilisée par les clébards semble ne déceler aucune preuve tangible de cause à effet. John en profite pour remercier sa petite amie d’avoir dissocié l’odeur quant à ses recherches. Finalement, c’est mieux sans. Puis, tel Champollion à Figeac, la révélation. Les chiens sont en train de rédiger un pacte, prémices d’une révolution:
« la liberté ou la morsure »
(Avis à la population).
Nous, serviles domestiques d’une société humaine en déroute, exigeons:
-la mixité sociale de toutes les races canines présentes sur ce territoire
-la libre expression de nos sentiments, par voie orale, fécale, et transmissible par les semelles des péquins pouvant encore se payer des chaussures
-l’intégrité et le droit d’exister tels que nous sommes heureux de le ressentir en jappant et en battant de la queue.
-l’égalité des hommes et des chiens dans leur vie quotidienne, c’est à dire: une nourriture décente en croquettes bios pour promener nos vieillards, une garantie réelle de ne pas être battus par nos maîtres en déshérence, un statut ouvrant droit à une retraite salutaire dans un chenil à niches individuelles, meublé sobrement mais donnant sur un parc arboré et agrémenté de candélabres auto-nettoyants.
-une participation active au nettoiement de la cité par une politique effective de l’humanité municipale sur les contrevenants humains qui nous tiennent en laisse en discutant des heures sur les bancs avec d’autres personnes de sexe opposé mais non prohibé.
-un décret formalisant l’interdiction du collier pour les traîne-rues se débrouillant très bien pour faire les courses de leur maître tout en barbotant la mousse à raser dans les épiceries.
-l’obligation de faire se balader à quatre pattes, muselés, nos maîtres qui ne respectent pas les règles qui nous sont faites.
-mettre les caniveaux des villes au rang de patrimoine national de salubrité publique.
-contrôler le taux d’alcoolémie de nos teneurs en laisse, qui donnent le mauvais exemple en urinant contre les platanes.
Si nos revendications n’étaient pas prises en compte, nous, peuple des chiens des villes, entamerions l’action suivante:
Aboyer nuit et jour, à tour de rôle, tant dans les appartements que les villas, afin de rendre fous tous les riverains des quartiers de la cité, et d’ainsi les pousser au suicide, afin d’accéder à notre pleine liberté de toutous indomptables.
Car il n’est rien de plus insupportable, pour le peuple canin, que d’être réprimé dans un monde rempli de ronfleurs et de malotrus sans scrupules.
Ainsi, tout s’explique! songea John Bloumsfeld dans un instant d’euphorie. Il se tourna vers son amie pour lui faire part de sa découverte. Elle était à quatre pattes, ses ongles peints étaient devenus des griffes. Elle tenait une laisse entre ses gencives, les crocs luisants et le regard hargneux. A ton tour, semblait-elle dire…
Elle avait vraiment du chien, cette petite, conclut hâtivement John avant de se faire mordre.
Voilà pourquoi on ne parla jamais de tout cela dans les journaux.
AK Pô
28 05 11
La seconde venue
Tournant, tournant dans la gyre toujours plus large,
Le faucon ne peut plus entendre le fauconnier.
Tout se disloque. Le centre ne peut tenir.
L’anarchie se déchaîne sur le monde
Comme une mer noircie de sang : partout
On noie les saints élans de l’innocence.
Les meilleurs ne croient plus à rien, les pires
Se gonflent de l’ardeur des passions mauvaises.
Sûrement que quelque révélation, c’est pour bientôt.
Sûrement que la Seconde Venue, c’est pour bientôt.
La Seconde Venue! A peine dits ces mots,
Une image, immense, du Spiritus Mundi
Trouble ma vue : quelque part dans les sables du désert,
Une forme avec corps de lion et tête d’homme
Et l’œil nul et impitoyable comme un soleil
Se meut, à cuisses lentes, tandis qu’autour
Tournoient les ombres d’une colère d’oiseaux…
La ténèbre, à nouveau; mais je sais, maintenant,
Que vingt siècles d’un sommeil de pierre, exaspérés
Par un bruit de berceau, tournent au cauchemar,
– Et quelle bête brute, revenue l’heure,
Traîne la patte vers Bethléem, pour naître enfin?
texte issu de l’appréciable site : https://www.poemes.co/w-b-yeats.html
Si les véritables tigres sont en voie de disparition (il en reste selon ce site environ 15000 sur la planète), ceux qui sont en papier pullulent.
Mais il y a bien plus grave !
Témoignage 3
Je m’appelle Maria Dolorès Del Campo Alto, mais tous me nomment Dodo. Je travaille comme étalagiste depuis dix ans dans cet hypermarché, raison pour laquelle tout le monde me connaît sous le sobriquet de Dodo-Aux champs. Mon intention première n’était pas de témoigner, mais certaines circonstances m’y ont poussé, et ce bien malgré moi. Je suis née à Madrid en 1965 et j’avais dix ans quand Franco est mort, mais cela faisait vingt neuf ans que mes parents avaient quitté l’Espagne. Je suis née en France. Ma carte d’identité le confirme. J’ai cependant conservé ma génétique ibérique, la rondeur des hanches, la taille moyenne, une chevelure brune intense et le pas de danse qui résonne sur le béton des allées de cette grande surface quand les clients sont partis et qu’il faut réassortir les rayons de marchandises diverses et variées. En journée, les réassortiments laissent la place au balayage et au nettoyage, au ramassage des débris laissés par les consommateurs. Je travaille dans les travées 7 à 12, où sont exposées les boissons alcoolisées, les eaux minérales et tout ce qui est liquide en général.
Depuis trois ans, sous prétexte de promotion, on m’a adjoint la travée des sucres et des farines, au bout de laquelle trônent les packs de lait. Ce n’est pas du gâteau, même si ça y ressemble (il manque les œufs). Avec l’expérience, j’ai appris à connaître chaque recoin des gondoles, et je pense bientôt me payer un voyage à Venise, mais cela demande explication. La première chose à savoir, c’est que je suis lesbienne. La seconde, que je vis avec Marie Josée, une antillaise qui travaille aux fruits et légumes. Nous habitons à une heure trente de transport de notre lieu de travail, dans une cité HLM de banlieue qui ressemble à ce que nous sommes : des perdues éperdues que seul l’amour et la précarité font survivre. Mais il y a des anges au pays des démons, et des petits malins qui saisissent leurs étoiles quand elles passent à proximité et ne sont pas encore tombées dans les caniveaux de la déglingue. C’est ainsi que le marché s’est ouvert à nous.
Au printemps dernier, alors que nous regagnions notre logement, quatre types nous ont arrêté. Ils nous connaissaient : « alors Dodo et Marjo, ça boum à l’hyper ? »
Nous avons fait semblant d’acquiescer. « vous voudriez pas vous payer des vacances à Venise, les petites chéries ? » Ça a commencé comme je vous le raconte. Dès le lendemain on s’est mises au turbin. Au début, nous avons agi très discrètement. Il ne faut pas effaroucher la clientèle. De mon côté je planquais quelques sachets de coke dans le rayon farine et Marjo des petites tablettes de cannabis dans les cagettes, sous les légumes verts. Une ou deux semaines ont passé, le temps que les types vérifient qu’on faisait le boulot, puis le bouche à oreille a fonctionné et la routine s’est installée. Mes doses glissaient des paquets de farine aux sucres spécial confiture, ceux de ma copine dans le vrac des céleris branche et des épinards. C’est fou de voir le nombre de drogués qui fréquentent les allées des hypermarchés, qui prennent leurs doses sous l’œil terne des surveillants et autres vigiles.
Comme nous étions à 90% du temps plantées dans nos rayons, il suffisait aux clients de nous appeler sous le motif fallacieux qu’ils ne pouvaient accéder au troisième rayonnage pour attraper tel ou tel paquet (c’était très souvent de petites vieilles qui faisaient le lien avec les véritables clients, ceux-ci leur faisant cadeau du sachet de farine et des œufs, voire d’un litre de lait pour qu’elles fassent des crêpes). Marjo grattait le fond des casiers, emballant les légumes pour les petits vieux atteints d’Alzeimer (qui faisaient semblant). A chaque manipulation, le client laissait glisser dans nos mains un petit bout de papier avec son code inscrit dessus. Les types du HLM répertoriaient ensuite les achats de chacun et tutti quanti.
Nous étions payées dans le hall de l’immeuble, le vendredi, à notre retour. Tout roulait, les gondoles s’approchaient sous le pont des soupirs. Jusqu’à lundi dernier.
Quand des types d’une autre bande sont passés à l’hypermarché. Ils ressemblaient à de grands débiles mentaux mais ils ne l’étaient nullement. Ils ont renversé des paquets de farine, comme par inadvertance, en poussant des ô monsieur madame j’ai pas fait exprès ! Et la même chose s’est produite au rayon fruits et légumes.C’en était fini de notre business. J’ai balayé la farine qui jonchait le sol. Je l’ai ré-ensachée dans les paquets peu altérés, ai refermé méticuleusement chaque sachet et les ai remis dans les rayonnages au niveau zéro du présentoir. Ici, rien ne se perd et pas mal de choses se transforment, à l’insu des consommateurs.
Après le passage de l’autre bande et pour ne pas éveiller les soupçons, nous continuâmes à faire semblant d’aider les petites vieilles à se fournir en farine. Elles étaient au courant qu’il ne s’agissait que de leurrer les surveillants et vigiles du magasin, mais elles aussi avaient des intérêts à protéger. Il en était de même pour les petits vieux du rayon fruits et légumes.
Le surlendemain, les mamies avaient de drôles de tronches. Elles insistaient pour avoir des paquets de farine comme ceux qu’elles avaient pris la veille. Je n’avais pas l’intention de témoigner, mais maintenant, monsieur le directeur, vous savez tout. Ou presque. Nous fûmes convoquées, Marjo et moi, dans son bureau. Il nous questionna et demanda quelques éclaircissements sur l’origine, la pratique, et le montant des commissions que nous percevions. A la fin de l’entretien, il se leva d’un bond et déclara : « mais c’est génial ! Pas de problème, on reprend le service aux seniors et on le développe dans le rayon des lessives, des allume-feux en tablettes et dans tout ce qui est susceptible de servir de couverture. Vraiment, bravo les filles ! Vous aurez dix pour cent des ventes, en plus des rétributions des types de votre HLM. Dites-leur qu’à partir d’aujourd’hui, il va falloir fournir un max ! »
De retour au vestiaire Marjo m’a murmuré à l’oreille : » je crois que pour les gondoles à Venise, on est bien parties ! » et elle m’a embrassée.
09 10 2019
Je me nomme Augustin Bralunghi. Mes origines sont siciliennes et mon père, humble pécheur, tant face à la mer qu’à Dieu, a disparu alors que naissait mon cinquième frère. A cette époque d’après guerre les lits grinçaient plus vite que ne tremblait la terre. Et les hommes fuyaient, en quête d’une Pachamama sud-américaine, plus ronde et sensuelle que la peau desséchée des femmes de l’île qui nous avait vus naître.
A dix sept ans,pour plaire aux filles, je comptais sur mes doigts les syllabes : je rimaillais. Certes, mes vers n’étaient pas excellents, et mes conquêtes amoureuses plus rares que le destin des poètes survivants après dix années d’écritures. Ceci a certainement un lien avec mon témoignage. Car l’origine, si elle n’est pas linguistique n’en reste pas pour autant étrangère. Comment comprendre alors que rimaille et remaille ne soient associées dans mon destin ? Il suffit que je vous dise pour quel métier des centaines de kilomètres m’ont séparé de mes origines. J’en ai presque honte, mais je suis fier d’être encore ce que je n’étais pas alors. Voici la vérité : je suis remailleur de filets dans un hypermarché. Ce ne sont pas des filets de pêche, mais de ces filets enveloppant les sacs de pommes de terre de 3 à 25 kg, ou les paquets d’oignons, les bûchettes de bois, ou les produits qui enveloppent dans leurs filins l’attractivité et que les clients glissent, grâce à une large et solide poignée, dans leur chariot.
Mon travail est triste et répétitif. Mais il est également consensuel. La majeure partie de ces filets plastique est suffisamment fragile pour que des mains de paysan les transperce par inattention. Une ou deux patates roulent alors sur le présentoir. Quelques grammes perdus, direz-vous ; vous êtes loin du compte. C’est comme les miettes qui construisent le pain. Je témoigne en connaissance de cause, car je sais que ma cause est indéfendable, car personne ne peut comprendre la souffrance que génère mon métier. Ici, tous se moquent de moi, les bouchers, les serveuses, les caissières…
La plupart du temps j’ai droit à des réflexions telles que : « alors tu nous le tricotes quand, ton pull ? », ou « la daurade royale s’est échappée de mon étal, Augustin, t’as mis le filet en place ? »
Toutes ces remarques me renvoient à mes origines, et mes origines sont les mêmes que celles et ceux qui me dénigrent. Avec ce petit aspect : ils parlent une langue qui a oublié leurs ancêtres. Moi, je rafistole les sacs de patates en mettant de côté celles qui, sorties du sac, seront mises en vente au détail. Quitte à duper les grosses pognes des paysans, quitte à duper les marchands d’aïl et d’oignons, les tisserands de produits ensachés dans la beauté des produits s’expose aux trahisons des marchands. Personne n’y verra que du feu. Comme les salades ou le persil dont les brins retombent dans le présentoir.
A dix sept ans, pour plaire aux filles, je rimaillais. La vie me souriait, les filles se détournaient souvent mais à l’époque je remaillais les filets de mon père, j’étais comme on dirait un paysan des mers. Je voulais témoigner pour raconter une histoire qui n’existe pas simplement parce que ces histoires n’existent plus.
AK
03 10 2019
photos prises à La Pointe Courte, à Sète, en 2013…
Avis aux jeunes ménages
Dès qu’on oublie ce que sont les hommes, on se laisse aller à leur vouloir du bien.
C’est pourquoi, sans doute, on conseille de se recueillir de temps à autre, de faire retraite.
Qui n’a pas de femmes ne songe qu’à les caresser.
Qui femme a, la caresse, mais ne songe qu’à la battre.
Eh bien, qu’il la batte… pourvu qu’elle ne s’en aperçoive pas.
Cependant mieux vaut encore la tuer.
Après, ça ira mieux.
Vous vous sentirez plus d’aplomb comme si vous veniez de fumer une bonne pipe, une vraie bonne pipe.
Elle aussi d’ailleurs et elle vous appréciera davantage, vous trouvant moins préoccupé, plus vivant, plus aimable, car vous le serez, c’est immanquable.
Mais il faudra peut-être la retuer de temps en temps.
La paix dans le ménage est à ce prix.
Vous le savez maintenant.
Vous ne pouvez plus reculer…
D’ailleurs, elle-même vous tue peut-être depuis le premier jour que vous avez passé ensemble.
Pour une femme un peu délicate, un peu nerveuse, c’est presque un besoin.
Henri Michaux
Du Poelvoorde des débuts dans un film de 1992 plein d’humour noir (extraits).
Faux documentaire où une équipe de journalistes suit Ben, un tueur, qui s’attaque plus particulièrement aux personnes âgées et aux personnes de classes moyennes. Peu à peu les journalistes vont prendre part aux crimes de Ben. (http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=7383.html)