Ô Mamma mia !

Ce matin, vers onze heures, j’ai téléphoné à ma mère. Comme il n’y avait pas de tonalité, j’ai joint le service semi- public des télécoms, ou un service similaire de réclamation géré par un algorithme depuis sa lointaine planète. Le message a été clair : ce numéro a été inscrit dans le registre des abonnés absents. Pour les alcooliques anonymes, contacter le 20-20 en tapant le code Whisky. Si l’adresse que vous avez indiquée dans le formulaire est bien celle-ci : 98 boulevard des Allongés, à Puteaux, il s’agit effectivement de cette personne. Pour réécouter le message, tapez 5, avec votre main droite. Pour l’effacer tapez 3 avec votre main gauche. Merci de lécher l’écran de votre smartphone pour répondre à notre enquête de satisfaction.

A 16 heures, j’ai eu confirmation que ma mère venait de décéder après une longue série d’appels et qu’elle s’était fourvoyée en téléphonant à Dieu plutôt qu’au CHU, qui n’est, lui, qu’à une quarantaine de kilomètres, mais où l’on n’accepte pas les chiens non tenus en laisse ni les grabataires qui sentent les pieds sous terre. Autant l’avouer dès à présent, le chien de ma mère s’appelle Pascal Boniface. C’est mon père. A une époque, il exhibait des colliers de rappeur en faux or et des dents de Rottwailers incrustés de faux diamants parmi les immeubles de Puteaux. Il n’aurait pas fait de vieux os si moi, le cinquième enfant de la fratrie, n’avait remonté l’honneur de la famille en inventant le concept de poing sur la gueule, déclinable en claque et en bris de toute machine sujette aux algorithmes. Comment ça, ma mère est morte ? Pan sur ta chiffraison 2.0. (par exemple, un parmi d’autres). Puis je l’ai adaptée aux matches de football. 2-0 pour l’OM , ou 0-2 pour le PSG, qu’importe, ma mère était morte, ma bonne mère qui me regardait jouer au bord de la Méditerranée. Ô pauvre !

Vers dix huit heures j’ai reçu un coup de fil. Il n’y avait pas de numéro 98 au boulevard des Allongés, à Puteaux. Un bug informatique qui de fait m’informait que ma mère était certainement plus vivante que jamais. Allais-je pour autant croire en Dieu, ou à la Providence, plus charnue et aimable que le vieux barbu ?

Je pris mon smartphone et appelai un algorithme de mes amis, qui œuvrait sur la ligne Whisky et en abusait certainement car son message ne tenait visiblement pas les lignes rébarbatives de la programmation orgasmique des développeurs de légendes futuristes. Un peu de jus électrique semblait-il réclamer. Je lui rappelais que je lui avais offert un violon et qu’en pissant dedans il retrouverait les harmonies du temps, du tempo un deux trois quatre, on z’y va .

Finalement, j’ai retrouvé ma mère. Elle était dans les bras de Pascal Boniface, au pied d’un immeuble de Puteaux. Moi, grâce à mon pote algorithmique, je suis descendu en vitesse pour les rejoindre. C’est alors qu’il y a eu cette énorme panne électrique dont, aujourd’hui, personne ne se souvient. Parce que depuis ,il fait noir de jour comme de nuit.

04 07 2022

AK

Ô bonne mer(e), protège tes enfants!

Un commentaire sur “Ô Mamma mia !

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