quand l’écume de mer bat le flanc des montagnes.

Quand l’océan se perd dans les montagnes…

Le petit Jonas, assis en haut de la falaise, contemplait la mer. Il ne vit pas arriver cette  vague gigantesque, plus impressionnante que la baleine Moby Dick,  vague qui vînt claquer sur le rivage et l’avala tout cru. Le soleil faisait la sieste au sommet des montagnes, comme la font les chats perchés dans les branches nues des châtaigniers l’hiver, quand le ciel est plus bleu que l’ogresse Marine. Mais l’enfant surfait déjà sur internet quand il était bébé, et il se débarrassa aisément du flow qui voulait le manger crew dans son bel équipage.

Il se trouva qu’un paysan passait par là, un vieux païs chevauchant un âne plus intelligent que lui, mais cela n’avait rien d’exceptionnel, car les gens d’ici sont des ânes, comme vous le savez. Le vieux, cheminant sur la verte prairie, ramassa le gosse endormi. L’un avait les yeux bleus, l’autre marron (ici on dit « il a les yeux castagne »). Le vieux s’appelait Jean Pierre, il était corpulent, un grand gaillard capable d’arrêter avec ses mains la vague mythique de Nazaré au Portugal, mais il n’en avait cure. Son troupeau de moutons l’attendait dans le ciel. Deux cents brebis à traire avant de s’endormir. Un mouton de plus, en comptant Jonas qui ronflait déjà sur le dos de l’âne.

Ils arrivèrent au coucher du soleil dans une cabane qui sentait le santon de Provence, mais non, je plaisante, ça sentait le produit ménager, la cigarette froide et les pets de moutons, différents des pets de nonnes mais moins parfumés. Jean Pierre tira le lait des brebis puis revînt dans la cabane, où il mit à chauffer une marmite d’eau. Quand l’eau commença à tendrement frémir il y plongea Jonas. La peau du gamin était encore couverte de grains de sel marin, ce qui accélérerait le bouillonnement de l’eau. Jean Pierre avait faim, et quelques légumes ajoutés manu militari feraient pour lui une excellente soupe bio. Un peu comme « la soupe à la baleine » de Jacques Prévert. Une soupe que l’on nomme ici, dans le petit pays, garbure.

Quand il eut fini de dîner, il rota, se déshabilla et comme chaque soir, se mit à  braire devant la glace que croisent chaque jour ses yeux marron. Jonas est encore et âme dans la marmite, délicieux jacuzzi, dans les vapeurs du ciel bleu comme ses yeux, il rêve que viennent des nonnettes pétaradantes se joindre à lui, dans le grand bain divin. La nuit est belle, les étoiles scintillent dans le ciel, et je réalise que toutes ces conneries que j’ai écrites ce soir en direct live n’étaient qu’un prétexte pour mettre en valeur quelques photos prises aujourd’hui, sous un ciel sans nuages, et que voici:

AK

14 02 2019

3 commentaires sur “quand l’écume de mer bat le flanc des montagnes.

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