Mort clinique ou stratégie (climatique) ?

Bon, je dois le reconnaître, ce soir je suis cliniquement mort. Mon dernier lecteur était en fait une lectrice et elle a décidé de mettre fin à nos échanges parce que je ne voulais ni ne pouvais l’épouser, à cause de ma moustache (elle me pensait glabre). Le châtaigner et le noyer qui me font de l’ombre dans le jardin depuis des années ont accepté de m’accompagner jusqu’au trou que je creuse depuis dix ans dans le village où je me planque. Pas de croix sur ma sépulture, juste une motte de terre où les taupes viendront chatouiller mes moustaches. Mes moustaches ! C’est ma vie. Elles ont poussé avec ma jeunesse, ensuite m’ont escorté durant ma vie professionnelle, puis ont blanchi au même rythme que mes cheveux. Les arbres me connaissent, et savent que mes poils chenus colorent aussi la vieillesse des gens qui ont vécu.

Certes, le temps ténu qu’il me reste à vivre m’enchante encore par ces fils tendus entre l’aube et le crépuscule qui constituent la vie, mais jamais le chemin ne peut se faire à l’envers, quand on a parcouru des sentiers devenus labyrinthes, des illusions navrantes et des amours éperdues. Alors, ce soir, à l’ombre du noyer et du châtaigner où mon âme lascive s’étend en ce début d’été, dans le parfum de sève de mon plus beau caleçon, je meurs. Sous la terre retournée il faudra qu’un matin les fleurs de la colère repoussent. Mais qu’on me laisse dormir, je suis cliniquement mort. Dans ce désert médical qui fait danser les chamanettes, quelques heures encore me restent pour survivre à l’enchantement d’enfin mourir idiot, entre les jupes légères et les incantations, avec (espérons-le) un peu d’herbe à fumer, celle qui allume le « feu » qu’alors je serai. (Le feu de saint Elme).

Dehors, la pluie s’est mise à tomber. Elle aussi succombe à la dépression des nuages. Parfois ce sont de gros grêlons et des orages, mais pour le réchauffement climatique je suis ad hoc: je suis cliniquement mort.

Sud-Ouest (une page de lecture offerte sans contrepartie à SO par le Petit K.)

La belle au bois dormant se réveillera toute seule, le chauffage au bois et les baisers, elle devra les oublier. Sans parler des croissants et de la grille de mots croisés ni du programme télé (le supplément du samedi) ni de ma grand-mère Noélie et de sa mort instantanée, le nez piquant direct dans la poêle à frire où elle cuisinait l’omelette de l’oncle Émile. De toute manière, je m’en fous. Ma dernière lectrice a décidé de mettre fin à mes écrits (salaces?) et au final je ne m’en porte pas plus mal.

Dans un tiroir j’ai retrouvé une vieille lampe de poche (avec Wonder, les piles ne s’usent que quand on s’en sert ») cadenassée de lampyres, de verres luisants. Alors la nuit, quand le noyer et le châtaigner roupilleront, bercés par la brise estivale, sous ma motte, j’écrirai. Mais c’est moi qui chatouillerai les moustaches des taupes. Et les chamanettes caresseront l’herbe qui poussera entre mes pieds.

02 07 2022

AK

(les petits bruts du jour ou de la veille)

Les vieux : danger pudique ou dictature mondiale ?

Je suis loin d’être intelligent,(mais c’est de famille), les acronymes me sont très souvent étrangers, de PO (rectifié : PE) à HPI en passant par la Lorraine et d’autres provinces que j’espère encore visiter quand mon niveau de vie repassera le cap financier du remplissage de mon réservoir d’essence automobile qui n’en peut mais.En bref, je suis un vieux con qui conduit une vieille bagnole et regarde plus le paysage que la route. Je suis devenu un danger public. Le code de la route est oublié, roulé dans les ronds-points à chaque carrefour, ces poulpes dont certaines branches versent dans les friches ou les champs de maïs, mais l’avenir y construira un nouveau lotissement de cinquante parcelles de 500 m² à prix exorbitant que les néo-ruraux s’arracheront depuis qu’ils désirent quitter le paquebot des villes. Entre Titanic et « fluctuat nec mergitur », voire Exodus…

Comme tous les cons qui vieillissent j’ai du mal à comprendre le monde qui ne me parle plus. La surdité, l’impuissance (sexuelle ou autre), l’absence de désir d’aller gravir les montagnes, ou de faire une délicieuse escalope avec une belle salade (contrepet), tout cela me réduit à bouillonner à petit feu dans la marmite où jadis les africains cuisinaient les missionnaires tout en chantant Alléluia. (Vers Marseille, c’est plutôt allez l’OM). Les temps changent.

Les temps changent mais seul le vent emporte nos mémoires. Qui se souviendra de l’Ukraine, et ce n’est vraiment qu’un maigre exemple. Deux millions de déplacés vers la Russie, peuple aggloméré à la Grande Russie, gens et enfants (maris on ne sait où relégués) à qui l’on donne des passeports et verse des pensions(*) en tant que population intégrée au nouvel Empire, c’est à dire peuple ukrainien qui devient par la guerre peuple déchu de sa propre identité, effacé de ses véritables racines et transformé par une dictature sans aucune pitié, ou piété, soumis simplement à abandonner ses droits au profit d’un mensonge qui n’a d’autre vertu que de le fondre dans la masse des fantasmes guerriers. Une forme soft mais exemplaire de génocide, ni plus ni moins. En regardant tout autour de la ronde planète, le phénomène est en expansion constante. Les salauds trouvent toujours des alliés pour bâtir leurs châteaux forts.

Je suis loin d’être intelligent. En cela je pourrais revendiquer le droit d’être le porte parole de deux milliards d’imbéciles et de crève-la-faim ; pourtant c’est impossible. Et personne ne se demande pourquoi. Heureusement, je suis là pour vous l’expliquer :

Quand je me réveille du bon pied, à des milliers de kilomètres d’autres vont se coucher. Le jour et la nuit ne peuvent pas se réconcilier, ils ont un cycle immuable. Et puis, les fainéants d’un demi-globe feront toujours la nique à ceux de l’autre. Malheureusement nous avons la malchance inouïe d’avoir sur la planète de grands génies destructeurs, qui vont enfin régler le problème : ils vont éteindre le soleil pour que la nuit règne en maîtresse absolue. Et dans les champs d’Ialou, gonfleront les lampyres en minuscules étoiles.

01 07 2022

AK

(*) intervention de Jean Quattremer (sans la mienne) et reportage sur LCI hier

À poil, Josette !

Dans son petit monde, celui qui enferme les individus les plus fragiles, Josette régnait en parfaite maîtresse. Elle ne possédait comme bagage ni le comment ni le pourquoi, mais les quelques abrutis qui l’entouraient, et dont j’étais alors, se satisfaisaient d’un rien ou de néant complet. Il serait simple de croire que seules sa physionomie, son exquise corpulence, nous faisaient en tant qu’adeptes, croquer son discours comme du chocolat aux amandes En fait, nous avions ouvert notre puérilité d’adolescents, jusque là enclins à compter nos poils sur nos pubis et ceux de la moustache sous le nez, poils qui ne poussaient pas plus vite en les oignant de crottes de pigeons comme le certifiaient les magazines parisiens qui se répandaient dans la campagne pour mieux nous ignorer. Nous fumions la barbe du maïs en toussant et Josette, qui venait de fêter ses seize ans, relevait sa jupe, sa culotte rouge et nous montrait l’état où en était alors l’origine d’un monde, celle qu’elle portait en elle, même si Courbet et ses pinceaux l’ignoraient.

Dans son petit monde, celui qui engendre les grandes paix, Josette laissait parler les ignorants, les gamins de seize ans qui regimbaient sur le sens de la vie inculqué par leurs parents et désiraient pourtant suivre son cours, mais sans se sentir piégé. Josette insistait là-dessus : aimez-vous mais ne vous mariez jamais ! Beaucoup râlaient : oui, mais la réception à la mairie, à l’église, puis l’apéro et les cadeaux de la liste de mariage, les toasts, les petits fours, le champagne à gogo, la confrérie des buveurs et les larmes des parents, puis l’animation, les flonflons, la fête qui dure jusqu’à l’aube. Inoubliable. Mais cinq ans plus tard, on divorce. Encore du pognon dans l’escarcelle des avocats.

Josette sait de quoi elle parle. Dans son petit monde elle a connu des gens heureux, d’autres qui attendaient de se remémorer au bas de la rue le code pour remonter dormir dans le lit conjugal. Pourtant dans l’ espace réduit de sa tête elle s’est éprise d’une raison sans nuance : la nuit est devenue soleil. Parce que son esprit, ce sanctuaire idéologique, a explosé dans l’univers de son mensonge, de sa compréhension des monstres adolescents qui l’entouraient. On la vit ainsi parcourir les rues des beaux quartiers, composant des sonates sur les touches des digicodes, jouer du xylophone sur les clôtures métalliques ; et les gredins en sarabande qui l’accompagnaient finirent tous en maison de correction, et pour certains à l’orphelinat de Maisons-Alfort ou au zoo de Vincennes, qui venait de perdre son singe, âgé de 98 ans, qui cessa de soliloquer en glissant sur une peau de banane expédiée par un des jeunes voyous de Josette.

Deux ans passèrent et les gosses découvrirent que Josette finalement ne possédait pas le charme ni le charisme d’un smartphone, et que sa pilosité masquait de fait l’écran de leurs fantasmes. Plutôt que de compter les poils de leur pubis, ils en firent pousser un dans la paume de leur main , celle qui ne tenait pas le portable, et le photographiaient chaque jour pour montrer aux autres imbéciles qui avait le plus long, le plus frisé, le plus splendide, bref, le plus crétin, mais bon, Pépère là tu crois pas que c’est ton texte qui est carrément con ?

J’admets, je ne veux pas chercher la bagarre, surtout quand, à leur âge, je fumais la barbe du maïs sous la tribune en bois du stade municipal et que Josette en fait était déjà un fantasme, vu que les seuls poils que j’avais vus étaient ceux de Marcelle, qui en avait plein les jambes à quinze ans et ceux de ma grand-mère qui parsemaient son menton…

29 06 2022

AK

(les petits bruts non remaniés!)

Panne de jus!

-Bon, Chinette, tu m’excuseras, mais je vais aller faire une petite sieste, mais pas trop longue, avec tout ce que j’ai à faire !

-Ah ! Pourquoi dis-tu ça ? J’aimerais que tu me dises quel est ton planning et les travaux du jour.

-Ben, euuuuuhhh…

-Je vois Chinou que tu vas encore être débordé aujourd’hui. Entre ne rien faire et ne pas franchir la ligne blanche de ta flemme, ta journée va être exténuante.

-Ne te moques pas de moi, Poulette, je vais t’en donner une liste, de mes travaux, que même Hercule notre chat ne saurait réaliser. Tout d’abord, préparer les chandelles, faire fondre la cire et tester les mèches, donc jouer avec le feu :

Les dirigeants d’Engie, EDF et Total Énergie sont unanimes. Dans une tribune publiée ce dimanche 26 juin dans le « Journal du Dimanche », les patrons des trois énergéticiens français invitent chacun à « limiter immédiatement » ses « consommations d’énergies ».(Sud Ouest du jour).

Ne fais pas les yeux ronds , on dirait un chat qui chie dans la braise, comme disait mon père.

Ensuite, il faut que j’épuce l’ordinateur de tous ses spams, hameçonnages, faux mails etc. A ce propos, sais-tu où est rangée ma masse ?

-Celle que tu as utilisée la dernière fois lors du Front Populaire, ou celle de tes salariés du temps où tu les faisais bosser ?

-Moque-toi, tu verras quand le Grand Soir viendra, plus de jus pour cuisiner les nouilles, faire tourner l’électro-ménager : frigo plaque chauffante four batteur cafetière lave vaisselle lave linge télé ventilateur aspirateur micro-onde radio sèche cheveux yaourtière machine à pain anti-moustiques chargeur de batterie, même les étoiles ne brilleront plus et là, pour sûr, tu rigoleras moins, Chinounette !

-Pour le moment, je sais que tu vas passer ton temps le nez collé à ton écran et que rien n’avancera dans cette maison. Voilà ce que je sais !

-Rhôô ! Laisse-moi travailler, dès que j’aurai fini ma sieste.

-Et moi, qu’est-ce que je deviens dans tout ça ? Je suis quand même concernée par ta fainéantise chronique, non ?

-Bien entendu. Mais je vais te faire un aveu : j’étudie.

-Ah, le rigolo !

-Oui Madame, j’expérimente chaque nuit le moyen de stocker l’énergie des éclairs par temps d’orage. J’ai inventé un capteur qui n’en est encore qu’à sa phase initiale mais que je compte développer dès qu’un industriel pourra m’en assurer financièrement la réalisation. Je suis un laboratoire de recherches permanent, ça t’en bouche un coin, hein ?

-Tu me fais mourir de rire, vu que tu es loin d’être une lumière.

-Mais j’ai des idées.

-Pour ça, personne n’en doute, pas même Hercule.

-Bon Chipounette, on en reparle après ma sieste, d’accord ?

-D’accord. Je te réveille à quelle heure ?

-Bof, disons quand le repas sera prêt.

27 06 2022

AK

(un petit texte à la bonne franquette!)

Aujourd’hui encore, je pense à eux : les amants d’Ukraine et de partout où…

Donne moi l’ombre de ton sourire

Pour que la Mort explose dans nos rires

Même si nous savons déjà que nos éclats de voix

Ne survivront pas aux cris aigus des pires désarrois.

Quelles sont, dis-moi, les choses qui aident à vivre ?

Les aubes nues qui naissent dans tes yeux

Que les voleurs de temps sur le parcours

Des jours n’ont pas encore pillés : nos oreillers.

Dormons alors les oreilles calées, sourdes

Aux bruits des guerres et des famines

Laissons glisser nos corps meurtris au bas du lit

Dans le sang des rivières qui mène toute vie

Vers ces noirs rivages qui remplissent nos nuits

Donne moi l’ombre de ton sourire

Que s’y installe enfin la volupté de nos derniers soupirs.

24 06 2022

AK

Jeff, un doigt au bout du destin

Voici deux jours que Jeff a décidé de reprendre son destin en main. Sa femme n’était pas contre, ça se comprend : elle est partie avec deux valises, les cartes bleues de son mar(r)i et son portable à elle qui fait GPS, inclus Mappy et plein d’applications subalternes qui la rendent indétectable sur sa décision, ses mouvements, son identité et ses désirs de trouver ailleurs l’homme de sa vie, celui qui rechargera pour un temps ses batteries. L’amour est devenu une grande cuisine sans ustensiles ni lave-vaisselle (fabriquées en Bretagne). Une borne, un jalon politiquement incorrect.

Pendant ce temps Jeff roupille. Certes, il s’est levé pour pisser dans la nuit et en a profité pour récupérer son nounours que Josepha son épouse avait planqué dans le buffet, celui qui a encore une clef pour l’ouvrir. Jeff a découvert la planque en même temps que la lettre d’adieu de Josepha et la fameuse clé dissimulée dans l’enveloppe. Peut-être qu’en tant que narrateur il me faudra vous en lire le contenu. Pour l’heure, patience. Tenez, voici des cartes à jouer pour battre votre coulpe.

Josepha, par contre, n’a pas trouvé la clé de l’Aston Martin de son époux. Elle a pris un taxi et rejoint la gare la plus proche, environ trente bornes, puis s’est engouffrée dans le premier train qui se présentait. Elle s’assit sur le siège à côté duquel un type séduisant lisait un journal breton, « le Jourd’hui », journal dont elle ignorait l’existence mais qui l’intrigua . « C’est un journal local ? » demanda-t-elle à son voisin. « Oui madame, il paraît deux fois par jour. » Le message était clair : engager la conversation pouvait aux yeux de Josepha recharger les batteries à plat ventre de sa rupture d’avec Jeff.

En face de ces deux voyageurs s’assirent, à la halte suivante, une femme gironde et un vieux singe usé à force de monter aux arbres pour recueillir les noix de cocos insoumises dont les touristes raffolent dans les îles, surtout les suisses, qui en font leurs cocktails favoris agrémentés de glaçons alpins, une denrée rare.

Jeff, de son côté, mit le couvert : deux assiettes, couteau fourchette sur la nappe. Une drôle de nappe-monde, en fait. Les chats connaissaient la situation mais n’avaient nulle envie de crever de faim par ce que cet abruti de Jeff avait perdu sa femme. Les chats, en fait, râlaient qu’un homme puisse ainsi laisser une épouse s’envoler. Eux, tabarnac, lui auraient volé dans les plumes, à cette oiselle. Jeff pensait en fait changer de vie. En dégoter une au marché noir, au marché aux puces électroniques. Renaître dans un monde facile plus virtuel que sa vertu terrestre qu’il savait ne pas être éternelle.

Qui jugerait alors ses actes violents, ce vent mauvais qui balayait de disputes la concordance des temps, des conjugaisons conjugales, qui donnerait raison à Josepha, dans cet univers complexe où le destin reste un chemin qui mène nulle part ? La question, dans l’immédiat, ne se posait pas.Il savait cuisiner un œuf au plat, cuire des spaghettis al dente avec des lardons rissolés, les cuisiner à la mode Carbonara, en chantant des airs d’opéras italiens dont il ne connaissait pas les paroles ni l’histoire ou l’intrigue. Josepha lui avait longtemps reproché, alors qu’il faisait du théâtre amateur, de lui entendre dire : » ce soir, je vais me faire une italienne avec les autres acteurs ! ». Le narrateur relut la lettre qu’avait rédigée Josepha et se demanda s’il devrait également lire les fautes d’orthographe dont ce billet regorgeait. Ne serait-ce pas faire offense aux lecteurs de la langue de Molière, de Rabelais et de sa belle-mère, qui en rapportait depuis trente ans du carnaval de Dunkerque pour les collectionner. La mère de Josepha, soit dit en passant, était une grande fêtarde. Quand elle se retrouvait seule avec Jeff, elle faisait ses gammes avec cet engin festif, et lui serinait en buvant une goulée de bière : « Ah, mon petit Jeff, avec moi t’es pas tout seul , pas comme le vieil Eugène qui n’avait jamais la frite! »

Ces pensées rémanentes torturaient le destin de Jeff quant à la finalité de sa mort, le destin étant toujours écrit au coin d’une table de restaurant quand dans son immonde coupelle, la note point. Vers quelle destination se rendait désormais Josepha, quel amant d’un soir, de quelques jours, serrerait-elle dans ses bras pendant que dans la poêle deux œufs frits dansaient ? Il se rendit alors compte qu’il y avait de l’eau dans le gaz, lorsque l’huile giclait gentiment au-dessus de la poêle. Le destin est ainsi fait que l’on ne l’attend que dans les instants improbables où il se présente. Ma grand-mère Noélie en fit l’expérience au siècle dernier, alors qu’elle cuisinait une omelette à son fils de soixante ans, dont la famille disait qu’il était encore puceau, par pure méchanceté. Elle piqua du nez dans la poêle. Raide morte la vieille. Jeff songea qu’avec des pâtes à la Carbonara elle aurait sans doute survécu, vu les petits tuyaux que cette fabrication engendre dans sa conception.

Trois jours plus tard Jeff reçut un message de Josepha, que le narrateur ne peut manquer de vous livrer :

« Jeff, tu n’es qu’un salopar(d). Ta CB est bloquée et ton chéquier refusé partout. Tu as bien manigan(sc)é ton coup. Je me suis faite grugé(e) par le rédacteur en chef du journal qui paraît deux fois par jour, le « Jourd’hui », et par son chauffeur obsédé qui veut que j’aille faire dodo avec son pote aux grandes oreilles, bref je n’ai plus une thune et le chef de gare refuse de me faire crédit sur Oui Oui, tous pareils ces vieux singes, ces femmes girondes qui veulent me faucher la place ! »

Il répondit de suite : « mais les deux valises que tu as prise en me quittant étaient, tu le sais, pleines de fafiots, non ? »

« Sauf qu’ils étaient tous faux ou maculés d’encre. Mon pauvre Jeff, si la vie n’était pas si cruelle on aurait pu utiliser l’encre pour écrire un best seller ! »

« C’est quoi, ça, un best seller? »

« Un roman pour belle mère, pauvre idiot ! »

« Josepha, prends ton destin en main, je m’occupe du mien. » Et Jeff partit au théâtre rejoindre une italienne, dont la langue et le décor étaient plus vivants que morts…

Quant aux chats, ils dorment sur le dos de Noélie, dans une plaine d’Ukraine où la cuisine nourrit encore ses habitants (ne les oublions pas)

24 06 2022

AK

(texte brut…)

Traumatisme

Traumatisé, voilà ce que je suis. A l’âge de neuf ans, j’ai dû m’enfuir, poursuivi par des esquimaux glacés, d’un cinéma de village. C’était mon premier film au cinéma : « les canons de Navarrone ». J’avais en poche un franc pour payer l’entrée et en resquillant m’offrir une glace à l’entracte. Mon père, qui était militaire de carrière, m’avait donné quitus pour aller voir ce film.

Quand j’ai enfin franchi la barre des dix ans d’existence, le cinéma présentait « la guerre des boutons » d’Yves Robert. Interdiction du père d’aller voir ce film, Peut-être faisait-il la différence entre canons et guerre ? En fait, le film était sorti en 1962, mais dans la salle obscure du bled n’était arrivé que trois ans plus tard. Personne ne se plaignait, il y avait un cinéma, d’environ deux cents places [de mémoire), une glacière où logeaient les fameux esquimaux et une corbeille en rotin remplie de bonbons de chez la mère Philomène, qui avait la réputation d’y laisser sa goutte au nez chronique quand elle nous servait ses friandises, ce qui alimentait, au-delà des bonbons, nos conversations entre gosses. Selon son état de faiblesse et les médications qu’elle prenait, nous goûtions la menthe, l’arnica, la giroflée, le papier d’Arménie (son parfum fumigatoire), la violette de Toulouse et le nègre de Banania d’Antoine Blondin (dans les fruits du Congo).

Le temps bien sûr a passé. Les esquimaux ont fondu et l’ouvreuse de l’entr’acte s’est retrouvée à faire des ménages chez le maire et le curé, le pharmacien et le docteur, et aussi chez ma grande sœur qui avait fait fortune en piquant les fesses des veufs sans enfant. « Fram, l’ours polaire », qui fut mon premier livre d’enfant, sans trop d’images influentes sur le récit, est parti lui aussi sur la banquise climatique.

Je suis traumatisé, je l’ai dit. Devenu adulte, j’ai aimé une femme plus que d’autres rencontrées au travers de mes explorations sur la banquise des nuits blanches. Je voulais inconsciemment retrouver Fram, mon petit nounours fétiche, mais c’est Martha qui s’est imposée. Durant quelques années, le réchauffement climatique s’est accentué dans notre relation et nos rapports ensuite sont entrés dans l’ère glaciaire. Jusqu’à ce jour où Martha s’est évanouïe. Évanouïe dans la nature, deux valises en mains. Je l’ai vue monter dans ce taxi qui emmène les gens sur les chemins du non-retour. J’étais donc seul, effondré dans le fauteuil, Caruso et Farinelli, mes deux chats favoris, sur les genoux, qui ronronnaient.

C’est la raison pour laquelle je déteste les chats, et si j’en ai aujourd’hui dix autour de moi c’est que je considère qu’il vaut mieux être entouré d’ennemis plutôt que d’amis, car les amis trahissent quand la haine ne change jamais de trajectoire.

Pour combler ma solitude désormais maladive, j’achète une vingtaine de livres par an, mais essentiellement de la littérature anglaise. Je les dévore, suis devenu boulimique et ai pris dix kilos, soit trente depuis trois ans. Nous puisons notre force de nos imperfections. J’ai pensé à en parler à Vladimir, mais ma sieste a été trop longue. Je crois qu’il pleuvait déjà des bombes quand je me suis assoupi. Où donc ai-je mis mon imperméable et mon parapluie nucléaire ?J’ai du mal à ouvrir les yeux,mes paupières sont bétonnées et le ciel encore tout noir d’ombres toxiques. Ouate noire, combats incessants. Je sens des doigts qui me caressent. Sans doute les baleines de mon parapluie transpercé d’actualités…traumatisantes.

« La guerre, mon fils, c’est pas du cinéma. » disait mon père.

(sur des bribes, bouts de phrases de septembre 2014)

AK

22 06 2022

Les mardis de la poésie : Alphonse Allais (1854-1905)

Poèmes tirés du site : https://www.poetica.fr/

Nous nous étalons

Alphonse Allais

Nous nous étalons
Sur des étalons.
Et nous percherons
Sur des percherons !

C’est nous qui bâtons,
A coup de bâtons,
L’âne des Gottons
Que nous dégottons !…
Mais nous l’estimons
Mieux dans les timons.
Nous nous marions
A vous Marions
Riches en jambons.
Nous vous enjambons
Et nous vous chaussons,
Catins, tels chaussons !
Oh ! plutôt nichons
Chez nous des nichons !
Vite polissons
Les doux polissons !
Pompons les pompons
Et les repompons ! (…)
Du vieux Pô tirons
Quelques potirons !
Aux doux veaux rognons
Leurs tendres rognons,
Qu’alors nous oignons
Du jus des oignons ! (…)
Ah ! thésaurisons !
Vers tes horizons
Alaska, filons !
A nous tes filons !
Pour manger, visons
Au front des visons,
Pour boire, lichons
L’âpre eau des lichons.
Ce que nous savons
C’est grâce aux savons
Que nous décochons
Au gras des cochons.
Oh ! mon chat, virons,
Car nous chavirons !

Alphonse Allais

Complainte amoureuse

Alphonse Allais

Oui, dès l’instant que je vous vis,
Beauté féroce, vous me plûtes ;
De l’amour qu’en vos yeux je pris,
Sur-le-champ vous vous aperçûtes ;
Mais de quel air froid vous reçûtes
Tous les soins que pour vous je pris !
Combien de soupirs je rendis !
De quelle cruauté vous fûtes !
Et quel profond dédain vous eûtes
Pour les vœux que je vous offris !
En vain je priai, je gémis :
Dans votre dureté vous sûtes
Mépriser tout ce que je fis.
Même un jour je vous écrivis
Un billet tendre que vous lûtes,
Et je ne sais comment vous pûtes
De sang-froid voir ce que j’y mis.
Ah! fallait-il que je vous visse,
Fallait-il que vous me plussiez,
Qu’ingénument je vous le disse,
Qu’avec orgueil vous vous tussiez !
Fallait-il que je vous aimasse,
Que vous me désespérassiez,
Et qu’en vain je m’opiniâtrasse,
Et que je vous idolâtrasse
Pour que vous m’assassinassiez !

Alphonse Allais

Biographie (Wikipedia) extrait :

« 

Alphonse Allais, né le 20 octobre 1854 à Honfleur2 et mort le 28 octobre 1905 à Paris, est un journalisteécrivain et humoriste français.

Célèbre à la Belle Époque, reconnu pour sa plume acerbe et son humour absurde, il est notamment renommé pour ses calembours et ses vers holorimes. Il est parfois considéré comme l’un des plus grands conteurs de langue française3.

Vite, au bistrot !

(un texte brut de décoffrage…)

Au comptoir, il y a le père, côté clients, qui avale un bock de bière au milieu de la matinée. Servie par le fils, qui nettoie les verres derrière le zinc et sert d’autres clients. Une affaire de famille. A cette heure-là, ce sont plutôt les verres de blanc qui se déclinent au comptoir. C’est un peu moins cher, mais comme les pronostics et les paris sont longs pour les courses à Longchamp, le loto hésitant entre l’âge de la grand-mère, numéro qui rentre encore dans la grille, les verres se remplissent plus souvent que le bock du père, qui surveille l’air de rien l’établissement dont il s’est porté caution pour que son fils, sa femme et son alcoolisme survivent ensemble. Certes, s’il ne vérifie pas le contenu des recettes du jour, il se rend compte par la fréquentation et les boissons consommées du montant approximatif qui remplit la tirelire du jour. Enfin, relativement, car à 13 heures il va faire la sieste à l’étage et n’en redescend que vers 16 heures, dans la même attitude que son fils a pu le constater deux heures auparavant : appuyé au comptoir, un bock en main. C’est l’univers tranquille du « tout va bien », sauf que le fils verse souvent un petit blanc et, rarement, un petit noir, à la clientèle pour s’assurer la fréquentation des poivrots dans son bistrot. Or le père scrute chaque commande et son paiement content, ou pas. Il n’apprécie pas que la tirelire se fende de promotions telles qu’elles s’inventent dans le supermarché local. Un verre servi, l’autre offert.

.

Parfois Julien, le fils et patron du bistrot, discute avec des clients de passage. Il leur invente une vie de village onirique, des monuments historiques délabrés qu’il est juste trop tard de visiter car les murailles ont roulé à terre, ensevelissant les derniers témoins de cette époque mémorable où les Maures étaient encore vivants. Comme ces touristes viennent en général à vélo de Belgique, de Hollande ou de pays nordiques, Julien a écrit avec la craie qu’il tient en main depuis l’école primaire :

« brasserie Pontacus » , ce qui fait rire la population locale, car ici jeunes et vieux sont depuis des mois équipés de vélos à assistance électrique, et les touristes avec leurs biclous trois plateaux et cinq pignons, ô misère ! Entre l’Aubisque et le Tourmalet, en passant par le Soulor, n’ont pas même le temps de goûter une tarte aux myrtilles. Le père remet souvent son fils en place, lui répétant avec abnégation que ce qu’il tient est un commerce et non un presbytère où l’on dialogue, mot disparu de la langue française, bref parler trop longtemps aux clients c’est ruiner son fonds de commerce, or c’est ton père qui a investi ; au fait, où est Louise ? Elle n’en fout pas une celle-là !

Louise est l’épouse de Julien. Sa mise est agréable, bien qu’un semblant négligée. Dans ce genre de commerce, il vaut mieux avoir des formes pour que les clients consomment tout en reluquant la serveuse, fut-elle la patronne. Raison pour laquelle Louise s’est faite augmenter le volume de sa poitrine et de ses fesses. Les mauvaises langues du village la surnomment miss Kardachiante, par jalousie. C’est le cas du père de Julien, car bien qu’il ne l’avouât pas, Louise le fait fantasmer, comme il est facile de le croire ; sinon, pourquoi passerait-il sa journée au bistrot, d’autant que tout le monde est au courant, sauf Julien, qui essuie les verres derrière le zinc. On se demande parfois s’il sait qu’il a une femme tant il semble ignorer son existence. En fait, il épie les regards appuyés des buveurs et ronge son frein. Il n’a aucune envie d’être un cocu magnifique, surtout avec ces vieux vicelards qui hantent le comptoir et les six tables du café PMU-Loto-Tabac. Son rêve en fait, c’est d’acheter un bateau et d’aller vivre dans les îles avec une sirène naturellement bien proportionnée.

Pour amadouer les consommateurs réguliers, dont il sait à force de palabres qu’ils possèdent un petit magot, il a repris la formule du supermarché local. Sauf que dans le verre offert il introduit en douce une poudre incolore qui a un effet légèrement hypnotique. Rien de bien criminel, certes. Sauf que lorsque le client vient miser sur les courses, ou régler ses boissons, Julien leur tend son lecteur de carte et enregistre de visu le code secret que le type à moitié dans les vaps tape quand il est encore plus ou moins conscient. C’est la première étape. Mais les journées sont longues dans les villages, la soif, l’appât du gain que rapporteraient les paris, l’achat de paquets de cigarettes et autres marchandises font de sorte que les cartes bleues font de fréquents allers-retours entre les mains de Julien. Ainsi, quand le client, sous l’effet entre autre de la poudre, se trouve incapable de manipuler son bout de plastique, Julien propose de s’en occuper. Bon garçon, la main sur le cœur. Tu parles !

En fait, il rend au quidam une autre carte, et s’absente dix minutes. Louise le remplace au comptoir et essuie les verres derrière le zinc, sous l’œil goguenard du père. Pendant ce temps Julien file à l’unique banque du village et en un tour de main soutire du distributeur plusieurs centaines d’euros, mais jamais plus de cinq cents à la fois. Rester discret et crédible quant aux retraits. Puis retour au bistrot et reprise en main des affaires. Le poivrot revient forcément à la charge, soit qu’il a un tuyau pour la cinquième course, soit qu’il a besoin de tabac et hop ! Julien lui rend sa carte bleue ni vu ni connu.

Et voilà comment, au fil des mois Julien a amassé un bon pactole sur le dos de tous ces buveurs de vin blanc et de bocks de bière, sauf son père, qui est décédé depuis dix huit mois. Quant à Louise, elle a fini par trouver un amant et s’est envolée en sa compagnie (aérienne?) à Dubaï où elle gagne sa vie comme influenceuse suceuse de glaçons. La « brasserie Pontacus » a été reprise par un couple de jeunes entrepreneurs qui tentent de renouveler la clientèle car les anciens piliers de bar se sont tous effondrés. Julien n’a finalement pas acheté de bateau, mais il a dégoté une magnifique bagnole et est parti vivre sa vie avec une sirène bien galbée, une certaine Martine Aston. Bref, la vie est belle, non ?

20 06 2022

AK

Un samedi chaud qui ne bronche pas (sauf dans les poumons)

La canicule est comme un chien qui mangerait du foin, alors que le genre humain se fout du climat comme de l’Avenir qui l’attend, mais voici que l’attente fait place aux faits, aux effets de servitudes et que déjà la planète se rend invivable. La faute à qui ,messieurs Xi, Bolsonaro, Modi, Biden ? Aux complotistes de la Terre plate, aux climato-sceptiques, ou simplement aux politiques qui ont piscine et climatiseurs à gogo ?

Traduction : (google, attention, ce n’est pas parfait)

Aujourd’hui c’est samedi, demain c’est dimanche
La vie vient par vagues, comme la mer
Les tramways roulent sur les rails
Et Notre Seigneur Jésus-Christ est mort sur la Croix pour nous sauver.

Aujourd’hui c’est samedi, demain c’est dimanche
Il n’y a rien de tel que le temps passe
C’était très bon de Notre Seigneur Jésus-Christ
Mais au cas où, délivrez-nous, mon Dieu, de tout mal.

Aujourd’hui c’est samedi, demain c’est dimanche
Demain n’aime pas bien voir quelqu’un
Aujourd’hui est le jour présent
Le jour est le samedi.

Impossible d’échapper à cette dure réalité
En ce moment, tous les bars sont pleins d’hommes vides
Tous les amants se tiennent la main
Tous les maris travaillent régulièrement
Toutes les femmes sont attentives
Parce qu’aujourd’hui c’est samedi.

En ce moment il y a un mariage
Parce qu’aujourd’hui c’est samedi.
Il y a un divorce et un viol
Parce qu’aujourd’hui c’est samedi.
Il y a un homme riche qui se tue
Parce qu’aujourd’hui c’est samedi.
Il y a un inceste et une régate
Parce qu’aujourd’hui c’est samedi.
Il y a un spectacle de gala
Parce qu’aujourd’hui c’est samedi.
Il y a une femme qui attrape et se tait
Parce qu’aujourd’hui c’est samedi.
Il y a un regain d’espoir
Parce qu’aujourd’hui c’est samedi.
Il y a un profond désaccord
Parce qu’aujourd’hui c’est samedi.
Il y a un séducteur qui tombe mort
Parce qu’aujourd’hui c’est samedi.
Il y a un grand esprit cochon
Parce qu’aujourd’hui c’est samedi.
Il y a une femme qui devient un homme
Parce qu’aujourd’hui c’est samedi.
Il y a des petits enfants qui ne mangent pas
Parce qu’aujourd’hui c’est samedi.
Il y a un pique-nique de politiciens
Parce qu’aujourd’hui c’est samedi.
Il y a une forte augmentation de la syphilis
Parce qu’aujourd’hui c’est samedi.
Il y a un aryen et un mulâtre
Parce qu’aujourd’hui c’est samedi.
Il y a une tension inhabituelle
Parce qu’aujourd’hui c’est samedi.
Il y a des adolescentes à moitié nues
Parce qu’aujourd’hui c’est samedi.
Il y a un vampire dans les rues
Parce qu’aujourd’hui c’est samedi.
Il y a une énorme augmentation de la consommation
Parce qu’aujourd’hui c’est samedi.
Il y a un fiancé jaloux
Parce qu’aujourd’hui c’est samedi.
Il y a une garden-party en prison
Parce qu’aujourd’hui c’est samedi.
Il y a une pleine lune impassible
Parce qu’aujourd’hui c’est samedi.
Il y a des dames de toutes les classes
Parce qu’aujourd’hui c’est samedi.
Certains durs, certains faciles
Parce qu’aujourd’hui c’est samedi.
Il y a un boire et un donner sans compte
Parce qu’aujourd’hui c’est samedi.
Il y a un misérable qui devient fou
Parce qu’aujourd’hui c’est samedi.
Il y a un prêtre qui marche en civil
Parce qu’aujourd’hui c’est samedi.
Il y a une frénésie de bananes
Parce qu’aujourd’hui c’est samedi.
Il y a le sentiment angoissant
Parce qu’aujourd’hui c’est samedi.
D’une femme à l’intérieur d’un homme
Parce qu’aujourd’hui c’est samedi.
Il y a la fête fantastique
Parce qu’aujourd’hui c’est samedi.
Dès la première chirurgie plastique
Parce qu’aujourd’hui c’est samedi.
Et donnant les dernières étapes
Parce qu’aujourd’hui c’est samedi.
Il y a la perspective du dimanche
Parce qu’aujourd’hui c’est samedi.
Droits parole : paroles offi

Reuh reuh reuh !