Ce matin, j’ai acheté chez le boucher huit mètres trente deux centimètres de tripes, d’intestin grêle et de gros colon, en souvenir de ma mère dont c’était l’anniversaire. L’artisan avait tout nettoyé, et s’il a trouvé les bijoux qu’elle avait avalés, tant mieux pour lui, ce n’était que du toc. Pas de voyage à Anvers, donc, où il pensait finir sa vie dans une famille aisée dont il ignorait le nom, avant même que cette histoire ne débutât. Je me présente : John Martin Sholler, né voici une soixantaine d’années dans une petite ville de province. Tout allait assez bien jusqu’à l’arrivée du virus, il y a deux ans. Je venais de toucher mon premier salaire de retraité et si j’emploie le mot salaire, c’est que je l’avais gagné à bosser plus de quarante deux ans pour une société qui se réduisait à un bal masqué de gourgandins et de salonardes qui m’avaient exploité alors que je sortais à peine de l’adolescence. J’ai fait plein de métiers, toujours pour les mêmes et ma récompense à présent me disais-je serait d’enfin faire la fête, de sauter sur mes cannes anglaises et de botter le cul des capitalistes, bien qu’il n’en passât jamais un seul dans mon quartier.
Mais voilà que se pointe l’autre enfoiré de virus, l’inconnu nanométrique qui vient encombrer une existence que je pensais enfin peinarde. Dans les mois qui ont suivi son intrusion, je me suis peu à peu senti misérable, à l’image d’une masure que les publicités nomment passoires thermiques, ou passoires énergétiques. J’en ressens les mêmes symptômes : j’ai froid quand il fait froid et chaud quand il fait chaud. Cette phrase est superbe, j’ai dû la concevoir quand j’étais planqué sous la couette avec Juju, ma petite gonzesse qui a connue les salons et les bals de gourgandins affiliés aux gens de biens, pas des généreux non, des gens pleins de pognon qu’ils ont gagné par héritages successifs de leurs parents, et qui balaient des pieds les parquets cirés de la notoriété mondaine. De vrais ploucs, mais cultivés à la truffe généalogique, celle qui pousse au pied des chênes où l’on suspend en riant quelques brigands sans en avoir retiré la chaîne pour qu’ils pèsent plus sur l’opinion des paysans, ces couards sans pèze qui ne manipulent la fourche que pour remuer le vrai fumier, celui des étables.
Juju et moi nous couchons tard, cela nous donne l’impression de vivre plus longtemps que la plupart des esclaves qui bossent et rentrent chez eux éreintés en klaxonnant sous nos fenêtres pour nous faire râler. Les vieux sont des pestiférés, et leur logis une passoire thermique mais eux, au moins, mangent des pâtes tous les jours, quand les esclaves se contentent de riz qu’ils passent au chinois pour n’en pas perdre un grain. Je le sais, j’ai un ami chinois qui me l’a dit. Peut-être n’ai-je pas tout compris, notamment quand il a orienté la conversation sur les routes de la soie. Juju et moi en étions restés aux bals masqués et aux costumes si doux à porter de la Haute Société (j’adore mettre des majuscules pour situer la hauteur des pendus qui se balancent dans les jardins de la Noblesse du Pouvoir). Finalement, j’ai botté le cul de mon ami chinois et nous sommes, ma petite bonne femme et moi, bien marris de ne pouvoir agrémenter notre logis de tous les outils nécessaires à calfeutrer notre existence dans notre espace réduit : déshumidificateur, chauffage, vêtements chauds en pseudo ours polaires réduits en poudre de verre, lectures sournoises des modes de montage de la moindre étagère, bref, nous devenons jour après jour, des passoires énergétiques tocs qui ne savent plus différencier l’hiver de l’été, les doigts de pieds gelés gagnés par l’onglée (onglet chez mon boucher), malgré les chaussettes russes trouées poutiniennes, ce vénérable tsar du goulag de Navalny, introuvables dans ce petit pays malgré l’existence du cirque de Gavarnie, où sans passe sanitaire des milliers d’acrobates évoluent en surfant sur des pistes enneigées, glacées comme des esquimaux .
C’est d’ailleurs ce que m’a rappelé le boucher ce matin. Elle avait des tripes, votre mère, monsieur John Martin, savez-vous ? Sur la fin de sa vie elle m’a signé un papier m’autorisant à vider tous ses boyaux, à ne conserver que le meilleur d’elle-même et de donner aux gourgandins et aux salonardes ce que contenait ses intestins. Mais je dois vous avouer un secret. Ce n’est pas là où vous pensez qu’elle cachait son magot. Vous m’avez dit que c’était tant mieux pour moi, si je le découvrais tout en découpant une douzaine de côtelettes ou un gigot. Est-ce exact, John Martin ? Je ne pus qu’obtempérer. Eh bien, la vérité la voici : votre mère a tout investi dans un appartement d’Anvers, dans le quartier des diamantaires. Pendant vingt ans elle avait dissimulé son acte de propriété dans son entremichon. Le manuscrit original, l’acte notarial comme on l’appelle, m’a pris beaucoup de temps car j’ai dû le faire expertiser par six bourgeois, à Calais. Mais alors, dis-je, à quoi bon avoir nettoyé les intestins de ma mère, puisque vous êtes devenu légataire de cet appartement en découpant son entremichon ? Eh bien, j’avais d’abord attaqué la tuyauterie, c’est une des règles du métier. Mais aussi, mon bon monsieur, pour payer les droits de succession. Rien n’est simple en ce bas monde, vous le savez comme moi. Tout part en eau de boudin si vous ne maîtrisez pas les us et coutumes des trancheurs de lard que sont les agents du fisc. Mais je vous connais, vous êtes un de mes meilleurs clients, alors si je vous révèle cette histoire, c’est pour vous faire une fleur, un genre de ristourne. Je vous rajoute les trente deux centimètres gratis, parce que c’est vous. Votre petite bonne femme va en être ravie. Avec des pommes et une bonne purée, ça passe tout seul. A propos, si vous désirez aller à Anvers avec votre copine, je vous donne l’adresse de son appartement. Il est loué actuellement à un vieillard du nom de Blaise Cendrars, qui était son amant, à qui j’avais coupé un bras par mégarde dans une tranchée de viande bovine, mon couteau avait alors ripé et zou, le pépère s’est retrouvé un bras en moins. Il n’y a que les couteaux suisses qui soient fiables, monsieur John Martin, tous les livres de coutellerie vous le diront.
Bon, je dis huit mètres à un euro soixante le mètre. Ça nous fera donc un total de 12,80 euros. Vous réglez par carte ou en liquide ?
12 01 2022
AK
(dans la série les couillonades, oui !)
Je vous le dis tout net : les jours augmentent et le coût de la vie aussi. Alors investissons nos économies déjà maigres dans le CRAC40. Les pauvres et les miséreux de ce monde n’ont pas de ressources, celles-ci ayant été privatisées par les locataires permanents des palais et des statues mémorielles en leur honneur. Alors, si jadis la populace ne demandait selon la légende que du pain et des jeux, l’heure est venue de taxer le pain et de privatiser le service public dont la gratuité d’accès est un véritable scandale. Car qui paie la redevance ? Les pauvres ! Qui regarde la télé quand il n’y a rien à voir d’autre que toujours les mêmes navets pour lesquels les vendeurs de boissons caramélisées ne paient aucun droit, ceux-ci étant tombés dans le domaine public. Chantres de la gaieté falsifiée, du tout sourire aux dents blanches, des publicités ciblées et des séries maintes fois rediffusées ; qui les regardent encore ? les pauvres cons, les arriérés mentaux qui ne s’abonnent pas à Netflix, à Prime, à OCS, à Salto, aux plateformes payantes en tout genre. Mais attention ! Il ne faut pas tuer le con, source de revenus. Juste l’abrutir avec des petits jeux qui apparaissent en bas d’écran ; une question stupide, tapez un ou deux, 0.99×2 euro par SMS ou téléphone. Un gagnant sera tiré au sort parmi les bonnes réponses. Les pauvres, notamment les vieux, sont ignares et/ou malvoyants. Un jour ils appuient sur la touche un, l’autre sur la deux. Ils ne gagnent jamais. Seule leur facture de téléphone engrange leurs errances. Voilà pourquoi il faut investir dans la misère, physique et mentale des pauvres dont on a sorti de la tête tout esprit critique, les inonder de publicités adaptées à l’heure d’écoute, en général des pubs pour maigrir, des trucs et des bidules pour lutter contre l’arthrose, des serviettes anti-pipi… Sans parler des réseaux sociaux et des croyances dites alternatives sur des sujets cruciaux, auxquels ils accèdent en un clic sur leur écran de téléphone portable à manipulation simplifiée. Sans aide psychologique, juste un code à quatre chiffres.
Ce préambule n’est que prétexte à faire évoluer notre société humaine vers l’animale. Ne t’inquiète pas pour l’avenir mon fils, tu finiras bête, oublieux du passé et de tes ancêtres, ne sachant plus faire une division, une multiplication, sans l’aide de ton Samsung, tes mains n’écriront plus et se contenteront de taper avec une vitesse vertigineuse sur ton clavier, mais pas de souci, tu seras connecté, que tu le veuilles ou pas, à ces jeux vidéos qui régiront ta vie, ton temps et peut-être, s’il reste un peu de temps pour l’enfer, tes enfants.
Vous me direz que les animaux ne forment pas une société, mais sur quels arguments pouvons-nous nous baser ? N’avons-nous donc pas constaté que de nos jours quand le chien du voisin aboie nulle caravane passe, que les poules ne se font plus écraser en traversant la route, mais que les poulets nous cabossent car on leur en a donné la possibilité, que si les oiseaux ne pondent pas des œufs carrés c’est par ignorance du théorème de Pythagore. Ignorez-vous pourquoi les sangliers broutent dans les golfs et les terrains de sport en retournant allègrement la pelouse ? Ce sont en vérité d’anciens supporters humains mécontents des résultats du match qui s’est déroulé contre les bœufs musqués de Nouvelle Zélande et les bœufs moins costauds de nos provinces nationales. Et puis, savez-vous pourquoi les lièvres dansent dans les prés au clair de lune ? Ah, voilà de quoi nous clouer le bec, non ?
De fait, nous sommes en train de devenir tout simplement inutiles ou utiles à ne rien devenir sur cette planète. Il suffit de regarder quelques images de Tchernobyl pour constater comment la nature a repris ses droits sur ces espaces anéantis par l’homme. Toute une vie animale y a prospérée, certes contaminée, mais réelle. Les animaux s’en foutent, de toute façon, ils ne construisent ni usines nucléaires ni mégalopoles infernales. Ils se moquent bien que le ciel leur tombe sur la tête, quand les hommes par une simple panne d’électricité voient toutes leurs immenses capacités industrielles et numériques se casser la gueule avec eux. Alors certains se replieront sur le diktat d’un Dieu : « que la lumière soit et la lumière fut ». Allumons nos chandelles et prions chantent les évangélistes et donnez-nous votre misérable pension pour acheter les générateurs dont Dieu a besoin (surtout pour mes potes et moi). Alléluia ! Ceci étant une des raisons, et pas la seule, de taxer les pauvres, de privatiser la télé et la radio d’État, et d’abrutir les gens qui regardent bouche ouverte la tétine des vendeurs de boissons caramélisées et les dents souriantes et blanches des grandes gueules qui règnent dans le vaste univers médiatique.
Je ne sais pas si je suis devenu un peu bête en écrivant ce texte un peu/très con, mais c’est réconfortant de se sentir bête d’une pensée humaine (sans locomotive).
10 01 2021
AK

Impossible ce midi de rater la chronique de Tanguy Pastureau sur France Inter :
https://www.franceinter.fr/emissions/tanguy-pastureau-maltraite-l-info
De l’autre côté de l’Atlantique, un territoire français qui est tranquille, sans problème majeur (si ce n’est la pêche) de 6000 habitants voit le déferlement de haine dû à l’obligation du pass sanitaire. Où va-t-on, papa, je ne sais pas mais on y va.
« Stéphane Claireaux, député LREM de Saint-Pierre-et-Miquelon, a été agressé ce dimanche 9 janvier devant son domicile sur l’archipel par des manifestants anti-passe sanitaire. Sur une vidéo, relayée sur les réseaux sociaux par Annick Girardin, ministre de la Mer, on voit plusieurs dizaines de personnes jeter des projectiles sur le député, sur le perron de sa maison. »
l’article est paru dans Sud-Ouest de ce jour. Voilà qui en dit long sur la façon de résoudre cette merde de virus, qui est invisible et donc sujet à toutes les dérives qu’entretiennent les complotistes.

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« Moi vois pas virus, qui dit que c’est pas invention Bill Gates et gouvernements mondiaux pour nous rendre esclaves de la grande manipulation des riches contre les pauvres ?
» Ben mon gars, téléphone à ton Dieu, tu trouveras bien un pasteur évangélique pour te pommader de paradis à cent brouettes la décoction. »
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Sur le petit monde en ce moment les russes et les ricains négocient l’avenir de l’Ukraine, (quid de l’UE?) discutent gentiment du Kazakhstan et de la répression féroce de son peuple. En Biélorussie, on n’en parle plus mais rassurons-nous ça continue. Il faudra bien qu’un jour le peuple aux mains nues s’arme pour anéantir ces dictatures qui font régner la misère, la famine, la violence sous prétexte de se considérer comme des dieux au-dessus des lois. Mais ils savent encore trop bien sauvegarder leur pouvoir en s’offrant des hordes de mercenaires bien payés et surarmés, auxquels sont offerts tous les plaisirs qui ont été volés au peuple.
Grosse fatigue !
On voudrait tout savoir pour se perdre sans raison
Dans l’inexactitude et les couleurs du ciel le soir
Mais de celui qui pleure on brigande les larmes
Les feux brûlent partout, les incendiaires, les alarmes
Tout est parti l’eau est absente, tuyaux tranchés
On voudrait tout savoir de notre absence de connaître
Comme les chiens les loups et les singes dans les métropoles
Vident les poubelles mangent les rats et les chats
Savoir universel d’une méconnaissance, essences essentielles
Bénéfiques pour le corps malade des maux baisé(e)s,
Tout comprendre et ne rien admettre, esclave ou maîtresse,
Rendez-vous sans cesse manqué avec le goût d’humanité
De la sueur des jours et du bonheur des soirs, parfums
Même sans femme ni homme ni enfant, juste un soleil brillant
Qui s’évanouit à l’horizon des désirs consumés .
19 12 2021
AK
C’est en recherchant un documentaire sur les joutes vocales des nordestins de Sao Paulo, que l’on peut encore se procurer (Saudade do Futuro, 2004, par Marie Clémence et César Paes) dont vous trouverez le trailer ci-dessous, et le lien pour acheter le DVD), que je me suis remis en mémoire les toulousains tchatcheurs : « les fabulous trobadors », dont la joute vocale date de cette époque (2003/2004) :
un commentaire sous cette vidéo :
« Ces deux là sont fadas ! Possédés par les fées et les muses du blabla. Pour avoir bossé avec eux, je peux affirmer qu’ils sont aussi calucs en vrai que sur scène et ont parfois du mal à s’arrêter. Ces joutes sont majoritairement improvisés et ils font des efforts pour ne pas rigoler de leurs trouvailles réciproques. »
Maintenant, retour à Sao Paulo :
Des hauteurs vertigineuses des gratte-ciel en construction aux profondeurs du métro, de manifestation politique en bal populaire, qu’ils soient journaliste, maire ou chauffeur de taxi, les migrants Nordestins nous font pénétrer dans « leur » São Paulo, une des plus grandes villes du monde, avec ses 16 millions d’habitants.
Ils sont venus vivre à São Paulo, dans le sud du pays, pour fuir la sécheresse du Nordeste ou chercher fortune. Ou tout simplement travailler parce que « le sud merveilleux » concentre la plus grande activité économique et industrielle du Brésil.
S’accompagnant à la guitare ou au tambourin, les repentistas nordestins, véritables chroniqueurs du quotidien, improvisent des rimes et des vers chantés qui s’inspirent de la réalité immédiate qui entoure leurs auditeurs.
Saudade do Futuro emprunte les yeux des Nordestins pour regarder São Paulo, et leurs voix pour chanter la ville !
La cacophonie urbaine se mêle à la musique, et les « repentes », véritables ancêtres du Rap, racontent la métropole avec humour et tout en rimes.
un film de : Marie-Clémence & Cesar Paes
https://www.unifrance.org/film/22252/saudade-do-futuro
Pour acheter le DVD, divers sites le proposent d’occasion -18 euros- (FNAC etc). Par contre sur le site de la FNAC est proposé celui dont je vais vous parler, à un prix déraisonnable (107 euros).
Il s’agit du double DVD « gens du Salto », édition La Huit, réalisé par José Vieira en 2005. Ce documentaire relate le sort des portugais qui ont fui le régime de Salazar et les guerres coloniales que tous savaient perdues (comme ici l’Algérie en 1960), et ce jusque dans les années 1970, qui ont vu un flot massif de lusitatiens franchir les Pyrénées, malgré la présence encore réelle de Franco en Espagne.

https://www.pointculture.be/mediatheque/documentaires/gens-du-salto-th3643#
A voir (gratos) les gens des baraques : https://www.youtube.com/watch?v=S37ORBzDjTA

Quelque chose m’échappe. Je m’approche, mal réveillé,vers la cuisinette et que vois-je, attablés sous la lumière blafarde du lustre défraîchi ? Mes quatre chats qui jouent à la belote. Je me cale en silence dans l’entrebâillement de la porte et les observe. Depuis que les hommes se sont engouffrés dans les jeux vidéos, les manettes et les outre-mondes, les chats et d’autres animaux domestiques ont pris le relais des traditionnels tournois de jeux de société, dont les cartes, qu’ils manient désormais avec dextérité, trichant et feulant belote rebelote et dix de der, capot et autres expressions dérobées depuis des siècles aux petits peuples des bistrots.
Dans le jardin les poules ont installé un grand échiquier qui leur sert d’aire de jeu. Elles font un grand quizz dont les règles sont simples : si la réponse est juste, elles conservent leur grain de maïs, sous le contrôle évident du coq de la Basse Cour, qui juge. Par contre, si la réponse est fausse, de la case un où se situe le premier grain, donc l’enjeu primordial, la poule fautive doit poser sur la deuxième case le double de la première, soit, au tout début, deux grains. Puis quatre huit seize trente deux etc, jusqu’à inonder l’échiquier de grains revenant à la gagnante, ce qui constitue le but du jeu et l’intention formelle du coq, qui fécondera cette jeune pucelle et la déplumera de ses grains, y compris ceux de sa beauté.
La lune s’installe dans le pré et les nains de jardin chevauchent de petits chevaux colorés et parés comme au Palio de Sienne. Cependant, l’un d’entre eux manque à cette fête. C’est l’ascète de Caro, le célèbre nain jaune. Il court de quartier en quartier dans la boîte en bois et personne ne l’attrape, parmi les nains présents. Ah, si vous les voyiez galoper sous leurs casaques, ces nains joyeux et déterminés à affranchir Blanche Neige des studios de Disneyland, ils sont petits mais orgueilleux teigneux comme Ciotti, (ah la rigolade!), dans les jardins de la Présidence ils seront jardiniers, mais pour mettre la table serviteurs du Pouvoir, manchots, une théorie que bien entendu les nains réfutent bien qu’ils ne voient l’univers qu’au ras du gazon de leur vaste ambition.
A de multiples égards l’égarement chemine vers la même question : et l’Homme , dans Tout ça ? Il semblerait que dans des textes anciens des femmes en aient connus. Mais leur souvenir réside surtout dans les parties de cartes géostratégiques auxquelles ils s’adonnaient. Loin de la pelote des chats, du dix de der et du capot, les hommes qui pouvaient parier sur leur survie s’étaient installés dans la plus haute tour du monde de l’on ne savait quel pays, car toutes les riches nations tentaient d’en construire de plus hautes encore, et dans les plus altiers salons qui se puissent ériger ces quelques nababs jouaient au Monopoly pour briller dans le ciel auquel ils pensaient appartenir, mais sans encore l’avoir acheté. Pour autant les langages qui avaient jadis anéanti la construction de la tour de Babel, s’étaient unifiés par la langue anglaise comme langage universel.
Je ne sais ce qu’il m’a pris de me mettre à quatre pattes lorsque j’ai vu rouler une magnifique pelote de laine de moutons shetlandais tombée de la poche de Patapouf, le matou-chat. Il distribuait les cartes quand la boule laineuse aux reflets d’or a roulé au sol. J’ai avancé la main pour la saisir. Mais le félin m’a arrêté net : « mets ta laisse, on va se promener, c’est l’heure de faire ton pipi dans la haie du voisin, Karouge ! Ne traîne pas, j’ai une revanche, voire une belle à gagner après la pause. » Là-dessus, j’entendis sauter un bouchon de vin pétillant issu de ma réserve personnelle, mais il était trop tard : les hommes étaient domestiqués, le temps était venu où le petit pendule de Foucault qui pend entre leurs jambes se balancerait éternellement comme un chien joyeux secoue le temps en battant l’air de sa queue. Je voulus me plaindre, crier, mais j’aboyais. Ma vessie se remplissait d’un liquide inouï et j’enfilai ma laisse à la hâte, tirant dessus pour montrer les limites de mon impatience. Dans le jardin les nains cavalcadaient en riant, Blanche Neige tombait des nues et les poules pondaient des œufs dorés semblables à ceux de Fabergé. Patapouf poussa la porte de la cuisinette et m’envoya paître, me disant que la laisse, je pouvais la tenir moi-même. Ce qui était vrai. J’ai couru au fond du jardin et contre la haie du voisin j’ai reconnu les hommes de l’outre monde, les scaphandriers des cendriers qui naviguent dans les fumeries cosmiques, puis je me suis endormi.
A l’aube, à l’heure où blanchit la campagne, voyez-vous, une main s’est posée sur mon épaule. C’était l’ascète de Caro, le fugace nain jaune. Il avait posé sur mon échine une douce couverture piquetée d’étoiles, tissée par tous les opprimés victimes des joueurs de Monopoly ; chaque étoile symbolisait la mort d’un dictateur, d’un général, d’un génocidaire, d’un leader religieux, et de toutes les mailles qui les portaient jadis au pouvoir sourdait une douceur inattendue : une douceur animale.
Pourtant, de la cuisinette des bruits montaient, qui alternaient entre le rire et la colère. Les chats ne sont pas de véritables buveurs, mais restent des tricheurs hors pair, des charlatans nés en Enfer, des traîne-rues de Pandémonium que le Diable a autorisés à venir semer la discorde parmi les hommes qui tentèrent d’ériger la tour de Babel. Ce sont des forteresses que les hommes auraient construites si Dieu leur avait consenti un quelconque crédit (à taux réduit), mais queue d’ale, Dieu est radin et les hommes reprennent tout à zéro, chacun de leur côté ils bâtissent des murs aussi fragiles que la haie du voisin, et se croient protégés. Le remue ménage qui régnait dans la cuisinette en fait venait de Pirouette, la minette de Bouboule. Elle venait de lire un bouquin (de ma bibliothèque) intitulé : demain les chiens , un livre de Clifford D. Simak paru en 1955.
C’est alors que m’est venue cette idée, et si cela n’était pas en passe de devenir une réalité ? Mais cette idée me traversa très vite, disons à portée de fusil, quand le voisin, chasseur impénitent, me foudroya de ses cartouches, me prenant pour un sanglier. Mais a-t-on déjà vu un sanglier courir après une pelote de laine dorée pour annihiler l’humanité ? ça viendra, dit Petit Lion, la chérie de Patapouf, ça viendra…
06 01 2022
AK
Jésus Antunès Carvalho est né le 25 décembre 1988 à Lisbonne. Son arbre généalogique démarre au début de la chrétienté par son aïeul Jésus Lepetit, fils d’un tailleur pour dames et d’une esclave de Numidie vendeuse de dattes sur le carreau du Temple. On trouve également dans son arbre généalogique sa parentèle avec un certain Molière, vers 1664, qui aurait abusé de sa très arrière grand-mère, une certaine Comedia de l’Arte, dans les jardins buissonniers de Versailles, mais cela ne fut jamais validé par les Mormons de Salt Lake City.
Durant la seconde guerre mondiale, les grands parents de Jésus, composée d’Alonzo le père et d’Alfreda son épouse enceinte, se réfugièrent dans la banlieue de Czestochowa, province de Silésie, en Pologne, pays d’où ils s’enfuirent avant les pogroms du ghetto de Varsovie par les nazis. Tous deux traversèrent la France, faisant halte à Rocamadour, puis franchirent les Pyrénées s’arrêtèrent cinq semaines à Saragosse, où ils logèrent chez une aimable négresse, Maria del Pilar, qui vivait dans un temple ayant la particularité d’avoir une chambre établie en haut d’un pilier très robuste. De là, ils reprirent leur long périple et arrivèrent au Portugal, où ils s’établirent. Alfreda donna naissance en 1955 à une petite fille qu’ils nommèrent Fatima, la future mère de Jésus Antunès.
Si la plupart des jeunes lisboètes ont oublié le terrible tremblement de terre de 1755 qui détruisit la ville, peu se souviennent du gigantesque incendie du Chiado en août 1988, soit quelques mois avant la naissance de Jésus. Ainsi, en ce 24 décembre 2021, Jésus commença à fêter ses trente trois ans. Comme tout lisboète qui se respecte, il se prenait pour un poète, ayant pour modèle Fernando Pessoa, dont il partageait essentiellement les excès plus que les rimes et les mots. Après quelques saisons passées dans l’enfer des prisons portugaises, pour divers méfaits dont certains plus graves que d’autres, il se trouva donc en cette soirée de post anniversaire dans un bar de l’Alfama, buvant de pleins verres de ginginhia avec des amis aussi louches que lui, une douzaine de gars qu’il appelait ses apôtres. Dolorès, sur la scène du caboulot, chantait de sombres mélodies de fado qui mettaient en transe la minuscule salle. Jamais ce soir-là la saudade ne fut plus intense dans les rues en pente de ce quartier dont l’hiver avait balayé les hordes touristiques.
Comme à son habitude, au petit matin, il redescendait à pied l’étroite rue de la calçada de santo André jusqu’à la Mouraira, avant que les trolleys ne reprennent du service. Une grande partie des sans papiers venus d’ Afrique y avaient élu domicile depuis la fin de l’empire colonial, bâtiments délabrés où une vie intense et misérable régnait, gonflée de rites et de mystères hérités des anciennes colonies, Angola, Mozambique, Guinée Bissau, Sao Tomé et Principe, Cap Vert… Ainsi, Jésus Antunès Carvalho entretenait-il sa survie par de petits trafics liés à cet inter-monde qu’il connaissait par cœur pour y vivre quotidiennement de jour de nuit et d’esprit depuis son enfance. Il avait connu l’immense place du Commerce, qui donne sur le Tage, au temps où celle-ci n’était qu’un vaste parking pour voitures, avait à l’époque intégré la grande bande des enfants des rues qui pour quelques escudos trouvaient et dirigeaient les touristes pour leur permettre de stationner dans une sécurité relative. Puis il avait grandi. Dans cette ville magnifique, chaque aube ouvrait ses fenêtres sur un jour prometteur, loin du grand Salto des années du règne de Salazar, avec ses contingents de déserteurs, obligés au départ par la force de combattre deux ans dans les colonies lointaines et les guerres perdues d’avance. Alonzo et Alfreda étaient morts en franchissant, au milieu des années soixante dix les cols pyrénéens, et seule restait Fatima, sa mère, fidèle à son destin et à la vie de son fils. Le père avait aussi tenté sa chance, mais les glaciers et les balles franquistes l’avaient tué, un soir d’automne, alors qu’il franchissait le col du Somport, tentant de rejoindre la petite gare d’Urdos, quand le train circulait encore entre les deux frontières, espagnole et française.
Chaque fin d’année, c’était devenu un rite, Jésus Antunès Carvalho rendait visite à celui qu’il appelait son oncle, un grand père de presque quatre vingt ans, Antonio Lobo Antunès, qui habitait à Benfica, dans la banlieue de Lisbonne. Ensemble, durant quelques heures, ils parlaient es prouesses du club de foot, de poésie et évoquaient Vasco de Gama, l’immense navigateur qui arriva aux Indes après avoir contourné le cap de Bonne Espérance, ce cap dont l’humanité a perdu tous les instruments, sextant, boussole et gouvernail aujourd’hui, préférant les satellites et les navettes spatiales pour conquérir de nouveaux touristes et faire oublier la misère des gens, des enfants des rues de la place du Commerce.
Puis Jésus revenait, plein de nostalgie et de musique en tête, traînant ici et là sur le chemin, regagnant la rive du Tage, achetant un beau poisson au marché du Cais de Sodré avant de remonter par l’elevador da Bica rejoindre la rua do Poço dos Negros où logeait sa mère. Il aurait trente trois ans, ce lendemain-là. Un beau poisson dans son sac que sa génitrice cuisinerait avec amour, cet amour filial qui rend les mères admirables quand elles aiment leurs fils comme l’or se répand le soir sur le Tage.
Comme par magie, ce 25 décembre, un ciel limpide, bleu comme les yeux de Vasco de Gama, inondait la ville. Le soleil s’était levé tranquillement, alors que Fatima déjà s’affairait à écailler et cuisiner le plat du jour. Pourtant, le poisson était trop gros pour ne nourrir que deux personnes. Elle réveilla Jésus. N’avait-il pas quelques amis à inviter pour son anniversaire ? Il réfléchit. Combien pouvait-elle faire de parts ? Il avait douze potes, plus eux, cela faisait quatorze. Parfait, c’était un miracle de pouvoir en effet partager ce poisson en autant de convives. Elle cuisina ainsi jusqu’à midi. Le temps était radieux et l’appartement minuscule. Mais pourquoi ne pas manger dehors, l’hiver a chassé les touristes et le mirador alto de Santa Catarina a des bancs, des tables, bref de quoi tous nous réunir, mon fils !
Jésus appela donc ses douze apôtres, Dolorès et les musiciens de Fado de l’Alfama, pour que la fête soit complète. Vers midi trente ainsi vit-on un cortège de bougres attifés de belles tenues atterrir en portant toute la ménagère nécessaire à un festin sur le belvédère. Fatima et Jésus portant le poisson cuisiné dans un grand plat doré prêté par les voisins. On prit place, on se mit à remplir les verres de vin blanc sec. Puis on les vida. Puis on remit ça. Enfin, le poisson arriva sur la table. Les convives furent surpris, car il semblait avoir bondi depuis les eaux du Tage en un élégant saut de carpe. Et ce n’était pas l’œuvre du Cristo Rei, qui tendait ses bras sur le pont du 25 avril. Cette magie n’était en fait que l’œuvre de Fatima, la sainte mère de Jésus Antunès.
Le repas fut historique. Une joie régnait malgré les airs de fado et les vocalises déchirantes de Dolorès. Un des amis de Jésus, nommé Judao, eut alors l’idée géniale de composer, avec les arêtes du poisson, une couronne à l’élu du jour. Tous se réjouirent de cette excellente idée sauf, il faut l’avouer, Fatima, qui avait connu les stigmates des guerres coloniales sous le règne de Salazar. Mais l’assemblée vota pour, par Zem, Mour et amour crucifical. Les libations s’achevèrent au soir, et ne resta sur la table que la tête et la queue de ce poisson fétiche, le bacalao.
Dans la nuit, Jésus fut pris de malaise. Son cerveau semblait se liquéfier, son corps flottait tantôt dans les eaux d’or du fleuve, tantôt dans l’évanescence du ciel obscurci. La couronne d’arêtes s’incrustait en lui comme un diable malin trahit le don de vie. Ce fut cette nuit-là qu’il tua sa mère. Savez-vous pourquoi ? Parce qu’elle avait la peau numide, par Zem et Mour ! Dire que les jeunes lisboètes naissent tous poètes est donc un mensonge que ce récit avère.
05 01 2021
AK



Laisse venir
Laisse venir
Laisse venir
Laisse venir
Laisse venir
Laisse venir
Laisse venir
Laisse venir
Laisse venir
Laisse venir
Laisse venir
Tu perds ton temps
À mariner dans ses yeux
Tu perds ton sang
Tel Attila
Tel Othello
Tu te noircis
Dans quoi tu te mires
Dans quel étang
À l’avenir
Laisse venir
Laisse le vent du soir décider
À l’avenir
Laisse venir
Laisse venir
L’imprudence
Tu l’auras toujours ta belle gueule
Tu l’auras ta superbe
À défaut d’éloquence
Tel Machiavel
Tel Abel Gance
Tel Guillaume Tell
À quoi tu penses
À quoi tu penses
À l’avenir
Laisse venir
Laisse le vent du soir décider
À l’avenir
Laisse venir
Laisse venir
L’imprudence
Tu perds ton temps
À te percer à jour
Devant l’obstacle
Tu verras
On se révèle
Tel Perceval
Tel Casanova
Tel Harvey Keitel
À l’avenir
Laisse venir
Laisse le vent du soir décider
À l’avenir
Laisse venir
Laisse venir
L’imprudence
L’imprudence
Laisse venir
Laisse venir
Laisse venir
L’imprudence
Jean Fauque et Alain Bashung
J’sais pas pas pas pas pas pas pas
J’sais pas pas pas
Un jour je t’aimerai moins
Jusqu’au jour où je ne t’aimerai plus
Un jour je sourirai moins
Jusqu’au jour où je ne sourirai plus
Un jour je parlerai moins
Jusqu’au jour où je ne parlerai plus
Un jour je ‘courirai’ moins
Jusqu’au jour où je ne ‘courirai’ plus
Hier on se regardait à peine
C’est à peine si l’on se penchait
Aujourd’hui nos regards sont suspendus
Résidents résidents de la république
Où le rose a des reflets bleus
Résidents résidents de la république
Des atomes, fais ce que tu veux
J’sais pas pas pas pas pas
J’sais pas pas pas
J’sais pas pas pas pas pas
J’sais pas pas pas
Un jour je te parlerai moins
Peut-être le jour où tu ne me parleras plus
Un jour je voguerai moins
Peut-être le jour où la terre s’entrouvrira
Hier on se regardait à peine
C’est à peine si l’on se penchait
Aujourd’hui nos regards sont suspendus
Résidents résidents de la république
Où le rose a des reflets bleus
Résidents résidents de la république
Chérie, des atomes, fais ce que tu veux…
J’sais pas pas pas pas pas
J’sais pas pas pas
J’sais pas pas pas pas pas
J’sais pas pas
tiré du site : https://www.lacoccinelle.net/
Un carrousel de petits airs pour 2022 ?
Le vent nous portera mais nos portes seront-elles ouvertes
Pour accueillir les oubliés du monde ?
Le vent les a portés, le climat les font frapper
A nos murailles. Les trompettes de Jéricho
Sur nos châteaux de sable culbutent les ut
Les oyats sur les dunes, les voyages dans la lune,
Les la si do de Domrémy la Pucelle
Le monde libre y survivra-t-il
2022, v’là les flics! tirons-nous dans les sous-bois
Et chantons à pleine voix :
« J’écouterais l’esprit du vent
Si j’avais de l’esprit
Mais je n’ai que des vents
Dans l’anus et le nez
Alors, quand j’éternue
Je l’avoue, je me hais ! »
Commençons par croquer la pomme en riant :

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Ensuite, prenons un thé, moment historique toujours passionnant :
D’où venait-il, qui était-il, ce mouvement appelé « Tea Party » qui prit naissance en 2009, pour s’opposer au plan de relance adopté par l’administration Obama visant à sortir le pays de la crise financière de 2008 ?
Et si vous êtes là demain, vous aurez celui-ci avec le son :

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Enfin, écrivons-nous avec le nouveau média « LA DISPARITION » :
À l’heure des réseaux sociaux, du tout internet et de l’instantanéité, deux journalistes trentenaires font le pari un peu fou de lancer un média épistolaire, La Disparition, qui arrivera directement dans la boîte aux lettres de ses abonnés à la mi-janvier.
« L’idée de La Disparition est née pendant le premier confinement, lorsqu’on s’est rendu compte que des choses gravées dans le marbre pouvaient disparaître du jour au lendemain », raconte à l’AFP François de Monès, co-fondateur du nouveau média avec Annabelle Perrin.
Qu’il s’agisse de services publics, de la biodiversité, de quartiers, de métiers ou de maladies, « on a découvert qu’il y avait plein de disparitions qui devaient se raconter » mais pas question de le faire sur un site internet: « Ce serait assez antinomique, la presse papier étant elle-même en voie de disparition », reconnaît-il.
C’est alors que le format de la lettre s’impose. « Quasiment plus personne ne s’écrit de lettres aujourd’hui. La boîte aux lettres, c’est pour les factures et les publicités », déplore le co-fondateur. « On a donc voulu la faire revivre parce que c’est plus personnel, plus intime et ça crée plus de lien entre le lectorat et le média », estime-t-il.
Pour 11 euros par mois sans engagement, l’abonné de La Disparition recevra donc tous les quinze jours chez lui une lettre de 7 à 12 pages dans laquelle l’auteur (poète, journaliste, dramaturge ou romancier) se met en scène dans une aventure qui raconte une disparition.
La première lettre, écrite par le journaliste Quentin Müller, évoquera la disparition d’un arbre sur une île au large du Yémen.
Ce format tout papier peut notamment se révéler populaire en période de crise sanitaire, analyse le journaliste. « Quand toute la vie sociale s’est rabougrie, la lettre s’est imposée comme possibilité d’échappatoire assez jolie, littéraire et même romantique », dit François de Monès.
« C’est vrai qu’avec le Covid, il y a une lassitude envers le numérique. Les gens ont énormément consommé et il y a presque un paradigme de la fatigue oculaire », analyse l’historien des médias Fabrice d’Almeida, relevant que le nouveau média épistolaire s’apparente à la tradition journalistique très ancienne des « courriers ».
Source : AFP

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