Haï-Kaï trouvés dans les poches en papier d’un ancien d’Indochine

En vidant des poches pleines de bouquins sans valeur, je suis tombé sur ce petit opuscule imprimé en 1952 chez Peyronnet et Cie, 8 rue de Furstenberg, Paris 6ème. J’adore la place du même nom, toute petite, qui appartient à un Paris que j’aime, celui des balades avec un appareil photo en main.

(pas trouvé photo de la place Furstenberg dans mon bazar!)

Si ce livret de Félix Ricquebourg ne présente pas un grand intérêt, s’y trouvent quelques pépites de l’art asiatique du Haïku. A noter la référence sur les emprunts à la littérature japonaise :

(premières pages) : HAÏ-KAÏ et TANKA

Haï-Kaï : tercet composé de deux pentasyllabes et d’un heptasyllabe suivant le schéma 5.7.5

Tanka : petit poème composé de deux pentasyllabes et de trois heptasyllabes suivant le schéma 5.7.5.7.7

Au XVII éme siècle vivait au Japon le prêtre bouddhique Bashô qui excellait dans l’art de composer des haï-kaï. C’est incontestablement l’un des maîtres du genre.

Un jour, l’un de ses élèves, Kakiku, lui présenta un tercet ainsi conçu :

« La libellule rouge,

Otez lui les ailes,

C’est un grain de piment. »

Haï-kaï cruel que le Bonze Bashô ne pouvait accepter, lui dont la religion, toute de bonté, étendait sa mansuétude aux animaux même.

Il le transforma comme suit :

« Un grain de piment rouge,

Mettez-lui des ailes,

C’est la libellule. »

Ces deux belles images me suggérèrent spontanément des rimes. J’écrivis :

1: Rouge demoiselle

A qui l’on ôte les ailes,

Piment se révèle.

2: Un piment

rouge ardent

Mets-lui des ailes de tulle:

C’est la libellule.

Ce fut pour moi une révélation. Je compris quelle possibilité offrait le haï kaï. Point de long poème pour mettre en relief une idée poétique ! Une notation brève pour la saisir toute vive, tandis que rimes ou assonnances (sic) viennent chanter leur musique à l’oreille et prêtent à d’heureux effets.

Souvent la contemplation prolongée d’un spectacle provoque chez le poète une émotion soutenue. Elle suscite en lui une série de haï-kaï, née d’impressions fugitives. Qu’il soit alors permis à l’auteur de les présenter en une suite continue comparable aux maillons d’une chaîne dont l’ensemble forme un tout.

OMBRE DES MORTS :

Heurtant ma fenêtre

Qui s’obstine à méconnaître

Mon jaloux bien-être?

Vent qui te lamentes (sic)

N’es-tu la plainte vibrante

De quelque âme errante ?

………………………..

EFFETS DE LUNE

Ce matin, au réveil,

Il fait si froid ! que la lune au ciel,

N’a pas fondu au soleil.

……………………………….

LE FLAMANT

Est-ce oiseau qui rame

L’air, ou démoniaque flamme

Pourchassant une âme ?

Bon, il faut (hélas ?) reconnaître que les Haï-Kaï de Félix Ricquebourg ne sont pas terribles ! Mais bon, aujourd’hui j’ai fait avec !

Les mardis de la poésie : Jean-Pierre Claris de Florian (1755-1794)

Poème tiré du site : https://www.poeticous.com/jean-pierre-claris-de-florian/

Jean-Pierre Claris de Florian, né à Sauve le 6 mars 1755 et mort à Sceaux le 13 septembre 1794, est un auteur dramatique, romancier, poète et fabuliste français.

Les serins et le chardonneret

Un amateur d’oiseaux avait, en grand secret,

Parmi les œufs d’une serine

Glissé l’œuf d’un chardonneret.

La mère des serins, bien plus tendre que fine,

Ne s’en aperçut point, et couva comme sien

Cet œuf qui dans peu vint à bien.

Le petit étranger, sorti de sa coquille,

Des deux époux trompés reçoit les tendres soins,

Par eux traité ni plus ni moins

Que s’il était de la famille.

Couché dans le duvet, il dort le long du jour

A côté des serins dont il se croit le frère,

Reçoit la becquée à son tour,

Et repose la nuit sous l’aile de la mère.

Chaque oisillon grandit, et, devenant oiseau,

D’un brillant plumage s’habille ;

Le chardonneret seul ne devient point jonquille,

Et ne s’en croit pas moins des serins le plus beau.

Ses frères pensent tout de même :

Douce erreur qui toujours fait voir l’objet qu’on aime

Ressemblant à nous trait pour trait !

Jaloux de son bonheur, un vieux chardonneret

Vient lui dire : Il est temps enfin de vous connaître ;

Ceux pour qui vous avez de si doux sentiments

Ne sont point du tout vos parents.

C’est d’un chardonneret que le sort vous fit naître.

Vous ne fûtes jamais serin : regardez-vous,

Vous avez le corps fauve et la tête écarlate,

Le bec… Oui, dit l’oiseau, j’ai ce qu’il vous plaira ;

Mais je n’ai point une âme ingrate,

Et mon cœur toujours chérira

Ceux qui soignèrent mon enfance.

Si mon plumage au leur ne ressemble pas bien,

J’en suis fâché ; mais leur cœur et le mien

Ont une grande ressemblance.

Vous prétendez prouver que je ne leur suis rien,

Leurs soins me prouvent le contraire :

Rien n’est vrai comme ce qu’on sent.

Pour un oiseau reconnaissant

Un bienfaiteur est plus qu’un père.

Le crocodile et l’esturgeon

Sur la rive du Nil un jour deux beaux enfants

S’amusaient à faire sur l’onde,

Avec des cailloux plats, ronds, légers et tranchants,

Les plus beaux ricochets du monde.

Un crocodile affreux arrive entre deux eaux,

S’élance tout-à-coup, happe l’un des marmots,

Qui crie et disparaît dans sa gueule profonde,

L’autre fuit, en pleurant son pauvre compagnon.

Un honnête et digne esturgeon,

Témoin de cette tragédie,

S’éloigne avec horreur, se cache au fond des flots ;

Mais bientôt il entend le coupable amphibie

Gémir et pousser des sanglots :

Le monstre a des remords, dit-il : ô providence,

Tu venges souvent l’innocence ;

Pourquoi ne la sauves-tu pas ?

Ce scélérat du moins pleure ses attentats ;

L’instant est propice, je pense,

Pour lui prêcher la pénitence :

Je m’en vais lui parler. Plein de compassion,

Notre saint homme d’esturgeon

Vers le crocodile s’avance :

Pleurez, lui cria-t-il, pleurez votre forfait ;

Livrez votre âme impitoyable

Au remords, qui des dieux est le dernier bienfait,

Le seul médiateur entre eux et le coupable.

Malheureux, manger un enfant !

Mon cœur en a frémi ; j’entends gémir le vôtre…

Oui, répond l’assassin, je pleure en ce moment

De regret d’avoir manqué l’autre.

Tel est le remords du méchant.

En savoir plus : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Pierre_Claris_de_Florian


Les seins de Valentine

En compagnie des petits zoziaux

Laissons des miettes aux passereaux!

Noir(e)s magiques qui nous enchantent avant de possibles heures sombres venues de l’Est…

Day-o, day-ay-ay-o
Le jour s’ lève et moi j’ veux m’ rentrer
Le jour ! moi j’annonce le jour, moi je dis le jour, moi je dis day-ay-ay-o
Le jour s’ lève et moi j’ veux m’ rentrer

A trimer toute la nuit avec un seul verre de rhum…
(Choeur) Le jour s’ lève et moi j’ veux m’ rentrer
A empiler des bananes jusqu’au petit matin… .
(Choeur) Le jour s’ lève et moi j’ veux m’ rentrer

Allez Msieur le p’tit chef, fais moi passer des bananes
(Choeur) Le jour s’ lève et moi j’ veux m’ rentrer
Allez Msieur le p’tit chef, fais moi passer des bananes
(Choeur) Le jour s’ lève et moi j’ veux m’ rentrer

A soulever des régimes de six, sept, huit pieds !
(Choeur) Le jour s’ lève et moi j’ veux m’ rentrer
Des régimes de six, sept, huit pieds !
(Choeur) Le jour s’ lève et moi j’ veux m’ rentrer

Le jour, moi je dis day-ay-ay-o
(Choeur) Le jour s’ lève et moi j’ veux m’ rentrer
Le jour ! moi j’annonce le jour, moi je dis le jour, moi je dis… . .
(Choeur) Le jour s’ lève et moi j’ veux m’ rentrer

Un joli régime de bananes bien mûres
(Choeur) Le jour s’ lève et moi j’ veux m’ rentrer
Planque la tarentule noire, c’t-enflure ***
(Choeur) Le jour s’ lève et moi j’ veux m’ rentrer

A soulever des régimes de six, sept, huit pieds !
(Choeur) Le jour s’ lève et moi j’ veux m’ rentrer
Des régimes de six, sept, huit pieds !
(Choeur) Le jour s’ lève et moi j’ veux m’ rentrer

Le jour ! moi je dis day-ay-ay-o
(Choeur) Le jour s’ lève et moi j’ veux m’ rentrer
Le jour ! moi j’annonce le jour, moi je dis le jour, moi je dis… . .
(Choeur) Le jour s’ lève et moi j’ veux m’ rentrer

Allez Msieur le p’tit chef, fais moi passer des bananes
(Choeur) Le jour s’ lève et moi j’ veux m’ rentrer
Allez Msieur le p’tit chef, fais moi passer des bananes
Le jour se lève et moi j’ veux me rentrer

Day-o, day-ay-ay-o
(Choeur) Le jour s’ lève et moi j’ veux m’ rentrer
Le jour ! moi j’annonce le jour, moi je dis le jour, moi je dis day-ay-ay-o
(Choeur) Le jour s’ lève et moi j’ veux m’ rentrer.

Quand on a envie de sauter au plafond pour faire deux pas de danse!

Où va-t-on papa, je n’sais pas mais on y va (La Tordue)

Comme je n’y connais rien, je me plais à raconter n’importe quoi sur certains sujets, ceux dont justement j’ignore les pendants et les aboutissants. Ainsi, je lis la presse et regarde la télé, pour me faire une opinion tout en préparant ma délicieuse soupe à l’oignon, goûteuse comme le vieux croûton que je suis.

On trouve un peu partout des nouvelles amusantes, telle celle-ci :

« Pourquoi travailler huit heures par jour quand on peut accomplir sa tâche en dix minutes ? Un ingénieur informatique employé dans un cabinet d’avocats a en tout cas tranché la question, et a partagé sa nouvelle vie beaucoup plus oisive sur Reddit « J’ai automatisé mon travail il y a plus d’un an et je n’en ai parlé à personne ». » (article ici)

Trouver plus fainéant que soi est toujours une découverte majeure et un tant soit peu agréable. Ah, la soupe est prête, vite, je m’installe à table. Plonger la louche dans la soupière fumante demeure un plaisir plein de sapidité annoncée. Les oignons sont cuits et ne font plus pleurer en les épluchant dans ma chaumière. Buon diou ! Soudain, voilà le Diable qui s’installe, habillé en Pravda, à l’autre bout. Gare à moi ! S’il me demande du sel, devrais-je lui offrir un test plein de mon ADN ? Je lis dans ses yeux bleus glacials comme dans les izvestia de la guerre froide, bien que je déteste la soupe lyophilisée des hivers sibériens.

« Le Kremlin a expliqué vendredi que la longue table séparant Vladimir Poutine d’Emmanuel Macron lors d’un entretien sur l’Ukraine visait à respecter une distance sanitaire après le refus du président français de se soumettre à un test Covid en Russie. »

…/…

« Interrogé par un journaliste qui lui demandait si le président français avait bien refusé de se soumettre à un test PCR à son arrivée en Russie, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a répondu par l’affirmative : « Certains suivent leurs propres règles (…) Mais dans ce cas, un protocole sanitaire est appliqué pour protéger la santé de notre président et celle de son hôte« . » article ici.

Au fond de la soupière, Joe Biden made in USA entretient le bouillon, thermostat 8, et invite ses ressortissants vivant en Ukraine à décamper illico presto. Le départ d’Afghanistan fut tellement déplorable, une vraie poivrière pour couscous taliban. Mais bon, chacun pour soi et l’OTAN en emporte le vent (de l’Histoire).

Canada Dry ou Hamburger?

Nos amis canadiens font face à des chiens très chauds (hot dogs) qui rappellent à l’international désormais ce qui a renversé Allende et la démocratie au Chili, voici cinquante ans. La peste brune est pire que le Covid…

Il y a trois semaines, qui aurait pu imaginer qu’entre toutes les villes du monde, Ottawa deviendrait le cœur incandescent d’une révolte internationale ?

(Article complet et intéressant ici) (La Presse, quotidien canadien)

(…/…)

« Dès samedi, en France, des « camionneurs » en colère promettent de rouler sur Paris. Dans chaque pays d’Europe, des convois s’organisent, avec l’intention de converger à Bruxelles. En Australie, en Nouvelle-Zélande, au Brésil, aux États-Unis et ailleurs, des manifestants suivront l’exemple d’Ottawa.

Qui aurait cru que le Canada, cette contrée d’ordinaire si mesurée, pourrait galvaniser les forces de l’extrême droite aux quatre coins du monde ?

* * *

Ne nous y trompons pas. Nous ne sommes plus devant un mouvement spontané de citoyens frustrés par l’obligation vaccinale et les mesures sanitaires. Cela devient de plus en plus évident, à mesure que les jours passent et que des journalistes d’enquête creusent cette histoire : ce mouvement est orchestré, encouragé et soutenu par des groupes extrémistes à l’étranger.

Des groupes qui veulent paralyser l’économie, déstabiliser la démocratie, faire croire au peuple que le système ne fonctionne pas, qu’il faut faire quelque chose, peut-être choisir un autre leader, quelqu’un avec une poigne de fer…

Ces tactiques ont été utilisées au Chili, il y a 50 ans. Au Canada, on se croyait à l’abri. Il faut maintenant se rendre à l’évidence : on ne l’est pas tant que ça. »

Ça y est, la soupe est consommée. Je passerai les restes au chinois. Enfin, aux vermicelles soyeux chinois. Ils sont cools, les chinetocs, comme l’étaient les épiciers maghrébins :

Finalement, comme je n’y comprends rien, je suis d’accord pour privatiser la radio télévision publique nationale, je suis addict aux publicités sur les bagnoles que je ne peux pas me payer même en rêve et les parfums Sephora (groupe Bolloré), aux régimes minceur qui coûtent la peau des fesses, aux pubs de Leclerc le gentil souteneur du pouvoir d’achat, à la mainmise d’Hanouna et de Sébastien sur C8 des séries à deux balles et des enquêtes à la con ponctuées de publicités avec le son qui monte du téléviseur, et tout le toutime, quand je pourrais être, ô malheur, à l’écoute de France Culture, F. Musique, voire France Inter (Tanguy Pastureau, carnets de campagne et le jeu des mille euros par exemple à midi). Non vraiment, Zem a raison. Et vive Cnews et Bfm.

Nota : entendu ce matin à la radio (et c’est très vrai, à mon humble avis), dès qu’une figure de l’extrême droite s’exprime sur les ondes (radio et télé) l’audimat monte en flèche, donc rapporte du pognon aux antennes qui les diffusent , pub pub pub).

Comme je n’y connais rien, je me plais à raconter n’importe quoi sur certains sujets, ceux dont justement j’ignore les pendants et les aboutissants.

Bon, OK, je retourne lire l’enquête d’Isidore Lune, de Patrice Fouillard, « Dossiers froids », édition Ouest France, et quelques bouquins format papier, pendant que la soupe est encore tiède, et les vieux croûtons aillés ne font pas trop trop roter…

Les mardis de la poésie : Georges Brassens (1921-1981)

Concurrence déloyale

Il y’ a péril en la demeure,
Depuis que les femmes de bonnes moeurs,
Ces trouble-fête,
Jalouses de Manon Lescaut,
Viennent débiter leurs gigots
A la sauvette.
Ell’s ôt’nt le bonhomm’ de dessus
La brave horizontal’ déçu’,
Ell’s prenn’nt sa place.
De la bouche au pauvre tapin
Ell’s retir’nt le morceau de pain,
C’est dégueulasse.
En vérité, je vous le dis,
Il y en a plus qu’en Normandie
Il’ y a de pommes.
Sainte-Mad’lein’, protégez-nous,

Le métier de femme ne nourrit
plus son homme.
Y’a ces gamines de malheur,
Ces goss’s qui, tout en suçant leur
Pouc’ de fillette,
Se livrent au détournement
De majeur et, vénalement,
Trouss’nt leur layette.
Y’a ces rombièr’s de qualité,
Ces punais’s de salon de thé
Qui se prosternent,
Qui, pour redorer leur blason,
Viennent accrocher leur vison
A la lanterne.
Y’a ces p’tit’s bourgeoises faux culs
Qui, d’accord avec leur cocu,
Clerc de notaire,
Au prix de gros vendent leur corps,

Leurs charmes qui fleurent encor
La pomm’ de terre.
Lors, délaissant la fill’ de joi’,
Le client peut faire son choix
Tout à sa guise,
Et se payer beaucoup moins cher
Des collégienn’s, des ménagèr’s,
Et des marquises.
Ajoutez à ça qu’aujourd’hui
La mani’ de l’acte gratuit
Se développe,
Que des créatur’s se font culbuter
à l’oeil et sans calcul.
Ah ! les salopes !
Ell’s ôt’nt le bonhomm’ de dessus
La brave horizontal’ déçu’,
Ell’s prenn’nt sa place.
De la bouche au pauvre tapin

Ell’s retir’nt le morceau de pain,
C’est dégueulasse.

Le grand remplacement, késaco?

Le grand remplacement

En cette période où toutes sortes de sornettes d’extrémistes tintent à nos oreilles, j’ai enquêté sur des faits dont nul média ne parle : le véritable remplacement. Oh non, ce ne sont ni les nègres animistes ni les musulmans intégristes qui envahissent notre beau pays. En fait, il y a deux types de conquérants. Les plus dangereux que l’on peut encore remarquer, ce sont les Belges. On les retrouve partout ! Sur les ondes des radios nationales, dans les salles de spectacle, soit comme acteurs, soit comme metteurs en scène, chorégraphes, chanteurs, animateurs, jusqu’aux dessinateurs de bandes dessinées. Ils aspirent tout, nous imprègnent de joie de vivre. Notre créativité, notre chauvinisme national, bref tout ce qui fait notre culture que le monde entier respecte et apprécie. Je ne peux citer de noms ici, par crainte de représailles. Je n’ai en effet nulle envie de me faire friter ou d’être lapidé à coups de boulets liégeois, ni de finir attaché à une poutre en bois badigeonnée de sirop avec le corps couvert de frites plongées deux fois dans l’huile thermostat houit.

L’autre forme invasive est plus sournoise, car elle ne se voit ni ne s’entend pas, contrairement aux Belges. Cette forme du grand remplacement est générée par (et là je sui très sérieux) ces missi dominici que sont les gauchers, au service de leurs roitelets omnipotents. Difficiles à repérer, car quand vous leur tendez la main dextre ils la serrent en tendant leur bras droit. Comme tout le monde. Pour les débusquer, il faut aller dans les endroits où ils prospèrent : les librairies (quand ils dédicacent leur livre), les études de notaire, les collèges et les cabinets médicaux (il faut être très vigilant pour observer le docteur écrivant son ordonnance à la main car l’ordinateur est en panne). Dans certaines banlieues, selon maître Zem, on les repère quand ils sont surpris à taguer les murs des immeubles en écrivant de droite à gauche des slogans anti-flics. Lorsque ceux-ci les interceptent ils constatent facilement que leur main droite est maculée de peinture quand la gauche reste superbement manucurée et baguée. Les enfants de gauchers ont paraît-il également des problèmes de vue. Si vous demandez à un gamin de tracer de bas en haut (ou inversement) des lignes parallèles, vous constaterez qu’en bout de ligne les traits rejoignent l’horizontalité.

Mais le drame national que nous vivons vient avant tout du fait que les Belges et les gauchers ne sont ni de gauche ni de droite, juste des gens comme tout le monde. Sauf les maîtres chanteurs qui s’appellent Octave, mais ont des origines plus bataves que les champs de betteraves qui restent à ce jour les meilleurs remparts contre l’intrusion des Belges dans notre chère patrie sucreuse de fraises. Ajoutons à cela que la main gauche a toujours été assimilée à la main du diable. Une raison de plus pour diaboliser ces véritables intrus que personne ne voit venir dans nos chaumières gauloises. Il se raconte même dans les livres d’Histoire qu’un certain Napoléon dirigea l’index gauche de sa main vers le haut des pyramides, lors de son invasion égyptienne, et lança sa fameuse phrase sur les quarante voleurs séculaires (juifs, mamelucks, arabes, païens, bouddhistes, animistes, wallons, flamands, etc) qui depuis lors s’intègrent dans notre société contemporaine à bas bruit.

Tremble, terre de France ! Quand dans les livres d’Histoire vous lirez que l’Edit de Nantes fut remplacé par l’Edit de Merckx, que les flamands n’étaient pas roses mais rouges comme le nez de votre grand-mère créole après avoir ingéré quelques verres de rhum vaudou, qu’un vendeur à la sauvette vous proposera d’ici peu de fumer du Belge en vous ouvrant sa boutique perverse plutôt que du saumon norvégien, ne tombez pas dans le piège, soyez très vigilants. Le grand remplacement est en route, mais surtout, surtout ne roulez pas à gauche, cela vous conduirait dans le décor des désaccords , sauf en Angleterre mais on s’en moque depuis le Brexit. D’ailleurs ne roulez que si vous le devez. Au prix des carburants, le 30 kmh sera bien inférieur à l’abstention dans les urnes, d’ici deux mois. Souhaitons que le cours du rhum ne suive pas la tension de votre grand-mère qui a investi dans le CAC40).

Le grand remplacement ? Sans doute est-ce ouvrir son placard, poussiéreux en virer les vieux vêtements qu’on collectionne depuis des décennies liées à la mode des carreaux Vichy, mettre tout le fourbi dans des conteneurs « le Relais » et se rhabiller en ours polaires synthétiques ou de frétiller au creux du lit, ou chasser la peur et la xénophobie avec un (ou une) compagnon qui baigne sa frite deux fois par semaine dans l’huile sainte des jours heureux et n’est pas trop gaucher pour vous caresser avec sa main adroite mais fainéante. Et ce, sans supplément ni surenchères. Le bonheur franchit tous les racismes. Les blédars de la haine n’y pourront jamais rien. C’est ainsi.

05 02 2022

AK

(photo d’illustration : la riña de gatos, de Goya (détail))

J’ai du pognon, je fais ce que je veux (ou presque).

Nouvelles trouvées entre Presse et médias audio-visuels ce jeudi.

A l’aise,Jeff ! (article lu dans Ouest France ce jour)

Extrait :

« La mairie de Rotterdam a indiqué ce mercredi qu’un pont historique de la ville portuaire néerlandaise sera temporairement démantelé pour permettre le passage d’un navire, un gigantesque yacht construit pour l’ex-PDG d’Amazon Jeff Bezos, selon les médias locaux.

Le pont iconique daté de 1878, réparé après avoir été bombardé en 1940, pendant la Seconde guerre mondiale, est trop bas pour le navire du milliardaire américain, un yacht luxueux au prix de 430 millions d’euros, selon les médias locaux. »

Lire l’article en cliquant ici

Alternate text
le yacht en question (photo le huff post)

Heureusement, tout ne se passe pas si bien pour Elon Musk:

Extrait :

« Le village d’irréductibles Normands n’a pas cédé. Saint-Senier-de-Beuvron a remporté son bras de fer contre SpaceX et Elon Musk, l’homme le plus riche du monde et fondateur de Tesla. Comme le raconte Ouest France, les habitants du village ont gagné leur bataille judiciaire et fait échoué le projet Starkink qui prévoyait l’installation de plusieurs antennes satellites SpaceX de trois mètres de haut.

Saint-Senier-de-Beuvron avait été choisie pour ce projet du milliardaire, dont la mission était d’aller chercher des informations grâce aux satellites. Mais les habitants du village ont décidé de s’opposer au milliardaire Elon Musk, car à la fois inquiets pour leur santé et pour l’environnement. Ils étaient préoccupés par les ondes électromagnétiques des antennes satellites et par l’aspect négatif pour la nature environnante. »

Article de la Dépêche paru ce jour : à lire en cliquant sur le lien.

Enfin, dans la série je n’en sais rien mais je le dis quand même avec force et con-viction :

« Œil pour œil, dent pour dent. Valérie Pécresse et Marine Le Pen ont demandé que soit renvoyé de France l’ambassadeur du Mali suite à la décision de la junte au pouvoir d’expulser l’ambassadeur de France du Mali. Problème : il n’y a plus d’ambassadeur du Mali en France depuis près de deux ans.

Sur CNews, ce mercredi 2 février, la candidate des Républicains s’était questionnée : « Qu’est-ce que l’ambassadeur du Mali fait encore en France ? » Un avis partagé avec Marine Le Pen, candidate RN. Sur Europe 1, cette dernière a acquiescé : « Il faut immédiatement renvoyer, évidemment, l’ambassadeur du Mali, qui devrait déjà être, au moment où on se parle, dans l’avion. » 

A lire ici.

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image prise à Bourisp, festival de reporters photographes en 2021.

Taupe là, laie!

J’ai dit à June : « coupe la langue du chat, j’en ai marre de l’entendre, et puis je n ‘ai rien à lui dire. » Le chat m’a regardé, et son œil rieur m’en a dit long. Il savait que j’allais lui raconter ce qui se passait dans la prairie au pied de la colline, et dans les bois qui montent vers l’Est. Ça a commencé par une meute de chiens qui aboyaient, combien étaient-ils, je l’ignore, mais l’écho se répandait dans tout l’espace environnant. Ils semblaient impatients de démarrer la course pour laquelle on les avait rassemblés. Une battue aux sangliers. Des sons de cors ou d’engins beuglants venaient par intermittence renchérir sur le bruit que faisaient les chiens. June, affairée à sa machine à coudre, n’entendait rien. Seul le chat suivait la rumeur, remuant ses oreilles à 180°. C’est même pour cela que je ne m’adressais qu’à lui. Nous savions que nous étions bien abrités par la distance et la clôture de notre jardin, ainsi que par les murs de la maison au cas où une harde de sangliers tenterait de s’évader en franchissant notre terrain.

Il faut reconnaître que les sangliers faisaient des ravages depuis plusieurs mois, trifougnant la terre de leurs groins, notamment les terrains de sport et le golf inauguré l’année précédente par tout le gratin régional. La municipalité locale avait même envisagé de remplacer l’herbe par des fibres synthétiques, mais le coût, l’entretien et la toxicité due aux petites billes noires contenant des substances cancérigènes auraient eues un impact bien plus négatif que le labourage des sangliers. Néanmoins, la situation devenait insupportable pour les agriculteurs et les joueurs de rugby, sport le plus pratiqué dans le petit pays. Les battues s’avérèrent donc indispensable, et un grand nombre de ces suidés fut abattu. Leur viande, cuisinée, fut servie dans les trois restaurants du bourg ainsi que dans la cantine scolaire du collège, tant il y en avait profusion. La peau des marcassins fut récupérée par un artisan local qui en fit des coussins, et par une autre qui, en quelques mois, les rendit à la mode en créant des vestes, des pantalons et autres attributs qui rendent les paysans de ce pays plus couleur locale que ceux qu’on peut voir dans les émissions de télé des magazines main stream.

De fait, ces sangliers donnèrent au territoire une notoriété à laquelle personne ne s’attendait. Les familles ornèrent leur porte d’entrée de groins, de sabots, de dents. On organisa des fêtes en l’honneur des chasseurs, leur faisant des laies d’honneur, la messe fut dite avec des tirs de chevrotine dirigés vers le ciel. L’herbe reprit de sa vigueur sur les terrains de sport et le golf municipal. Pourtant, quand le silence s’instaura au tréfonds de la campagne, que les chiens cessèrent d’aboyer et les chasseurs de tirer dans les buissons une certaine morgue s’installa. L’équipe de rugby perdait tous ses matches, le golf ses swings et seul un trou subsistait : financier. Une réunion publique eut lieu, et l’on demanda aux administrés si, par hasard, ils n’auraient pas une idée pour améliorer la situation.

June, qui venait d’emberlificoter ses fils dans la canette, me regarda à son tour. Elle et le chat ne disaient mot, mais étaient pendus à mes lèvres. Quelqu’un avait-il trouvé une solution alternative pour sortir la population de son amertume, fallait-il changer de mode, voire de vie, pour faire renaître l’optimisme ? Un silence pesant régnait dans la salle municipale. Le maire, en bout de table, baissait les yeux. Soudain, il eut un éclair de génie : « chassons les taupes ! Oui, chassons les taupes pour retrouver notre joie de vivre ! »

Toute l’assemblée se leva et applaudit à bras raccourcis à cette idée géniale. C’est ainsi que, si vous passez un jour par ce petit pays, vous pourrez à loisir y découvrir de petites mottes de terre fraîchement retournées, que nous appelons ici des cagaillousses. Enfin, il faut le dire, depuis quelque temps l’équipe de rugby gagne ses matches et le golf comporte désormais soixante dix huit trous.

02 02 2022

AK

J.C.Mézières, et quelques faits divers super rapides…

Né en 1938 à Paris d’un père nommé Charleville et d’une mère du nom de Mézières, (meuh non !) le petit Jean Claude passa sa vie à gribouiller des héros, des fusées et des aventures de science fiction avec son pote d’enfance Pierre Christin, offrant à la bande dessinée des chefs d’œuvres d’odyssées fantastiques notamment avec ses héros Valérian et Laureline (une des premières héroïnes sexy de la BD). Bon, pour rentrer dans l’univers de Jean Claude Mézières, qui vient de mourir -le 23 janvier 2022-), allez voir son site : https://www.noosfere.org/mezieres/

Aujourd’hui, dans la Presse, on rigole bien mais vite :

Article AFP paru dans Sud-Ouest:

Plus cons que ça…

« Trois adultes et un adolescent ont dérobé un matelas de protection d’une poutrelle de la station pyrénéenne de La Mongie avant de se lancer sur une piste. L’enfant qu’ils avaient emmené avec eux souffre de fractures aux deux jambes

Quatre personnes de la même famille, alcoolisées, ont dévalé une piste de La Mongie (Hautes-Pyrénées) sur un matelas dans la nuit de jeudi à vendredi, causant de sérieuses blessures à un enfant de trois ans qui les accompagnait, selon la gendarmerie.

Trois adultes et un adolescent de 14 ans, également sous l’emprise de l’alcool, ont dérobé un matelas de protection d’une poutrelle de la station pyrénéenne du Grand Tourmalet avant de se lancer sur la piste.

La course de leur luge improvisée s’est terminée 200 mètres plus bas dans une barrière au pied d’un téléski. L’enfant, qu’ils avaient emmené avec eux, souffre de fractures aux deux jambes et a dû être évacué vers l’hôpital de Tarbes, ainsi que les autres.

L’alerte a été donnée par le personnel de la station, qui préparait les pistes pour le lendemain. Les pompiers ont porté secours à la famille et des gendarmes se sont également rendus sur place en raison du comportement particulièrement véhément du groupe, selon la même source. La station a annoncé qu’elle allait porter plainte, invoquant des dégâts de plusieurs milliers d’euros. »

Autre fait divers tout aussi stupide ; un milliardaire qui n’a pas les moyens de s’offrir un coucou malgré son argent planqué en Suisse ? C’est assez affolant et purement criminel !

Il roule à 417 km/h sur l’autobahn et se fait gronder par la police

C’est une vidéo qui a fait le tour du Web : en juillet 2021, un riche homme d’affaires a poussé sa Bugatti Chiron à plus de 400 km/h sur une autoroute allemande illimitée. C’était donc permis, mais ça n’a toutefois pas plu à la police…

Radim Passer est un riche homme d’affaires. Riche au point de pouvoir s’offrir des Bugatti dont il fait d’ailleurs la collection. En 2015, il avait d’ailleurs acquis une Veyron et il l’avait poussée sur l’autoroute en Allemagne à 402,5 km/h. Sauf que ça ne lui suffisait pas. En effet, ayant acquis récemment une Chiron, il s’est dit qu’il pouvait battre son propre record, le tout en se filmant. Autant en faire profiter les autres…Lire aussi :ESSAI Bugatti Chiron Pur Sport : Et maintenant, que vais-je faire !?

Les 417 km/h possibles ?

Bugatti Chiron blue

Suivi par un certain nombre de personnes, Radim Passer a annoncé que son objectif était d’atteindre les 417 km/h cette fois en réutilisant la portion illimitée située sur l’autoroute A2. Pour atteindre cette vitesse, Radim s’est levé tôt afin de ne pas être confronté à un trafic trop important, car l’autoroute ne comporte malgré tout que 3 voies de circulation. La mesure a donc eu lieu à 4h50 du matin, lorsque le jour se lève et que la lumière est suffisante pour voir suffisamment loin.

Sur la vidéo, on voit effectivement que la vitesse atteinte est de 416-417 km/h. Ce qui est vraiment rapide, car le bitume défile à une allure surprenante tout comme les autres usagers. Et c’est bien cela qui a posé problème.

Le ministère des Transports et la police furieux

En effet, le ministère des Transports a attentivement regardé la vidéo et, bien que Radim Passer n’a rien fait d’illégal, il a sévèrement condamné l’acte de l’homme d’affaires. Les autorités lui reprochent en effet d’avoir mis en danger la vie des autres usagers de la route.

Le ministère et la police s’appuient sur le Code de la route qui indique que « toute personne participant à la circulation doit se comporter de manière à ce qu’aucune autre personne ne soit blessée, mise en danger ou gênée ou incommodée plus qu’il n’est inévitable dans les circonstances ».

Et, évidemment, cette consigne s’applique aussi aux millionnaires au volant de supercars de 1.500 ch. De son côté Radim Passer a indiqué que tout avait mis en œuvre pour évoluer avec un maximum de sécurité. Il a aussi remercié Dieu et les bonnes conditions de roulage de cette journée de juillet. Quoi qu’il en soit, avec une fortune estimée à plus de 300 millions de dollars, le 33e plus riche tchèque a de quoi payer l’amende.