les journées du reportage, Bourisp (65)

Tranquille bourgade, à deux pas de Saint Lary, Bourisp, dans les Hautes Pyrénées, accueille pour la troisième année consécutive ses « journées du reportage », dans la simplicité et l’enthousiasme. Ce ne sont pas moins de 20 photo-reporters professionnels qui exposent 300 images à travers le village. On voyage ainsi de la Médina de Marrakech  en passant par l’Albanie, le Cambodge, la France, Cuba et bien d’autres lieux qui informent sur la réalité de mondes dont nous ignorons souvent la situation sociale et géographique. L’ensemble de l’exposition se parcourt en marchant et en longeant les murs, toutes les photos étant accrochées à des fils à linge et d’un format semblable (A2). Une partie (dans une salle) concerne la vie locale du village avec de vieilles photos mises dans de petits cadres, racontant le passé et  l’identité des gens du cru qui les ont fournies (moissons, pêle-porc, mariages, portraits et photos de famille).. Ce festival, convivial et gratuit, dure du 3 au 21 juillet.

Ici la liste des reporters (un bout de CV apparaît en cliquant sur le nom. Chacun possède un site propre (cf internet).

Liste : http://jdrbourisp.blogspot.com/p/la-selection-2019_52.html

Chinou a pris quelques clichés des photos exposées, ainsi que du village. L’ensemble est à visiter sur place (bon, d’accord, j’ai rien dit!).  Sans oublier que la région regorge d’espaces naturels magnifiques (massif du Néouvielle, lacs d’Orédon, de Cap de Long, pour les randonneurs en été, Saint Lary en hiver pour le ski…)

Maintenant, souriez, le petit oiseau va sortir !

le séducteur

Le jour où j’ai demandé la main de Yolanda, il pleuvait. Le jour de notre mariage, il pleuvait. Aujourd’hui, il fait beau et je suis veuf. Certains parlent des hasards de la vie, ce sont des imbéciles. Dans mon cas, le hasard n’occupe aucune place, et le temps est ce qu’il est: divers et varié. Comme l’ont été mes aventures amoureuses pendant cette période maritale. Yolanda n’en a jamais rien su, pas plus qu’elle n’a eu de doutes sur le petit verre revigorant que nous étions censés boire chaque soir avant de nous coucher. Un genre de mixture au goût de framboise (Yolanda se serait damnée pour des framboises chantilly), un peu plus gouleyant qu’un coulis, dans lequel entraient quelques additifs chimiques aux noms compliqués précédés de lettres et de chiffres, et d’une poudre incolore et sans saveur de ma fabrication.

Certes, au départ, mes intentions vis à vis de Yolanda étaient pures comme de l’eau de roche. Quand un jeune coq rencontre une vieille poule aux œufs d’or, son parcours est tracé. J’avais vingt cinq ans, elle en portait quarante cinq, toute en grâce; elle avait conservé sa volubilité de jeune fille de très bonne famille et laissait cliqueter ses colliers autour de son cou lifté (c’était sa troisième opération: les seins et les yeux avaient précédé). Quand on connaît un tant soit peu l’anatomie féminine des bourgeoises on s’aperçoit rapidement que le seul endroit où il est excitant de poser un baiser est le cou. Les oreilles servant à s’affûter les dents pour le proche combat.

Notre différence d’âge lui était égale, d’autant qu’il était toujours plus élégant de paraître en public accompagné d’un jeune gourgandin sapé à la mode plutôt qu’avec un vieux banquier clopinant au rythme de ses fluctuations financières. Et, admettons-le, pour ce qui était de la vie privée, un corps svelte et mobile n’était pas du tout déplaisant. Ce qui nous permettait de faire l’amour un peu partout tout en restant à l’aise , y compris dans les positions difficiles de notre devenir commun. Et ce fut effectivement le jour de son anniversaire (un demi siècle tout rond) que notre devenir tourna court. Je m’aperçus alors (nous avions liquidé deux bouteilles de Veuve Clicquot dans un hôtel New yorkais) que je ne supportais plus, mais alors plus du tout, qu’elle m’appelât Bichon en toutes circonstances, cinoches, boutiques, parties de jambes en l’air. Bichon Bichon Bichon, merde! Je m’appelais Rodolphe, un point c’est tout. A la limite, j’aurais supporté Rod, c’est super class aux States, et en Grèce ça évoque le colosse, entre Maroussi et Onassis.

Quelques jours plus tard, sur la Riviera paloise, je rencontrais Ludmilla, une secrétaire qui suivait la même direction que moi, vers Pôle Emploi. Cela peut paraître un peu bizarre à certains (ceux qui parlent des hasards de la vie notamment), mais elle me plut de suite. Et de son côté, m’avoua-t-elle plus tard, elle avait eu un coup de foudre à mon égard. Comme quoi. Soyez étonnés, mais j’étais inscrit au chômage afin de payer moins d’impôts. Yolanda déclarait mon RMI et, à part, ses revenus immobiliers et son patrimoine, surtout constitué d’œuvres d’art (Picasso, Van Dongen, Rubens et Goya principalement, un Cézanne et deux Matisse étant confinés dans un coffre, en Suisse -je l’appris sur l’oreiller-). Ludmilla et moi prîmes l’habitude de nous rencontrer en fin d’après-midi, quand Yolanda allait se divertir dans l’un de ces petits casinos dont la ville regorge. Elle fut la première à me mettre la puce à l’oreille, en me parlant décoctions, plantes sauvages et toxicité de certains produits vendus dans le commerce (c’est-à-dire quasiment tous les produits consommables). Mais ses informations étaient vagues, infondées médicalement. Etant secrétaire (licenciée depuis) dans une entreprise de maçonnerie, ses connaissances pharmaceutiques étaient limitées, méconnaissance compensée par une maniabilité des doigts et du corps qui faisaient bondir le diablotin qu’en ces instants j’étais.

Quand on connaît un tant soit peu l’anatomie féminine des secrétaires on s’aperçoit rapidement que le seul endroit où il est excitant de poser un baiser est le dos. Les ongles étant l’exclusivité des manucures. C’est ainsi que, Yolanda dépensant son temps dans les gondoles, j’en vins à dilapider le mien dans des salons de beauté. Manuella était fraîche comme un jasmin, mais un jasmin qui ne toucherait pas le mur d’une maison. Sa clientèle était composée d’hommes et de femmes de tous âges, dont la plupart, il faut l’admettre, étaient aussi décomposés en entrant qu’en sortant. Pour ma part, je venais de franchir la trentaine, et j’étais prêt à sauter sur tout ce qui bouge. Les produits d’équarrissage qui entraient dans la composition de certaines crèmes cosmétiques me permit d’initialiser la conception de l’additif que je ne tarderai pas de verser dans le verre vespéral de Yolanda. Manuella, dont le prénom véritable était Lucienne, me fit découvrir, au fur et à mesure de nos rendez-vous (j’eus droit à des réductions grâce à une carte de fidélité) toute la gamme de son savoir-faire. Cette gamme en était si vaste que j’en utilisais souvent quelques éléments avec Ludmilla et, plus rarement, avec Yolanda. Ouh, Bichon, où donc as-tu appris cela? Infernal!

D’autres fréquentations, certaines scabreuses, d’autres plaisantes, ne firent aucunement avancer mon projet. De plus, il devenait très compliqué de gérer ces affaires de courants d’airs. Je devins casanier, et à trente trois ans je pris l’excellente résolution de ne plus fréquenter les femmes, qui symboliseraient désormais la croix et la bannière quant à la finalisation de mon projet. Après, je verrais. Je pris donc la mauvaise habitude de lire les journaux. Ce qui devînt très vite un régal. Entre les cancers du bitume, du sein, des colles, de la peinture au plomb, de l’amiante, du Médiator, de la germination de graminées bio, des radiations soulevées lors de la traversée des passages cloutés, de l’air chargé de carbone et d’odeurs de marijuana, mon esprit composa la recette miracle. Ce serait un amalgame tout à fait mortel à court terme mais totalement inoffensif légalement.

Ainsi débutais-je le rituel vespéral avec Yolanda. Deux mois suffirent pour la rendre dépendante. Parfois, quand j’oubliais de nous servir un verre, elle me glissait à l’oreille: c’est un temps à mettre un roumain sur la flèche d’une grue, n’est-ce pas, Bichon? Heureusement pour moi, ma réserve de poudre était dissimulé dans le placard de la cuisine, derrière la boîte en carton de fleur de sel de Noirmoutiers, (où j’allais, tout gosse, passer mes vacances, ce qu’ignorait Yolanda). Planquée derrière, une petite boîte en fer blanc contenant ma poudre magique. D’habitude, je buvais mon verre (un alcool suave) debout, adossé à la fenêtre, le regard tourné vers la chaîne des Pyrénées, couverte de nuages pluvieux. Depuis notre appartement du boulevard (un immeuble récemment construit qui sentait le nouveau riche), finalement, la vue nous tournait le dos. Bichon et Yolanda, jour après jour, baissaient les stores.

Quand on connaît un tant soit peu l’anatomie féminine des amours mortes on s’aperçoit rapidement que le seul endroit où il est excitant de poser un baiser est une corbeille de fleurs. Sans odeur.

 AK 

11 06 11

photo d’illustration : portrait en pied de Van Dongen

c’est dimanche et il pleut sur la mer, Allain (Leprest)

triste mais magnifique!

 

Paroles : (tirées du site situé ici :   site site

Il pleut sur la mer et ça sert à rien
Qu’à noyer debout le gardien du phare
Le phare, y a beau temps qu’il a plus d’gardien
Tout est électrique, il peut bien pleuvoir
Aujourd’hui dimanche
Sur la Manche

Il pleut sur la mer, c’est bien inutile
Ca mouille la pluie, c’est du temps perdu
Les mouettes s’ennuient, blotties sous les tuiles
Il tombe des cordes et l’eau s’est pendue
Aux plus hautes branches
De la Manche

Il pleut sur la mer et ça sert à rien
A rien et à rien, mais quoi sert à quoi ?
Les cieux, c’est leur droit d’avoir du chagrin
Des nuages indiens vident leur carquois
C’est l’été comanche
Sur la Manche

Il pleut sur la mer, l’eau, quelle imbécile !
A croire que la mer se pisse dessus
Saborde ses ports, ses cargos, ses îles
T’as l’air d’un moineau sous mon pardessus
D’une corneille blanche
Sur la Manche

Il pleut sur la mer et ça nous ressemble
De l’eau dans de l’eau, c’est nous tout crachés
Et nos yeux fondus au coeur de septembre
Regardent rouler des larmes gâchées
Curieuse avalanche
Sur la Manche

Il pleut sur la mer, c’est con comme la pluie
Peut-être c’est nous qui sommes à l’envers
L’amour a des noeuds plein sa mise en plis
Ca nous fait marrer, il pleut sur la mer
Aujourd’hui dimanche
Sur la Manche

ah les jolies vacances!

un peu de musique pour ce samedi de départs en vacances : Gilbert Bécaud, « les tantes Jeanne » et  « quand Jules est au violon » (INA 1963)

https://www.ina.fr/video/I07097474

https://www.ina.fr/video/I07097475

le dialogue

Quand le lion retira sa crinière et l’ours son gros bedon, ils sentirent, l’un comme l’autre, qu’ils allaient parler d’égal à égal. Ce qui fut.

A l’époque,elle était amoureuse d’un chameau. Un de ces mystères de la nature qui vous fait finir en été aux abords d’une plage, dans une caravane surchauffée qu’il faut entretenir pendant quatre saisons, avec loyer, consommations diverses de fluides, et, au final, des taxes qui ne ressemblent en rien à ces macarons qu’on voit parfois sur les valises des touristes, dans les aéroports internationaux. Ainsi le lion. Valise en peau de zèbre à ses pieds, ainsi l’ours, chandail de laine côtelée en moutons de Poméranie, attendaient, sans discuter, sans se regarder, la femme qui viendrait les guider dans cette grande ville d’Occident où seuls leurs ancêtres avaient mis les pattes : Pau.

Ainsi plongés dans le désarroi de l’attente, nos deux compères en vinrent à engager la conversation. On dit qu’ici le ciel est d’un bleu particulier, dit le lion. Oui, répondit l’ours, qui n’était pas trop dur de la feuille, contrairement aux hérissons et soit dit en passant, ne traversait jamais les départementales où, dans cette région proche du mur des lamentations, les vieux ours ancestraux aimaient jadis écrabouiller les voitures en zigzagant sur les bas-côtés, ou en dansant avec les platanes, ces hêtres des basses plaines.

Il fait même chaud. Le lion frotta sa calvitie avec un mouchoir choletin. L’ours le regarda de travers. Que le lion fût chauve ne heurtait pas son sentiment, mais qu’il suât compromit son jugement : ce lion ne sortait-il pas d’une cage, d’un panier de basket, et non, comme il l’avait cru, d’une savane ? Dès que l’ours eut ce doute en tête, il s’adressa au lion comme à un artefact, un clone, un alien, un avatar, un truc qui n’avait pas plus d’importance qu’une fable de La Fontaine par temps de sécheresse idéologique.

Mais le lion, il faut l’en excuser, ce sont des choses qui arrivent, avait, en ce temps-là, mal aux pendeloques. Rien ne justifiait qu’il en parlât à l’ours, qui par ailleurs lui brisait menu les breloques avec ses ancêtres qui traversaient les routes, mais cependant une forme de sympathie indirecte les rapprocha : un ours à ventre creux et un lion chauve combinaient toute la misère du monde environnant. D’autant qu’ainsi réduits, nul ne présentait physiquement de danger pour l’autre. Entre gazelles et myrtilles se distribuait un goût commun, distrayant, celui de la conversation.

Elle était en retard. Sa montre s’était arrêtée et sa prise en charge des deux individus déréglait son horloge biologique. Sa fourgonnette avançait en marche arrière, lui sembla-t-il, et elle perdit un temps précieux à faire la queue au drive pour récupérer les courses passées par internet pour nourrir ses invités. Une trentaine de véhicules la précédaient dans la file d’attente, et elle devait, de plus, passer à la boulangerie et retirer du liquide à un guichet automatique. Du monde à chaque endroit, du temps perdu à patienter. Pourvu que les deux ostrogoths qui l’attendaient à la gare ne se mettent pas à organiser une combine qui mettrait à bas tous ses plans. Elle avait peaufiné des jours durant sa stratégie, chacun jouant son rôle dans l’affaire dont elle comptait bien tirer les meilleurs profits.

Le lion s’épongea de nouveau le front. Ses grands yeux noisette aux longs cils regardaient fixement la cour pavée où deux chauffeurs de taxi fumaient, tout en briquant avec un chiffon sec les carrosseries luisantes de leurs véhicules, et il s’amusa à l’idée qu’il pourrait leur proposer son aide, et au refus aimable que ceux-ci lui adresseraient, malgré qu’il possédât dans sa valise une paire de gants de boxe spéciale anti-griffures. Il fit part de son idée à l’ours, par distraction. Mais celui-ci avait faim, et les gargouillis de son ventre creux occupaient ses pensées. Il se contenta d’hocher un peu la tête, et goba un frelon asiatique qui passait à proximité. Du hall de la gare monta la voix synthétique annonçant le retard du TER 1278 en provenance de Zagreb, un retard de quelques mois, selon le calendrier en vigueur dans les salles d’attente de la SNCF. Le lion, qui avait l’ouïe fine et dont les bourses commençaient à gonfler, proposa à son compagnon d’aller engloutir un sandwich à la terrasse du buffet, ce que l’ours accepta illico.

Elle avait mal programmé son GPS et se retrouva sur la rocade ouest, dans le célèbre bouchon de 17 heures, qui fait le tour de la ville. Il faut dire que la boîte vocale de son Tom-tom s’exprimait en pur béarnais, ce qui ne faisait qu’aggraver son errance. Elle traversa le gave au niveau du pont d’Espagne, ce que ne font jamais les touristes espagnols, qui lui préfèrent le pont du XIV juillet, plus exotique à leurs yeux, du fait notamment de la présence de deux immeubles riverains décrépits qui ouvrent l’entrée sur la ville avec un poignant réalisme, avant de disparaître sous les soubassements du château refait à neuf. Pont au demeurant bien plus proche de la gare où un lion et un ours attendent, effondrés sur leur siège, qu’on vienne les cueillir.

Finalement, ce fut le lion qui craqua :

-crois-tu que Chinette nous reconnaîtra? demanda-t-il à l’ours.

-pourquoi devrait-elle nous reconnaître, toi sans crinière, moi sans gros bide?

-je ne sais pas, l’instinct, le sixième sens féminin, peut-être? »

L’ours rit.

-Et nous, on ne l’a pas, le sixième sens? Regarde le spectacle, et tu me diras!

C’est alors que le narrateur, qui n’avait fait que narrer, entra en scène, avec son vocabulaire de charcutier : mon mais c’est pas vrai, les gars, je vous avais bien spécifié dans le script que surtout surtout surtout il ne fallait pas nommer Chinette, vous me ravagez le scénar, les gars, merde, je vous avais dit quand vous parlez d’elle, vous dites elle, bon sang, vous me ruinez l’histoire, là !

– oh oh oh, du calme, Kamel Chinou, on te connaît. Sans toi, on n’aurait jamais joué dans ce film. Respect. Mais ne nous emmerde pas avec Chinette. On connaît même Ginou Ginette, nous. On n’est pas des has-been.

-n’empêche que vous foutez tout en l’air, le suspens, le descriptif de Chinette, son tempérament, la couleur de ses chaussettes en hiver, de ses soutifs en été, vous êtes des ringards, les mecs, z’avez vu votre allure, vous voulez que j’aille vous acheter des Ray ban pour plastronner au buffet de la gare, j’y vais je reviens dans mille ans.

(Le narrateur s’excusa, en privé, auprès de ses trois lecteurs et regagna son ordinateur en veille qu’il ralluma à coups de pieds dans la prise USB).

-comment tu le trouves, le narrateur ? demanda l’ours

-ce doit être un gars du pays, du genre le type qui va faire le con dans un festival de jazz au mois d’août.

– dire que nous, en Slovénie, on martyrise à coups de hache saint Pehache, à la même époque.

– vous lui coupez la tête?

-non, juste les réparties!

-C’est un bon saint, alors, chez les slovènes.

-c’était, lion. Car il a , depuis, pris la carte du PFA (Parti du Frelon Asiatique) et en tant qu’ours, j’ai voté contre lui. Comme nombre de mes concitoyens.

-il finira comme dans I ucelli, de Pasolini, mangé par un adolescent affamé, après s’être planqué dans un nid d’hirondelles.

-que cette destinée soit faite, ours, et que son âme débarque à Dubrovnik sur des coquilles de montures de lunettes en plastique contrefaites.

Chinette entra alors dans la gare. Ses hauts talons mesuraient la distance exacte d’un chignon savamment élaboré sur une route en épingles à cheveux; C’était un de ses talents. Elle se dirigea droit sur eux, leur fit face. De son sac à main elle tira une laisse et un collier qu’elle positionna autour du cou du lion : « impeccable! sans ta crinière tu ressembles vraiment à un gros chien! » Quant à l’ours elle lui plaça une fausse barbe attachée derrière les oreilles. « Magnifique! tu fais vraiment rugbyman de haut niveau! ». Dans un grand sac elle engouffra la crinière et le gros bedon.

C’est ainsi qu’incognito ils quittèrent la gare de cette grande ville d’occident et partirent en fourgonnette vers d’autres aventures.

AK

22 07 2011

PS: non mais, mes trois lecteurs, vous vous attendiez à quoi?

les mardis de la poésie : Charles Cros, « le hareng saur »

Au lieu de présenter le texte nu voici une version animée de ce poème, assez plaisante.

balade dominicale en images : Bonifacio, Corse du sud

Avant que le tourisme de masse n’envahisse les ruelles et que les parkings ne soient saturés de CO², une petite visite en images (début juin 2019) à la pointe sud de la Corse, ça vous dit ? (oui oui!)

(cliquez sur une image pour ouvrir le diaporama)

au-delà de l’odieux : Matteo Salvini

Après le forcing engagé par le navire de l’ONG  Sea-Watch pour sauver des vies, alors que le bateau dérivait depuis deux semaines avec 47 migrants à bord, bateau dont l’Italie refusait (obstinément) l’accostage, sa capitaine, Carola Rackete, se retrouve arrêtée à Lampedusa par la police italienne, risquant une  amende de 50 000 euros, la saisie du navire et de trois à dix ans de prison…

Réaction de Matteo Salvini : « il y a le Sea-Watch avec la nouvelle héroïne de gauche et capitaine qui dit je suis blanche, riche et allemande, je ne savais pas comment occuper mon temps libre alors je vais aller en Italie leur casser les couilles. Ce ne sont pas des humanitaires, mais des preneurs d’otages, des pirates qui utilisent des innocents pour mener une bataille politique. Moi, en 2019, je n’accepte pas les bateaux pirates. » (cf infos de 13h France Inter, reportage à 7.10 minutes du début du journal).

Des propos intolérables, surtout pour un homme ayant des responsabilités nationales. Alors, Matteo, va fancullo!

Du pic de température caniculaire au pic de connerie yankee

Vu hier soir à la télé un court reportage sur des plus qu’abrutis, quasiment des assassins, qui polluent à loisir l’espace avec leurs bagnoles crachant un max de fumées noires de leurs pots d’échappement, et en sont ravis. Une fois de plus, cela se passe aux States. Ces crétins sont des climato-sceptiques, mais bien plus encore. Cela me met réellement en rage, me donnerait presque envie de les tirer au bazooka ou de les expédier au fin fond du Sahel avec une fiole de Bourbon et une casquette rouge sur le crâne (siglée « make America great again ») pour tout bagage.

Comment peut-on être aussi cons? Il doit y avoir un virus dans le gaz de schiste qui leur bouffe la cervelle ou ils pique-niquent sur le bitume en étalant des nappes phréatiques pleines d’amphétamines ? Ou encore entre deux burgers ils gobent les discours coca-cola de leur cher président…

L’article mis en lien date de 2014 mais visiblement c’est encore d’actualité en 2019. God bless America ou God blesse ces tarés ?

C’est ici : https://www.automobile-propre.com/breves/rolling-coal/

 

photo d’illustration : Nike Hannes « Garden of delight » (ici piste d’un prince de Dubaï pour s’amuser en voiture vroum vroum) -prise en photo au festival Images Singulières de Sète, 2019)-