les babillages de Chinette, les coloriages de Chinou
Je te revois toujours, Charlotte,
Préparant Noël,
A Buchenwald,
Avec tes copines du camp,
Dont certaines ne reviendront pas.
La conception de la Beauté
De Hans Bellmer,
Je devrais m’y pencher
Comme le font
Les géraniums
Sur le vertige des balcons
Verrai-je Gênes un jour
Sans me dire
J’ai tant espéré
La lumière tendre
Des persiennes
Je n’y pense plus
C’est un pas
Des habits jetés
Aux pieds d’un lit
Un souvenir hors de pris
Un de ces palaces
Qu’avive la mémoire
C’est Pavèse, Paolo Conté et,
Un peu plus loin,
Pasolini dans le Po.
Tu me diras, Charlotte,,
Qu’un sourire efface tout,
Qu’un soupir exhale l’aventure
Il suffit de simplifier le grandiose
Pour trouver l’amour.
Il me reste peu de temps
Pour survivre à mes lubies.
Juste attendre
Que les enfants soient grands.
Plus grands que moi.
Ils le sont déjà. Ne ris pas.
Ils leur reste une chose,
Cette chose inouïe
Que seule la vie prodigue:
Apprendre un pas, une danse.
Je te revois toujours, Charlotte,
Préparant Noël,
A Buchenwald,
Avec tes copines du camp,
Dont certaines ne reviendront pas.
Si, quand je partirai, tu es là,
J’écraserai la mort
D’un seul pas.
A condition que tu m’accordes
Cette dernière danse.
AK
22 12 2010
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