Descendant l’escalier elle sentait sur ses seins
Toutes ces monnaies que l’on donnait aux saints
Après qu’ils eussent enfin claqué les portes
De la Sainte Envolée, des Paradis perchés, de sorte
Que les cloches finissant de sonner à rebours
Firent voyager les anges dans les cours d’appel sourds
Au bas de l’escalier ses pieds se mirent à danser
Sur la place du village l’aimable populace chantait
Et je la regardais voleter dans l’air clair des cigales
Les yeux grand ouverts ; elle serait ma femme fatale
Aux plus beaux seins du monde, aux rondeurs substantielles
Qui font les hommes voyager vers les îles essentielles
Où tous les dieux du ciel en fêtes n’en font qu’un
Et elle m’aurait choisi, enfin, d’entre mille coquins.
AK
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Moi je tournais en rond
Elle tournait en boucle
Et dans ce petit monde
Les roses parfumaient
Les voleurs de baisers
Je la regardais faire
Comme font les brigands
Les volants de sa jupe
Le carrousel des lèvres
Et puis vînt le moment
Où arriva sa mère
Et quand minuit sonna
Le butin des amours
Parfumait de rosée
Les porte-monnaie vides
Troussés à l’emporte pièces.
18 12 2020
AK
Un petit crobard dessiné sur le bord de la table en mangeant tout en écoutant les news à la radio (et en attendant le Brexit)…

Spécial sieste ! Bon, prière de ne pas déranger…
Mais le réveil risque d’être rude ! (une chronique de 2017 avant qu’il soit viré de France Inter) :
Article lu ce soir dans Sud Ouest
Le président du Brésil a multiplié les provocations en inventant des effets secondaires au vaccin Pfizer : femmes à barbe, voix efféminée pour les hommes, mutation en crocodile, …
Le président brésilien Jair Bolsonaro a lancé une attaque en règle à l’encontre des vaccins contre le Covid-19, n’hésitant pas à assurer que celui de Pfizer pouvait transformer les personnes vaccinées en « femmes à barbe » ou « en crocodiles ».
« Dans le contrat de Pfizer, c’est très clair : nous ne sommes pas responsables de quelconques effets secondaires. Si tu te transformes en crocodile, c’est ton problème », a lancé le chef de l’Etat jeudi, lors d’un discours à Porto Seguro (nord-est).
« Si tu deviens superman, si une femme commence à avoir de la barbe qui pousse ou si un homme commence à parler avec une voix efféminée, ils (les laboratoires) n’ont rien à voir avec ça », a lancé le dirigeant d’extrême droite sur un ton provocateur.
Jeudi, malgré les réticences du président, la Cour suprême a rendu la vaccination contre le Covid-19 obligatoire, mais non « forcée » dans le pays le plus endeuillé au monde derrière les Etats-Unis, avec près de 185.000 morts.
Cela signifie que les autorités ne pourront pas faire usage de la force pour obliger une personne à se faire vacciner, mais qu’elles pourront lui infliger une amende ou lui interdire la fréquentation de certains lieux publics.
« Le vaccin, une fois qu’il sera certifié par (l’agence régulatrice) Anvisa, sera accessible à tous ceux qui le veulent. Mais, moi, je ne me ferai pas vacciner », a insisté Jair Bolsonaro à Porto Seguro.
« Certains disent que je donne un mauvais exemple. Mais aux imbéciles, aux idiots qui disent ça, je réponds que j’ai déjà attrapé le virus, j’ai les anticorps, alors pourquoi me faire vacciner ? », a-t-il poursuivi, ignorant apparemment les cas de recontamination survenus dans le monde, Brésil inclus.
Le chef de l’Etat a été contaminé par le nouveau coronavirus en juillet, et s’est rétabli après une vingtaine de jours, sans ressentir de symptômes graves.
Ce pays de dimensions continentales et 212 millions d’habitants fait face à une deuxième vague puissante de pandémie.
Mercredi le record des nouvelles contaminations en 24 heures a été battu (plus de 70 000) et jeudi le pays est repassé au-dessus des 1 000 décès dus au covid par jour, pour la première fois depuis le 30 septembre.
La vaccination s’annonce chaotique au Brésil, avec un plan national d’immunisation tardif critiqué de toutes parts et l’effet dissuasif des propos présidentiels sur la motivation des Brésiliens à se faire vacciner
Par SudOuest.fr avec AFP
Publié le 18/12/2020 à 16h32

Une interview réalisée par John Carpenter
Récit concernant mon deuxième mari : Rodolphe.
J’ai rencontré Rodolphe en automne. Il était perché en haut d’un châtaigner et ne se distinguait pas des feuilles hautes qui ornaient les plumes indiennes de cet arbre centenaire. Je compris vite que mon erreur était purement visuelle : Rodolphe était nu, haut perché, sa peau cuivrée masquait la rousseur de ses cheveux longs, sales et sa barbe ressemblait à ce conte parodique »Jack et le haricot magique ». Excusez-moi, John, je n’ai pas fait la transition entre Pierre-Jean et Rodolphe. Pierre-Jean m’avait laissée ses dettes de jeux, et je m’enfuis alors vers l’Europe, avec armes (mes formes d’alors, dont vous pouvez constater la ferme élégance, monsieur Carpenter, mais pour l’heure contentez-vous de mon peignoir doux et fin comme un geignement de canut lyonnais quand il tire la langue, ou plutôt la tisse) et pour seul bagage ma jeunesse. Je venais d’avoir trente ans. C’est un temps bien lointain, n’est-ce pas. Mon Sherry est-il encore spiritueux, John ? Vous êtes plus spirituelle, Rosa, et votre peignoir est plus tendre qu’un pyjama en pilou. Mais, s’il vous plaît, revenons-en aux faits.
Rodolphe, avec toute la sérénité qui m’anime, aurait pu être cette comète de Halley que les tapissiers d’Aubusson du onzième siècle ont brodé sur leurs immenses tentures. Un homme qui passait par là, tranquille, à promener son étoile filante après le couvre-feu. Mais non. Chaque soir il remontait sa corde à nœuds dans la canopée où les moustiques médiatiques ne pouvaient l’atteindre. Pour ma part, récemment propulsée dans le cul fortifié de Lutèce, je passais quelques jours dans la ville lumière, sous une tente qui n’était pas addicte aux jeux, ni au hasard qui fait toujours bien les choses. Rue du 4 septembre, à six heures trente du matin, je récupérais le journal fraîchement sorti des rotatives. Une annonce m’attira :
« Recherche une canadienne à dents de castor pour travail forestier en vallée de Chevreuse ». Bien entendu, je n’avais aucune qualification pour ce genre de travail, mais je fus choisie, après trois pipes et quatre fellations au directeur de la Protection des Animaux aux Dents Limées (la PADL). Bref, j’avais un job !
C’est là que je fis la connaissance de Rodolphe, comme vous pouvez vous en douter (sauf les complotistes, qui croient que j’ai eu ce poste à la place de leur gamin, qui cultive les haricots magiques dans de petits pots, confinés au sein de leur cuisine bourgeoise).
Ah, John ! (et ses yeux se plissèrent alors que son sourire laissait sur le pont-levis de sa lèvre supérieure apparaître des dents aussi blanches que les amants qu’elle avait du occire par ses fougueux baisers. Je vidais mon verre de Sherry à la hâte pour ne pas tomber dans son jeu. Elle me resservit et continua son récit. Puis, soudain, elle interrompit sa phrase. Voulez-vous prendre un bain chaud avant de poursuivre notre conversation ? Non. C’est dommage, mais je ferai avec ; où en étais-je donc ? Ah oui, Rodolphe ! Quand il entendit le bruit de la tronçonneuse dont on m’apprenait le maniement, il balança sa corde à nœuds vers le sol. C’est alors que je tombai amoureuse. Parmi tous ces bouts de ficelles, un seul m’émerveilla, qui n’était pas relié au chanvre de la corde, mais aux accords d’une chambre à coucher, fusse dehors. Il avait des roupettes de la couleur des écureuils, et je sentis alors que mes maigres économies prendraient très vite la taille de ses noisettes.
Ce fut ma deuxième erreur. Pierre-Jean m’avait dérobé ce que je possédais, avec ma tante et les jeux de hasard, et Rodolphe fatalement succomba en bizarres circonstances, opposées pourtant à celles que j’avais vécues avec Pierre-Jean, lors de son dérapage malencontreux à la sortie du Drugstore. J’ignore pourquoi, il avait une peur bleue de tout ce qui est matériel électrique, et la tronçonneuse l’avait très certainement traumatisé, ce qui se comprend. Mais cette manie de dormir avec son poste radio sous le lit, de le traîner partout pour écouter des émissions à la noix finit par devenir pour moi intolérable. Au bout de quelques mois, je lui intimais l’ordre de laisser ce fichu poste dans la salle de bain, endroit où il allait rarement, environ une fois par quinzaine. Il s’exécuta sans mot dire, mais son ressentiment à mon égard grandit un peu plus chaque jour. Jusqu’à ce jour fatal…
Cependant, John, je ne vous sens pas très à l’aise alors que notre discussion perdure. Voulez-vous que je vous fasse couler un bon bain et que nous poursuivions ensuite ? Mon troisième mari n’a pas été évoqué lors de cette entrevue . Patience et longueur de temps .Vous trouverez un pyjama dans le placard de la salle de bain. L’un d’eux sera certainement à votre taille. Je vois que la bouteille de Sherry est encore à demi pleine. Je vous attends. Tiens, la pluie s’est remise à tomber drue dehors. Elle claque sur les vitres. Vous m’entendez, John ? Il pleut à verse, quelles saisons vivons-nous donc ?
Désolé, miss Rosa Beauregard, je vous entends à peine ! La douche fait un sale bruit de gouttière, votre robinetterie doit être défectueuse !
Mais non, John, rassurez-vous, Rodolphe y a roussi ses poils à cent degrés, et je le reconnais, sans huile de friture. De l’eau courante mélangée à du 220 volts, quand le poste radio tomba de la tablette en verre au-dessus de la baignoire, c’est tout. Mais pour un rouquin, c’est fatidiquement carton rouge (soit l’équivalent de 12 bouteilles de Saint Amour). Dieu ait son âme. Mais bon, John Carpenter, où est passé votre paquet de Craven A ? Les Break Sisters sont à mes trousses, et vous savez très bien ce qu’elles recherchent : la véritable identité de mon troisième mari, celui-là même que j’ai enterré récemment.
J’ai demandé un peignoir en pilou pilou à Rosa en sortant de la douche. Ce devait être celui de Pierre-Jean car il me tombait aux chevilles et j’en ai perçu les courants d’air qui l’avaient vu atterrir sur le Potomac, à Washington DC. Il te va bien, m’a dit Rosa. Ce tutoiement m’a surpris, mais pas choqué. J’ai songé que ce n’était peut-être pas un rapprochement, juste un stratagème pour envisager mon proche trépas. Mais je suis journaliste, et de telles situations, j’en ai connu de par le monde. J’ai demandé, d’une voix posée : alors, parle moi de ton troisième époux, cela fait deux jours que je passe ici et qu’on ne couche toujours pas ensemble, merde, on s’ennuie !
17 12 2020
AK

Tiens, bonsoir Pierre-Jean, vous êtes de passage dans le coin ? Avez-vous remarqué que la pluie s’est remise à tomber sur votre chemise, mais ne restez donc pas planté sur le seuil, rentrez donc, il n’y a que le premier pas qui coûte. Mais vous ne m’écoutez pas, je m’apprêtais à me faire couler un bain, pas à vous voir prendre une douche sous la gouttière, laissez votre chapeau dégoutter sur le porte-manteau et venez vous installer près de la cheminée. Il y a du Muscat dans le meuble que je tiens de ma mère, à votre gauche. Servez-vous, nous nous entretiendrons dans un quart d’heure sur ce qui me fait l’honneur de votre visite, Pierre-Jean. Vous êtes toujours très élégant, malgré les années qui nous séparent de notre première rencontre. Allez, mettez-vous à l’aise, je reviens très vite.
Voyez-vous, monsieur Carpenter (vous pouvez m’appeler John), j’ai rencontré Pierre-Jean lors du vol Air Florida 90, à Washington, quand il a atterri dans le Potomac avec son coucou dont les deux ailes étaient aussi givrées que lui, ce qui compliquait ses manœuvres de pilote débutant. Quelques jours plus tard, nos lèvres connurent les mêmes circonstances, alors qu’encore puceau il ne savait manœuvrer, à trente ans, le manche à balai qu’il avait géré durant des années, dans son environnement évangéliste. Au début, j’ai songé qu’un poteau un peu mac serait plus adapté à ma sagacité sexuelle devant la Maison Blanche, qu’on apercevait au loin. Mais Pierre-Jean était un puriste : la vierge, non, La Vierge, il avait du la planquer dans son slip-cockpit, dans un de ces recoins que la sacristie dissimule pour que les âmes n’aillent point y fourailler l’enfer.
C’était un homme de haute stature, longiligne, le visage lunaire ; sur sa lèvre supérieure le duvet paraissait enfantin et le poil de moustache si ridicule qu’il préférait, il me le raconta plus tard, laisser les coupures de son rasoir sur ses joues et son menton, comme un guerrier sans autre véritable ennemi que lui-même. Il en riait, mais son aspect puéril s’en ressentait. Et puis, dans notre union, je vis que peu à peu son œil noir d’aigle se muait en vision de chouette, le noir de l’iris en marron querelleur, monsieur Carpenter, n’avez-vous jamais observé la vie nocturne en dehors des dortoirs urbains, n’avez-vous jamais adressé un regard complice à un renard à l’orée d’un bois, ou à une fée telle quelle je me présente à vous, robe de chambre en pure soie de canuts lyonnais, quand la pluie glisse dessus, palpez je ne vous ferai aucune avance, ni vous, qui n’avez pas un rond pour me séduire. Enfin, nous verrons.
Pierre-Jean commença un jour à vider mes poches, puis à revendre mes bijoux à ma tante, qui était addicte aux jeux de hasard. Et comme le hasard fait toujours bien les choses, j’en fus victime. Je me souviens très bien de cette soirée, quand tous deux sortirent du casino. Leurs gains étaient ridicules mais leurs rires tonitruants. La misère n’a pas besoin de pain, le jeu lui suffit. Ma tante demanda à Pierre-Jean s’il avait une Craven A sans filtre à lui offrir. La vie est conne. Il retourna au Drugstore et revînt en courant. C’est drôle de mourir aussi couramment. Surtout quand tout nous invite à crever dépossédé d’un monde qui ressemble à une glissade sur une bordure de trottoir, d’un corps à demi écrasé par un taxi qui vient, comme un fait exprès, vous récupérer, alors que le paquet rouge de Craven A file dans le caniveau torrentueux.
Quand les gendarmes sont venus au petit matin m’annoncer la nouvelle, j’étais dans la même tenue dans laquelle vous me voyez, John, puis-je vous appeler John ? Oui, dis-je, (je vous l’ai déjà dit quinze fois, miss Rosa Beauregard). Un peignoir d’une couleur différente, certes, mais dans la même attente. J’étais bien entendu au courant de la mort de Pierre-Jean, pour y avoir assisté la veille au soir, depuis le Drugstore. A ma grande tristesse, car j’étais naïve, il ne résulta de notre union que des dettes de jeux et des emprunts que mes moyens par ne pouvaient rembourser. Bien plus tard, je compris que quand un homme neuf vous promet le mariage, c’est comme si vous achetiez une automobile ; la voiture perd 50% de sa valeur initiale et c’est le mec qui se met au volant et part tout seul à l’aventure. Mais je rigole, John, tous les hommes ne sont pas ainsi. Filez donc dans la cave, il y dort quelques vieilles bouteilles de Sherry. Mais attention, nous avons encore à discuter, pas à nous renvoyer des messages style Break Sisters. Vous verrez, mon deuxième mari, Rodolphe, est d’un tout autre style ! Mais nous aborderons ce sujet quand vous remonterez de la cave avec le Sherry et deux verres en cristal…
17 12 2020
AK
La paix, toujours et vainement briguée,
La paix me fuit ; oh ! je suis fatiguée !
Je voudrais vivre, et ne veux plus courir :
Vivre, pour moi, serait ne rien entendre,
Ne rien prévoir, surtout ne rien attendre,
Rêver enfin, car penser c’est souffrir.
Que j’ai de fois, durant les longues veilles,
D’un monde fée évoqué les merveilles !
Monde, où du moins souhaiter c’est avoir !
A tout esprit fier, avide, mobile,
Hôte d’un corps paresseux et débile,
Le ciel devrait ce magique pouvoir !
Ces vieux secrets, traités de rêverie,
Dons de cabale et de sorcellerie,
Albert-le-Grand, Flamel et ses fourneaux,
Tout manque à l’homme amoureux de mystère ;
Et j’ai regret au peuple élémentaire
De l’air, du feu, de la terre et des eaux.
S’il était vrai que la flamme folâtre,
Sur mes tisons dansant en jet bleuâtre,
Fût un génie ardent, capricieux !
Si, du milieu d’un tourbillon de cendre,
En pétillant, quelque beau salamandre,
De mon foyer s’élançait radieux !…
Si, tout-à-coup, dans la nuit pluvieuse,
Des gouttes d’eau la chute harmonieuse
Me révélait un être intelligent ;
L’esprit des eaux, esprit au doux murmure,
Mêlant aux flots la verte chevelure
Que sur son front presse un réseau d’argent.
Si les soupirs des vents et des tempêtes,
Sombres concerts, mugissant sur nos têtes,
Étaient la voix des puissances de l’air !
Sylphes légers, qui volent sur la brise,
Laissant au loin flotter leur mante grise,
En plis obscurs, d’où s’échappe l’éclair !…
Oh ! qu’à mes vœux une force brûlante
Fraîrait alors une route moins lente !
Que de doux bruits passeraient dans mes vers,
Bruits fugitifs, nés de l’empire humide !
Comme soudain quelque souffle rapide
M’emporterait au bout de l’univers !…
Toi, terre, hélas ! qu’attendre de tes gnomes,
Nains malfaisants, hideux semblant des hommes !…
Taisons des vœux qu’ils n’exauceraient pas.
Il n’est pour moi, dans leurs trésors sans nombre.
Qu’un don, un seul ! La fosse étroite et sombre,
Incessamment béante sous nos pas !
tiré du site :https://www.poesie-francaise.fr/poemes-amable-tastu/
Extrait de Wikipédia :
«
En 1816, elle épouse l’imprimeur perpignanais Joseph Tastu3,4, qui la trompe5. Un an plus tard, elle met au monde un fils, Eugène. L’année suivante, en 1819, son mari quitte Perpignan et se rend à Paris pour reprendre l’imprimerie libérale des frères Beaudouin, au no 36 rue de Vaugirard. Sous son nom de plume d’Amable Tastu, elle écrit et publie des poèmes qui lui apportent la notoriété. C’est la muse romantique par excellence. En 1851, la rose « Amable Tastu » est créée en son honneur6. En 2018, à l’initiative de l’association « Les Amis d’Amable Tastu » dont la vocation est de faire revivre cette femme et, grâce au concours de la Société d’horticulture de la Moselle, est créée une nouvelle rose « Rose Amable » par l’obtenteur Méla Rosa.
Après des années de prospérité, les affaires de son mari déclinent. La crise économique de 1830 a raison de son imprimerie : il fait faillite. Amable abandonne alors la poésie pour se livrer à des productions alimentaires afin de subvenir aux besoins de sa famille. Christine Planté précise: « Elle dut vivre de sa plume en rédigeant des travaux alimentaires pour combler l’indigence de son mari ruiné par la révolution de Juillet et inapte à se refaire »5. Elle collabore régulièrement au Mercure de France et à La Muse française1. Elle publie des ouvrages pédagogiques, des traductions, des sommes historiques, un Cours d’histoire de France, publié en accord avec le ministre de l’Instruction publique, un volume sur la littérature allemande, un autre sur la littérature italienne. Elle est également l’auteure de libretti pour des musiciens comme Saint-Saëns7. »

Amable-Tastu-par-Constance-Mayer.jpg ( image )Wikipedia
Une succession de mini-séries de Bertrand Usclat très bien fichues et gravement humoristiques !
Je m’appelle John Carpenter, je suis ex- journaliste au Sun People Mag. J’ai reçu un message avant hier me demandant de réaliser un reportage sur une inconnue, un truc simple et bien rémunéré, un témoignage qui nourrirait deux ou trois colonnes dans un magazine francophone (je suis bilingue) en perte de vitesse, The French Break Sister . Je n’ai pas hésité. Je tire la corde par des deux bouts depuis des mois, sans parler du licol de la vache enragée qui s’installe dans mon assiette matin midi et soir.
C’est une femme entre deux âges, si l’on peut parler d’âge(s) pour une femme, qui m’a ouvert la porte. Sans préambule ni présentations, elle a commencé son direct live, que voici :
« Bonjour monsieur Carpenter, vous êtes en avance me semble-t-il. Voilà le motif de votre venue : la semaine dernière, j’ai enterré mon troisième mari. Pardonnez-moi, je ne me suis pas présentée : Rosa Beauregard. Je file dans la salle de bain, me donne un coup de peigne, et suis à vous. Vous trouverez un verre et du Muscat dans l’étagère, là, derrière vous, dans le meuble que je tiens de ma mère qui le tenait elle-même de sa … mais pardon, je vais me coiffer et reviens pour répondre aux questions que vous ne me poserez pas car je suis désormais seule à en connaître les réponses et à les divulguer à ma guise, mentiras y verdades, comme on dit .
Tout n’a débuté qu’après trois mois de sécheresse, quand les collines ont commencé à changer de couleur, passant du vert au roux. Puis la pluie est venue ; pour comprendre ce qu’est la pluie qui tombe du ciel, il faut se déshabiller sous les gouttes, et danser. La pluie est tombée avec force, froide et dynamique : elle lavait et épousait le désarroi en disculpant le soleil. J’ai mis mes mains en cupule pour boire cette eau comme si elle était bénie des dieux. Enfant, j’avais appris que l’eau de pluie n’est pas minérale, elle n’a pas plus de goût que le cannibale pour le genre humain, mais quand on cuisine l’eau, elle s’évapore, donc il vaut mieux manger son frère tout cru que de le mettre dans une marmite.
J’aurais pu boire toute l’eau de la mer, mais jamais je n’aurais pu retrouver une seule goutte de celle qu’il mettait dans son vin, il y a quinze jours encore. Dans mes doigts de veuve l’eau cristalline ne trouvait pas sa source dans mes pleurs, ni dans ceux et celles présents à l’enterrement. Elle venait de la terre. Celle qui venait d’être remuée et qui bientôt ferait naître des herbes folles. Pas de caveau. Pas de prison suintante de pets, de jus, de souvenirs. Mourir, c’est oublier le monde des vivants, et que les vivants oublient les morts sans importance. Il le croyait, le défunt, comme on croit que les roses ont un parfum plus subtil quand on les pose sur le sein d’une femme aimée.
Excusez-moi, mon peigne était en voyage en Afrique, un stage pour peigner les girafes au Kenya. Il vient de rentrer et a peur des araignées. Resservez-vous un Muscat, Je vais vous raconter ma vie, ensuite nous verrons si nous sommes faits pour nous entendre. Au départ de ma vie, il y a eu l’eau : elle courait partout, répandait ses annonces, crues, sécheresses, noyades, baignades, et ses sports de rivière, de torrents, d’océans. Ce, pendant que les grands fleuves, aux bandits à l’étiage, faisaient payer leur droit de passage aux populations exsangues .
Faites-moi donc couler un bon bain monsieur Carpenter, pendant que j’inonde ma gorge sèche comme la vallée du Colorado d’un flot de Muscat. Ensuite, et seulement ensuite, je vous évoquerai mes trois maris, l’un après l’autre, (même si je vous en ai déjà dit beaucoup sur l’enterrement du troisième) que sur les deux précédents, en commençant par Pierre-Jean, le premier de la funeste liste.
03 07 2018
AK
(à suivre)
Attention, ça va barder !

Précision : la photo qui illustre cet article est un cliché pris lors d’une expo en extérieur au jardin du Luxembourg, en 2007 ou 2010. La photo est magnifique et donc l’œuvre d’un professionnel, et pas du vilain Chinou !
MENTEURS Que pouvez-vous comprendre Dans mes intentions de vinaigre Dans mes rêves de vin rouge Dans mes caprices d’encre de Chine Menteurs Mon histoire de charbon de terre L’oncle pétrole L’ancêtre manganèse La sœur Potasse. Qu’est-ce que vous en savez ! Menteurs Que savez-vous De mon cœur de poudre de chasse De ma langue maternelle de sel de cuisine Menteurs Je prends mon élan pour vous crier menteurs Quand vous conspirez la laine Des crocodiles Que pouvez-vous comprendre dans mes institutions de vinaigre dans mon moral de pétrole brut dans ma politesse de vin de palme dans ma honte d’huile d’oseille Menteurs Des bonjours Les trusts des signes Les cartels des visages Mais que tout cela Est parti – très bien parti Ah ! Votre vie virée En banque |
https://fr.wikipedia.org/wiki/Sony_Labou_Tansi
Difficile de trouver des poèmes de poètes africains sur les sites (Tierno Monenembo, Yolande Elebe Ma Ndembo…). Les femmes étant rares, je rajoute ici un lien d ‘AFRICA VIVRE consacré à cette très belle femme (rien d’elle sur wikipédia)
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