Que faut-il faire pour éviter l’Enfer ? Toutes les places sont prises.

Que faut-il faire pour éviter l’Enfer ? Toutes les places sont prises, vous sentez cette fumée qui envahit votre cuisine ? Le repas est prêt, il n’y a rien à manger : tout est calciné. Il suffit de deux fous pour tuer un roi, les tours et cavaliers ne changeront pas l’échéance. Le jeu est truqué. C’est formidable comme un individu peut catastropher l’état stable du monde en renversant la table : mauvais joueur. Un de mes frères pratiquait cette option, dès qu’il sentait qu’il perdait l’échiquier était balayé d’un revers de main. Maintenant, c’est vrai, il vit sur un yacht entouré de sirènes et boit du champagne, loin des cocktails molotov que les bons joueurs lui expédient depuis les tables rases de leur pays. L’Enfer, ce n’est pas les autres (Sartre), ce sont eux, les pourvoyeurs de famine, de misère, de conflits ethniques, ces consuméristes de la Planète.

Ce soir je suis allé regarder le monde au bout du quai de la ville où je vis. Je pensais voir la mer, mais c’était une gare au milieu des champs, avec des trains qui arrivent en retard et ne repartent jamais à l’heure. Des trains qui se reposent, sans se poser la question des passagers qu’ils transportent. C’est un peu, finalement, comme la marée dans les ports maritimes, va et vient perpétuels loin de tout univers habité. C’est aussi, dans le petit pays, des cols de moyenne altitude où paissent en été des centaines de moutons incrédules. Les chiens errants harcèlent les troupeaux, mais l’ours et le loup sont de plus belles cibles pour les bergers, qu’indemnisent les assurances.

L’Enfer était déjà en chemin. Il ignorait la populace, ces sacs à merde, les réfugiés, les ethnies et les acrobates fuyant les bondieuseries, il ignorait les couleurs de la peau, le parcours des misères, la faim, la solitude, le désespoir et tant d’autres choses encore qu »il demanda par quelle porte il pourrait fuir à son tour en emportant le magot et les mégots, car rien en vérité n’incitait cette masse grégaire à le suivre, le tabac coûtant trop cher et la paille se consumant dans leurs yeux.

Un trou de cul se présenta, enfant oublié dans les langes du célèbre pétomane Joseph Pujol, né à Marseille en 1857 ; (il recueillit un énorme succès dans toutes les classes de la société, et même des rois vinrent l’applaudir) -cf « le livre des bizarres » de Guy Bechtel et JC Carrière éd Robert Laffont 1981-, ainsi que pour cette info historique : « il existait au XVIIIé siècle à Caen une société dont le but avoué était la libération et la glorification du pet. Elle s’appelait la Société des Francs-Péteurs (…) ».

Dans ce monde asthmatique où les chaînes d’infos brûlent notre oxygène 24/24h, nous asphyxient de nouvelles anxiogènes et instillent la peur pour inciter les peuples à se soumettre aux règles édictées par de joyeux technocrates, dans ces endroit où l’Enfer justement cherche à se réfugier, je lance solennellement un appel à toutes les personnes qui en ont assez que les discours grandiloquents ne balaient toujours que du vent à se révolter dans des concerts de flatulences discrètes mais odorantes, afin que l’Enfer lui-même fasse un burn-out et que revienne enfin le pet sur terre, et son ange tutélaire : saint Prout.

Cependant, évitez cette pratique avec vos potes musulmans chez qui vous avez mangé un délicieux couscous. Nous parlerons de saint Rototo dans une prochaine rubrique, concernant ce sujet.

09 09 2022

AK

Photo illustration : un inconnu se faisant un petit prout himself musée d’Orsay 2007

ALPHONSE, PAR LA CONTRE ALLAIS

Suite aux « pings » reçus cet an-ci et que je refuse d’approuver car je ne sais d’où émane la demande, je récidive sur des articles parus dans un site quitté pour désaccords et auxquels je n’ai plus accès. Ainsi soit-il. Ô tempora, ô Maurice!

Construire des villes à la campagne est devenu une réalité. (Henry Monnier serait peut-être l’auteur de cette singulière phrase ), qu’importe, j’aime Alphonse Allais (« j’ai poursuivi mes études sans jamais les rattraper »). Or, nous sommes dans une situation extraordinairement inverse, à croire que les 21 siècles  ne tournent pas dans le même sens que l’horlogerie des écritures romaines qui les définissent (des L, V, M, H ?…). L’heure est venue de réinstaller la campagne dans les villes. Ce à quoi nombre architectes, piverts et autres bobos aux balcons décorés de pots  de terre cuite ( siglés « le chêne vert », Anduze) dans lesquels poussent l’herbe tendre des près lointains se sont fait les mentors, tout en vivant en ville, pour gueuletonner, vernisser la galerie, et trouver au plus court les chemins médiatiques qui les éloigneront de la bouse de vache et de l’arrosage du purin dans les champs .
Un régal. Une sensation de bout du monde dans lequel de multiples éléments se rejoignent : le bruit du vent dans les branches, le claquement d’un volet mal arrimé, parfois une voiture qui passe, des chats qui font tomber un pot, se bagarrent, une pomme qui tombe dans l’herbe, un tapis de feuilles mortes qui se frottent une dernière fois en crissant sous les doigts métalliques du ramasse feuilles, une femme perchée sur l’escabeau, qui cueille des figues, et vous, avec la chanson de Bashung en tête, qui tenez fermement ce présent délicieux qui versera, avec tendresse, vers le délictueux passage des amours d’après-midi.  La campagne, tous les commerces clos, les grands portails ouvragés fermés, le silence, le silence et la rumeur, la rumeur des on-dit, puis les clameurs du stade où se joue un match de rugby, de foot, la campagne dans les tribunes qui hurle à son équipe : nous allons gagner, nous sommes les plus forts !
Une sensation de bout du monde, un sentiment de fin de soi. Puis, avant l’aube, les éboueurs et le bruit d’un tracteur bleu beth ceu. Le champ du merle. Les chatons qu’il faut biberonner (leur mère s’est faite écraser). La campagne…
par AK Pô
15 09 13
Photos s@tie et AK Pô à parcourir ici
http://altpyphot.wordpress.com/2013/09/15/dimanche-a-la-campagne/

Sombritude

Comment nous invite-t-on à mourir quand on n’a pas connu la guerre ?

J’ai léché tes baisers sur la vitre d’un wagon qui partait

Un de ces trains qui jamais ne reviennent, et tu souriais

Dans ce printemps obscur, tes dents luisaient de sombritude

Et ce visage que tu avais alors était l’aube d’un monde perdu

Qui ne reflétait rien, sous le joug, seul un mouvement de lèvres

Savait quelque part nous identifier : aujourd’hui le silence.

Rien de nous ne transpire, pas la moindre émotion,

Nous avons mis l’absence comme un lourd manteau

Sur nos épaules nues et jeté en pâture aux iconoclastes

Les restes calcinés de la belle Nature, morte de par nos crimes

Alors pourquoi lutter quand partout règne l’infamie

Que nos bras désarmés subissent tous les assauts

J’ai léché tes baisers sur la vitre d’un wagon qui partait

Un de ces trains qui jamais ne reviennent, et tu souriais.

Toi seule savait que quand les trains déraillent la Mort

Devient un jeu, une foire d’empoigne, un massacre anodin,

Rien de nous ne transpire, pas la moindre émotion

Juste un manteau jeté sur le pavé réchauffe mon cadavre.

06 09 2022

AK

(VOUS FAITES QUOI LE SAMEDI, HORMIS LA POLITIQUE?)

J’ai reçu des demandes de « ping » d’articles publiés en 2013/2014 + ou -. Le site dans lequel ces articles et photos étaient publiés a changé de mains et est devenu nul (pour simplifier). Les sujets s’intéressaient à la vie locale environnante (départements 40/64/32/65). Je l’ai quitté en 2017 pour conserver ma liberté d’expression et ma bonne humeur. Voici donc ici copie d’un article un peu long, mais tel qu’il se présentait aux lecteurs de l’époque, qui traite une petite virée dans les Hautes Pyrénées.

AU-DESSUS DES CAMPAGNES, CRAPAHUTAIT LOU GASTOUNET.

15 février 2014 

Il se raconte dans le pays que quand les cloches sonnèrent à l’église de Salles d’Argelès, le petit Gastounet de la tour Fébus (dans le XIVème arrondissement du Temps), qui se rendait à Cauterêts, les entendit tinter. Ainsi découvrit-il que, contrairement à ce qu’il croyait, il n’était pas devenu sourd à force de se tripoter (cause de méningite). Pourtant, l’orage qui auparavant, avait tonné sur la ville de Lourdes quand il la traversa, coups de semonce déflagrations entre le maire et certains citoyens et responsables de sites internet locaux, aurait pu le laisser croire. Il y eut en effet du rififi dans l’air et de la bande passante dans le wifi, au sujet d’affaires et contentieux en cours, et de la protection fonctionnelle qui peut être accordée au maire dans le cadre d’affaires en justice. Un sujet très intéressant, comme celui qui alimente la campagne tarbaise, avec ses conflits d’intérêts… Quand la tempête des élections sera passée la Justice vérifiera ce qu’il en est (proverbe Toy). A  Lannemezan, 60 emplois partent en fumée…cela n’est peut-être que dans la version papier de cet hebdo, qui traite également de la TCP cette semaine.

Mais ces clameurs assourdissantes furent remplacées par le clip clop du cheval et le roulement de tambour discontinu du gave que Gastounet longeait en direction d’Argelès, sur le ruban de piste cyclable, piétonne et équine récemment remise en état, parallèle à la deux fois deux voix (Bernadette à droite et Soubirous à gauche). A son côté, dans un rustique chariot tiré par deux bœufs, une jeune et belle Bigourdane portant bonnet de laine chantait (divinement bien), qui se rendait à Lau Balagnas prendre son poste pour peaufiner son timbre, au cas où Barbara Hendricks ne pourrait être présente à la salle Robert Hossein le quinze avril prochain, date de l’ouverture du festival de musique de Lourdes.

Arrivé à Ayzacq Ost, la petite troupe bifurqua, prenant les sentes qui mènent à Ouzous, Salles et Gez, gagnant Argelès par les hautes prairies. Cette décision ne fut pas prise de gaieté de cœur, même si indirectement Gastounet y trouva prétexte à balader la belle Bigourdane et à la trousser pendant que le gros bourdon de Salles sonnait le tocsin. Dans la plaine un énorme convoi de camions, de tunneliers, de bus débordants d’ouvriers internationaux chantant à tue-tête l’hymne à la joie, comme au sortir d’un repas médiéval comme il s’en expose à l’Abbaye de l’Escaladieu (du 1er février au 25 mai), faisait un ramdam du diable, déstabilisant les montagnes alentour, provoquant des avalanches du côté d’Hautacam et, plus loin, Gavarnie et Luz Ardiden . La colonne gigantesque s’apprêtait à prendre ses quartiers à Pierrefitte Nestalas, à l’ombre du Vignemale, initiant les travaux de la TCP, dont les indigènes ne voulaient pas mais accord signé fait loi. Les plus forts au béton et les faibles aux fortins mon Tintin, sauf en cas de découverte de pépites de diamants ou de filons de coltan dans les boyaux souterrains du grand Vignemale.

Retardés par ce détour, les dépenses d’énergie et les frasques induites par les nombreux vide-greniers de cette campagne au-dessus de la vallée, Gastounet et la jolie Bigourdane durent passer la nuit dans le chariot, à la belle étoile, sous l’oeil attentif des deux boeufs et du cheval, qui ne rua point, lui. La traversée d’Argelès, au petit matin, à l’heure où blanchit la campagne, vois-tu, je voterai pour le dernier de la liste, se passa sans encombres. La place du centre ville était presque déserte ; seuls de vaillants commerçants installaient et alignaient les cageots sur leurs étals tremblotants, des jets de vapeur jaillissant de leurs narines cramoisies. A la sortie de la ville la petite troupe (ou troupette) remonta par un petit chemin qui menait à Lau Balagnas, où les deux amants se séparèrent, alors que le guichetier de la poste entrebaillait la porte palière, à neuf heures pétantes. Les bœufs furent conduits à la boucherie du village et le chariot découpé en morceaux pour, le soir, alimenter le feu qui servirait aux grillades. Tout le village alors réuni pour accueillir la Belle ferait cercle autour d’elle, qui à son tour pousserait la chansonnette jusqu’à une heure aussi avancée que l’horlogerie funèbre de la TCP, en bas.

Gastounet ne participa pas aux agapes. Arrivé vers midi à Saint Savin, il entra dans une auberge avenante, le Viscos, où il se régala des meilleurs plats durant trois bonnes heures. Le repas, chose qu’il ignorait, était à soixante quinze euros, sans le vin. Qu’importe, la vie de prince me va bien, sauf qu’au moment de payer, la bourse avait quitté le ceinturon. Il fallut négocier le porc noir de Bigorre, les haricots tarbais et le foie gras ariégeois, le Pacherenc et le Jurançon, la poule au pot n’était pas au menu, ce jour là, ouf ! L’aubergiste mania le boulier et dans de petits claquements secs annonça la somme dûe, et consentit exceptionnellement parce que c’est vous un crédit à taux actuariel brut indexé au pouce et enrichi aux OGM, avec coups de pied aux fesses déductibles de la CSG RSA RMI PMA et de l’IR, sauf accord interprofessionnel et rachat de poings de retraite, le tout à la condition expresse de faire campagne pour le facteur d’orgue qui fait la réputation internationale du village depuis des siècles. Et ce, jusqu’au 21 avril 2014, date à laquelle se jouera le Stabat Mater de Pergolèse et le cantique de Racine, mis en musique par Pascal Collasse et interprété par l’ensemble Capella Forensis. Qu’on se le dise, braves gens !

Et c’est ainsi que Gastounet s’établit à Saint Savin, où il vit encore.

pour suivre la randonnée de Gastounet, c’est ici :

http://altpyphot.wordpress.com/2014/02/11/ouzous-salles-gez/

http://altpyphot.wordpress.com/2014/02/06/les-saveurs-de-saint-savin-hautes-pyrenees/

-par AK Pô

Permis de mauvaise conduite

Il n’existe pas de permis de conduire pour les chats et quand j’ai demandé à Patapouf de nous ramener à la maison je crois qu’il avait croqué autant de petits fours à cette réception dédiée à la mode animale que moi j’avais vidé de verres. Alice, ma minette, enfin ma petite femme pour faire simple, en avait éclusé une quantité suffisante pour affoler le chat du Cheshire, qui était en soi une merveille, mais d’un autre genre. Je parle ici de mon épouse, comprenez bien. La septième merveille du monde, mais quand l’aube naissait adieu les rêves ; nos visages avaient repris l’allure et le coloris de citrouilles et le carrosse, et les pantoufles de vair s’étaient déjà rangées dans le placard, que nous avions pris pour notre lit. Bref, encore une histoire lamentable que même une mouche harcelant deux moches ne cocherait pas à son agenda ni ne raconterait à une assemblée de bigotes.

La soirée pourtant fut épatante : Alice était pompette et à plusieurs reprises tenta de palper mon pompon de marin et ma trompette (une copie de celle d’Ibrahim Maalouf). C’est fou ce dont les femmes sont capables pour faire un vœu et ensuite vous l’envoyer dans les oreilles. Certes, j’aurais du avoir peur. Mais vu ce qu’engloutissait Patapouf, les rations de pâtées et de croquettes que nous économisions lors de cette exposition automne-hiver de mode animale me réjouissait, d’autant que le champagne coulait à flots et que de belles chiennes prenaient mon pantalon pour un réverbère du seizième arrondissement parisien.

A la nuit venue Patapouf a couru vers le terrain de golf attenant à la propriété du

lieu de la manifestation. ; il y creusa un dix neuvième trou dans lequel il déféqua. Une balle lui heurta les fesses. Il était à Mar El Lago (la story).

Je crois que c’est à ce moment là que je me suis réveillé. J’ai vite allumé la télé pour me confronter au vrai monde. Alice était dans le poste, poursuivie par une série américaine où un gros con portant une casquette rouge tentait de lui mettre la main aux fesses, mais Patapouf (le héros de la série) intervenait et faisait manger sa casquette au gros balourd. Comme la série était très mal doublée, je n’ai rien compris, d’autant que la vraie Alice prenait un vrai petit déjeuner dans la cuisinette. De plus, le café était chaud brûlant et le chat avait lapé mes dix centilitres de lait, au lieu d’aller comme c’était prévu passer son code de bonne conduite. On ne se refait pas, les autres s’en chargent !

04 09 2022

AK

Sciez la branche sur laquelle est assis l’homme !

La nuit est tombée, l’homme a baissé ses volets,

L’arbre a continué de pousser. Solitudes mêlées

De rendez-vous manqués, de belles échappées

Le monde s’abandonne et les hommes s’écharpent

Pour un oui un nom divin et dans la nuit il tremble

Comme les feuilles de l’arbre qu’il méprise

Branches solides épaisses qu’un bûcheron

Puis un scieur découperont sans y penser

Pour en faire menuiserie et de nouveaux volets.

Solitudes des gestes et des pensées sommaires

La Lune blanchit les rêves des enfants imbéciles

Qui une fois déballés dénigrent leurs jouets

Mais quand la nuit fait baisser leurs paupières

Jamais ils ne songent au bois vert aux volets

Aux raclées aux misères de ceux qui sont leurs frères

Perdus dans les mensonges d’une religion morte

Dont les prêtres chantent la gloire universelle.

L’arbre continue de pousser et ancre ses racines

La nuit respire dans la fraîcheur des soirs

L’homme, lui, tout à ses habitudes, baisse les volets.

30 08 2022

AK

Peu de temps pour écrire cet an-ci ! Chinou est devenu correspondant de Presse locale et cela prend un max de temps, mais l’expérience est passionnante !

Rude homonymie !

Hier lundi c’était la reprise des médias publics et privés. J’ai donc écouté les infos de France Inter, à treize heures (après le jeu des 1000 roubles dont je suis fan). Et qu’est-ce que j’ai appris ? Eh bien que Medvedev l’ancien président de paille russe s’était reconverti au tennis, et qu’il était même classé à l’ATP. J’en suis tombé sur le cul. D’autant que question balle je ne connaissais que la cuivrée de la roulette russe. Visiblement l’homme politique était d’un autre calibre. Interviewé à la télévision française récemment (je citerai la chaîne quitte à subir l’agressivité du FSB), il aurait déclaré : « si un tennisman ukrainien me fait un revers du bras gauche je lui envoie un coup droit nucléaire dans l’autre bras qui l’enverra au filet voire directement au tombeau. Non mais. Tiens, j’envoie : https://www.tf1info.fr/international/russie-guerre-en-ukraine-l-ancien-president-russe-dmitri-medvedev-invite-sur-lci-2230399.html

TF1(extrait) : « Moins visible sur la scène internationale que durant ses mandats à la tête de l’État, Medvedev est toujours une personnalité politique de premier plan en Russie, où il préside notamment le parti de soutien de Vladimir Poutine, Russie unie. Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine, déclenchée le 24 février dernier, l’ancien Premier ministre de 56 ans a multiplié les prises de parole belliqueuses, outrancières et volontiers grossières. « Les salopards de Kiev et leurs mécènes occidentaux semblent prêts à organiser un nouveau Tchernobyl »accusait-il par exemple le 12 août dernier à propos de la centrale de Zaporijia, « (…) n’oublions pas que l’Union européenne possède également des centrales nucléaires, et que des accidents y sont également possibles« . 

Cela m’évoque le film de Pasolini (Salo, ou les 120 journées de Sodome ») et toute l’ignominie et la cruauté des gens de Pouvoir.

Bien entendu, un Medvedev corrompu et vindicatif peut en cacher un autre, homonyme et talentueux galopeur après la baballe jaune (celui-ci n’a que 26 ans).

Espérons qu’un court de tennis ne sera jamais l’apanage des va-t’en-guerre. Il faudra bien qu’un jour cette folie cesse, au risque pour nous de ne pas assister à sa fin.

30 08 2022

AK

PS : « le Monde » du jour.

LE CHIEN DU PETIT POUCET

Comme je n’avais aucune envie d’écrire ce soir l’idée a surgi d’écrire pour ceux qui ne me lisent pas. Mes menteries et mes histoires ne troubleront pas leur sommeil et moi je m’endormirai sur les 26 lettres de l’alphabet qui créent dans l’imagination des pages et des mots qu’aucun d’entre eux (ces fainéants) ne savourera. Je conserverai le secret de mes formulations, ne les livrant qu’à ceux qui rêvent encore d’un monde meilleur, ces gens bercés d’illusions qui ne comprennent pas le moindre mot de l’aventure que ma lecture pourtant pourrait faire naître dans leurs yeux fatigués.

Il ne restera plus assez de cailloux pour retrouver mon parcours

Seules les pierres tombales guideront mon chemin vers l’absence

Mais j’aurai vécu ce que peu d’hommes auront conquis

La liberté de vivre, de capter l’air du temps, les saisons amoureuses.

Si toutes sont passées, certaines à l’abandon, c’est vrai,

Je ne regrette ni ma vie ni mon honnêteté à ne jamais trahir

Ni un ami ni un amour ni le moindre des jours. A quoi servirait il

D’abandonner un chien qui connaît le parcours de sa vie ?

24 08 2022

AK

Il me reste pourtant dans les narines l’inconstance du vent

Ce que les vieux incontinents dénomment flatulences

Ils précédent souvent le parfum de leur mort prochaine

En riant de leurs rivières de faux diamants et de leurs rares dents

Ils ont passé les ponts de la misère et les souvenirs d’antan

Ils montent dans des bus qui voyagent au fond des souvenirs

Et leurs cartes postales rédigent dans leurs mains tremblantes

Ce qu’il reste d’un monde qui va vers l’agonie, vers l’agueusie.

Ils ont un chien et de grosses lunettes qui regardent la lune

Puis une fois rentrés chez eux, ils comptent les saisons.

Les vieux sont des clowns, neuf vies et dix huit mains

Rien ne les presse pour cheminer vers le tombeau,

Ni un ami ni un amour ni le moindre nuage ; peut-être leur chien

Si comme eux il se réveille tard ou aboie au fond des bois.

25 08 2022

Prose maritime

Un jour dans la marinière d’un pêcheur une moule tomba qui savait qu ‘elle finirait dans une casserole, avec ses sœurs et des bouts d’échalotes et dans l’échancrure du vêtement qui la précipitait vers sa fin elle rencontra une carotte. Le plat se cuisinait déjà et l’enfer semblait proche, tant pour la moule que pour la carotte. Les échalotes doraient, baignées dans l’huile d’olive et le marin, insensible aux amours naissantes, psalmodiait :

« comment chasser l’ivresse

quand au fond du verre vide

s’installe la tristesse… »

L’homme était un fin gourmet, en fait un vieux soiffard, mais ce jour-là seule sa femme était partie en mer. Ne craignant pas la tempête qu’elle venait déjà d’affronter sur terre, elle emporta en bonne mère sa fille et les gilets de sauvetage que les couples ont percé durant des années, mais qui résistent aux intempéries de la vie conjugale.

Elle tenait la barre comme Sally Mara tenait la rampe chez Queneau, en mer d ‘Irlande. La moule et la carotte ressentirent d’instinct ce que l’on nomme chez les dieux grecs « le coup de foudre ». Bien cachés dans l’épais vêtement de coton, ils firent connaissance et échangèrent un premier baiser, pendant que le cuistot remuait la meute de moules à laquelle il rajouta aïl et persil, ainsi qu’un verre de vin blanc dont il vida la bouteille en la saisissant au goulot, comme il avait fait avec sa femme quand il voulut l’étrangler.

La mère était sur l’océan et la fille maintenait le gouvernail en se jouant des courants de la mode et des vagues pandémiques. Elles songeaient au père, resté sur le continent, et riaient entre elles car le couillon ne savait rien de la préparation des moules de bouchot ni des moules farcies importées d’Espagne. Elles avaient pris la bonne décision. Cependant, elles commencèrent à ressentir la faim. Elles ignoraient tout de la pêche, des appâts, du hameçonnage inter-nautique, du crin (en millimètres), des moulinets, qui ne sont pas des rouleaux à pâtisserie.

Soudain, dans le petit rebond que forme le ventre des retraités, l’homme sentit une agitation qui, ponctuellement, venait en général de plus bas. De fait, la moule et la carotte copulaient , se pensant sans entraves avant le grand acte sacrificiel où tous deux seraient plongés.

Pourtant l’homme se gratta modérément le ventre et reprit sa chanson :

 « comment chasser l’ivresse

quand au fond du verre vide

s’installe la tristesse… »

Il inventa un autre couplet :

« comment aimer la faiblesse

du verre en cristal qui chante

Quand elle inspire la tristesse ? »

Et il sala les moules sacrifiées avec ses larmes d’ivrogne. Quant à la carotte, elle put s’évader avec l’aide d’une échalote qui avait glissé des doigts du vieux marin cuistot.

(Encore une histoire très morale, monsieur, écrite sans doute quand vous êtes tombé du lit?)

24 08 2022

AK

Comment prendre langue avec son chat et lui donner sa déraison

(un récit qui frôle le vérisme)

Une étrange coïncidence. Voici quelques jours, je dînais en Espagne, juste derrière les Pyrénées, dans le village de Sallent de Gallego, des côtelettes d’agneau à la braise délicieuses. Le mauvais temps avait invité les nuages à balayer le ciel. Il faisait bon. La serveuse, jeune comme la plupart des employés de la restauration, souriante. Nous commandâmes repas et boisson. Une fois servis, nous dégustâmes. Je mâchais longuement pour savourer chaque bouchée lorsque soudain je sentis un frôlement sur mon pantalon : c’était un chat. Vous me direz : « et alors ? » Sauf que ce chat était Petit Lion, notre chatte, censée être restée à la maison de l’autre côté des montagnes, avec les trois autres félins qui y résidaient. Copie conforme du même animal : couleur, rayures, longueur de moustaches, ronronnement. J’ai dit à Louisette : « c’est un signe ! Il n’y avait pas de chat dans la voiture, et voici la minette qui apparaît ici, dans ce bled en pleine montagne ! »

Ceci peut paraître absurde, mais toutes les légendes et les frayeurs pour certains quand on parle de Pandémonium ou des neuf vies des chats me sont revenues en mémoire. Que sommes-nous, nous pauvres humains, avec une seule vie barrée de guerres de religions, nous qui avons l’âme affûtée comme un couteau pour mieux nous égorger, et Petit Lion qui passe la frontière, se téléporte et vient se frotter à nos jambes, pas de miaulement, juste la démarche d’un félin qui nous accompagne, nous surveille sans doute et surtout nous prévient : soyez prudents après-demain, sur la route du retour.

Le lendemain, un temps très agréable s’est offert pour nous rendre où je voulais retourner (le balneario de Panticosa, cf article précédent). Une belle journée. De retour au bourg, deux fois le tour pour trouver une place où stationner. La soirée était clémente devant un verre de Sotomano. Bref, le chat avait disparu, et pourtant je restais vigilant quant aux signes de prudence qu’ elle (Petit Lion) nous avait indiqués.

Le lendemain, comme l’avant veille, un temps pluvieux. La nuit suivante, nous écoutâmes de longs discours qu ‘échangeaient entre elles les montagnes, et dont l’écho se répercuta durant trois heures dans la haute vallée de la Tena. Les pics les plus solides semblaient réciter aux enfants de ne pas jeter leurs moraines partout et les petits sommets pleuraient de ne pouvoir jouer à écraser les randonneurs en espadrilles et les moutons en estive.

Après deux nuits très agréables dans un hôtel cosy , il nous fallut rentrer a casa . Passer le col du Pourtalet (1794 m) et redescendre dans la vallée. Cent kilomètres sous la pluie. Les moutons des alpages formant des cercles compacts, pas une tête qui dépasse, juste collés les uns aux autres, attendant que l’orage passe pour retourner brouter en paix. Nous roulions prudemment, sur les conseils de Petit Lion, les essuie-glaces commençaient à crisser entre deux fortes averses, la route s’inventait au fur et à mesure que nous la parcourions. Le pommeau du levier de vitesse me resta dans la main. Puis le caoutchouc de l’essuie-glace principal commença à se déliter. La conduite se fit hasardeuse, mais sur les conseils de Petit Lion nous arrivâmes à la maison sains et saufs.

Louisette ouvrit le portail, sous la pluie. Je garais le véhicule. Petit Lion s’était planqué sous la table de jardin : elle nous attendait. Je l’appelai, mais elle ne réagit pas. J’eus beau insister, elle me tourna le dos, un brin méprisante. Mais lorsque je lui dis « ¡Vamos gatito, déjame darte algo de comer!+ », la minette arriva en riant.

(+allez minette viens que je te donne à manger !)

Je me suis alors aperçu que j’avais en face de moi le chat espagnol, et que le vrai Petit Lion était parti je ne sais où. Dans la boîte aux lettres pourtant il y avait une carte postale. Un tampon et un timbre du Mexique, plus l’empreinte d’une patte de chat. Depuis je rêve de me téléporter…

22 08 2022

AK