il pleut. Un temps à (ré)écouter Nick Drake

J’aime le son de la guitare, et Nike Drake a une bonne gueule (qui me rappelle celle de Nick Cave  et aussi de Jim Morrisson, mais c’est si vieux, tout ça !)

 

considérations sans sidération

Je reprends ici  certaines vérités simples évoquées ou du moins initiées indirectement par Peccadille, blog intéressant, instruit (je ne dirai pas instruite, à cause des Frères Jacques et du violoncelle, sujet de tant de fantasmes masculins). Notamment :  » Lire un blog régulièrement, c’est s’attacher à une personnalité, partager des intérêts communs, apprécier un regard ou une expertise sur un champ donné. » Partant de ce simple constat, il faut reconnaître que la distanciation des individus permet le partage purement virtuel, et étrangement suffisant. Ce qui suffit fait loin. Donc ouvre la liberté des échanges, lectures, rédactions, commentaires… mais pour rencontrer les gens en chair et en os, c’est un autre univers. L’approche se situe au niveau de Saint Exupéry et du renard du Petit Prince : un désert de sable, de ce sable qui ne pique les yeux qu’après avoir passé plusieurs heures devant un écran d’ordinateur. C’est le lot des bloggers et autres geeks qui n’ont qu’une envie : vivre en Arkansas, au milieu des rênes, des loups et des grizzlis (laissons les renards à Buffalo Bill).  Bon, je ne vais pas m’étendre sur ce constat, qui peut être tout à fait critiquable tant par la forme que par le fond.

Venons en à l’essentiel : quand on habite un endroit agréable, que l’on peut héberger quelques personnes gratuitement, éventuellement leur faire découvrir mer et montagne, en un mot rencontrer des gens pour de vrai,  pour une halte, un week end ou une semaine, nous pensons, Chinette et moi (65 et 60 ans respectifs) que le virtuel peut entretenir avec bonheur une réalité partagée. Bien entendu, il faut que chacun garantisse son existence réelle par un échange construit. Une façon de réhabiliter l’humain à ce qui le fait exister, malgré guerres et haines stupides, l’échange et le plaisir de vivre quelques moments conviviaux.

Pour notre part nous sommes disponibles. Tout comme il nous serait agréable de rencontrer, in situ, quelques liégeois dans un café (avril prochain)!

en attendant, quelques images de la ville d’Henri IV, pour faire sourire vos yeux :

Le chat qui allait son chemin tout seul (les épaules de Darwin, France Inter 2014)

A écouter dans l’intervalle 10-35 minutes, pour l’histoire elle-même. Ce petit texte est extrait  de : Rudyard Kipling. Le chat qui allait son chemin tout seul. In : Histoires comme ça. est un régal !

 

http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=959116

 

les petits textes de Chinou parus ailleurs…

la tata Agudo

la tata Agudo

2 Notes

(la vie des gens, qui n’intéressent personne)

 

Mince, craquante et fragile comme une branche de bois mort, parfumée comme un brin de muguet, tata Agudo grimpait en soufflant les cent vingt marches de l’escalier en bois ciré de cet immeuble propre dont l’ascenceur privé ne desservait que les trois premiers niveaux, regagnant son petit logement au sixième et dernier étage, celui si proche du septième, siège des gens heureux. Elle les montait seule, ces marches, depuis quinze ans maintenant que son mari Fernando était parti plus haut, au-delà des nuages et des constellations du cœur, des sondes coronaires et des sondages d’opinion intergalactiques. Les gens de l’immeuble, pour la plupart beaucoup plus jeunes, héritiers légitimes de ces appartements à fort potentiel immobilier, l’aimaient bien. Comment ne pas l’aimer, cette femme qui avait chéri son mari toute une vie durant ?

Dans cet immeuble d’un style néo-classique de la aveigunda de Arago, tout un Passé barcelonais était gravé, à l’aune du temps ; l’on apercevait l’arrière de la casa Batlo de Gaudi depuis le minuscule balcon de la cuisine, au dessus des jardinières cousues de géraniums, mais le plus important se situait ailleurs, dans cette vie commune d’un couple qui avait traversé durant quarante ans l’amour, vécu la guerre civile, connu l’exode et le retour, les privations et les petits bonheurs, tels que ces bals du samedi soir où tata Agudo et Fernando se rendaient chaque semaine, à la fin des années cinquante, dans une petite salle qui faisait face au Palau de Musica Catalana. Barcelone renouait en ces temps-là avec la fête, la prospérité et, vingt ans plus tard, à l’arrivée de Jorgi Pujol, à une autonomie plus représentative certainement qu’une indépendance de facto.

A l’époque où nous rencontrâmes tata Agudo, elle était déjà veuve depuis une quinzaine d’années. Le parapluie, les vêtements de Fernando occupaient encore les placards, rien n’avait bougé dans cet appartement minuscule. Il y régnait un parfum de travail et d’ardeur, de craie de tailleur, son métier, cette craie magnifique qui dessine les formes des patrons qu’ensuite l’on taillera en pièces, puis qu’on assemblera, parfaitement ajustés, à la corpulence du client,  du temps, quelle que soit son importance, sa situation sociale, son bedon ou sa mort à crédit. La guerre avait juste pris la dimension des démesures et les costumes de Fernando, dans la pièce sans fenêtre de l’appartement (il aurait pu travailler comme photographe dans cette pièce noire) conjuguaient l’être présent des hauts gradés et le néant des invalides, culs de jatte, manchots, unijambistes, qui de chairs à canons retrouvaient dans ses coutures l’élégance de ce qu’il est convenu d’appeler du même nom : canon de « chat beauté ». De ce soleil mourant qu’était devenue tata Agudo, quelques photos de jeunesse qu’elle nous montra révélèrent l’extrême sagacité de la jeunesse, le frisson des êtres amoureux, l’exubérance du bonheur. Elle était belle, et, le doigt maigre à l’ongle peint pointé sur les images, racontant les visages, les lieux, les moments, ce doigt était beau lui aussi, et nous, jeune couple, captions tout ce bonheur enfui que nous évoquait cette vieille femme avec un sentiment qui n’était plus un simple partage, mais un véritable lien filial.

Elle nous emmena un samedi matin dans ce petit marché proche de la via Diagonal, interpellant les commerçants dont certains avaient son âge, lançant à notre égard un « ficati » que nous traduisions par un « figures-toi » lorsque le prix d’une denrée lui semblait excessif, ou le comportement d’un individu, un ficati qui nous disait dans son volapuk les temps ont changé, les enfants, figures-toi ! Et nous prenions des patates douces (Fernando adorait les patates douces), nous les cuisinerons comme il les aimait, nous prenions un Valdepeñas (c’était le vin préféré de mon Fernando, ficati,) et ensuite nous regrimpions les six étages, le petit caddie plein, plein comme il ne l’avait jamais été avant notre visite.

Barcelone n’était pas devenue cette cité euphorique, hyper touristique, et bruyante qu’elle est aujourd’hui. On y dégringolait depuis l’interminable avenida del generalissimo Franco, avec des immeubles lugubres (plus sombres que l’arrivée à Gênes, en Italie, à la même époque). La Barceloneta était prolo, mais ouverte. La plaza Réal, déjà, brûlait en braseros ses corbeilles en fer blanc (ce qu’elle faisait encore, il y a peu, dès la fin du jour ou du marché). Le paseo de Gracia ne changea pas, qui montait lentement vers le parque Güell, le Tibidabo. Laissons fleurir nos souvenirs, disait tata Agudo, s’ils ne nous font pas renaître, au moins oublient-ils que nous avons vécu, que nous avons perdu toute espérance, et que nos mémoires ne sont que du bonheur ancré au quotidien, à l’immédiat.

Il pleuvait sur Barcelone, ce matin-là. Nous voulions vagabonder en ville. « Prenez le parapluie de Fernando, ficati ! C’est un beau parapluie ! Je ne l’ai jamais prêté à quiconque. Faites-y attention, jovenes ! «
Nous partîmes en ville, y marchâmes en tous sens comme guidés par une seule et véritable nécessité : nous perdre. Dans des lieux, des moments, des gens, des instantanés, dans le boucan des voitures, dans le charme des jardins, nous perdre dans la mégapole avec non seulement les yeux bleus de tata Agudo, mais encore les coups de ciseau de Fernando, pour que notre errance touristique conserve, bien des années plus tard, le goût du Valpedeñas et des patates douces. Et un costume taillé à nos mesures, itou.

Ficati !

AK Pô
18/10/2014
Ptcq

c'est pas la mer à boire
c’est pas la mer à boire (Tata Agudo, Barcelone, années 80)

je vous l’emballe ?

Hormis ce joli minou prénommé Trompette, voici un sketch de Pierre Desproges qui évoque Paris. En le visionnant, j’ai été traversé par une question : comment ressent-on, après les attentats, ce sketch ? Heureusement, Desproges reste Desproges !

Poopo, dis! y a plus d’eau!

A la longue liste des grands lacs asséchés ou réduits à la peau de chagrin (Baïkal, mer d’Aral, mer Morte, Poyang -Chine-, les lacs de Californie…) c’est le tour du lac Poopo, le deuxième plus grand lac de Bolivie, qui vient compléter la liste.

Et pendant ce temps, la banquise fond.

 

http://www.ladepeche.fr/article/2016/01/14/2255712-le-deuxieme-plus-grand-lac-de-bolivie-a-disparu.html#xtor=EPR-1

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/01/23/en-chine-le-plus-grand-lac-d-eau-douce-est-a-sec_1633275_3244.html

http://tempsreel.nouvelobs.com/galeries-photos/photo/20140827.OBS7277/grand-format-secheresse-aux-usa-18-alarmantes-photos-avant-apres.html

IMGP6658

haut les mains ! (pleines de sang ?)

Je tombe ce soir sur cet article de Sud-Ouest : http://www.sudouest.fr/2016/01/10/le-texas-autorise-le-port-d-armes-dans-les-hopitaux-psychiatriques-2238653-4803.php

En cette même période on commémore les actes barbares commis en France, pendant qu’aux States ce fou démagogue de Trump fait les meilleurs scores dans la course à la mandature des républicains (républicains mon cul). Révoltant autant que nul !

Bon, je file avec John Mayall dans le seul désert qui me plaît après ces lectures : le blues