Le néon grésillait dans la cuisine, au-dessus de la marmite remplie de légumes qui bouillonnaient gentiment dans l’eau du puits. Dix chats dormaient près du poêle à bois, ronronnants devant le feu qui brasillait. Ginou-Ginette, quant à elle, découpait des tranches de ventrèche en chantant « Maria, Maria, Mariaaaa », air sublime extrait de West Side Story, et moi, attablé au centre de la pièce, je faisais les comptes en louchant de temps en temps sur ses fesses rondes en forme de pleine lune.
C’est fou comme à la campagne on a cette impression que les jours et les nuits se succèdent à un rythme plus régulier qu’en ville. Sans doute par l’absence de lampadaires de voitures et de camions, passé une certaine heure. Les jardins s’éclairent de lampyres et des arbres s’ébrouent de pipistrelles. Parfois une hulotte, d’un clocher, hulule ; un cerf au creux d’un bois brame. Certains soirs, le vent fait chanter les culottes étendues sur le fil à linge. De malicieux nains de jardin venus de Catalogne tentent alors d’élaborer des pyramides humaines pour blaguer la maîtresse des lieux, mais leur nombre est insuffisant et les chats les coursent dans les taillis. Combien de bonnets et de poils de barbe a-t-on ramassé depuis des années, je ne saurais le dire. Mais il se raconte que l’âme des nains devient passereau, comme le porte-monnaie des pauvres procure chez eux des engelures en toutes saisons. Rien à voir cependant avec la circulation sanguine des rocades métropolitaines, ni avec la pollution générée par des milliers d’automobilistes. Ici, parfois, certaines nuits d’hiver ou d’été, la pollution noctambule laisse quelques traces sur les draps (mais c’est la faute de Maria, quand elle apparaît sur l’escalier de secours). Bon, c’est la faute à Léonard Bernstein, point final.
Le néon soudain ne grésille plus. La soupe petit à petit réduit son bouillonnement, seul le bois crépite dans le poêle : panne d’électricité. Temps moderne : on fera cuire la ventrèche dans le poêle à bois, décréte Ginou-Ginette. Allume les bougies, Chou : ça risque de durer. Les chats étaient bien chauds, nous les avons placés sur nos genoux, sur nos pieds. Dehors, il faisait un froid de canard. De plus, avec la grippe aviaire, inutile de chercher refuge sous une couette en duvet d’oie, la région exploite uniquement le canard (comme dit le dicton : « seuls les canards locaux nous gavent de nouvelles qui m’agréent » -dixit Donald T.-).
C’est fou comme à la campagne dès qu’un coup de froid arrive l’instinct de survie prédomine. Quand la cire des bougies a fondu le petit élevage de lampyres prend le relais pour nous éclairer. Les nains de jardin en sont les principaux éleveurs. Ils en possèdent des myriades qu’ils font griller dans de grandes fêtes (comme les sauterelles en Afrique) estivales, mais, comme c’est présentement le cas, ils viennent frapper à la porte (ils se gèlent les miquettes, comme tout un chacun), munis de leur lanterneau luisant d’éclats vert électrique, entrent et vont sagement s’installer près du poêle, sous l’œil pandémoniaque des chats. Ils chuchotent et rient, racontent des anecdotes sur Blanche Neige qui n’est toujours pas revenue (c’est la faute de Tony, voire de Leonard Bernstein), ils regardent la ventrèche fondre dans le poêle et le gras qui s’évapore en flammèches. Ils se lissent la barbe et brossent leur bonnet. Ils imitent le chant des oiseaux qu’ils deviendront bientôt, quand les chats les auront croqués. Ils sont mignons. Mais il faut surveiller le linge qui pend en poussant la chansonnette du vent, dehors, sur l’étendoir.
Nous mangeons en silence (pas d’électricité =pas de radio, de télé, d’internet, etc). Dehors, aucun bruit. Pas de voisins qui s’engueulent. Pas de tronçonneuse. Le grand silence hivernal. Juste la voix de Ginou-Ginette qui me susurre à l’oreille : « et si on allait se coucher, pour entretenir ce réchauffement climatique dont tout le monde se plaint ? » Je voudrais bien lui répondre : « mais on ne va pas continuer à polluer le monde en pleine nuit ? » Heureusement, je suis incapable de lui faire une telle réflexion. Car où irait l’humanité si l’on répondait négativement à l’appel amoureux d’une femme ? Certainement dans le sens des rocades, des toccate et des tocades.
Jim Bishop a travaillé sur ce projet pendant près de 40 ans. Il a utilisé les compétences qu’il a acquises dans l’atelier Bishop Ornamental Iron de son père. Bishop décrit son château ainsi : « Construit par un homme avec l’aide de Dieu »
Petit plongeon dans le Passé où l’on découvre que l’Histoire devient une ritournelle, en Amérique du Sud, et pas que là…
dans le registre musique classique, Miguel Angel Estrellas.
Extrait de Wikipédia : « Il fuit le régime argentin en 1976 à cause des persécutions dont il fait l’objet de la part de la junte militaire. En 1977, il est détenu en Uruguay à Montevideo, où il subit des tortures2,3. Durant sa détention, il continue à jouer dans sa cellule avec un clavier muet. Il est libéré en 1980 à la suite des pressions internationales (en particulier de Yehudi Menuhin, Nadia Boulanger et Henri Dutilleux)4. Il se réfugie alors en France. »
Le 28 juin 1966, une junte militaire prend le pouvoir. Les membres de cette « révolution argentine » entendent lutter contre “la généralisation de la démoralisation et du scepticisme, l’apathie et la perte du sentiment national », mais aussi résoudre le problème de l’instabilité politique chronique tout en contrant la montée des opposants marxistes.
Symbole de cette reprise en main musclée, la junte met au pas les étudiants dont le nombre a presque doublé en une décennie. Le 29 juin a lieu la “Nuit des longs bâtons”, évacuation brutale de plusieurs universités de Buenos Aires. C’est que la jeunesse inquiète les vieux généraux.
Cette jeunesse qui, de Buenos Aires à Córdoba ou Mendoza, s’entiche de rock, notamment, pour la capitale, dans le quartier populaire de Once. C’est là qu’au printemps 67, se forme l’un des premiers groupes de rock argentin, Los Gatos, qui publie “La balsa”.
Dans une interview filmée, le président de la Fédération des Chasseurs Willy Schraen assure que « le chat est en train de détruire la biodiversité » et estime que « le piégeage du chat à plus de 300 mètres de toute habitation, ce serait une bonne chose ».
« Il y a un moment, on va finir par devoir agir sur le chat. Le chat tue bien plus d’animaux que les chasseurs, c’est même pas à comparer. Il faut trouver une solution pour le chat, et effectivement, le piégeage du chat à plus de 300 mètres de toute habitation, ce serait une bonne chose » a-t-il notamment plaidé, modérant toutefois sur le peu d’enthousiasme que pourrait susciter une telle mesure, « Je ne le sens pas. On le voit bien. On est attaqués de toute part, on nous reproche la chasse, on nous reproche la corrida, on nous reproche les combats de coqs, on nous reproche plein de choses alors maintenant, si on piège les chats, je ne vous dis pas à quoi ça va ressembler… » a-t-il ajouté.
» «Je suis un trouillard et je déteste les héros, mais comme beaucoup d’hommes je ne peux m’empêcher de courir au-devant de ma peur»
Je n’ai pas trouvé de poème concernant ce magnifique écrivain, et m’en tiens à cet article de Libération :
(extrait de l’article)
« Malgré les ans et son œil aveugle, Yachar Kemal a presque jusqu’au bout continué d’écrire au crayon sur des grandes feuilles blanches ce qui devait être son autobiographie. Mort à 92 ans, ce descendant d’antiques seigneurs kurdes, de fameux bandits et de poètes errants voulait témoigner d’une longue vie de combats et d’engagements. «Je suis un trouillard et je déteste les héros, mais comme beaucoup d’hommes je ne peux m’empêcher de courir au-devant de ma peur», aimait à rappeler le grand écrivain turc. Longtemps le seul connu à l’étranger, ce romancier prolifique était traduit dans de nombreuses langues dont le chinois et le macédonien. Il fut pressenti plusieurs fois pour le prix Nobel dont le premier lauréat turc fut Orhan Pamuk en 2006, auteur de talent dont les œuvres n’ont ni la puissance, ni la résonance de celles de son devancier.
Ses écrits et son militantisme politique contre l’injustice et la brutalité du pouvoir, notamment contre la minorité kurde, ont valu à Yasar Kemal plus d’une vingtaine de procès et un séjour en prison. C’est d’ailleurs devant un tribunal que, d’ailleurs, eut lieu la première lecture publique de la première de ses nouvelles, Bebek (le nouveau-né). «Le juge lisait très bien et me confia après l’audience qu’il avait beaucoup aimé l’histoire», raconte avec un sourire Yasar Kemal, arrêté pour la première fois à 17 ans, parce que suspect de sympathies communistes. «Tous nos poèmes, toutes nos épopées et nos chansons témoignent d’une oppression séculaire», assurait l’écrivain, qui, a toujours clamé son amour de la liberté et de la mosaïque des cultures et des peuples du plateau anatolien. » (…/…)
A tous ceux et celles et qui aiment l’aventure, les sagas magnifiques, je ne peux que leur conseiller la lecture de « la saga de Memèd le Mince« , parmi d’autres ouvrages tout aussi poético-politiques.C’est une littérature qui vous trotte dans la tête jusqu’à la fin des (de vos) jours.
Quand la pluie s’est mise à tomber j’ai demandé à Lucia, ma femme, où était le parapluie. Elle m’a répondu quand il pleut on se sort pas on va se coucher en attendant que l’averse cesse. Et ce sans manières, Luigi, tu devrais le savoir depuis le temps que nous vivons ensemble. J’ai acquiescé. Cela faisait belle lurette par ailleurs que je ne m’étais pas trempé. Des temps immémoriaux, aurait pensé Victor. Vous ne connaissez pas Victor ? Enfin, ne me dites pas que vous ne connaissez pas monsieur Ségalen, un médecin qui se lavait à l’eau de mer et y trempait sa plume pour raconter ce qu’il vivait et partageait les champs marins avec les sirènes de l’ultime humanité. Une vie pas facile sous les tropiques loin du miroir des métropoles. Des récits d’embruns et des descriptions encore altruistes, avant que celles-ci ne disparaissent de la surface du globe.
Pourtant, nous étions loin des îles australes, Lucia et moi. Pas même dans une nuit lustrale (purificatrice) où auraient brillé quelques constellations aux noms évocateurs : lion, ourse, capricorne, croix du sud, scorpion. Nous étions dans un trou perdu de province qui se remplissait inexorablement d’eaux tumultueuses. Loin de ce poème rédigé la veille où j’avais écrit : les verres pendant la nuit se remplirent de rosée et nous les bûmes à l’aube, enivrant nos langueurs, puis sombrant aux thermes vers midi en un coma profond qui se nomme le rêve. Nous coulions des jours heureux dans un lit bateau qui prenait l’eau, voilà la vérité, et l’absence de parapluie n’y pourrait rien changer. Les draps étaient des voiles qu’un vent chargé de phéromones emportait dans la houle gironde, jusqu’aux embouchures les plus musicales de nos nez en trompette.
Dès que cessait la pluie, nous nous levions, sortions en trombe, à demi nus, arpentant en tous sens le jardin et le pré attenant, jeunes animaux pris de folie semblables à ces enfants qui jouent et braillent sur ces places magiques d’Espagne où ne pénètrent pas les voitures, places royales de Salamanque à Madrid, de la Constitution à Saint Sébastien, du Pilar à Saragosse… Les voiles séchaient sur les cordes à linge, comme on en voit encore parfois dans les provinces reculées, le ventre rebondi sous la générosité du vent d’Est, ne craignant ni le vol ni l’envol, arrimées aux fils par des pinces de bois solides et résolues, cerfs-volants prisonniers de leur ombre dansant sur le tapis vert, faisant la nique aux herbes folles.
Lucia, je sais ce que tu vas me dire : nous puisons nos forces dans nos imperfections, et pourtant c’est bien seul que je refais le lit avec les draps qui ont séché entre deux éclaircies, Lucia, la terre a aspiré goulûment tous les pleurs et les feuilles du marronnier dansent à nouveau sans le poids de l’ondée. Luigi, la pluie n’est un fléau que pour les gens aigris, et l’aube nous appelle pour confirmer le jour. Il fera chaud, demain, cent ans après qu’eût sonné le tocsin. Avec ou sans parapluie, nos jours seront comptés par légions, et ce sont des clairons qui tailleront nos barbes et nos nez, viens donc dans ce lit frais que tu viens de refaire, le tonnerre gronde au loin, et j’ai perdu Victor alors qu’il s’abibochait avec une princesse dans la Cité Interdite, comme un enfant qui joue, chuchote à l’oreille des dieux un jour les chats qui dansent dans le jardin feront mao mao. Mais je n’ai pas retrouvé ce bouquin magnifique, « Épopée », que j’ai dû oublier chez Gallimard, perdu entre les collections et l’Imaginaire. Qu’importe ! Comme dit le proverbe : quand il y a de l’herbe sur le paillasson le rastafari part en fumée.
Saint Pancrace, dont la fête dans l’Église catholique est célébrée le 12 mai. Neveu de saint Denis martyr, décapité en 304 à l’âge de 14 ans ; c’est le patron des enfants.
Saint Servais, dont la fête dans l’Église catholique est célébrée le 13 mai. Saint Gervais est parfois erronément cité en lieu et place de saint Servais, mais sa fête est célébrée le 19 juin dans l’église catholique. Évêque de Tongres en Belgique (mort en 384), premier évêque attesté du Civitas Tungrorum.
À ces trois premiers saints, les régions plus froides (pour les zones les plus foides des Ardennes, de la Normandie intérieur, des Hauts de France, du Centre, de l’Allier, des gelées en plaine ont pu être observées jusque début juin) ajoutent également :
Saint Boniface, traditionnellement célébré le 14 mai, cité dans le dicton : « Le bon saint Boniface entre en brisant la glace. » (dans les régions méridonales, il remplace aussi Saint Mamert parmi les trois principaux saints de glace).
Sainte Sophie, martyre suppliciée à Rome vers 137, nommée « Kalte Sophie » (« la froide Sophie »), en Alsace, Moselle et en Allemagne, où elle est célébrée le 15 mai, et où les Eisheilige « saints de glace » sont encore les saints originaux, et sont au nombre de 5, fêtés du au inclus.
Saint Yves, célébré le 19 mai, considéré comme le dernier saint de glace en Bretagne, cité dans le dicton : « Craignez le petit Yvonnet. C’est le pire de tous quand il s’y met. »
Saint Bernardin célébré le 20 mai, cité dans le dicton : « S’il gèle à la Saint-Bernardin, adieu le vin3. »
Dans certaines régions plus méridionales comme la Ligurie en Italie du Nord, les saints de glace sont San Pancrazio (saint Pancrace), San Servazio (saint Servais) et San Bonifazio (saint Boniface), célébrés les 12, 13 et 4.
Beaucoup de vrai dans cette intervention de Vincent Lindon relayée par Médiapart. Mais chacun reste libre d’en penser ce qu’il veut (surtout ceux qui n’aiment pas cet acteur très engagé).
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