Jeux de société(s) moribonde(s)

Comme chacun sait ou pas :  les Jeux olympiques se tiendront du  au 

Comme je ne suis qu’un minuscule pion sur cette planète je me suis autorisé à transformer les tensions internationales en activités ludiques, avec la participation (mes documents planqués dans une banque suisse attestent la véracité de leur consentement à jouer) des grands de ce monde. Ainsi, voici quelques disciplines et challenges que les médias, dont internet, pourront nous abreuver durant des semaines, remisant les guerres et les conflits de tous ordres dans les placards déjà bien remplis de confitures corruptives :

Un tournoi de ping pong entre D.Trump et Xi Jin Ping (lieu : Oulan Bator, Mongolie, date 2021. Retransmission planétaire par Huawei ou Apple, les discussions sont en cours).

Concours de marelle entre Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky, président de l’Ukraine. Le jeu sera agrémenté de petits ponts et d’un plus important, dit « pont de Crimée » situé près du Donbass, juste au-dessus de la case 6. Il sera en fer soudé avec de la poudre de neurotoxique organophosphoré, puis bétonné à la méthode dite Navalny. (Les travaux sont en cours au Proche et Moyen Orient).

Un match de football entre Jaïr Bolsonaro et Nicolàs Maduro, président du Venezuela. En direct live depuis le stade de Maracana de Rio de Janeiro, avec entrée gratuite pour tous les habitants des favelas atteints par le coronavirus (les 80 000 places sont déjà réservées). Les vénézuéliens pourront en outre regarder le match à la télé, s’ils ne l’ont pas déjà vendue pour acheter à manger et si l’électricité se maintient au moins le temps de la seconde mi-temps.

Un concours de tir au fusil d’assaut entre le président philippin Rodrigo Duterte et Alexandre Loukachenko, le duel se composant de tirs à balles réelles. Les avions pour la rencontre (prévue à Omsk, en Russie, selon l’avancement de la déforestation aux Philippines et des incendies en proximité de la Sibérie).

Une épreuve de tir à la corde raide entre l’UE et Recep Tayyip Erdogan, imperator de l’Empire Ottomaniaque. ( Les Kurdes se sont inscrits mais l’ONU a perdu les fiches. Il est vrai que c’est un tel bordel qu’un souffle de vent, historique ou pas, fait envoler tout papier dans cette grande tragédie).

Un match de base ball entre Benyamin Netanyahou et Mahmoud Ahmadinejad, arbitré par Mahmud Abbas , au son des trompettes de Jéricho, du chant du muezzin et des canons sans Pachelbel

Bien entendu, beaucoup manquent à l’appel (rien sur les africains, j’ai honte ! Il y en a un bon gros paquet!). Mais je ne suis qu’un pion minuscule sur ce vaste échiquier et un autre pion, sur une case proche située ma gauche va m’exclure de ce jeu d’échecs permanents que le profit et l’immunité, la corruption et le pouvoir de quelques uns sur tant de millions d’autres ont. Allez, fais-moi sauter, je n’ai plus envie de jouer !

29 08 2020

AK

Une archive INA rigolote :

 

https://www.ina.fr/contenus-editoriaux/articles-editoriaux/1989-quand-le-chroniqueur-s-emmele-les-pinceaux-dans-ses-gadgets/

Accident

La pendule s’est arrêtée mais les aiguilles de ma montre

Continuent de tourner, quelque chose à dû m’arriver

Pourtant aucun signal nul passage à niveau

(je dis ça quand les barrières se baissent

en même temps : ça fait rire mes enfants)

Midi minuit et toutes les séries qui me collent à la vie.

Je songe, c’est la faute aux moustiques

A ces plante-seringues qui me sucent le sang

Dans mon demi sommeil, nu dans mon hamac sous le soleil

Mouvement pendulaire lunettes noires et nice crime au bec

Je sens une main qui saisit la mienne, elle est chaude

Comme l’été, elle tremble et mon pouls s’accélère

Je connais cette main, je comprends par elle

Que l’accident fut terrible, que je roulais trop vite

Mais j’avais tant d’excuses que seule la pendule s’est tue

Que les aiguilles piquent ma chair comme les moustiques.

Je lis dans ses yeux l’écriture de ses larmes, notre vie finie

Les aiguilles qui s’enfoncent en mortelles acupunctures

Infinitésimales blessures d’une vie ravagée en quelques secondes.

25 08 2020

AK

(PS: le chat de la vignette se porte comme un charme!)

Séjour à Portmeirion avec Patrick Mac Goohan

« Le Prisonnier »

Cette série de 1967 (1968 en France)  retrouve, à mon avis, beaucoup d’actualité dans notre vie actuelle.

Le thème et les aléas (diffusion partielle et censure de l’ORTF à l’époque) rappellent un monde qui se voudrait idéal, « le Village », mais n’est en fait qu’une prison (d’où le titre) habitée par des gens décérébrés n’étant devenus que des numéros, par ailleurs affables qui se satisfont du mode de vie paisible que leur offre les apparences, masquée par une surveillance à la Big Brother, loin de la réalité dont ils ont perdu conscience. Une vie parfaite dans un monde idéal

L’article de Wikipédia est assez substantiel pour revoir (ou redécouvrir?) cette série « culte » et le récit de son histoire médiatique, série désormais âgée de plus de cinquante ans. Donc avant l’arrivée des meurtres sanguinolents par armes à feu, des séries policières avec commissariats,  profileurs et autres interventions chirurgicales dans les hôpitaux et le langage pseudo-scientifique qui en donne le ton. Le tout made in USA (à 90%).

« «  – Où suis-je (Where am I?)
– Au Village. (In the Village.)
– Qu’est ce que vous voulez ? (What do you want?)
– Des renseignements. (Information.)
– Dans quel camp êtes-vous ? (Whose side are you on?)
– Vous le saurez en temps utile… Nous voulons des renseignements, des renseignements, des renseignements… (That would be telling… We want information, information, information…)
– Vous n’en aurez pas ! (You won’t get it !)
– De gré ou de force, vous parlerez. (By hook or by crook, we will.)
– Qui êtes-vous ? (Who are you?)
– Je suis le nouveau Numéro 2. (The new Number Two.)
– Qui est le Numéro 1 ? (Who is Number One ??)
– Vous êtes le Numéro 6. (You are Number 6.)
– Je ne suis pas un numéro, JE SUIS UN HOMME LIBRE ! (I am not a number, I AM A FREE MAN!)
– (Rire inquiétant) » »

https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Prisonnier

(vignette Wikipédia)

Nocturnes (la nuit américaine)

Chéri chéri cesse de tripoter ce clavier

Viens t’allonger dans le lit défait

Je l’ai froissé pour toi, pour te faire croire

Que Jean Joël couchait avec moi

Ô Yolanda, tu sais très bien que j’ai réservé

Ma soirée à Micromégas, le plus beau chat

De la cité. Tu sais très bien qu’il apprend

Très vite à taper des textos sur twitter

Je ne peux annihiler ses efforts et sa pugnacité

Tant il nous faut aider ce vieux canard peroxydé

Chéri chéri je t’en prie laisse ce clavier

Évangéliser les masses mystiques et crédules

J’ai juste envie que ce soir tu m’encules

Avec ton flingue et ta licence de la NRA,

On s’occupera du chat après avoir liquidé les négros

La nuit tous les négros sont gris et foutent le bordel,

Chérie chérie ne sois pas grossière certes ils sont

Inférieurs mais nous le savons tant que parfois

On les jalouse, avec notre humour javellisé

Nos balles dans le dos qui trouent leurs culs

Chérie chérie vas te coucher, j’écris le prêche du pasteur

Jean Joël le récitera dimanche prochain

Et Micromégas, c’est promis, retournera sur Vénus

Par la prochaine navette, avec son pote Voltaire.

25 08 2020

les mardis de la poésie : Henry Bachau (1913-2012)

 

L’enfant rieur

(Pour A.)

à Sophie Lemaître 

Je suis toujours l’enfant rieur, cet enfant que la guerre
A empêché de vivre en riant son enfance.
Jeunesse, encore en moi, je vais, je cours, je nage
J’adore les chevaux et skier dans la neige
Mon corps est amoureux, il aime, il est aimé
Mon corps est très patient, il est à mon service.
L’instant, couleur du temps, vient à moi promptement
Sur vos balcons, glaciers, travaillés de lumière
De toute ma chaleur je t’écoute, Soleil !

Un jour, je suis tombé, je tombe dans mon corps
Il m’a serré de près, je tombe à la renverse.
Je ne suis plus mon corps, je suis dans ses limites
Je suis un apprenti de mon corps de grand âge
Ignorante espérance, tu vois, je m’abandonne
A la pensée d’amour de ma fragilité.

Henry Bauchau, Tentatives de louange

Tiré du site : http://textespretextes.blogspirit.com/tag/Bauchau

extrait du site (pour les curieux) :

« A Blémont, en 1916, l’enfant joue. Des Allemands ont réquisitionné l’ancienne écurie pour leurs chevaux. Absorbé, l’enfant n’a pas entendu s’approcher l’homme en bottes brillantes et long manteau qui lui rend son sourire puis le prend joyeusement dans ses bras : « Ach ! mein Kind. » C’est la langue de l’ennemi, un rideau retombe à une fenêtre, l’enfant prend peur. Il se met à pleurer, hurle, passe en un instant du bonheur à la terreur : « Au lieu de continuer à rire, il a été forcé dès sa petite enfance de vivre la haine. Il ne voulait pas ça. » « 

Un peu plus : https://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_Bauchau

 

retour de vacances: mots oubliés en bord de mer sur une planche à ressasser.

Je repasserai. Je repasserai les mots qui tombent à plat

Sur ma littérature, sur ton ventre vacancier, sur le couteau

Des peintres et le travail des petites mains de la haute couture

Je repasserai les fers du cheval sur ses sabots brûlés,

Le tatouage du taureau andalou, je repasserai ma vie, mes chats,

Tout ce qui devant moi ne recule pas, ma vieillesse et mes doigts

Que l’ombre et le soleil, le gel et la canicule ont gravé de sutures,

Je repasserai mes vieilles aventures et les ongles polis des femmes

Sans scrupules, les livres blancs qu’embrasent d’éphémères draps

La vérité absente et l’innocente ardeur que bafoue le bonheur,

Je repasserai les jours les nuits les heures le savoir-faire du malheur

Dans cet ardent charbon qui flatte mon ministère, qui n’a que faire

Du temps perdu des siècles qui passent comme je repasserai demain

Les draps de suie les jours de gloire et l’infinie désuétude

De ces indigents qui croient que sur ma planche j’aplatis le monde

Qu’ils pensent leur, comme un vaccin guérit de la connerie, un tissu

De mensonges pour nourrir l’illusoire, refaire l’Histoire, histrions

Qui voient dans l’espace infini la lune noire briller pour eux,

Sur ces ventres vacanciers aux mégots expédiés dans la nature

Hommes femmes et enfants monstrueux sous mon fer brûlant

J’adouberai les maux que vous causez, puis, sur ma littérature,

les mots plus concrets, les à-plat du peintre exacerbé : coupez !

02 08 2020

Toscane et nostalgie

Vieilles images -diapos- prises ici et là en Toscane en 1989. Petite promenade pour remonter le temps…

 

Bleu-noir pétrole

Il serrait dans ses poings une motte de terre

Plus dure que le basalte plus âcre que la soif

Des robinets coulaient l’eau noire du pétrole

Mais sa langue séchait sous l’encombrant soleil.

Dans la tranchée de roc courait le pipe-line

Lui avec sa pelle jetait une alèse de pierres

Sous le ver maudit qui traverserait les frontières

Dont jamais il ne verrait les lacs et les ruisseaux

Seules les marées noires les sources polluées

Il creusait sans arrêter le progrès, ne rêvait plus

L’eau qu’il avait connue dans la grande rivière

Aspirait désormais le sang de cette motte

Qu’il se mit à sucer pour mourir sans crier.

18 08 2020

AK

les poèmes(?) saugrenus de Chinou (2) : quand le grand art régnait

L’araignée s’était rapprochée de la gazinière

Où cuisait un crapaud que cuisinait un prince.

La nuit était vaillante et la bestiole aux aguets

Ne désirait qu’une et unique chose : goûter,

Goûter le bras du cuisinier qui abhorrait

Les insectes, mouches moustiques et guêpes

Hélas la vie est différente pour chacun de nous

L’homme choisit le sang d’énormes animaux

Quand l’araignée préfère suçoter la chair

De graisse maculée du prince cuisinier.

Las, d’un geste vif et précis la bestiole périt

Tombant dans le repas que le prince dressait.

Lui qui avait connu la grande école du standing

Ne supporta pas de voir dans son élégant plat

L’intrusion de cet ennemi héréditaire, malsain.

Sur le dos d’une cuillère d’argent il retira le cadavre

L’approcha de ses yeux, pour voir de quelle nature

Était ce monstre noir qu’il avait abattu . Puis,

Relevant les yeux, il regarda la table où les convives

Avaient pris place, et s’impatientaient comme toujours

Dans le beau monde. Une chaise était vide : sa mère

Avait soudainement disparu. Son bras était gonflé,

De la cuisine monta alors un long cri :

« Maman, je t’ai tuée ! » et c’est en pleurs qu’il servit le repas.

18 08 2020

AK

Les poèmes (?) saugrenus de Chinou : les lièvres et le chasseur

Il ne faut pas courir deux lièvres à la fois dit le proverbe

Mais oublions cela. Courir ne sert à rien (sauf si coup de fusil)

Soyons sérieux : au Canada, certes, faire un bec à un lièvre

N’a aucun sens chez nous, si ce n’est un gros défaut des lèvres.

Alors le chasseur se réveille, arme son fusil et part chercher

Un baiser dans les bois, les prairies matutinales : embrasser

Un lièvre, qu’il a sorti du lit à la même heure que lui.

Cependant, le chasseur est connu pour être un chaud lapin,

La semaine dans son clapier, le week-end aux aguets.

L’homme est solitaire : pas de chien, pas de compagnons.

Il suit dans les buissons les sentes des animaux, repère

Les crottes du lièvre, minuscules boulettes noires

Que sème l’animal vers des toilettes arbustives, sent

L’aube tragique qu’il réserve à ce mammifère poilu

Avance dans le silence, l’arme prête à le dégommer.

Dans un sous-bois le bestiau apparaît : c’est une fée velue

L’étonnant est qu’elle parle français, estonien et grec ancien.

Le chasseur est soudain foudroyé : la beauté l’ensorcelle

Il se met à genoux devant un tel miracle, balbutie

Ô madame qu’avec vous j’aimerais tirer un coup de dais

Lorsque soudain la fée se retourne et le diable apparaît.

Toi, mon gentil chasseur, je crains qu’il ne faille, pour ta survie,

Aimer deux lièvres à la fois ! En es-tu capable ?

Le chasseur répondit : un bec chacun, ça suffira ?

Le diable se mit à rire : ce con nous prend pour des tantes canadiennes !

Pas du tout, répondit le chasseur. Je peux aussi

Vous chatouiller les oreilles, lécher vos larmes et votre accent

Et les tétons de la fée, et vous, diable célèbre de par le monde

Je puis par mon fusil vous faire goûter ma poudre d’escampette !

Le diable regarda la fée, lui murmura à l’oreille ; je te le laisse,

Un imbécile pareil qui parcourt les bois, c’est un lapin posé

Dans les alcôves de l’amour pauvre. Prends donc un oreiller

Ma jolie, tu y trouveras joie et plus d’un coup de fusil !

Ainsi s’acheva l’histoire du chasseur qui espérait courir

Deux lièvres à la fois et épousa une louve sans dents ni enfants.

18 08 2020

AK