Quand ce n’est pas obligatoire, c’est que c’est interdit.

J’ignore quelle neige s’est posée sur la page. De quelle couleur est ma peau grise, de quelles odeurs la blondeur du sable m’enlise. Je m’englue, mes doigts sont des phalanges de bestioles affamées qui me dévorent . Elles sont là, s’expriment sur un clavier, me touchent et me dévorent. Je ne peux plus combattre. Tous les ans une artificielle bureaucratie me redemande qui je suis, où je vis, et de multiples machineries m’invitent à procéder à des mises à jour, renouveler des codes, faire vérifier mon identité par le facteur, payer par internet eau gaz électricité, renouveler des codes, renouveler des données, renouveler toujours car le monde qui change n’est plus de mon monde. Mais un conglomérat de gens désormais masqués, obéissants, généreux, patients, condamnés à subir brimades coups et injustices : quand ce n’est pas obligatoire c’est que c’est interdit. Plus la science, la technologie avancent, plus nous marchons à reculons.

J’en arrive à cet âge où l’on parle plus aux morts qu’aux vivants, j’ai lâché les manettes de ce jeu vidéo qu’est devenue la vie. Alors, la paix regagne mon lit, le rêve se rétablit en se réfugiant sous la couette ; et la douce ronflette de ma compagne distille le chant tiède porté par une musique sensuelle et charnelle. L’hiver du général Cornuto peut venir, je connais cette neige posée sur la page : c’est ma vie éperdue retrouvée dans un vieux catalogue de jouets oublié sous le tas de factures impayées et de menaces fumeuses. N’oubliez pas l’attestation pour mettre le nez dehors, le paradis perdu est en vente exclusivement sur internet, le roi Carnaval est un gros blond peroxydé américain, mais ici la grand messe est prêchée par le grand Manitou national une fois par mois, devant trente millions de téléspectateurs infantilisés, les stylos n’écrivent plus, les claviers sont connectés, vous pouvez leur parler, vos téléphones vous tracent , la victoire de Samothrace a des ailes mais plus de bras, à l’instar de la Vénus de Milo, qui a, elle, encore sa tête.

De quelle couleur sont nos peaux grises, l’écran tactile seul les reflètent, avec de belles images de la Nature en fuite en arrière plan, que nous léchons en bavant car nous n’avons plus de bras, le jus de cervelle est resté bloqué dans le stylo-plume que la sécheresse du monde a durci, encre de pierre pourtant jadis si précieuse, vivre le présent, s’adapter aux conditions non choisies par l’homme devenu esclave sans existence, vivre avec, nous serine-t-on…Sachant que : quand ce n’est pas obligatoire c’est que c’est interdit.

27 11 2020

AK

Un article délivré sans ordonnance

La méthode :

Tout d’abord, se complaire dans la vaccination la plus cool du monde :

Ensuite, prendre un bon bol d’air dans une cabane des Pyrénées (car ici on est encore trop loin des alpages, situés à une quarantaine de kms, donc on se contente de regarder les vidéos):

Bon, le gars, fort sympathique par ailleurs, a quand même l’air de s’enquiquiner dur…

Ensuite, pour se rendre compte de la réalité d’une cité mariale (Lourdes, deuxième ville touristique de France) où le miracle va tendre au pire enfer des saisonniers (2400), sans parler de ceux engagés dans les stations de ski qui vont rester fermées…

https://www.sudouest.fr/2020/11/10/la-detresse-des-saisonniers-8061198-4827.php

Enfin, petit pays oblige, une belle chanson reposante :

Les mardis de la poésie : Constantin Simonov (1915-1979)

Attends-moi


Attends-moi
Si tu m’attends, je reviendrai,
Mais attends-moi très fort.
Attends, quand la pluie jaune
Apporte la tristesse,
Attends quand la neige tournoie,
Attends quand triomphe l’été
Attends quand le passé s’oublie
Et qu’on n’attend plus les autres.
Attends quand des pays lointains
Il ne viendra plus de courrier,
Attends, lorsque seront lassés
Ceux qui avec toi attendaient.
Si tu m’attends, je reviendrai.
Ne leur pardonne pas, à ceux
Qui vont trouver les mots pour dire
Qu’est venu le temps de l’oubli.
Et s’ils croient, mon fils et ma mère,
S’ils croient, que je ne suis plus,
Si les amis las de m’attendre
Viennent s’asseoir auprès du feu,
Et s’ils portent un toast funèbre
A la mémoire de mon âme…
Attends. Attends et avec eux
Refuse de lever ton verre.
Si tu m’attends, je reviendrai
En dépit de toutes les morts.
Et qui ne m’a pas attendu
Peut bien dire : « C’est de la veine ».
Ceux qui ne m’ont pas attendu
D’où le comprendraient-ils, comment
En plein milieu du feu,
Ton attente
M’a sauvé.
Comment j’ai survécu, seuls toi et moi
Nous le saurons,
C’est bien simple, tu auras su m’attendre, comme personne.


Source du texte en français : http://www.wukali.com

Biographie de Constantin Simonov : https://fr.wikipedia.org/wiki/Constantin_Simonov

Poème tiré du site : https://disciplines.ac-toulouse.fr/casnav/sites/casnav.disciplines.ac-toulouse.fr/files/fichiers/attends-moi.fran-russe-angl-all.pdf

Belle jeunesse, tu es virée !

Nous étions là, sur un banc, Franck assis et moi allongé, la tête posée sur sa jambe. Nos sacs à dos posés sur le sol. Une brume épaisse masquait les contours et la proche rive du lac de Constance ; le matin était frais, l’air pur et un silence étrange régnait sur notre fatigue. De quelle nuit sortions-nous, je l’ai oubliée. Mais le sifflotement gai et tranquille d’un homme, puis quelques secondes plus tard, l’émergence d’un petit rafiot à voile perçant le brouillard lacustre, rendit cette vision inoubliable : un homme heureux revenant de la pêche en sifflotant. La vie est pleine de ces petits moments d’exception, comme parfois la photographie en capte, saisit la vie parce que l’on est là, à cet instant précis. Comme ce petit matin des vacances de Pâques, quand Franck et moi, pensionnaires au lycée, avions décidé de voyager durant les deux semaines de vacances que la scolarité nous offrait. On avait du trafiquer les autorisations parentales comme actuellement les dérogations de sortie nécessaires pour mettre le nez dehors, mais nous étions comme tous les grands ados, rusés et experts pour sauter les barrières et les enclos lycéens.

Nous avons dormi gare Matabiau, puis gare de Vintimille, plus tard à celle de Santa Lucia, à Venise, plus tard encore à la gare de Munich. Mais ces lieux en entrecroisaient d’autres, chaleureux, aimables, nourrissants aussi. Nuits passées à la belle étoile ou dans des lits confortables, rencontres inespérées après des heures passées au bord des routes à lever le pouce, ce like désormais incrusté dans le marbre immobile d’internet.

Comment raconter ces moments de liberté sans trahir la réalité du temps qui nous en sépare, que dire des quatre fois où j’ai traversé et dormi à Innsbrück : il pleuvait. Quelle importance ? Nous fûmes là, Franck assis et moi allongé, la tête posée sur sa jambe. Un pêcheur sifflotait sur le lac de Constance et le brouillard se dissiperait, mais nous ne verrions que la petite voile blanche longer le rivage. La poésie écrivait toute seule. Simplement. Nous étions loin de nos chambres à six, loin des routines et des études, nous étions perdus dans un monde qui s’ouvrait et jamais ne nous fermerait ses portes. Lac de Constance.

Puis nous avons ramassé nos sacs et repris la route sans trajectoire précise. Innsbrück, Munich, Strasbourg, Lyon, Toulouse, je ne sais plus, mais au matin de la rentrée scolaire, nous avions réintégré nos lits, attestations faussement signées.

Deux ou trois ans plus tard, je suis parti passer deux mois (avec mon frère) à Saint Gallen, de l’autre côté du lac. Il y avait de la neige. Il faisait un froid de canard, mais l’eau de la piscine couverte était tiède. C’est impressionnant de voir le manteau de neige à l’extérieur quand vous vous baignez bien au chaud. Puis, au retour, un petit train à crémaillère nous a déposé en haut de la colline. Nous habitions une petite maison partagée, et sommes descendus en ski pour la rejoindre. Mais c’est une autre histoire. Une histoire qui se vit d’abord et s’écrit ou pas plus tard.

21 11 2020

AK

quand la nuit descend sur le village

La lune était pleine, c’était hier,

L’automne vêtu de couleurs chatoyantes

Qui promenait les champignons

Dans les bois parfois un cerf bramait,

Dans les villes les hommes renâclaient,

Le monde entier braillait,

Mais rien jamais n’avait changé le cours

Des fleuves et de la Bourse.

La lune, hier, était pleine,

Les piroguiers ramaient sur l’Inini,

Comme si de rien n’était,

Territoire infini des abandons,

Des orpailleurs et des dealers de mercure

Terrible mascarade, jeux de dupes,

Dieu en cadeau, la vie en misérables cordes,

Miséricordes cinglantes , pêcheurs impénitents,

Hommes libres sous la pleine marée de lune

Poissons agiles sous les doigts magiques

D’un Christ , prophéties complexes

De religions qui battent de l’aile

Dès que le vent les pousse, et le sang

Dont on sait désormais la lugubre couleur .

Enfin, la peur, qui entre dans nos demeures

Avec ce goût amer de la vie d’inconnus

Qui, les soirs de pleine lune, brillent

De ces étranges éclats que reflète l’automne.

Ce soir

01 11 2020

AK

Tumblewinds

je me suis précipité vers la porte d’entrée, suis sorti et ai sauté sur mon cheval. Un cheval à bascule que m’avait offert mon père. Mais j’ai eu beau gueuler GYDDAP GYDDAP le canasson piquait du nez, reculait, mais pour avancer : bernique. Du coup, j’ai appelé ma mère, qui étendait la lessive quelque part dans une autre réalité. Le vent fouettait le linge. Dans ce comté, les boules d’herbes sèches , les tumblewinds, traversent les routes et les jardins au risque de vous scarifier profondément la peau. Il se dit que les plus belles de ces boules courent dans le Saskatchewan, mais les plus magnifiques galopent dans le roman de Panaït Istrati (les chardons du Baragan). Et puis, pour allumer le poêle, et la cuisinière à bois, courir et saisir ces futurs brasiers ambulants relevait de la survie. Mais tant que mon cheval à bascule restait un jouet, je pouvais me sentir libre.

Quand mon père est arrivé ; son cheval se nommait Uroquois, il était à bout de souffle. Le soleil qui avait dardé ses rayons dans la plaine aride avait épuisé autant le cavalier que le cheval. Mais tout le bétail avait regagné ses appartements et les plus vieilles vaches remisé leurs cornes de cocus dans le vestibule du Grand Hôtel de Saskatoon. On leur demanderai s’ils voulaient un second oreiller.

Moi, j’étais toujours à cavalcader sur mon cheval à bascule. Mon père caressa rapidement mon menton, sa main était sèche et rude comme un timblewind, comme une claque qui jeta ma mère à terre. Je n’ai jamais compris quel fut leur langage réciproque et les mots, les gestes durs et secs, de mon père à son encontre. Ce n’est qu’en grandissant, alors que le couple vieillissait, qu’entre deux paroles, deux ou trois mots qu’ils échangeaient dans notre intimité familiale, que j’ai peu à peu reconstruit le puzzle de cette histoire, qui est aussi la mienne.

J’avais dix ans quand mon cheval à bascule fut remisé au grenier et qu’il me fallut grimper sur un vrai cheval, un pottok basque qui m’envoya brouter les herbes sauvages de ce pays plat et venteux. A chaque tentative, car il y en eut des dizaines, ma mère répétait à mon père : « ne crois-tu pas, chéri, qu’une trottinette serait un meilleur cadeau pour lui?

Mais mon père était bourru. Suffisamment pour qu’enfin je pose mes fesses sur quatre des cinq chevaux qu’il possédait, dominant les cinquante vaches et les deux indiens qui l’aidaient. Je me souviens encore de ces soirs d’été où nous mangions ensemble, entre de longs silences et les ordres donnés par mon père aux deux métayers. Le vent se contentait de balayer la plaine, et aucun d’entre nous ne le payait. L’hiver, la neige épaisse confinait le troupeau dans l’étable. A cette époque, j’ignorais que cela m’arriverait un jour. Vivre confiné, ce n’est pas mon métier, ni mon destin. Galoper aux confins de ma province, traverser la frontière lointaine, et surtout quitter ce pays plat et où ne roulent en travers de nos vies que ces putains de tumblewinds. Traverser un océan, qu’il soit Pacifique ou Atlantique, que m’importait. Déjà, ne serait-ce que voir l’eau s’écrasant sur une plage bon sang, que cela était bon. Rêve de gosse planté là, au milieu du Canada.

C’était un vingt novembre, je m’en souviens très bien. Le jour avait déjà pointé son museau de coyote et le soleil inondait les bois de la montagne de Cyprès de rousseurs automnales, tout au fond de la prairie. Un grand silence régnait à cette heure matinale,et seul le bruit mat des sabots des cinq chevaux sur le sable fibré étaient audibles. Comme chaque jour, dans la carrière, mon père faisait galoper les équidés, et je me réjouissais de les entendre, les naseaux fumants et la peau blanche de sueur, partager ce moment où je petit déjeunais à côté de ma mère, déjà en train de préparer le repas de midi ou de repasser. Combien de fois étais-je allé les voir courir, majestueux, juché sur la barrière en bois de l’enclos, certainement un nombre incalculable, jusqu’à ce que mon père me fasse signe d’aller me préparer pour l’école, le bus passant me cueillir vers huit heures du matin six jours sur sept.

Ce matin-là, j’entendis mon père hurler : « Regina, Regina, viens vite ! prends des pansements et de l’eau chaude ! Et dis à Luke (c’est moi) qu’il aille réveiller ces deux ivrognes d’indiens qui ont du écluser mes bouteilles de Bourbon cette nuit. Un drame est arrivé : Uroquois s’est cassé la patte, bordel ! »

Cinq minutes plus tard, nous étions tous sur le pont. Le cheval était impavide, ses naseaux fumaient à peine. Mon père lui posa une couverture cheyenne sur le corps, constata les blessures, et se mit doucement à pleurer. Puis il marmonna pour lui-même « inutile d’appeler un vétérinaire. Un tel cheval ne s’en remettra jamais. » Il se releva, se dirigea en titubant vers la maison. Une éternité passa. Nous restions là, pétrifiés, horrifiés par la gravité de l’instant. De la maison, mon père hurla : « Jéronimo, où est ma fiasque de Bourbon ? » L’indien lui indiqua où il l’avait cachée. Dix minutes plus tard, il ressortit, tenant à la main son fusil, une Winchester à canons superposés calibre 12. Arrivé à notre niveau, il nous ordonna de quitter les lieux, d’aller dans la cuisine écosser les haricots blancs, ou dans la buanderie, bref n’importe quel autre endroit que celui où nous nous trouvions réunis.

Deux détonations se répandirent dans la plaine, rendant ainsi un dernier hommage à la plus belle conquête de l’homme (après la femme). Une dizaine de tumbelwinds traversèrent la route poudreuse alors que le bus scolaire stoppait sur le bas-côté pour m’emmener. Le chauffeur comprit de suite le drame qui venait de se jouer. Il fit un signe de condescendance à mon père et repartit avec son lot de gosses scotchés aux vitres.

Mon père ne se remit jamais d’avoir perdu son cheval favori. Il devînt acariâtre et distant, giflant souvent ma mère et insultant les deux pauvres indiens à demi ivres (de fatigue). A quinze ans, j’avais compris le langage de mes parents, la brutalité de leurs rapports. Le puzzle était achevé. Comme on achève les chevaux dans ce pays de plaines céréalières et de tumbelwinds.

19 11 2020

AK

https://fr.wikipedia.org/wiki/Saskatchewan

Ce fou qui se croit le roi du monde

Ce que je peux lire dans la Presse me rend dingue. Les pouvoirs que possède jusqu’en janvier 2021 le canard peroxydé apportent chaque jour leur(s) lot(s) de tout ce qui n’est pas la nature humaine que chacun de nous portons, malgré les différences de vues que soutiennent les uns et les autres et qui souvent animent les débats, qu’ils se déroulent au café du commerce ou dans les repas dominicaux, voire dans la rue. Là, c’est docteur Folamour (-de-Moi-) dans tous les sens, un enfant gâté de 74 ans qui croit qu’on lui a volé sa part de gâteau, qui pour se venger d’avoir perdu les élections espère encore appuyer sur le bouton rouge au risque de déclencher une troisième guerre mondiale, dans ce laps de temps où il faudra bien, avec ou sans camisole, le sortir de la Maison Blanche.

La Presse américaine (New York Time, fake news!), alarme. Ne parlant pas anglais, je me réfugie dans les articles de différents journaux nationaux et d’infos radiophoniques, censés faire leur boulot. Ainsi, dans La Dépêche du Midi, cet article. Extrait :

Le monde doit-il craindre les dernières semaines de pouvoir de Donald Trump ? Se poser la question, ce n’est pas seulement s’interroger sur l’état du compte Twitter du président américain, devenu plus erratique que jamais depuis son échec face à Joe Biden, mais plus sérieusement sur ce qu’il est capable de faire d’ici au mois de janvier, lorsqu’il quittera la Maison blanche.

Dans son édition de ce lundi 16 novembre, le « New-York Times » révèle une anecdote, si l’on peut dire, qui confirme que Donald Trump entend jouir de son statut d’homme le plus puissant du monde jusqu’au dernier jour, et quelles qu’en soient les conséquences…

Jeudi dernier 12 novembre, il aurait ainsi consulté plusieurs de ses hauts collaborateurs sur l’opportunité de frapper ces prochaines semaines un site nucléaire iranien dans lequel Téhéran continuerait de stocker de l’uranium. Cette réunion de travail aurait fait suite à la diffusion d’un rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) désignant le site de Natanz comme un lieu de stockage de minerai radioactif. »

Autre journal, fiable, « Les Echos ». Tout autre chose :

https://www.lesechos.fr/monde/etats-unis/alaska-ladministration-trump-autorise-les-forages-dans-une-vaste-zone-protegee-1233041

Extrait : « 

Après plus de 30 ans de lobbying, l’industrie pétrolière pourrait bientôt avoir accès à des terres protégées de l’Alaska. L’administration Trump a publié ce lundi une autorisation définitive des forages pétroliers et gaziers au sein du refuge national de la faune arctique (Arctic National Wildlife Refuge), une aire naturelle où ils étaient bannis depuis plusieurs décennies.

Cette immense étendue sauvage située au nord-est de l’Alaska, peuplée d’ours polaires et de caribous, est le plus grand refuge faunique des Etats-Unis. Le document signé par le secrétaire à l’Intérieur David Bernhardt ouvre la voie à des forages sur une bande de 6.300 kilomètres carrés, sur les 77.000 kilomètres carrés que comprend la zone. La vente aux enchères des baux pétroliers pourrait avoir lieu ​« aux alentours de la fin de l’année », d’après le secrétaire à l’Intérieur.« 

Ce ne sont que des icebergs sur la longue incrédulité des américains. N’étant pas spécialiste, mais simplement sensible à ce qui se passe dans le monde auquel nous appartenons (sauf Elon Musk et Donald T.), je me permets simplement de donner mon avis, comme l’on peut encore et pas forcément pour longtemps critiquer sans vindicte ce qui se passe ailleurs que dans notre cuisine; bref, j’ai peur des dingues, même quand ils vivent dans leur tour, à 6000 kilomètres de chez moi, tout comme de ceux, à l’Est, qui nourrissent la même folie. Mais on pourrait en écrire des pages, des tomes plus épais que les livres de La Pléiade. Les dictateurs sont si nombreux. Une seconde, on frappe à la porte.

« Monsieur Chinou? »

« C’est moi. »

« Plus pour longtemps! (ah ah ah!) »

BOUM !

Mince! je n’ai pas abordé les grâces présidentielles qu’il peut en toute légalité accorder à ses potes, et même, sous certaines conditions (démission de sa part et Pence comme nouveau président aurait alors la possibilité de gracier Trump des diverses affaires qui l’attendent à la sortie). Si je me trompe, j’accepte de revenir sur ces hypothèses).

Pour finir, un commentaire sous l’article de La Dépêche :

« S’il pouvait déclencher la prochaine guerre mondiale, et y assister en jouant au golf sur SON terrain de golf il en éprouverait surement plus de plaisir que de saisir les femmes de la façon dont il se vantait il y a quelques années !
Mais peut être qu’il n’y a plus que la banane qui se tienne droite, surtout à coup de spray imperméables !
Il oublie peut être un peu trop vite, et c’est surement ce qui l’a fait réfléchir, que le prochain conflit mondial sera nucléaire et mené à l’aide missiles! Ses conseillers lui ont démontré (croquis en couleur à l’appui !) qu’une bombe sur la maison blanche éradiquerait également son golf préféré en Virginie !
Et ça c’est hors de question !!! »

entrelacs de racines

Les mardis de la poésie : Nérée Beauchemin (1850-1931)

Poème tiré du site : https://www.poesie-francaise.fr/poemes-neree-beauchemin/

Mirages

Dans le repli d’une anse fraîche
Où tremble le moelleux reflet
D’un clair ciel rose et violet,
Sommeille le bateau de pêche.

Sur l’eau qui s’est agatisée,
Dès le jour, encore endormi,
Un vent léger souffle à demi
Par brève et rythmique risée.

Mais la vague au large moutonne.
Et dans les échos réveillés
Poulent déjà les sons mouillés
D’un lourd clapotis monotone.

Enlaçant la coque de chêne,
Les flots aux douceurs de velours
Montent, montent, montent toujours.
Le bateau tire sur sa chaîne.

Il semble que le flot attire
La barque, et qu’un doux souffle d’air
La pousse vers la belle mer
Qui soupire, chante, et soupire.

On croit entendre sur les ondes
Des appels pareils aux appels
Qui viennent des verts archipels
Où chantent les sirènes blondes.

Au large fleurissent les îles.
Là-bas, sous des ciels toujours beaux,
Bleuit le golfe où les vaisseaux
Vont sur des flots toujours tranquilles.

Dès longtemps un rêve me hante :
Je veux, au risque d’y mourir,
Au hasard des vagues courir
La mer périlleuse et tentante.

Des voix qui viennent de la grève
M’ont dit que les vents sont mauvais.
Je n’écoute rien. Je m’en vais,
Bercé par les rythmes du rêve.

Dussé-je faire mille lieues
Il faut que j’atteigne ces bords
Qui palpitent aux frais accords
Des chimères roses et bleues.

J’irai, suivant ma fantaisie,
Boire aux ruisseaux harmonieux
Où croît, aux caresses des cieux,
La fleur d’or de la poésie.

J’ai pour étoile, l’Art antique,
Le Beau, ce pôle dont l’aimant
Nous attire éternellement
Et j’ai l’espoir pour viatique.

Nérée Beauchemin.

in Les floraisons matutinales

biographie : https://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9r%C3%A9e_Beauchemin

« Il n’y a pas de mouvement sans rythme »

nota : Photo illustration prise lors d’une expo en extérieur sur les grilles du jardin du Luxembourg, Paris en 2007 ou 2011 je crois. Je ne sais plus qui en est l’auteur. (Merci de me renseigner, le cas échéant)

Un lundi en musique, avec les Malinkés (qui sont aussi très Mandingues)

Pour explorer l’Afrique de l’ouest (ses peuples) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Malink%C3%A9_(peuple)

« La vie a un rythme, est en mouvement constant. Le mot pour le rythme (des tribus malinké) est Foli. C’est un mot qui englobe beaucoup plus de tambours, la danse ou le son. Il se trouve dans chaque partie de la vie quotidienne. Ce film n’est pas seulement entendre et sentir le rythme, voit aussi. Il est un extraordinaire mélange de l’image et du son qui nourrit les sens et nous rappelle à tous combien essentielle . »

Pour passer un bon dimanche, Demandez à Clara !

Ne lui demandez pas où elle a rangé la machine à écrire (parce que ça lui cassait les oreilles).

Non, demandez à Clara est une plateforme qui répertorie les compositrices contemporaines.

«  Elle tire son nom de Clara – Schumann évidemment -, qui avait fêté son 200ème anniversaire en 2019. Un délicat hommage à la pianiste virtuose et compositrice Clara Wieck, épouse de Schumann, qui symbolise les très nombreuses compositrices éclipsées de l’histoire par leurs contemporains masculins. La plateforme référence les œuvres des compositrices d’hier et d’aujourd’hui, de toutes les nationalités, toutes trop peu connues du grand public comme des musiciens et des programmateurs. »

Pour en savoir plus et explorer la diversité des créations en passant par les liens proposés, lire l’article de l’émission que France Musique lui a consacré : https://www.francemusique.fr/emissions/musique-connectee/musique-connectee-du-mercredi-24-juin-2020-84820

Et ne râlez pas, les hommes, elle va vous la rendre, votre machine à écrire, il suffit de lui offrir un bon café avec des croissants !

Pour accompagner la musique tout en bricolant ou en jardinant, c’est ici :