Commençons par cette affaire plutôt rigolote :

Lu dans Ouest France du jour: article ici
Un Italien qui a perçu pendant des années une aide financière de l’État pour malvoyance a été arrêté mercredi 15 décembre sous le soupçon de fraude après avoir été surpris en train de conduire, de circuler en scooter et de faire du lèche-vitrines.
Cet habitant de Palerme en Sicile a perçu un total d’au moins 170 000 € d’aides depuis 2008 après avoir déclaré être « totalement aveugle » en raison d’un problème congénital.
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Ensuite, un petit saut dans l’univers de la chaussure :
Lu dans La Dépêche du Midi : article ici
Des scientifiques ont découvert le premier « vrai » mille-pattes au monde, selon une étude rendue publique ce jeudi 16 décembre, décrivant une créature longue, mince et dotée de 1 306 pattes, soit plus que tout autre animal vivant. Si les myriapodes, créatures semblables à des vers au corps segmenté, sont communément appelés « mille-pattes », aucune jusqu’à présent n’avait été trouvée en possédant plus de 750.

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Enfin, la perspective d’un avenir qui fait froid dans le dos.
Article à lire dans REPORTERRE:
Lucie, jeune étudiante, sort de son lit. Au petit-déjeuner, sur son smartphone, un message du gouvernement lui signale qu’elle doit faire son rappel de vaccination. Arrivée à la fac où elle va passer un partiel, elle positionne le smartphone face à son visage pour activer la reconnaissance biométrique, ce qui génère un QR code que l’examinatrice souriante flashe pour l’identifier. Un peu plus tard, consultation chez le médecin : du même geste fluide, Lucie scanne son visage et lui tend un QR code qu’il reconnaît avec son écran avant d’ouvrir son dossier médical. Puis, dans le taxi qui la ramène chez elle, elle commande un passeport, là aussi en s’identifiant par reconnaissance faciale, puis loue une voiture en Australie en prévision d’un voyage. Le soir venu, à la porte d’un bar où elle rejoint ses amis, elle tend aimablement son smartphone au vigile qui flashe un QR code prouvant qu’elle a l’âge d’entrer.
Vous venez de voir une publicité du groupe Thalès pour son Digital Identity Wallet : un « portefeuille d’identité numérique », c’est-à-dire une sorte de passe sanitaire étendu à toutes les démarches de la vie quotidienne, assorti d’un dispositif de reconnaissance biométrique pour empêcher la fraude.
Le conte de Youssef (une histoire vraie, mais pas légendaire )
Dans ce petit Pays vivaient quelques éminents personnages qui régnaient sur une maigre populace mais en tiraient assez de profits pour se réjouir de leur sort privilégié et entretenir ainsi une petite Cour pleine de contentement et de costumes de soie qu’en quelques occasions ils sortaient du placard, associant ainsi leurs privilèges aux regards d’une population crédule.
Ces maîtres étaient peu nombreux, trop, ils n’auraient pas régné. Ils se nommaient Gibet, Sanglot, Vidhalgo, Ricardo del Fournil, Jules de la Vallée, Léna la Douce. Ils s’étaient unis sous une bannière dont ils se souvenaient, ou tentaient d’oublier, la rédaction en des temps antérieurs : « C’est vous qui le dites », modifiée en « Chez nous, la vérité ne s’exprime que si elle correspond à la nôtre ». La charte datait, et celui qui l’avait écrite galopait désormais sur les cimes plus proches du ciel que de la terre. Il est vrai qu’au départ, le texte complotait contre le seigneur local, Tocque-Manette, et soutenait le fringuant Tête-de-Chou, qui prit le pouvoir une décennie plus tard, mais fut honnis par la confrérie, comme il en va toujours dans les petits Pays que les gros nombrils tentent d’investir en croyant illuminer les citoyens de leurs analyses critiques.
La dérive débuta quand le grand escogriffe, aimable Don Quichotte des Pyrénées, préféra aller planter sa lance sur les sommets enneigés de ces montagnes légendaires, laissant ouverte la voie successorale du renouveau et de la prospérité. Ainsi le peuple mit sur le trône un homme compétent, affable et réceptif : Gibet. Pour l’aider dans sa tâche, qui était de rendre les gens heureux, Léna la Douce accepta de l’accompagner. Le peuple était satisfait, chacun trouvant de quoi nourrir son imaginaire et faire son pot-au-feu quand le désir lui venait d’en manger. Quelques années passèrent, la convivialité faisant son œuvre. Les richesses du royaume étaient redistribuées, les discussions caracolaient au son des disputes, bien normales dans ce petit Pays où les uns sont pour et les autres contre.
Mais cela déplut à l’un des membres de l’Assemblée (qui n’était pas encore devenue une Cour). Maître Sanglot vînt se plaindre, déclarant qu’on l’humiliait, que sa docte et profonde analyse de la vie locale était bafouée, car de vie locale lui seul en parlait, exprimait avec tout le bon sens dont la nature l’avait pourvue, la vérité, l’unique et divine vérité dont il était l’apôtre comme la poutre est à l’œil la vision du monde. Le doute s’était installé dans le royaume, les sbires de Tête-de-Chou remontèrent promptement les ponts-levis de la forteresse locale, et Gibet retrouva son monde en périphérie, dans son charmant moulin à eau qui battait de l’aile. Maître Sanglot avait-il raison de pleurer ? Certes, il apportait de l’eau au moulin, qui jusque là se portait bien, mais sans consonances locales, quand le but en avait été ratifié par de multiples recours (d’eau). Oui, il fallait parler à la population de ce qu’il advenait de la politique locale au premier chef (Tête-de-Chou), laisser la poésie et les rigolos en retrait, faire taire les échanges conviviaux qui n’avaient rien à faire ici !
Une scission apparut au sein de l’Assemblée, et les plus concernés décidèrent de mettre à exécution leurs points de vue : les uns de contribuer à exercer la liberté d’expression que la charte évoquait, et maître Sanglot d’aller pleurer dans son coin. Six mois passèrent, qui envenimèrent les relations, et les plus hautes instances de cette docte société déclarèrent chacun, individuellement, jeter l’éponge, plutôt que de s’étriper sans véritable raison. Mais c’était ignorer la dualité bourgeoise de certains, qui mettent la poussière sous le tapis pour accuser la bonne, et attendent leur heure pour renaître et prendre le plein pouvoir qui correspond exactement à leur ambition.
Car, à vrai dire, c’est maintenant que le conte prend sa part de réalité et ce, sans virtualité. Quand la rupture fut établie, vérifiée et actée, que les plus honnêtes, ceux qui portaient avec cœur le rôle qui leur était alloué, et qui donc démissionnèrent ainsi qu’ils l’avaient dit, Gibet rappela ses troupes, mises en repos jusqu’à la fin du conflit. Ainsi vît-on maître Sanglot réinvestir les lieux, accompagné de Ricardo del Fournil, et d’un nouveau venu, Vidhalgo. On rapatria Jules de la Vallée, perdu dans les bois, et un ancien maître du Barreau extrémiste adroit, toujours utile en cas de conflit entre majeurs. L’eau put alors se répandre à nouveau, noyant les contradicteurs potentiels dans un jus fort, étrange mélange d’urine fasciste et de sang tauromachique, condamnant au silence quiconque y plongerait la moindre phrase. Quant à Don Quichotte, que la neige fasse le deuil de ce qu’il avait créé et de ceux qu’il avait séduits, car c’est la même histoire qui se raconte ici.
Comme dans tout conte il faut une fin que les enfants comprennent, et les empêchera de croire aux fantômes qui racontent qu’ils le deviendront eux-mêmes si, par malheur, l’histoire finissait mal. Ainsi, pour les réconforter, sachez que cette triste troupe ne trouva refuge que dans son attitude mensongère, et que ses membres finirent par se dévorer entre eux. Mais l’histoire ne dit pas qui fut dévoré le premier ni comment fut pendu le dernier…Quand les citoyens s’éveillèrent !
AK
22 04 2018
Depuis, Lena la Douce et Sanglot sont morts, ce qui signifie que cette histoire est un peu véridique)
Je ne donnerai pas ici le nom du site, qu’ils aillent se faire voir !

tiré du site : https://www.actualidadliteratura.com/fr/ida-vitale-remporte-le-prix-cervantes-7-po%C3%A8mes/
Ida Vitale (née à Montevideo le 2 novembre 1923) est une femme de lettres et poétesse uruguayenne.
Tu mets tes bottes de pluie,
les yeux de la pluie
et le pessimisme d’une grêle possible,
accepte l’éblouissante coupe du matin,
la boue devine,
le froid contre la peau calcaire,
concocte des plans contraires,
apostrophe et consternation,
suppose le ronronnement du poème
à l’abri dans son lit, comme un chat.
Mais cède petit à petit
Descends et entre dans le champ du radar de la mort,
comme tous les jours,
naturellement, tautologiquement.
Des mots attendus,
fabuleux en soi,
promesses de significations possibles,
gracieux,
aérien,
en colère,
ariadnes.
Une brève erreur
les rend ornementales.
Sa précision indescriptible
nous efface.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ida_Vitale

née à Montevideo, Ida Vitale est poètesse, traductrice, essayiste et critique littéraire, et fait partie de l’appel Génération du 45, où des écrivains tels que Mario Benedetti, Juan Carlos Onetti o Idée Vilariño. Sa poésie porte les adjectifs de intellectuel, Mais aussi populaire, du universel et aussi personnel, et donc transparent aussi profond.
Elle a reçu plusieurs autres prix tels que le Prix Octavio Paz, l’ Prix Alfonso Reyes, l’ Prix Reina Sofía ou le Prix international de poésie Federico García Lorca. Le Cervantes est sans aucun doute la touche finale de tant d’années et de carrière. Elle réside actuellement aux États-Unis.
Parmi ses travaux, les titres de La lumière de ce souvenir, Rêves de constance, Où vole le caméléon, jardins imaginaires o Réduction à l’infini.

Journaliste | https://lenouvelliste.com/
zomangay@hotmail.com
Aux nouveaux membres du PHTK allongé, prolongé, agrandi : la carte Dermalog n’est-elle plus un instrument du pouvoir pour organiser des élections frauduleuses ? Faut-il encore enquêter sur les contrats, les dépenses, les trafics d’influence liés à son adoption ?
Aux mêmes : s’il est coutumier que des ministres, à leur installation, promettent monts et merveilles, et, une fois installés, ne changent rien, ce nouveau gouvernement de facto change de discours. A écouter les propos tenus par de nouveaux « ministres » à leur installation, ils promettent de ne rien faire, pour être gentils si peu que rien. La seule différence avec leurs prédécesseurs, c’est qu’ils nous disent la vérité. Si l’on ne peut rien faire, ou si peu que rien, comment au-delà des bénéfices personnels leur présence à leur poste va-t-elle servir les intérêts collectifs ? A moins que les intérêts collectifs ne renvoient qu’aux acteurs de la nouvelle alliance aujourd’hui au pouvoir.
A ceux qui ont enrichi ses créateurs : qu’est-il arrivé à Shalom ? Et pourquoi Dieu n’a-t-il pas accompli un miracle pour sauver l’entreprise des faiseurs de miracles ?
Aux amis de la presse : cela ne mérite-t-il pas une petite enquête ? Combien d’argent reçu des fidèles ? qu’en a-t-il été fait ? Que font aujourd’hui les protagonistes du feuilleton ? Et qu’en pensent aujourd’hui les adeptes d’hier ?
A ceux qui s’occupent des systèmes informatiques dans les services publics : sont-ce des stagiaires incompétents qui sont en charge de ces services ? A l’EDH, vous voulez payer, vous amenez l’argent. « Revenez demain, il n’y a pas de système ». Le lendemain, ça ne s’arrange pas. Il n’y a toujours pas de « système ». A l’Office d’assurance véhicule contre tiers. vous voulez payer et renouveler l’assurance obligatoire. Les policiers veillent et sont pressés de vous faire des misères : assurance, vignette, suit le procès-verbal. Vous n’avez qu’un désir, payer pour vous mettre à l’abri. Mais il y a un problème : « il faudra patienter, il n’y a pas de « signal ». A-t-on prévu des agréments pour équiper les salles d’attente, calmer les nerfs des usagers et leur rendre agréable tout le temps gaspillé ? Et des petits boulots à côté pour les employés de ces boites pendant qu’ils attendent le réveil du système ou le retour du signal ?
Aux enragés de la débauche et des bals à l’heure des fêtes de fin d’année : Les kidnappeurs aussi ont besoin de fêter, ils doivent guetter les fêtards. N’avez-vous pas peur que les sorties de bal se transforment en danses macabres ?
A ceux qui ne lèvent jamais la tête pour regarder le ciel, et même à ceux qui le regardent : regardez. Vous verrez comme il est beau le ciel d’Haïti en décembre. C’est en dessous que ça ne se passe pas bien. La misère, l’injustice. La corruption. Le crime. S’il faut croire avec la poésie que nous sommes tous individuellement responsables de la beauté du monde, que peut-on faire ensemble pour un vivre meilleur ?
Vous n’imaginez pas comme nous en avons bavé, ma petite famille et moi. Non seulement par crainte de l’inondation qui nous a obligés à grimper le long du mur de la maison du paysan trop fainéant ne serait-ce que pour semer des salades dans son jardinet, mais encore par peur de voir surgir soudain Ericzemo, le terrible hérisson qui ne ferait qu’une bouchée de nos maigres coquilles, celle de mes enfants et de ma femme dont hélas je ne partage pas le lit, du fait de mon hermaphrodisme congénital entièrement assumé.
La pluie ne cesse de tomber depuis des jours et c’est le début de quarante jours d’averses de neige, de grêle et la noyade assurée pour les escargots dont je suis. Alors pensez ! Me retrouver sans logis, avec une limace(chemise en argot) trempe sur le dos pour unique compagnie me glace le sang. Plutôt finir cuisiné dans un bon restaurant bourguignon, avec beurre, persil et ail haché menu. Et puis, inutile de compter sur Noé en cette période où Noëlle risque de voir les anglais débarquer sur nous, pauvres pêcheurs sans droit validé par les anglo-normands, sauf si elle est enceinte du Buon Padre (mais c’est une autre histoire).
Le crépi nous a permis de monter jusqu’à la sous-pente du toit, et de nous réfugier à l’abri des oiseaux à plumes noires, faux merles moqueurs, qui préfèrent en cette saison les boules de graisse. En été, nous leur donnons des boules de pétanque, mais ils les suspectent de contenir du plomb. Ils n’ont pas tort. De fait, bien calés dans les interstices du bois et des moellons qui s’effritent, nous scrutons l’eau qui monte et surtout Ericzemo, le hérisson affamé. Vu d’où nous sommes, il semble petit. Son dos est couvert de piquants qui font penser à ces piques à olives et petits fours dans les cocktails mondains. Il pourrait être l’amulette d’un fakir, un de ces piquants cactus arizonien, une plume Bossuète de Figaro, un distributeur de seringues dans une Pastorale évangélique, un piquoir de couturière, bref un animal comme les autres, un logorrhéique cannibale, vegan, carnassier, mais pas hélicicole !
En fait le véritable danger que représente pour nous Ericzemo, c’est son cousin Pork-Ethique. Une bestiole capable de t’envoyer des sagaies empoisonnées comme ça, pif paf, sans que ça nuise à sa réputation (mais il paraît que non, selon Wiki). Un pork-éthique qui veut rendre aux limaces blanches bien cravatées l’art du costard et du parapluie, refusant les inondations invasives de migrants sur son territoire, son littoral littéraire, cette terre d’Histoire , mélange de Charles et de Martel, mélange savoureux qu’il martèle à tout propos, ce frère d’Ericzemo qui veut labourer les terres nobles du laboureur qui réunit au chevet de sa mort ses blancs enfants, oubliant que d’autres en nombre incommensurable avaient eux-mêmes labouré ce sol fertile et difficile, quand lui n’avait que deux fainéants auxquels faire la leçon.
Et s’il est parfois vrai que les hommes heureux n’ont point de chemise, nous, les escargots, sous nos fragiles habitacles, à bien même respecter la pluie dans les jardins aimerions sans conteste que l’on ne nous gave pas de toutes ces salades qui ne nourrissent ni les escargots ni les hérissons, les vrais, qui, il faut le signaler, hibernent en ce moment (juste quelques crottes devant les gamelles des chats).
10 12 2021
AK


Interminables luttes d’egos et de haines fratricides, ce n’est pas avec ça que nous sauverons la planète. Elle non plus, elle s’en fiche complètement de la connerie et de la violence humaine. C’est dit.
(wikipedia) :
La chanson, écrite en 1967 par Albert Vidalie et produite par Jacques Canetti, est incluse dans le second 33 tours de Serge Reggiani, qui l’interprète la même année sur la scène de Bobino, rencontrant un fort succès3,4. En 1968, le titre sort en super 45 tours5 vendu à 50 000 exemplaires6.
De l’aveu de Serge Reggiani en 1976, c’est une chanson qui « écrase » le reste de son répertoire et ne peut pas être chantée en milieu de tour de chant.
La chanson est communément considérée comme une allégorie de l’avancée de l’armée allemande vers Paris en 1940, et une ode à la Résistance7. Toutefois, au cours d’un entretien radiophonique, Serge Reggiani a déclaré : « La chanson a été écrite à la suite d’un fait divers entendu à la radio, l’entrée de loups à Madrid »8 et le texte serait ainsi à prendre littéralement 9.
Grâce à cette chanson, Serge Reggiani est populaire auprès des jeunes de Mai 68 : on joue Les loups sont entrés dans Paris dans les juke-box à proximité des lycées parisiens ; des anonymes la chantent dans les universités occupées… Elle est perçue comme une « chanson prophétique dans laquelle beaucoup de jeunes Français voient l’annonce du retour du fascisme10 ».
azimuté , adjectif. Sens 1. Relatif à une personne qui a perdu la raison, qui est prise de folie, dont le comportement est bizarre
La Panne plage. Un homme longe le sable gris, du côté de midi. L’ombre sur son corps l’écrevisse à peine ; il descend de l’Escaut affublé de quelques vêtements sales. C’est un zigoto comme les milliers d’autres déjà assis le cul dans le sable. Il cherche une place où se poser. Dans sa main un carré d’as fictif, sa chance. Il se cale près d’une femme enceinte. Fait cercle autour d’un square à la ramasse.
Il abandonne son baluchon sur sa fatigue, regarde les autres alentour. Ces visages sont le rythme de l’exil : la ressemblance avec autrui est le miroir de l’ennemi. Personne ne s’épie, pourtant tous se connaissent : histoire vécue. Il a vu et connu el très de Mayo dans les rues de Madrid, mêlé les ocres et le lilas chez Goya, mangé les reliefs de festins arrachés des griffes et des riñas de gatos au Prado, les pommes et le reste des paradis perdus. Ses yeux brillent, la vie plaide en sa faveur ; un carré d’as que tous observent qu’il abandonne pourtant, assis là.
La Panne plage. Dix mille. Dix mille individus en partance. Traverser la Manche, sans calfat, sans kevlar. Sans au fond vraiment y croire. Tous les moyens sont bons, seuls les meilleurs se noieront dans le bonheur d’être saufs. Il écoute, se tait, fredonne Ostende. Il s’assoit vers midi et l’ombre pointue du geste le colore de gris. C’est un zigoto affublé de lumières narquoises : il cherche un cadre étanche où enfermer sa vie. Tous sont prêts à larguer les amarres, au signal.
Quand soudain roule et virevolte un mouchoir blanc, brodé à la flamande, qu’il se met à courser sur la rive sablonneuse de La Panne plage ; au rebond du vent il froisse ses doigts sur la texture douce du tissu, lève son bras, se mouche. Et s’en va.
AK
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Il attendait comme une manne
Du ciel qu’un grain lui vienne
Marquise des Anges
Il espérait qu’une mésange
Au chant mensonger
–Donner dix noms d’oiseaux–
Lui martèle en tête
Le nom d’une égérie bien-aimée
Qui se refusait
A Dieu
Et à lui
Mais à la cinquantaine
Quand les dieux Lares
Dans son logis
Se mirent à cuire la soupe
Beaucoup de jouvencelles
S’offrirent pour la vaisselle
–Donner dix noms de Dieu–
Car à se becqueter
Tous ces canards sauvages
Avaient sur l’héritier
Jeté leurs plus beaux yeux.
Lui attendait toujours
En regardant le ciel
Qu’un grain lui vienne
Marquise des Anges ou Vespasienne
Fille facile fleur de bordel
Ou enfileuse de perles
–Donner dix noms de courtisanes–
Car il voulait doter ces comtesses
D’une bagatelle digne d’échauffer
Tant son feu que sa fièvre Renaissance
Quand il fît connaissance
D’un chalumeau muet
Qui fondit sa fortune
Et s’en fut vivre sa vie
Chez la marquise des Démons.
Et toc !
22 01 1988
AK
Comme je manquais de ferveurs galactiques
J’ai mangé un yaourt aux firmaments lactiques
Dans le trou noir d’un Parabellum m’avait quitté mon homme
J’ai trafiqué alors dans un labo tout un tas de génomes
Pour rattraper le temps perdu j’ai tout revendu
Ma carte bleue, mes idéaux et mon corps nu
Depuis je philharmonique avec Monique
Je Pachel-bêle sur les canons informels de Rachel
Je parcours le nouveau monde sans A. Dvorak
Mais sur le lit chaud de Lilou jette mon anorak
Je mets mon frac , me dénature avec fracas
Dans les bras de Nathalie, de Sophie
Cette grande girafe que j’ai connu petit
Comme la vieille Philomène sa goutte qui pendait
Qui menait par le bout du nez les enfants
Attirés par les bocaux pleins de friandises
Qu’elle versait dans leur culotte Petit Bateau
Pourvu qu’on lui caresse un sein, récite un chant de marin,
Et puis Joséphine et Justine, Léonce et Barbara
Qui portaient des bas noirs tracés sur leur peau nue
Un nihil de nylon dessiné au crayon sous un rayon de lune
Je ne disais jamais non face à ces créatures
Quand je les croisais partout dans l’humaine nature
Pour rattraper le temps perdu aujourd’hui je le sais
Je vends des confitures et des laitages sur les marchés de plein vent
Les regarde, ferveurs galactiques et firmaments lactiques…
04 12 2021
AK
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