Jour de pluie, secouons -nous Chinou, ça nous séchera!
The Temptations est un groupe américain de soul et rhythm and blues fondé en 1961 à Détroit dans le Michigan.
Le style des Temptations est également caractérisé par leurs tenues de scène et leurs chorégraphies. Ils se distinguent des autres groupes par leur élégance
Prière aux vivants pour leur pardonner d’être vivants
Vous qui passez
bien habillés de tous vos muscles
un vêtement qui vous va bien
qui vous va mal
qui vous va à peu près
vous qui passez
animés d’une vie tumultueuse aux artères
et bien collée au squelette
d’un pas alerte sportif lourdaud
rieurs renfrognés, vous êtes beaux
si quelconques
si quelconquement tout le monde
tellement beaux d’être quelconques
diversement
avec cette vie qui vous empêche
de sentir votre buste qui suit la jambe
votre main au chapeau
votre main sur le coeur…
la rotule qui roule doucement au genou
comment vous pardonner d’être vivants…
Vous qui passez
bien habillés de tous vos muscles
comment vous pardonner
ils sont morts tous
Vous passez et vous buvez aux terrasses
vous êtes heureux elle vous aime
mauvaise humeur souci d’argent
comment comment
vous pardonner d’être vivants
comment comment
vous ferez-vous pardonner
par ceux-là qui sont morts
pour que vous passiez
bien habillés de tous vos muscles…
que vous buviez aux terrasses
que vous soyez plus jeunes chaque printemps
je vous en supplie
faites quelque chose
apprenez un pas
une danse
quelque chose qui vous justifie
qui vous donne le droit
d’être habillé de votre peau de votre poil
apprenez à marcher et à rire ,
parce que ce serait trop bête
à la fin
que tant soient morts
et que vous viviez
sans rien faire de votre vie.
Je reviens…
d’au-delà de la connaissance
il faut maintenant désapprendre
je vois bien qu’autrement
je ne pourrais plus vivre.
Et puis
mieux vaut ne pas y croire
à ces histoires
de revenants
plus jamais vous ne dormirez
si jamais vous les croyez
ces spectres revenants
ces revenants
qui reviennent
sans pouvoir même
expliquer comment.
1961, Les Belles Lettres, (Les Éditions de Minuit)
(tiré du site https://www.poemes.co/priere-aux-vivants-pour-leur-pardonner-d-etre-vivants.html)
Poèmes lus (France Culture): https://www.franceculture.fr/emissions/poeme-du-jour-avec-la-comedie-francaise/trois-poemes-extraits-de-aucun-de-nous-ne

pourquoi pas un peu de musique!
dernières notes, dernières images…
Un film magnifique avec des acteurs hors pair , et le mythique « Marge, Marge » … de René Clément 1960):
et les chansons de la fille aux yeux verts
http://www.fans-de-marie-laforet.com/
Rhâââ!
Nous vivons dans un monde idéal et absurde. La tempête Amélie (pas celle de la Sécu) a sévi ce matin avant l’aube dans la région. Du coup, plus d’électricité. Dans la maisonnette que nous louons, plus rien. Tout est courant électrique. Hier soir, plus d’internet, pas de connexion , là, ça passe, on peut regarder des vidéos, ouvrir les emballages de films achetés mais oubliés dans les placards…
Ici le courant est revenu vers onze heures : grasse matinée et petit déjeuner tardif. Pas plus mal, vu qu’il pleut et que la meilleure des choses à faire un dimanche par ce temps, c’est de rester au chaud dans son lit avec sa petite amie (ou son chat, ou son amant, mais pas avec sa mère, qui laisse les miettes de ses biscuits belges traîner, ce qui irrite les fesses des enfants -nous n’avons qu’un lit à la maison-).
Donc, j’ai le blues d’Amélie (c’est un très joli prénom). Alors je me suis amusé à écrire quelques bêtises, quelques jours avant qu’elle n’arrive!
En vingt secondes le fil étendoir de mon discours a disparu. Derrière le drap que le vent discret celui qui cache au soleil mes indiscrétions nocturnes, je passe ma main et sur le jupon friable comme un souvenir une claque fait sauter mon dentier. A quatre pattes je le recherche dans l’herbe tendre et Martha, qui refuse mes baisers depuis que je suis veuf, le trouve en premier, l’offre à ma vue. C’est une pièce unique, celle du baiser de Tosca : Fuera Scarpia ! Rome ne tremble pas, juste vingt secondes sous le fil étendoir, les draps pendus comme un vent tendre secoue les pendus, là, sur la terrasse de cet immeuble en haut duquel on voit la ville,celle qui ne se vérifie pas d’en-bas, la ville et ses étendues qui rassemblent tant de misères et Martha, dans mes bras.
25 10 2019
Finalement je suis un mauvais perdu
Ma plume s’est émancipée dans le cul d’un gagnant
Mais je m’en fous ma liberté n’a pas besoin de ton chéquier
Hier et demain sont mes seuls chevalets
Je vis je meurs mais jamais ne disparais
Ici nulle part et n’importe où tes yeux suivent mes routes
Pas besoin de ton chéquier juste une main sur le chemin
Un carrefour sur nos pensées, finalement
Jamais perdus, juste éperdus.
25 10 2019
AK
La vie c’est de la pluie qui grise les parapluies.
Des escaliers elle a gravi les marches
Qui la menaient au Paradis, elle riait
Comme les plumes aident l’amour
A s’affranchir des mains courantes
Des sacs à dos et du poids des ans
Elle avait une dernière fois regardé
Sa vie : des autos grises, des routes grises
Des nuages gris et des chats dans la nuit
Coursant des souris grises et l’horizon
De ces nuits si proximes que les marches
Pour elle semaient l’ultime stratégie
Le blanc immaculé d’un linceul encore vierge
La lueur éternelle d’un cierge coruscant
Dont un amant fiévreux entretiendrait le feu
Là-haut, au septième palier, dans la chambre
De bonne, résolue à aimer son prochain
Fleur ingénue elle a gravi les marches
Où seul Dieu l’attendait ; elle n’avait pourtant
Que la beauté du Diable, et Dieu s’en satisfît
Qui lui fît un enfant en trompant son ennui.
02 11 2019
Ce que je comprends du monde qui m’entoure
Ce sont ces bâtons de dynamite dont on orne les ceintures
De chaque individu qui descend l’escalier social
Marche après marche, loi après loi, urne avant bière.
Mourir n’est plus un jeu d’enfants, c’est la jeunesse du chômage
Je ne comprends plus que la vie que j’ai vécue mes enfants
En oublieront l’existence, ils me prendront pour un fantôme
Un locataire infesté de terremoti sociaux, un idiot
Qui a construit la vie en l’encerclant de chaînes et d’abrutis
Ce que je comprends du monde qui m’entoure
Ce sont ces cordes qui ne nous relient plus mais nous attachent
Des bâtons de dynamite autour du cou et de nos tailles
Comme des mannequins anorexiques les promesses d’un repas
Partagé par tous et partout étendus, loi après loi,
L’espoir de gosses qui dans leurs jeux d’enfants criaient pan, t’es mort !
Et nous voici nous tous qui sur le plancher des vaches
Subissons les garnisons de tueurs richissimes, bêtes de sommes
Récoltées sur la misère qui nourrissent un si petit nombre d’élus
Tristes mendiants voici ce que nous sommes devenus, êtres pendus
Au fil qui sépare la carotte du bâton, animaux serviles abattus
Dans le sang transparent de la misère, flaque invisible qui se répand
Le long des rues des campagnes dans le cri des corbeaux des hommes
Qui oublient qu’un autre monde existe mais il faut le bâtir
Alors pour le construire on vend des armes aux dictateurs
Et l’on donne des pioches et des pelles aux esclaves, un peu de pain
De l’eau et des coups de gourdin. Use ta vie à n’en jamais profiter
Mange la pitance que l’on ne te permet pas de produire, la chèvre
Et le bétail qui étaient ton art de vivre, tire un trait sur cela, œuvre
Pour le devenir de l’inhumanité, et tais-toi, la Terre a besoin de souffrance
Pour que ceux du dessus dansent et respirent loin des poubelles
L’espoir de gosses qui dans leurs jeux d’enfants criaient pan, t’es mort !
Ce que je comprends du monde qui m’entoure
C’est ce regard des espérances, le deuil de nous-mêmes
Qui n’osons rien par peur de tout retrouver un peu plus tard
Réduit en cendres par de nouveaux conflits. Ne rien faire,
Juste fleurir les tombes à la Toussaint dans les cimetières,
Avec nos chrysanthèmes et nos ceintures de dynamite.
AK
01 11 2019
PS : je suis parti pour écrire (spontanément) ce texte de ma colère quant à la réforme du chômage, dont il s’avère que ce sont majoritairement les plus « précaires » qui vont en subir les effets, et dans une très moindre mesure, les cadres (plus d’offres d’emplois sur le marché). Tant les jeunes diplômés ou pas, les intérimaires etc, qui ont du mal à survivre (surtout si la famille ne peut les aider). Quant aux démissionnaires censés créer leur propre entreprise pour être indemnisés, vu le parcours du combattant qui leur est proposé (commission pour valider leur projet etc). Le seul but, à mon humble avis, est de faire apparaître dans les colonnes des journaux une baisse substantielle du chômage ; travailler c’est bien, mais trouver du travail pérenne (au-delà de six mois) est une autre histoire. Je suis moi-même sorti du monde du travail depuis quelques petites années, et ce texte ne constitue qu’un aspect de mon pessimisme joyeux, car :
Ce que je comprends du monde qui m’entoure
Ce sont ces bâtons de dynamite dont on orne les ceintures
De chaque individu qui descend l’escalier social
Marche après marche, loi après loi, urne avant bière.
J’ai bien connu une femme qui avait un chien à deux têtes. Ce qui était amusant, c’est que la physionomie assez étrange de l’animal donnait l’impression, en le voyant passer dans la rue, qu’il faisait du tandem avec un congénère, tant les gueules étaient distantes. J’ai toujours aimé rouler en tandem, surtout quand ma femme tient le guidon de devant. Sans doute est-ce pour cela que nous avons eu des jumeaux et, par là même, acheté une poussette avec deux sièges en enfilade. Ainsi, les gens s’étonnent souvent, quand nous nous promenons, de voir un enfant à deux têtes dans un landau, avant de se rendre compte que, comme les gosses braillent sur des octaves différents, ils sont bien deux. L’illusion serait parfaite en Mongolie, où l’art du chant diatonique ne permet pas de distinguer combien une seule bonne bouille rougie par le froid peut contenir de marmaille encapuchonnée et hurlant de faim dans les vastes plaines de Mennengiyn ou dans les sous-sols parcourus par les tuyauteries de chauffage d’Oulan Bator, en hiver.
Ici, les sous-sols s’appellent des caves. Avec la crise du logement, cet endroit s’avère plus rentable que son usage usuel. Désormais, on remonte les vélos sur le balcon de l’appart, on vide les bonnes bouteilles de Bordeaux avant qu’elles ne vieillissent et que le vieux qu’on y loge depuis la Crise ne devienne alcoolique. Cependant, les vieux cartons remplis de dessins de jeunesse, de vêtements de fêtes, d’aubes de premier communiant et autres albums de timbres tous oblitérés ou aux dentelures incomplètes restent à la cave, à côté du broc et de la bassine en zinc, du poste radio à électrodes qui répète quand on le tapote gentiment ici Londres les français parlent aux français qui ne se parlent plus, puis crachote, laisse filer quelques notes de jazz nègre et s’éteint, car au-dessus on paie le loyer et il ne faudrait pas que papi nous ruine avec la facture d’électricité qui augmente dès qu’on descend les escaliers pour lui apporter son steak haché – purée. Il faut dire que les maisons de retraite sont réservées aux rupins, pour peu qu’on veuille un minimum de confort pour l’ancêtre.
Quand l’aîné de la famille, qui a quinze ans maintenant, lui descend son repas, il frappe deux fois avant d’entrer. C’est un code. Ensuite, une fois le plateau déposé sur la table vermoulue, il dit prends ton temps papi, je vais faire un tour. Il sort alors et se précipite au fond du couloir, où la bande d’aînés et de puînés de l’immeuble se réunit tous les soirs pour faire du tintamarre et tirer sur des shiloms l’herbe tendre des prés colombiens. Quand on n’a pas d’ancêtre dans la famille, on loue la cave à des gens de peu, voire de très peu. Mais dans ce cas, on la loue en trois huit. Car avec beaucoup de peu on finit toujours par faire un peu de beurre. Surtout quand ça dégringole ou gèle dehors. Et puis les caves et autres sous-sols sont plus près de l’enfer que le dernier étage avec vue sur l’immensité du ciel paradisiaque. Donc, les locataires de ces lieux se sentent plus à l’aise, plus proches d’une religion monothéiste dont ils gobent le discours qui fait mouche, celui qui leur promet la même chose qu’à ceux vivant au zénith, mais avec le confort d’en bas, le nadir, car les restrictions, depuis la Crise, obligent le Créateur de richesses morales et d’espoirs scripturaux à réviser ses comptes et dénombrer ses élus. Un peu comme chez les fonctionnaires. Moins il y en a, plus le Paradis se défiscalise.
Mais je m’égare, et le chien à deux têtes de cette femme au demeurant charmante (mais ne nous égarons pas de nouveau) vient en contrepoint de l’âne de Buridan, âne qui mourut de faim car il se sut choisir entre deux sacs remplis de céréales dont il adorait également l’une comme l’autre. Cet âne n’était certainement pas japonais, car l’âne japonais est comme tout nippon : il fait son choix, dévore le meilleur, ou ce qu’il pense l’être, car, se dit-il, si jamais une bombe atomique ou un tsunami fukushimiesque venait à se dérouler entre ces deux plats, au moins mourrais-je avec le sentiment d’avoir saisi une dernière fois le bonheur, gustatif ici. Alors que le papi, dans son réduit, commence à goûter avec précaution la purée avant le steak. Alors que deux garnements engloutissent le steak recta et se disputent ensuite en s’envoyant des cuillerées de purée dans la tronche en riant. Raison pour laquelle nous avons adopté la stratégie du tandem. Les enfants mangent en se mettant à la queue leu leu. Comme devant les boulangeries quand sonne midi et que le tas de casse-croûtes diminue à vue d’œil et que quinze personnes vous précèdent, que, manque de chance, elles choisissent toutes le même sandwich, celui pour lequel vos babines frémissent. Jusqu’au fatidique désolé, monsieur, le poulet kebab est en rupture, mais nous avons un steak haché purée en promo.
Alors là, vous vous sentez vieux. Et pendant que les cadres de votre boîte mangent au resto, vous vous dites : il est temps que j’achète une cave, car pour les maisons de retraite, c’est râpé. Heureusement, une once de bonheur vient vous cueillir chaque soir, au sortir de l’usine : votre femme, fermement accrochée au guidon du tandem. Vous lui pincez les fesses. Et le temps d’aimer continue de rouler.
26 09 2011
Si vous passez dans les Pyrénées, méfiez-vous des autochtones qui ont une furieuse manie de se gratter le dos sur le tronc des arbres en grognant de plaisir. Surtout ne leur serrez pas la main, préférez la leur passer au niveau des omoplates et le long de la colonne vertébrale. Pour vous remercier ils vous offriront un pot de miel des montagnes et quelques baies sauvages…
https://www.sudouest.fr/2019/10/29/video-inedite-des-ours-bruns-dans-les-pyrenees-6760521-4344.php
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