les mardis de la poésie : Antonin Artaud (1896-1948)

(dessin illustration : Tomi Ungerer)

Ce poème est tiré du vraiment excellent site : https://poemesxx.tumblr.com/ que je vous conseille vivement d’aller visiter. Le choix des poèmes et des auteurs auteures sort du commun, bref c’est un régal à feuilleter!

photo Wikipédia ci-dessous

Description de cette image, également commentée ci-après

Antonin Artaud : Pour en finir avec le jugement de Dieu (extrait)

J’ai appris hier
(il faut croire que je retarde, ou peut-être n’est-ce qu’un faux bruit, l’un de ces sales ragots comme il s’en colporte entre évier et latrines à l’heure de la mise aux baquets des repas une fois de plus ingurgités),
j’ai appris hier
l’une des pratiques officielles les plus sensationnelles des écoles publiques américaines
et qui font sans doute que ce pays se croit à la tête du progrès.
Il paraît que parmi les examens ou épreuves que l’on fait subir à un enfant qui entre pour la première fois dans une école publique, aurait lieu l’épreuve dite de la liqueur séminale ou du sperme,
et qui consisterait à demander à cet enfant nouvel entrant un peu de son sperme afin de l’insérer dans un bocal
et de le tenir ainsi prêt à toutes les tentatives de fécondation artificielle qui pourraient ensuite avoir lieu.
Car de plus en plus les Américains trouvent qu’ils manquent de bras et d’enfants,
c’est à dire non pas d’ouvriers
mais de soldats,
et ils veulent à toute force et par tous les moyens possible faire et fabriquer des soldats
en vue de toutes les guerres planétaires qui pourraient ensuite avoir lieu,
et qui seraient destinées à démontrer par les vertus écrasantes de la force
la surexcellence des produits américains,
et des fruits de la sueur américaine sur tous les champs de l’activité et du dynamisme possible de la force.
Parce qu’il faut produire,
il faut par tous les moyens de l’activité possibles remplacer la nature partout où elle peut-être remplacée,
il faut trouver à l’inertie humaine un champ majeur,
il faut que l’ouvrier ait de quoi s’employer,
il faut que des champs d’activité nouvelle soient crées,
où ce sera le règne enfin de tous les faux produits fabriqués,
de tous les ignobles ersatz synthétiques
où la belle nature vraie n’a que faire,
et doit céder une fois pour toutes et honteusement la place à tous les triomphaux produits de remplacement
où le sperme de toutes les usines de fécondation artificielle
fera merveille
pour produire des armées et des cuirassés.
Plus de fruits, plus d’arbres, plus de légumes, plus de plantes pharmaceutiques ou non et par conséquent plus d’aliments,
mais des produits de synthèse à satiété,
dans des vapeurs,
dans des humeurs spéciales de l’atmosphère, sur des axes particuliers des atmosphères tirées de force et par synthèse aux résistances d’une nature qui de la guerre n’a jamais connu que la peur.
Et vive la guerre, n’est-ce pas ?
Car n’est-ce pas, ce faisant, la guerre que les Américains ont préparée et qu’il prépare ainsi pied à pied.
Pour défendre cet usinage insensé contre toutes les concurrences qui ne sauraient manquer de toutes parts de s’élever,
il faut des soldats, des armées, des avions, des cuirassés,
de là ce sperme
auquel il paraîtrait que les gouvernements de l’Amérique auraient eu le culot de penser.
Car nous avons plus d’un ennemi
et qui nous guette, mon fils,
nous, les capitalistes-nés,
et parmi ces ennemis
la Russie de Staline
qui ne manque pas non plus de bras armés.
Tout cela est très bien,
mais je ne savais pas les Américains un peuple si guerrier.
Pour se battre il faut recevoir des coups
et j’ai vu peut-être beaucoup d’Américains à la guerre
mais ils avaient toujours devant eux d’incommensurables armées de tanks, d’avions, de cuirassés
qui leur servaient de boucliers.
J’ai vu beaucoup se battre des machines mais je n’ai vu qu’à l’infini
derrière
les hommes qui les conduisaient.
En face du peuple qui fait manger à ses chevaux, à ses bœufs et à ses ânes les dernières tonnes de morphine vraie qui peuvent lui rester pour la remplacer par des ersatz de fumée,
j’aime mieux le peuple qui mange à même la terre le délire d’où il est né,
je parle des Tarahumaras
mangeant le Peyotl à même le sol
pendant qu’il naît,
et qui tue le soleil pour installer le royaume de la nuit noire,
et qui crève la croix afin que les espaces de l’espace ne puissent plus jamais se rencontrer ni se croiser.

C’est ainsi que vous allez entendre la danse du
TUTUGURI

[…]

(1947)

Bonus : Voir la fiche Wikipedia pour tout connaître de l’histoire de ce texte incroyable, dont la version audio a été censurée à la radio… Mais pas sur les internets modernes :

 

Jacques Vaché (1895-1919), un dada sur un Breton André

 

Jacques Vaché : lettre à André Breton

Cher ami,

J’espère, dans un passage prochain — (vers le 15 ou 20) à Paris, vous y voir — J’ai écrit dans ce sens au peuple polonais. Au cas où la poste fallacieuse voudrait perdre une lettre — voudrez-vous me répondre si Paris vous contiendra un peu vers ce moment là ?

Il fait bien brûlant, bien poussiéreux, et suant — mais que voulez-vous, ce doit être exprès — Les files des grands camions automobiles secouent la sécheresse et saupoudrent d’acide le soleil. Comme c’est drôle ! — Apollinaire — tant pis ! — des magazines glacés de girls blondes et les naseaux rasés du cheval-détective sont bien beaux. « The girl I love is on a magazine cover. » Tant pis ! tans pis ! — Et puis qu’est-ce que cela fait, puisque c’est comme ça. Tout de même du culot d’obus les lilas blancs qui suent et s’affalent de vieilles voluptés solitaires m’ennuient beaucoup — des fleuristes estivales d’asphalte où des tuyaux d’arro­sage pulvérisent les endimanchements — II fait très tiède et des personnes avec des lorgnons discutent de bourse je crois, avec des airs de ménagère. Tout de même encore ces odeurs de vieux melons raclés et d’égout m’illu­sionnent bien peu !… Et puis cette jeune putain avec son linge qui pend et son odeur mouillée ! Une mouche ronde et verte nage dans le thé, les ailes à plat — Eh bien tant pis — voilà tout — Well.

Well — J’attends de vous une lettre, si vous voulez bien, cependant que le vrombissement banal des avions se gloire de touffes blanches de poudre, et que cet horrible oiseau file tout droit dans l’éblouissant, en pissant un filet de vinaigre.

Votre ami,

Jacques Tristan Hylar

(lettre signée du 4 juin 1917. Dans Lettres de guerre)

tiré du site : 100 poèmes du XX

Pour en savoir plus : https://www.lemonde.fr/archives/article/1986/09/12/poesie-jacques-vache-entre-le-zist-et-le-zest_3116908_1819218.html

Vacances dans le sud: attention, boissons traîtres!

Une enquête est en cours pour retrouver l’auteur de ce billet. Nous n’avons sous la main que trois photos (des selfies?). Aidez-nous à retrouver ce monstre qui s’est enfui dans les vignes du seigneur avec ses potes (Blondin, Socrate, Bukowski et plein d’autres, notamment des femmes tout à fait respectables).

Plus triste mais magistral :

 

https://www.ina.fr/video/CAF89038978

 

un métier d’avenir (au déjà long passé) : pétomane.

Dans mon petit pays qui est parfois étroit vivait un homme d’une cinquantaine d’années. Il s’appelait Jean Victor Lebroutch, mais tout le monde le surnommait Ventilator. Pourquoi un tel sobriquet, me direz-vous. En voici, résumé de mémoire, la ou plutôt les raisons.

A l’adolescence, l ‘arrière grand-père de Jean Victor quitta sa famille pour se rendre à Paris. Une vie misérable mais enjouée. Fréquentant les bistrots et les lieux de la vie nocturne, entre Pigalle et les Abbesses, il avait un soir rencontré un homme qui remplissait de ses prouesses les cabarets. Cet homme se nommait Joseph Pujol, natif de Marseille, qui avait un succès fou au Moulin Rouge, avec ses interprétations hilarantes de « le pet de la jeune fille », « le pet de la belle-mère », « le pet de la couturière déchirant son calicot » et autres . L’arrière petit fils , notre Jean Victor, voulut ardemment rejoindre le prestige de l’artiste international qui mourut à Toulon en 1945. L’enfant s’était trouvé un métier et le clairon de son arrière train sonnait l’assaut vers la gloire.

Cependant, bien qu’encore pubère il sonna du clairon sans instrument lors de cérémonies religieuses ou de commémorations guerrières, rien ne programmait son avenir, car dans ce petit pays, pour faire fuir un hérisson, la musique ne suffit pas : il faut lui tendre une brosse à cheveux. Une voix lointaine issue d’un autre siècle susurrait à ses oreilles : pense à Joseph, pense à ton aïeul, pense à l’avenir que t’offrent tes fesses, à cet anus musical aussi harmonieux que la musique de JS Bach ; mais surtout, laisse venir, laisse venir l’avenir…

Les années passèrent comme les gaz échappés d’un bus renversé d’où sortent indemnes quelque passagers embrumés. Comme la pluie noire sur Hiroshima, il y a 75 ans. L’enfant grandit et oublia. Devenu adulte, quelques femmes du canton couchèrent dans son lit. Il acquit ainsi une réputation qui n’avait alors aucun rapport avec son don. Il fallut attendre qu’il devînt veuf pour la troisième fois, celle qui à se yeux était de trop. Perdre trois épouses en vingt cinq ans lui fermait toutes les portes du Paradis. C’est alors qu’il alla vivre, seul, dans les bois.

Les gens du village le croisaient au printemps, une canne à pêche ou un fusil en main, l’automne gibecière remplie de châtaignes et de cèpes, un lapin dans le fond, un perdreau, il passait et saluait ceux qu’il croisait. La routine dans ce petit pays où tout le monde se connaît, ou presque. Jusqu’à ce jour du mois d’août où se déclencha un feu de broussailles à proximité du bois communal. Les pompiers soignaient des accidentés de la route (un bus renversé) et personne n’était présent sur les lieux, sauf notre héros qui sortait d’une partie de jambes en l’air avec Mounick, la fille du boulanger. C’est alors que se révéla son pouvoir ancestral :

Vous n’allez pas le croire

Mais c’est pure vérité !

Jean Victor s’élança jusqu’au proche ruisseau qui bordait sa cabane, contracta ses abdominaux, positionna son intestin en tuyau d’arrosage, connecta son rectum, et lâcha un pet inouï qui stupéfia les flammes, les femmes et les enfants d’abord, puis les pompiers qui venaient d’arriver. Les témoins hurlèrent : « vive Extinctor ! », mais d’un geste d’apaisement il fît taire tout le monde : « je n’éteins pas les flammes, je souffle d’un pet sûr, je suis sur le feu le serpent d’eau et le fluide glacial des braises. C’est le pet qui me porte, le pet de ma surveillance, le doux refrain de mon enfance » .

Cet exploit fut relaté de bouche à oreille et tout le canton en fut instruit. Peu à peu, quand l’été brûlait les pins ou dévorait les broussailles sèches, on s’en allait quérir le pompier proctologue. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Un épisode de canicule terrible sévit et la population du petit pays suait abondamment et respirait très mal. Les climatiseurs avaient beau fonctionner à plein régime, les volets avaient beau être tirés, la chaleur régnait en maîtresse absolue. L’air ne véhiculait aucune brise, les arbres avaient figé leurs feuilles dans le marbre d’une statue pudique. Mounick, la fille du boulanger, regardait son père suer au dessus du pétrin, le fournil affichait quarante degrés et le pauvre homme était au bord de l’épuisement. Elle eut alors l’idée de faire appel à Jean Victor. Celui-ci vînt à la hâte. Une petite gâterie lui fut offerte par Mounick avant qu’il ne se lançât dans ce qui ferait de lui « Ventilator ». Cinq ans après avoir éteint l’incendie de forêt, il envoya un vent d’une extrême fraîcheur, qui se répandit dans toute la contrée et dont le parfum suave enveloppa les pores de chaque personne dénudée par la canicule et l’excès de paresse.

Au printemps et en automne l’homme vivait dans sa cabane, près de la rivière. Il n’avait aucune raison d’intervenir et la population se contentait de le saluer quand elle le croisait sur les chemins, canne à pêche ou fusil en main. Il était, pensait-il, bien plus heureux que son arrière grand père, et que Joseph Pujol, qui prit sa retraite et s’occupa jusqu’à sa mort, en 1945 à Toulon, d’une affaire de biscuiterie. Cependant, le génie n’attend pas. La société évolue plus rapidement parfois que les hommes eux-mêmes. Ainsi, réveillé un matin de bonne heure, il regarda le ciel. Le temps était mitigé. Le temps est mitigé, se dit-il. Comme le sont ou le seraient mes prouesses rectales. Pourquoi ne pas utiliser mon talent à la création d’un produit qui m’apporterait la même gloire que le Pétomane du Moulin-Rouge. Jean Victor ce matin-là laissa trotter dans sa tête des idées qu’il n’avait jamais eues. Quand le coucou suisse sortit de sa boîte à dix heures, (il y a toujours un coucou suisse dans les cabanes en bois), son destin se présenta, clair, simple, évolutif dans une société en pleine révolution :

Jean Victor Lebroutch ce jour-là inventa cet objet discret mais indispensable : le brumisateur.

14 08 2020

AK

(concernant Joseph Pujol, ma source se trouve dans « le livre des bizarres » de Guy Betchel et Jean-Claude Carrière, Robert Laffont 1981)

Sinon :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_P%C3%A9tomane

Sur Evgueni Solokov (Gainsbourg) :

https://www.ina.fr/video/CPB8005161103/index-video.html

une histoire olympique : Abébé Bikila, marathonien (1932-1973)

A écouter, voir et lire sur France Inter : https://www.franceinter.fr/emissions/en-attendant-que-le-match-reprenne/en-attendant-que-le-match-reprenne-08-aout-2020

(durée de l’émission : 12 minutes)

extrait:

Bikila est né le 7 août 1932. Le jour où fut couru le marathon des Jeux olympiques de Los Angeles, il mesure 1 mètre 75 et ne pèse que 55 kilos. Une silhouette longiligne de 28 ans. 

10 septembre 1960 à 17h30. La nuit approche et un jeune athlète éthiopien patiente sur la ligne de départ du marathon olympique. 

A la surprise générale, contre tous les favoris sortant de la nuit, Abebe Bikila, pieds nus remporte le marathon romain. Il a déclenché son attaque à deux kilomètres de l’arrivée, au niveau de l’obélisque d’Axoum, volé à l’Ethiopie par Mussolini en 1937. Le symbole est fort, évidemment, mais moins encore que celui de la ligne d’arrivée. Ce fut sous l’Arc de triomphe de Constantin. Là où, précisément, les troupes fascistes mussoliniennes avaient pris le départ pour envahir l’Ethiopie.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Abebe_Bikila

Photo Wikipédia :

Image illustrative de l’article Abebe Bikila

les mardis de la poésie : Mohammed Khaïr-Eddine (1941-1995)

MÉMORIAL

Mohammed Khaïr-Eddine

Une clepsydre à la hotte des océans
bardée de silences ambiants arrime
un infini souverain au renouveau puissant…

Bleui ainsi que ton cœur éclaté en étoiles
filantes, il va, il se souvient
de tous les bataclans,
de navires en perdition
et des cieux souterrains,
de tes multiples faces –
royal et pur puisant la force
dans les ors incompris des hiéroglyphes et
dans
l’éclat précaire du Soleil.

Mohammed Khair-Eddine
1941-1995
Mémorial , le cherche midi éditeur, 1991

Biographie : cliquer sur le lien : https://www.printempsdespoetes.com/Mohammed-Khair-Eddine

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poèmes tirés du site : https://www.poemes.co/mohammed-khair-eddine.html

Temps mêlés

oubli et roses entonnent le chant des temps mêlés

violet

je bois encore à la santé de la mort

un vin glacé

et serre ma gorge avec une gerbe de douleur et de joie

criant coupable et traînant

comme nul cheval ne peut le faire

ton sourire calme entre les arbres

ainsi finit tout amour et craque tout ciel énorme ainsi m’en vais-je par le poème démâté vers un atoll d’amertume couleur de tes pupilles et de marbre

faites évacuer mon cœur

terre cancéreuse

visez mon front entre les rides

et regardez sous les ourlets

un autre déchiqueté qui ne parle plus.

 

Marées noires (pas très marrantes)

Maurice Morris, Milton a peint tes pieds

De noir bien épais, bien gras et sans souliers

Comme l’ombre d’un chat noir traverse l’obscurité

Ta peine me fait chagrin, refrain misère

La mer me fait chat et grain de colère

L’affaire est simple : seul créole est l’espoir

Alors bats toi, Maurice, car la nuit sera longue !

Le Wakashio, appartenant à une entreprise japonaise mais battant pavillon panaméen, transportait 3.800 tonnes d’huile lourde et 200 tonnes de diesel lorsqu’il a heurté le 25 juillet un récif à Pointe d’Esny.

La coque menace de se briser, le coiffeur te fera une raie au milieu

Fais attention, grand frère, ils ont prévenu :

Mais le risque que le vraquier se brise tout simplement en deux était grandissant. « Les fissures se sont creusées. La situation est encore pire », a déclaré à la presse le Premier ministre mauricien Pravind Jugnauth.

Cicatrices jamais refermées attendent dans la sale peinture pétrole.

Milton ou qui sait, quatre Milton. Le Panama n’a pas que son chapeau

Mais bien des magiciens nourrissent les cargos de leurs trafics ignobles

Jeudi, les autorités mauriciennes ont annoncé que des hydrocarbures s’écoulaient de la coque fissurée du vraquier. Plus de 1.000 des 4.000 tonnes de carburant transportées par le Wakashio se sont déjà déversées en mer, a indiqué Akihiko Ono, le vice-président de la Mitsui OSK Lines, la société qui exploitait le navire.

– « Trop tard » –

Dimanche, des milliers de personnes ont afflué sur les rives pour tenter de limiter tant bien que mal la marée noire qui menace l’île.

Comme l’ombre d’un chat noir traverse l’obscurité

« Les gens ont compris qu’il fallait qu’ils prennent les choses en main pour protéger la faune et la flore », a déclaré à l’AFP Ashok Subron, un militant écologiste arrivé de la cité voisine de Mahébourg.

Les volontaires se sont efforcés de tresser des barrages flottants en chanvre et en tissu afin de circonscrire la nappe de carburant. D’autres, munis de masques et gants en caoutchouc, tentaient de ramasser dans des seaux les produits échappés du navire.

L’île Maurice possède les plus beaux récifs coralliens du monde et constitue un sanctuaire pour une faune rare et endémique. Ses 1,3 million d’habitants dépendent de ses eaux pour la nourriture et l’économie.

« La pêche est notre seule activité. Nous ne savons pas comment nous pourrons nourrir nos familles », a confié un pêcheur interrogé par l’AFP.

Autres marées moires récentes :

https://www.lorientlejour.com/article/1159642/debut-de-maree-noire-aux-salomon-la-nouvelle-zelande-envoie-des-experts.html

https://www.europe1.fr/societe/naufrage-du-grande-america-course-contre-la-montre-pour-eviter-une-maree-noire-au-large-de-la-rochelle-3873506

https://www.lunion.fr/id176374/article/2020-07-15/maree-noire-un-petrolier-en-train-de-tomber-en-morceau-menace-la-mer-rouge

celui-ci, fort peu médiatisé :

https://www.novethic.fr/actualite/environnement/pollution/isr-rse/maree-noire-dans-l-arctique-russe-une-catastrophe-ecologique-sans-precedent-toujours-en-cours-148662.html

Maintenant, c’est à chacun de vérifier l’intérêt et surtout la véracité de ces liens

Extraits de l’article parus ici : https://www.geo.fr/environnement/maree-noire-le-bateau-echoue-a-lile-maurice-menace-de-se-briser-201597

Mais il existe d’autres marées noires, telle celle de ce reportage sur Arte :(23 minutes pour les déficients oculaires)

https://www.youtube.com/watch?v=NQDZh5KZd-U

09 08 2020

Dans l’œil bleu du sarde

Dans l’œil bleu du sarde j’ai lu le montant

De la rançon qu’il me demanderait, bel amant,

Si je ne l’aidais pas à écrire son poème,

A trouver des pieds et des rimes en aime

Je le regardais, penché sur le bureau en chêne

Dérobé d’un navire enferré dans ses chaînes

La plume était joyeuse, son crâne dégarni,

Il écrivait sa vie usée dans de nombreux garnis

Sans proches ni amis il m’avait trouvée là

Dans cet immeuble sale où la vie en à-plats

Peint les murs de misère et les enfants de rires

Comme j’étais des leurs, que je savais écrire,

Il a pris mon oreille et s’est mis à pleurer.

Écoute-moi petite, toi qui ne sais où demeurer

Je t’offre mon palais de vieilles pierres rugueuses

A une condition : que mon poème te rende heureuse.

29 07 2020