Rions un peu (mais pas trop fort)

Un soir sur les quais de je ne sais quelle ville portuaire, je marchais. Un type m’a accosté, arrimant sa main à mon épaule, et m’a dit :

« Je sens chez vous que vous avez de l’humour. »

Je lui ai filé deux balles .

Mais j’ai gardé les six autres bien enclenchées dans mon revolver.

AK

09 08 2021

C’est l’homme !

Je ne parlerai pas ici du rapport du GIEC, ni de la Pachamama, dont les touristes du monde moderne se moquent car ils n’habitent pas sur les lieux qu’ils fréquentent l’été… Juste un rappel historique que l’humour anglais péroxydé a rappelé par la « blague » du Prime Minister récemment. L’article est très bien :

Mais les anglais ne sont pas si nuls. La série « Detectorists » sur Arte.TV est , on ne peut le dire autrement, very good!

En prime, les trois gredins qui viennent dévorer les croquettes des chats entre 22h30 et 23h! (pour le fun estival):

Les 3 loulous
deux…
Un !

Page de présentation : photos ;

excellent reportage !

irresponsabilité

Bon, au départ, je voulais écrire une histoire un peu marrante sur un problème qui ne l’est pas. Mais je me suis trouvé dans l’incapacité de la mener à terme. J’avais mis quelques arguments de mon côté, face à l’emploi décérébré du mot LIBERTÉ  qui fleurit chaque samedi sur le trottoir des récalcitrants et des média qui les suivent en continu:

-Facebook, Google et consorts, pistés de A à Z dans votre intimité

-Contrôle de police routier : papiers du véhicule (carte grise, assurance) et de la personne (carte d’identité, permis de conduire).

-vente de tabac, d’alcool (carte d’identité)

-smartphones (dépistage tous azimuts)

-cartes d’abonnement des supermarchés, des boutiques (publicités et réductions)

-présentation de carte pour entrer dans un bus (seniors) ou un musée etc pour un tarif réduit

-carte vitale chez le médecin

-code confidentiel de votre ordinateur (la bonne blague)

Présentation du QRCode ?

Bref, la LIBERTÉ que cette troupe majestueuse de 250 000 individus( 07/08/2021) revendique (dont une grande partie est certainement politisée anti Macron, avec sa volonté pointue de piquer l’opinion en la faisant douter de tout), qu’on l’emmène, à la queue leu leu, visiter les hôpitaux, pour vérifier s’il s’agit de simples grippettes ou d’un mal ardent, que ces gens aillent juger par eux-mêmes dans les couloirs des pays qui manquent de tout (à commencer par l’outre-mer, territoires français, ou la Tunisie), que ceux-là nous parlent de charlatanisme, de complotisme, d’atteinte à la Liberté, j’en ris déjà : « ils nous ont amenés dans des salles où l’on soignait des cardiaques, des embolies pulmonaires, des AVC, des pathologies qui n’avaient rien à voir ».diront-ils.(interprétation perso))

Alors, quelle liberté ? Qui l’acquiert et vis-à-vis de qui ?

Ne serait-il pas plus conséquent de lutter contre le changement climatique, la famine qui sévit dans des pays magiques comme Madagascar, Haïti, le Yémen et tant d’autres plutôt que de porter le drapeau d’une liberté qui n’obère en rien nos démocraties et dont, quand en viendra le terme, nous saurons effacer les obligations. Tout pour ma gueule devraient scander ces impatients. On comprendrait mieux le message. Enfin, bis repetita etc. Liberté !

Liberté d’expression, mon vieux Karouge, non ?

08 08 2021

AK

Poupinet

« Poupinet, Poupinet, dépêche-toi, on va être en retard chez le dentiste ! »

La centaine de collégiens qui assistaient à la scène se mirent à rire de ce jeune débarqué en sixième, haut comme trois pommes, un an d’avance scolaire, dont nous ne savions pas grand chose, vu qu’il vivait dans une bulle de bourgeois du Nord venus s’installer dans le bourg aux portes souvent closes, au printemps, soit six mois auparavant, et dont nous avions constaté la présence lorsque la fête patronale mélangeait une grande partie de la population locale.

Cela faisait trois jours qu’en ce mois de septembre humide et chaud nous avions rejoint l’établissement censé faire de nous tous et toutes des adultes éduqués. Si tous les bouseux des environs avaient suivi le même cursus (maternelle, primaire), il n’en était pas de même pour Poupinet, né Jean-Yves Gambinade, d’un père revenu des colonies (on ne savait lesquelles) et d’une mère très élégante, à la silhouette svelte, sans graisse contrairement à nos paysannes nourries au lard de cochon, que la boulangère et le boucher appelaient « madame », car elle fréquentait les édiles du coin, pour ne pas dire qu’elle les avait à l’œil, ainsi que le pensaient les commères en quête de scandales.

Ainsi Jean-Yves sous les appels de sa mère devînt-il le Poupinet de tout le collège.Certaines langues bien pendues disaient qu’il avait fait son école primaire dans les Caraïbes, quand un certain Nino Ferrer était devenu planteur de canne à sucre, d’autres racontaient qu’il était dans une école du Québec où il dormait sous la tente en étudiant le langage des indiens chassés des Appalaches, bref, que du boniment. Il fallait faire courir la légende pour ce gamin petit par la taille mais robuste quand par surprise un autre sixième cherchait à lui tomber dessus (ceux qui mesuraient un mètre soixante dix, en retard scolaire depuis que la vaccination obligatoire pour aller à l’école avait été refusée par leurs parents). Pour entretenir la rumeur quant à sa force morale et physique, certains émirent l’idée que, dans la belle maison aux volets mi-clos, Lou-Mary, la jolie femme de Gustave Gambinade, se permettait d’avril à novembre de rajouter du beurre dans les épinards, plat favori de Poupinet , qu’elle parsemait souvent de petits croûtons de pain aillé et d’un œuf dur tranché en deux. Ils en avaient les moyens, susurraient les vieilles jalouses.

Tous les gamins du coin détestaient les épinards. Plutôt nous faire vacciner que de manger cette herbe-là ! Criaient-ils. Certains menacèrent leurs parents d’aller ratiboiser leur potager, de raser tout ce qui était multicolore (créant dans l’ombre la société secrète des Dalton-niants), sauf la peur (bleue) qu’ils avaient au ventre pour passer à l’acte. Pourtant, Poupinet se retrouva premier dans toutes des matières de sa classe. Les parents des autres élèves commencèrent à croire à des arrangements entre la famille Gambinade et la directrice du collège. L’intégrité de celle-ci ne faisait pour autant aucun doute. Il fallut chercher ailleurs. Et c’est dans un courrier de Education Nationale annonçant que, pour cause de pandémie, tous les enfants et ados du collège (soit 300 élèves) devaient être vaccinés que se leva l’agressive distanciation sociale. Seuls Poupinet et une dizaine d’autres, l’étaient déjà. La rumeur passa donc des arrangements de la famille Gambinade avec la directrice à l’addiction de Poupinet aux épinards, pour enfin trouver la faille : le vaccin. Cette quinzaine de collégiens rétifs trouvèrent dans leur foyer l’argumentaire fantasque qui appuyait leurs doutes. La société secrète des Dalton-niants s’étoffa de quelques nouveaux venus, instrumentalisés par le dégoût des épinards. Dans ce cercle fermé on parlait beaucoup de Poupinet, vacciné au jus d’épinard et pas du tout, selon ce qu’on entendait sur les médias, au messager de l’ARN, qui n’était à leurs yeux qu’un supplétif de Bill Gates et ses nano-injections de puces électroniques visant à détruire le monde et qui laissait deux ans de vie à ceux qui étaient piqués avant de mourir.

AK

Une histoire à la con pour un dimanche pluvieux

La pluie fait des claquettes (sur le trottoir à minuit), mais vu la température de cette fin juillet (21° dedans et 14° dehors) et ces averses à faire renoncer un écossais de passer ses vacances dans notre beau pays, l’homme qui rédige ce récit et est encore un peu frissonnant se demande s’il est de mise de faire cesser cette plaisanterie.

Le couple est devant la télé, le Covid est sur toutes les chaînes :

« Pedro, dit d’une voix agacée son épouse Jasmine, demande au vieux d’enlever son dentier, on se croirait en hiver à l’écouter claquer, son bidule ! »

« C’est vrai qu’il fait bien frais pour la saison, ma mignonne, viens près de moi. Le vieux il va claquer bientôt, il ne passera pas cet été. Alors, le cagnard en automne, ma belle, avec l’héritage on creuse une piscine qui fera vingt fois sa tombe, à l’ancêtre. »

« Mon Pedro, tu es un ange, mais les anges, eux, se lavent dans les nuages, leurs ailes utilisent des brumisateurs pour ensuite nous inonder de pollutions nocturnes qu’on nomme ici rêves érotiques. Le papi, il pète comme l’orage, pollue comme les usines chinoises, et en plus il ronfle comme une locomotive polonaise fonctionnant au charbon. Je crois qu’il est temps de faire quelque chose, mon gros loup ! »

Dans la chambre mansardée de l’étage dorment Armel et Gaëlle, petits gosses mignons tout plein du couple. Soudain, de nouveau, la pluie fait des claquettes, sur le toit, à minuit. Ça tambourine dur sur les tuiles et les petits se réveillent et se mettent à brailler. Dans la chambre du rez-de-chaussée exposée au nord, le vieux ronfle. Son dentier, maintenant qu’il roupille, Pedro le lui retire ; il se nettoiera dans un verre, demain le vieux pourra aller gagafier au bistrot, avec ses copains anciens combattants et sourire à la patronne, si elle est de bonne humeur.

L’homme qui écrit cette histoire n’a aucun lien de parenté avec cette famille. Il a atterri là voici une semaine, à l’auberge du village (ouvert en toutes saisons) « A la Bonne et Franquette ». A peine arrivé, alors qu’il terminait vers vingt heures son repas (que l’on disait alors copieux, jamais bourratif), le vieillard était ivre, marchait de travers et parlait la langue universelle des arsouilles qui n’ont que cet état territorial pour se réfugier avec le seul passeport universel qui soit : l’haleine des démons. Le bistrot était vide (couvre-soif oblige) et la patronne indisponible (il y avait The Coca Cola Voice show à la télé). Elle lui offrit une réduction double de celle de Booking et un abonnement à un magazine rempli de femmes nues, qu’il déclina. Bref, il ramena le papi chez sa descendance et c’est ainsi qu’il put enquêter sur les réalités joviales d’un terrible complot.

La pluie tombait sans discontinuer, les anges avaient du partouzer comme toujours tels des bêtes à la saint Noé, et ce matin-là le vieux au nez rubicond traversa le Styx. Pedro et Jasmine mesurèrent la taille des vêtements de l’ancêtre, quelques bougies autour du cercueil, prévues de longue date, se firent confirmer par on ignorait qui, mais un officiel de la mairie ou des pompes funèbres dont on ne savait plus de quel pays il venait, car n’est pas du pays ici l’étranger qui vient d’une autre commune, même muni d’un chapelet, on s’en méfie. Le maire et le docteur dirent aux époux qu’il avait trouvé la paix éternelle et ne lèverait plus la moindre paupière ni le zizi qu’à 86 ans parfois, vous savez, ces vieux pendards on sait ce qu’ils font dans les maisons de retraite, la nuit, quand la pluie fait des claquettes, entre le repas du soir à 18 heures et le bol de café le matin à 7 heures. Après, on les occupe, enfin, c’est façon de parler. On les oublie. On pense à la piscine que l’héritage va permettre de creuser dans le terrain du vieux. Parfois, raconte Jasmine, on voudrait connaître le prix de vente de nos enfants sur internet, pour avoir la paix, mais bon, si on enlève le coût annuel de l’entretien, un gosse, ça rapportera plus à mendier en ville que d’aller à l’école laïque apprendre à grandir .

Sans attendre les obsèques Pedro et Jasmine fouillèrent la chambre du mort, tirèrent des papiers et des photos des fonds de tiroir, soulevèrent les piles de draps de l’armoire, mais ne trouvèrent rien qui puisse affirmer leur héritage. Il faut dire que le vieillard, hormis sa tendance à fréquenter le bistrot du village était encore vaillant, jusqu’à ce matin fatal où on le trouva étendu dans son lit, bouche et paupières closes. Le dentier était encore dans son jus, mais Pedro fit semblant de ne pas le remarquer. Maintenant qu’il avait passé l’arme à gauche, vous comprenez. Et un dentier, ça se revend sur E bay à un africain pour le prix d’un canard-bouée chez Gifi.

L’homme qui écrit cette histoire eut comme une prémonition, à regarder s’agiter la parentèle dans la pièce exposée au nord. Le visage du vieux était impassible, certes, mais on pouvait déceler un petit rictus goguenard. Les anges avaient peut-être rincé son gosier avec de l’hydromel et le goût céleste titillait-il encore son palais, seul dieu le savait. Armel et Gaëlle, les petits chérubins, faisaient les fous, se poursuivaient et sautèrent sans y prendre garde sur le lit funéraire. Ce qui fit trembler le cadavre, dont la mâchoire s’entrouvrit. Sur ses gencives était scotché un dentier tout en vrai or dix huit carats, trente deux dents parfaitement imitées, qu’il avait dérobé dans sa jeunesse à un gros filou stambouliote qui échangeait au noir des livres turcs de Yachar Kémal et Nedim Gursel contre des dollars.

De fait, l’homme qui écrit cette histoire s’est approché du mort, et dans le remue-ménage ambiant a dérobé le fameux appareil. Puis il est retourné à l’auberge « A la Bonne et Franquette », a fait sa valise et s’est enfui à trottinette électrique, poursuivi par Armel et Gaëlle, qui ne parvinrent pas à le rattraper. A noter que ce matin-là, le soleil brillait et la pluie, comme l’homme, avait pris la poudre d’escampette.

01 08 2021

AK

Métal Hurlant revient ! (vite)

article court mais prometteur pour les amateurs de SF (qui ne seraient toujours pas au courant)

Mœbius, Bilal, Druillet, et plein de petits nouveaux, avec des interviews, et ma grande sœur toute nue en poster quand elle était jeune, (joke) en 1974, toute une génération dont on constate aujourd’hui bien des réalités indéniables…(univers des villes chinoise, tours gigantesques de Dubaï, par exemple etc)

Haïti, chérie (épisode 13)

Le soir, un Samedi

Putin, quel Samedi, je viens de rentrer et je me dis qu’il faut que j’immortalise le bordel. Seigneur, par où commencer, reprends les trucs par chronologie mon Poussin, ça va t’aider à te rappeler et surtout, à faire la part des choses. Nous v’la donc, vers 16h, en train de grailler le cabri, enfin pas nous, moi d’abord, ma Jass m’a préparé une assiette, après que j’ai bouffé son sang, avec du pain, façon pâté boudin j’sais pas, je l’ai graillé dans tous les cas, écolo dans l’âme, pas envie de gâcher. Donc je bouffe le sang du poto que j’ai regardé droit dans les yeux, lui rappelant que certes, l’humain se sent supérieur, mais qu’il peut faire preuve de mercy lui aussi. Le temps avance et j’commence à comprendre que c’est pas aujourd’hui que j’vais faire ma synthèse de rapport, non non, aujourd’hui c’est picole et cabri, programme alléchant s’il en est. Entre temps, petit coup de tél avec ma nana, je m’en lasserai pas de voir sa tronche ça non, et qu’elle débite, elle s’arrête pas, ptin je pourrais l’écouter toute la journée celle là, je finis par me demander si on est vraiment séparés tellement qu’on se parle depuis que je me suis barré d’la macronie. J’enchaîne, pas le temps de se poser ce genre de question et avant son bigot, je me disais que j’allais ramener un coca à la populasse. Tu parles, que je sors, que c’est déjà au rhum mon pote. Ok bon pour le coca je repasserai, vous voulez un truc les potes ? Sont passés de 3 à 6 et je sens que la journée ça va être crescendo. Non, ok je me tire, je me le prends mon coca, perso le wum pur ça m’attaque, ok il est 14h mais je veux m’en faire un peu aussi, donc coca oblige, je me mélange l’histoire et que ça part. Je finis planté sur une chaise à m’imprégner de leurs histoires, que je me concentre, pas de téléphone sur moi, rien qui me bousille l’attention, j’écoute, j’écoute et j’écoute encore, c’est comme ça que je l’apprendrais le créole. Que ça me traite d’égal à égal mais que ça sent bat les couilles de ma tronche, c’est parfait, j’me dis que je pourrais presque faire un pti docu façon strip tease, où le caméraman se fait oublier. Les heures passent, entre temps on est allés se boire une dizaine de coco, décrochées, coupées et bouffées avec l’aide d’un mec bien balaize, la seule chose qu’il a pas faite c’est le dernier participe passé. On revient, pi la Jass me fait mon assiette, je finis par le déguster l’ami cabri, que c’est bon, je suis le seul à becter, un peu gêné mais c’est Chriss qui m’a dit que c’était prêt, donc j’ai suivi le sourire de Jass jusqu’à la cuisine et j’suis ressorti avec mon assiette devant mes 9 soifards, ouais, le nombre a encore augmenté. Qu’ils ont du rhum que j’me dis. Bref, les heures défilent, je suis planté là et j’sais pas pourquoi mais j’ai la sensation que la soirée ça va être quelque chose. Qu’on boit en continu, chaque fois que la teille de rhum se finit, un mec prend des initiatives et va pour nous fournir un peu plus d’essence. Perso je tourne à la bière, je peux plus, trop fort le rhum pur. Aux alentours de 18h, v’la que l’assemblée est passée à 12 et que ça commence à s’énerver, qu’ils veulent le bouffer leur cabri eux aussi, donc le Chriss qui tape aller retour sur aller retour je ne sais où, finit par ramener une casserole digne de ce nom et que ça le sert dans des gobelets plastiques. Je vous ai dit, ici le plastique, c’est la vie. On boit le jus, on ronge les os et on l’apprécie ce bonhomme, merci pour le sacrifice, tu m’encombres les chicos mais mon pote, t’es un vrai, t’as le même goût que dans mes souvenirs, ma ptite madeleine de Proust. Ca valait le coup de s’faire dépuceler. Finalement le temps avance, l’alcoolémie avec et que vers 19h ça se décide de bouger à la « plage », qu’on me demande, que je suis chaud, rien d’autre à foutre l’ami. Ca part, trois 4×4 en route, un qui tombe en panne après 25 mètres, qu’on le pousse, j’suis épuisé, mon pti pote va falloir y aller mollo sur les Comme il faut, je les sens dans mes poumons là, ça pique. Bref, le trajet se passe, une trentaine de minutes, qu’on passe partout, que ça secoue, BOOM, ma tête finit contre la vitre, je vise à gauche, personne n’a capté, ouf, je check le truc, pas de bosse juste un petit sentiment de honte indicible, ok on enchaîne. On finit dans un décor paradisiaque, 5 étoiles au bas mot, petite plage, sable fin, eau 27 degrés, décor de film de cul mec. Je commence à prendre mes aises, j’me paye une binch, ça doit être la 7ème depuis le début d’la journée, mais je suis pas vraiment bourré, plutôt euphorique le pti blan, et que ça enchaîne, je finis par me balader dans le village, accompagné de mes gardes du corps, on arrive devant une estrade. Ha putin je reconnais un mec qu’était chez le Chriss, il s’égosille devant une assemblée convaincue à sa cause, ça fout l’ambiance, ça me propose de monter, non non merci mec, ici les gars que j’croise je les prends pas de haut, je reste avec le tiers état, merci mais non merci. Ca me bouscule un peu, c’est rempli de gamins et de jeunes, ça danse et ça discutaille d’un peu tout entre chaque inquisition au DJ : met le son, arrête le son, met le son, arrête le son. C’est magique, en tout cas je réalise que tout le monde s’en carre que j’sois là, on me fixe même pas, je commence à prendre la confiance. Je file en douce sans mes gros bras et je me balade, je finis par m’arrêter au milieu d’une route, une femme me prend par le bras gentiment. Elle me met sur le côté, je comprends pas trop et là je vois quoi mon pote, que j’étais au beau milieu d’un rituel vaudou. Merde, je lève la main en guise d’excuse et que je commence à profiter du show. Une femme très bien apprêtée qui s’égosille, elle a l’air de filer des ordres à un mec plus musclé qu’Hercule, qu’il a un énorme fouet le type, à chaque incantation, bim énorme coup de fouet à côté d’un feu. Le feu qui tape des rebonds à chaque coup, merde c’est quoi ce délire, en y regardant de plus près, j’grille qu’un mec balance un peu d’alcool à chaque fois que le fouet résonne. Bien vu l’artiste. Bref ça dure une dizaine de minutes, je suis subjugué par la scène, pas beaucoup de moyens mais l’air en devient mystique, je fixe le feu et j’finis dans une sorte de méditation moi aussi. Contagieux le vaudou. La soirée continue, je fais mes petits achats, je me balade tel le maire du village, déconne, t’es pas prêt. On va pour se tirer vers 22h30, 23h, une des nanas en a ras le cul et veut rentrer au bercail, elle a l’air de peser puisque les bad boyz filent droit et acceptent. Entre temps, le gars aperçu sur la scène vient me prendre la main, comme habité par des intentions funestes. Moi je suis en manque d’affection donc je lui prends sa main et que je te la serre comme il se doit, premier contact physique en deux semaines l’ami, il me conduit droit vers la scène, putin je le sens venir gros comme une maison son truc. Il va me demander un service lui. Et ouais mon pote, je finis devant la scène, que je veux pas monter je lui dis, qu’importe il me file le micro après m’avoir introduit. Seigneur, le DJ se prend un dernier ordre : coupe le son !! Ok le silence, je comprends qu’ils attendent que je l’ouvre. Et là mon pote, merci la binch, que je te déballe toute ma science créole, avec accent et compagnie devant une centaine de gus. Presque que je veux plus le lâcher ce micro, et que je te l’agite la foule en débitant mes conneries, ça régale. Bref, le bénévolat c’est plus de mon âge donc je finis par lui rendre et à repartir comme je suis venu, main dans la main avec l’ancien. Quelle journée, quelle soirée, j’ai bouffé un cabri après l’avoir regardé passer l’arme à gauche droit dans les yeux, découvert une plage que je pensais pas que ça existait ces trucs, assisté à un rituel vaudou, couler 8 bières et 3 cocos, je me suis fait introniser et que je rentre me doucher pépère vers 23h30. Je suis vidé moi mais ma tête est pleine, je reçois plus que je donne ici, haa… Ayiti cheri mwen comme ils disent.

18/07/2021 – 00h20

©Poussin Laventure

Cet épisode est le dernier que je diffuse ici, pour quelque temps. Merci à l’auteur et aux lecteurs et lectrices qui ont suivi ce récit !

AK

28 07 2021

Haïti, chérie (épisode 12)

Ô mon Cabri, mon pauvre Cabri

Samedi, le weekend démarre, tu peux te dire que les stiques-mou et leur petit cousin – purs produit du terroir, des sortes de petites mouches, ultra rapides, qui te font des petites piqûres, ça gratte moins mais tu les entends bourdonner, ça t’éreinte, ils le surnomment j’sais plus comment un truc comme l’accueil des touristes – te foutront la paix, tu parles. Sont inchoppables, sauf ce matin, je me fous une claque comme à chaque fois que je sors de la moustiquaire, j’hallucine, j’en ai un dans la main, bien écrasé et bien juteux. Une belle journée s’annonce.

Je descends tout content, je me prépare mon petit feu, ma petite casserole, la roulé etc, bref ma petite routine. J’ai la tech maintenant, fini les coups de fesse, Jass n’a qu’à bien se tenir, je vais finir par la préparer à sa place la bouffe si ça continue. Hier soir j’me suis coulé a minima 5 prestiges, 34,1 CL (va comprendre la logique) à 5,7 degrés, en temps normal ça me décrocherait seulement un sourire et me rendrait plus aimable, mais sous ce tropique, ça te casse mon gars. J’ai fait tout mon possible pour faire les 200 mètres qui séparent mon lit du bar, en prétendant être encore un peu digne. Heureusement qu’on y voit que dal, je me suis pris une bonne pierre et j’ai failli tomber, ça passe pour cette fois, pas de rires gras en fond sonore, j’suis sauf. Je m’attendais à un petit mal de tête au réveil, je suis frais comme un gardon, frais comme un cabri mon gars. Bah ouais, aujourd’hui c’est la fête, je sais pas trop pourquoi mais à 11h le Chriss débarque tout sourire, j’ai mes écouteurs qu’il me fait sursauter le con. J’enlève ça et je fais mine de m’étirer, pas envie qu’il voit que je me chie un peu dessus dans ce château finalement. Ouais mon pote, tout le monde sait que je l’habite, l’autre jour j’oublie ma clé USB chez l’imprimeur de la ville, un vrai business man le bonhomme, ça te rappellerait presque l’occident sa boutique. Qu’il envoie pas un gus me la ramener, direct là à mon bureau, imagine ma gueule quand je vois un complet inconnu qui me tend la main avec ma clé USB et se tire sans un mot… Merde, je peux avoir un peu d’intimité les mecs ?

Bon tu me diras, c’est parti d’une bonne intention, mais j’ai compris qu’il y avait marqué mon adresse sur mon front. Bref, Jésus est là, sourire jusqu’aux oreilles, que je lui demande ce qu’il a, il me parle cabri, il me parle rivière, il me dit de pointer ma sueur dehors, j’amorce le pas. J’arrive dans le cour, putin il me charge cet enculé de cabri, il fout quoi ici lui ? Nouveau coloc ?! On va le bouffer il me dit, je peux pas m’empêcher de penser que c’est peut-être mon destin aussi. Il va chercher un type pour s’en occuper, il veut pas se salir les mains le Chriss, scène biblique, qu’on lui fait une offrande à mon Dieu. Je retourne poser mon cul, je pense à ce cabri attaché là comme un con, il doit s’en douter que ça sent pas bon pour lui, loin d’être crédules ces animaux là. Il revient 30 minutes plus tard, j’entends les cris du cabri, je me doute que son gars sûr est arrivé. Je descends, clope dans la poche, va me falloir des bonnes taffs pour assister à ce spectacle. Mon dépucelage, faut que j’y assiste, faut que je m’intègre et que j’arrête de me voiler la face, j’adore ça moi le cabri. Ptin le mec est comme sorti d’un film de Tarantino, trois couteaux, le front en nage, le regard meurtrier, qu’il la ficèle comme jamais la pauvre bête, les 4 pattes, immobilisée, que ses mamelles qui dépassent, qu’il hurle, il sent la fin arriver, j’ai le palpitant qui s’agite, la mort qui approche, ça me touche. Il les affûte ses armes, je me mets à la place du cabri qui entend ce son annonciateur, ptin qu’est-ce que je fous là moi, planté comme un avocatier, à attendre qu’on le sacrifie. Les lames sont prêtes, il saisit le pauvre type, peut rien faire, attaché comme ça tu peux juste penser une dernière fois à toute cette herbe que tu boufferas plus. Les sons qu’il lâche me transpercent le cœur, j’aime les animaux moi, je suis un occidental, je bouffe pas les chats les mecs je les caresse, je pense à ma ptite zoupette, qu’ils la boufferaient bien ces salauds. L’assassin a la décence de me tourner le dos pour trancher le cou du bestiau, encore plus cool, qu’il lui ferme la bouche pour pas cracher au quartier la richesse du Christin, 3 500 goudes le repas, qu’il y aura des restes. Casserole sous la gorge, rien gaspiller, elle se remplit de sang vitesse grand V ..et de sueur du tueur, je m’avance et je regarde une dernière fois mon destin, je lui fais le regard le plus doux que je peux faire à ce moment là, qu’il sache qu’on l’aime avant qu’il parte. Je me refous à l’arrière du bourreau, je scrute la queue, elle bouge encore, les secondes deviennent des minutes, je sais qu’il comprend ce qui se passe, derniers spasmes, derniers soupirs, d’ici quelques heures, le banquet sera servi à côté de la rivière. Pas de photo non, pas maintenant, presque envie de chialer moi putin.

17/07/2021 – 12h30

©Poussin Laventure

Chauds glaçons si tu as le pognon

https://www.ladepeche.fr/2021/07/24/pour-lutter-contre-les-fortes-chaleurs-dubai-fait-tomber-de-la-pluie-artificielle-9691339.php

Ce n’est pas un secret, il fait chaud à Dubaï, les Émirats arabes unis étant l’un des pays les plus chauds du monde. En ce moment, la ville supporte chaque jour entre 40 et 46°. Pour rafraîchir les habitants, les autorités ont donc décidé de créer de la pluie artificielle. 
Les EAU sont l’un des premiers pays de la région du Golfe à utiliser la technique d’ensemencement des nuages. Dubaï travaille depuis plusieurs années sur ces projets, dépensant des millions de dollars.
Pour créer cette pluie, un avion plane dans le ciel et lance des drones dans les nuages. Ces drones libèrent ensuite des décharges électriques, qui provoquent des précipitations. (cf article complet ci-dessus)

Les chemins de la soif

https://fr.wikipedia.org/wiki/Remorquage_d%27iceberg