Un roman de Mahamat-Saleh Haroun paru très récemment (et encensé sur les ondes publiques nationales) remet cet athlète au goût du jour. Si le bouquin me laisse un peu entre deux eaux, l’aventure de ce nageur est restée dans les annales (articles et vidéos, voir les images et liens). L’histoire est basée sur des faits réels et ne manque pas de saveur, les références aux régimes autocratiques de certains/nombreux pays africains y sont fréquents, teintés de petites expressions/locutions très françaises qui rappellent aussi la culture équato-guinéenne de l’auteur (Tchadien). Mais, étant bon lecteur et très mauvais critique, je laisse la parole aux professionnels (de l’époque) » :
« Le Monde ». Article à lire ici: https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/07/27/jo-de-sydney-2000-l-equato-guineen-eric-moussambani-le-nageur-qui-voulait-maitriser-les-bassins_6089697_3212.html
Il n’avait jamais vu une piscine aussi grande et n’imaginait pas qu’un bassin olympique puisse contenir autant d’eau. Dans quelques secondes, Eric Moussambani va devoir plonger dans cet océan chloré pour affronter le premier 100 mètres nage libre de son existence.
Sur son plot, cet Equato-Guinéen de 22 ans a l’air perdu. Cette épreuve des Jeux de Sydney, le 19 septembre 2000, commence mal, très mal. Les deux seuls autres adversaires alignés pour sa série – un Nigérien, Karim Bare, et un Tadjikistanais, Farkhod Oripov – viennent d’être disqualifiés pour faux départ.
Images :
20 ans plus tard…
Sur la Guinée Équatoriale :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Guin%C3%A9e_%C3%A9quatoriale
(extrait 🙂
C’est un record de longévité politique, hors régime monarchique11.
Manuel Ruben N’Dongo, un opposant équatoguinéen en exil à Paris, qui dirige le collectif des partis démocratiques d’opposition, résume ainsi l’exercice du pouvoir : « Le pouvoir est aujourd’hui entre les mains d’une dizaine de personnes, toutes proches de la famille du président. Vous avez d’un côté le président Teodoro Obiang, sous l’influence de sa femme dont la volonté manifeste est de propulser à tout prix son fils Teodorin Obiang au sommet de l’État. De l’autre côté, Armengol et le général Mba Nguema, les frères du président, qui considèrent Teodorin comme incapable, voire dangereux ».
Le pays, jusqu’alors sans grandes ressources, a bénéficié de la découverte de pétrole dans les eaux territoriales au début des années 199011.
Le pays a connu une tentative de coup d’État en 2004.
Le père et le fils Obiang sont poursuivis par la justice française sur des biens mal acquis, provenant notamment de détournements de fonds publics12,13. Le fils Teodorin est finalement renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris14. Ce procès dit « des biens mal acquis », révélateur du pillage des richesses nationales, aboutit à une condamnation en octobre 2017, en première instance15.
Pour autant, la population de Guinée équatoriale vit dans des conditions précaires. Bata, seconde ville du pays et capitale économique, a été ainsi privée d’eau courante pendant trois semaines en 2019, sans que les autorités s’expliquent sur les difficultés rencontrées.

Ce polar est intense (il est vaudou comme l’esprit qui l’a écrit, intense, corrosif, bref, génial). Le sujet d’arrière plan est le tremblement de terre survenu en 2010 en Haïti. L’intrigue est excellente, mais motus!
Sur l’auteur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Gary_Victor
Et puis, pour se détendre, le bêtisier des Pieds sur Terre de ce jour :
Oubliez un peu la guerre en Ukraine, et dénouez ces liens joints à cet article. Un peu de calme et de paix, au moins le temps d’une sieste , une petite ronflette sans vrombissements de bombardiers.

Extraits de poèmes tirés du site : https://www.babelio.com/auteur/Pier-Paolo-Pasolini
Je suis une force du Passé
Je suis une force du Passé
Tout mon amour va à la tradition
Je viens des ruines, des églises,
des retables d’autel, des villages
oubliés des Apennins et des Préalpes
où mes frères ont vécu.
J’erre sur la Tuscolana comme un fou,
sur l’Appia comme un chien sans maître.
Ou je regarde les crépuscules, les matins
sur Rome, sur la Ciociaria, sur le monde,
comme les premiers actes de la Posthistoire,
auxquels j’assiste par privilège d’état civil,
du bord extrême de quelque époque
ensevelie. Il est monstrueux celui
qui est né des entrailles d’une femme morte.
Et moi je rôde, fœtus adulte,
plus moderne que n’importe quel moderne
pour chercher des frères qui ne sont plus.
°°°°
Je me lève avec les paupières en feu.
L’enfance blême sous la barbe
poussée pendant le sommeil, sous ma chair
amaigrie, se scrute avec la lumière
fondue dans mes yeux consumés.
Je finis ainsi dans le sombre incendie
d’une jeunesse détournée
de l’éternité; je me brûle ainsi, il est inutile
– si l’on y pense – d’être autrement, d’imposer
des limites au désordre : c’est ainsi que m’entraîne
toujours plus frustre, avec un visage desséché
dans son aspect d’enfance, vers un ordre calme
et fou, le poids de mes jours perdus
en de muettes heures de gaieté, en de muets
instants de terreur…

Pier Paolo Pasolini, portrait datant de 1964. Photo DR/Wikicommons
Pier Paolo Pasolini aurait eu 100 ans le 5 mars. Demeure l’œuvre protéiforme de l’enfant terrible des lettres et du cinéma italiens, dont le meurtre jamais élucidé en 1975 continue de nourrir la légende.
Poète, écrivain, cinéaste, dramaturge, critique, acteur, journaliste, « PPP » a laissé un corpus profus, marqué par la recherche formelle et l’engagement politique. Une sorte d’évangile rédigé par un apôtre agnostique, marxiste et gay...
Suite de l’ article à lire ici : https://www.lorientlejour.com/article/1292828/pasolini-le-poete-assassine-aurait-eu-100-ans.html
https://www.franceculture.fr/emissions/poeme-du-jour-avec-la-comedie-francaise/une-enfant

Moï Lioubov
Je viens à l’instant de découvrir pourquoi les dictateurs ont pris tant de dimension sur l’engeance humaine : ils ont un problème majeur. Ils ont de tout petits zizis. Complexés par la taille de leur quéquette, ils compensent leur atrophie par l’élaboration de missiles qui sont plus rapides que l’éjaculation précoce et la dimension habituelle d’un organe pacifique dans leur caleçon. Ils nucléarisent leur cornichon pour impressionner le monde en le faisant passer pour une courgette ou un concombre (masqué selon Mandryka ). Ainsi cherchent-ils paradoxalement à augmenter leur puissance sexuelle en étendant leur univers psychologique et leurs actes guerriers en compensant militairement leur physiologie, ignorant que même une petite zigounette un tantinet raide peut donner du plaisir, comme le dit le dictionnaire Vidal de 1914. (Comme disait mon grand-père : « dans les tranchées on mettait baïonnette au canon, mais certains ont du être amputés »). Mais j’ai appris bien plus tard qu’il s’était sectionné lui-même quelques phalanges de la main droite pour ne pas être apte au combat, étant incapable d’appuyer sur la gâchette. Il était pacifiste. Il a sauté sur une mine, en Ukraine, dans les années quarante, alors qu’il ne pouvait même plus se servir d’un crayon pour écrire à ses proches parents.
Et toi, Moï Lioubov, petite femme qui dort à mes côtés, avec Koschka notre chat qui nous réchauffe de son poil épais sous la couverture de survie, je sens ton cœur qui bat dans ce souterrain dont les bombes font trembler les parois bétonnées. Pour combien de temps encore, pour combien d’hectolitres de sang versés ? Sous le joug des ambitieux petits zizis aux missiles pleins de ce sperme qui champignonne pour baiser terre et ciel, opacité revancharde sur la sérénité de nos amours, cent Hiroshima, quelques Nagasaki dont même Al- Khwarizmi, l’inventeur de l’Algèbre, ne saurait comptabiliser les morts dans ses calculs universels.
Il ne faut désespérer de rien sinon de nous-mêmes. Cependant, le printemps est là. Il engluera les chars, désamorcera les bombes (les vers de terre gris s’en nourriront), il fera cesser les guerres quasiment fratricides entre peuples voisins. Hier soir, dans le jardin, de petites brigades de bestioles rondes et piquantes sont passées prendre dans les croquettes des chats leur dernier repas. Ils partaient vers l’Est au petit matin, ai-je compris, pour rejoindre les hérissons tchèques, ces croix de lourd métal qui empêchent les chars russes de passer dans les jardins meurtris des villes sous couvre-feu.
Moï Lioubov, je pense ce soir à ce film de Pasolini, « Salo ou les 120 journées de Sodome ». A la critique qu’en faisait alors François Chalais (1976), avec laquelle je ne suis pas du tout d’accord, mais qu’il faut intégrer dans cette petite chronique, film qui résume bien le fascisme des petites quéquettes, à mon avis. Ton bras s’enroule autour de mon corps fatigué, Koschka sur le drap couleur de flamme se lèche. Il fait encore froid mais le printemps est là. Nous sortirons quelques minutes dans les rues, et sur les arbres encore vivants nous verrons les bourgeons peu à peu émerger au bout des branches. Jusqu’au moment où les sirènes retentiront. Nous repartirons nous abriter en courant dans les endroits profonds qui nous sauvegardent, alors que jamais nous n’aurions pensé qu’ils fussent construits pour ça. MoÏ Lioubov, je te raconterai la légende des Walkyries, de la petite sirène d’Andersen, pour oublier quelques minutes les obus qui éclatent. Je sentirai tes doigts, entiers et capables d’appuyer sur la gâchette pour sauver ta liberté.
Alors viendra l’ultime feu d’artifice qui éclairera l’enfance que nous portons, et le vent de l’Histoire à nouveau balaiera de nos mémoires ces massacres sordides et nous pourrons chanter ensemble le renouveau du printemps, le renouveau de la vie.
28 03 2022
AK

Sur Nougaro, ô ô !
Regarde la ma ville.
Elle s’appelle Marioupol,
Plombée, plombée, c’est une nécropole.
Vivre là-dedans, c’est coton.
Les filles qui ont la peau douce
Se battent pour leur liberté.
Dans les abris, la peur tousse.
Pour y dormir, faut se pousser.
Les gosses jouent, mais le ballon,
C’est un missile pas très rond.
Donne-moi ta main, camarade,
Toi qui viens d’un pays
Où les hommes sont beaux.
Donne-moi ta main, camarade.
J’ai cinq doigts, moi aussi.
On peut le croire, nous sommes égaux.
Regarde là, ma ville.
Elle s’appelle Odessa,
C’était un port, un port loin des combats.
Me tailler d’ici, à quoi bon ?
Pourquoi veux-tu que je me perde
Dans tes cités staliniennes ? A quoi ça sert la guerre?
Je verrais toujours de la merde,
Même dans le bleu de la mer d’Azov
Je dormirais sur des millions de morts
Je reverrais toujours, toujours l’Ukraine.
Donne-moi ta main, camarade,
Toi qui viens d’un pays
Où les hommes sont beaux.
Donne-moi ta main, camarade.
J’ai cinq doigts, moi aussi.
On se doit d’être égaux.
Serre-moi la main, camarade.
Je te dis : « Au revoir ».
Je te dis : « A bientôt ».
Bientôt, bientôt,
On pourra se parler, camarade.
Bientôt, bientôt,
On pourra s’embrasser, camarade.
Bientôt, bientôt,
Les oiseaux, les jardins, les cascades.
Bientôt, bientôt,
Le soleil dansera, camarade.
Bientôt, bientôt,
Je t’attends, je t’attends, camarade.
Quatrième semaine de guerre en Ukraine...
Article « La Presse » (avec l’AFP):
(Washington) Moscou n’utilisera l’arme nucléaire en Ukraine qu’en cas de « menace existentielle » contre la Russie, a déclaré mardi le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov sur la chaîne CNN International. (cf article)
Le pays de Gandhi n’en sortira pas grandi !
Je ne sais pas qui au final tirera la queue du chat. Le chat n’en saura rien, il dort sur mes genoux. Tant que ma peau est chaude, tiède, ensuite, coincé dans le deux pièces, une ou deux semaines passeront. Sa faim alors entamera ma chair. Je sais qu’il m’aimait bien de mon vivant, alors, que pourrais-je lui reprocher si j’étais encore vivant, plutôt qu’étendu là , baignant dans le sang sec qu’une semaine entière tache sur le canapé ? Pour tant, je n ‘ai pas l’impression d’être mort depuis que le miroir ne pose plus le reflet de mon visage sur ma gueule. J’ai vieilli, c’est tout. Tous mes amis ont marchandé le temps qu’il leur restait à vivre et certains s’en sont sorti, mais à quel prix ?
J’ai laissé la fenêtre entrouverte. Elle donne sur les toits. Avant, j’y piégeais mon nez pour regarder la ville. J’aimais compter les grues. Celles qui érigent de nouvelles murailles. J’aimais aussi regarder les moineaux friquets picorant les miettes que je balançais dans la gouttière, mais que souvent le chat chassait. Voir la vie devant mes yeux sans tirer la queue du chat, c’était vivre tranquillement sans se préoccuper du reste. Le monde était loin, avec ces plaies ouvertes, de notre quotidien , ici. Pourtant, ce n’est pas mon chat qui aujourd’hui griffe la porte de mon logis. Ce sont les éclats d’obus qui s’impriment dans ma mémoire.
23 03 2022
AK

Ce matin j’ai vu un chat traverser la rue
Une voiture l’a évité, d’extrême justesse.
Ce matin j’ai surpris un lièvre surgi
De son terrier ; un chasseur l’a manqué.
Ce matin j’ai vu des mères et des enfants
Qui fuyaient. La guerre les a tous écrasés.
Ce matin j’ai eu du mal à me regarder
J’avais perdu l’image de qui j’étais, avant
Étais-je un chat, un lièvre ou un humain ?
Ce matin j’ai compris une chose : naître rien
C’est assouvir son besoin d’exister en n’étant rien
Ce matin je suis parti caresser la mer
En regardant jouer le chat et le lièvre
Ce matin sur la plage il y avait des filets
Rouges, comme les répandent les assassins
Le matin, quand les chats et les lièvres crèvent
Entre mes bras nus qui n’ont su que se taire .
22 02 2022
AK
Poème tiré du site : https://www.poemes.co/
Jacques Audiberti est un poète et écrivain français né le 25 mars 1899 à Antibes et mort le le 10 juillet 1965 à Paris. Audiberti a été principalement influencé par les écrits de Victor Hugo et Stéphane Mallarmé. Le symbolisme et le surréalisme l’ont également influencé. Il a développé à travers ses poèmes un langage très viscéral et mélodieux. La plupart de ses thèmes oscille la polarité et la simultanéité du bien et du mal.
Qui frappe ? Encore les voisins,
le cinéma, les bons apôtres…
Tirez-vous donc, bande d’oursins !
Elle avait mes yeux, pas les vôtres.
Vous n’allez pas m’expliquer, vous,
le goût de soleil de sa bouche,
ses pauvres bras, ses cheveux fous.
Un trésor, c’est pour qu’on y touche.
Nous, la zone, ne possédons
pour tout charme et toute rapaille,
que le regard de nos lardons,
leur odeur de sucre et de paille.
D’abord, et d’une, on m’acquitta.
Laissez cette bon Dieu de porte !
Ils savent bien, ceux de l’Etat,
qu’il faut à tout prix que ça sorte,
et que ça pète quelque part,
même sur le dos d’un moustique.
Le populaire désespoir
rejoint la haute politique.
…
«Clic. Clac. Clic. Clac. Comme une abeille
«le fouet pi… que le cheval…
«Zut ! J’ai renversé la bouteille.
«Maman ! Ne me fais pas de mal !
«Tu vas encor te mettre en nage.
«Aï ! Maman, ne m’esquinte pas.
«Qui t’aidera pour le ménage
«Au revoir !. Embrasse papa…»
Va-t-en ! Va-t-en ! Fumier ! Salope !
Crève encor un coup si tu peux !
Tu me fouilles… Tu m’enveloppes…
les enfants, ce que c’est pompeux !
Comment veux-tu que je supporte
ton nez, tes dents comme du riz,
vingt kilos de lumière morte,
toi, méchante, qui me souris.
Il n’est pas un homme, ni même
quelqu’un de plus qu’un homme, qui
reçut un plus lourd diadème
que moi Zoé, sentier Blanqui.
Sous ma robe de pourpre immonde,
mon voile d’or sinistre à voir,
je suis la reine de ce monde.
Je suis la peine sans espoir.

« Métro 1925 (tiré du site : http://www.poesie-fertile.fr/)
.
De métriques vagins me conçurent. Je puis
moi, Proserpin, prôner plus d’un amour de puits.
Sur la montagne des virages vient, gobée,
la crispante balance où s’embrase une baie.
De rectitude, puis, dévoré, je parcours
mes tubulures pullulant de jupons courts,
de bustes clairs, rythmés par les feux de la voûte
où l’homme me gémit dans le chaud qui l’envoûte.
Le coin nocturne des correspondances, dont
l’odeur est celle du choix même qu’un lardon
fait de son sexe dans la truite qui l’accueille,
tourne vers moi sa tête exquise. Un bruit de feuille
accouple, sur les flancs, merles et baleineaux
quand, plus fier que le fiel hors des pâles canaux,
ailé de noirs buccins, lourd d’ampoules en grappes,
je surgis du Barbès pour éblouir les frappes. »
.
Audiberti « Race des Hommes » (1937).
On vit vraiment une époque formi-diable !
Durant la pandémie du Covid sont apparus des spécialistes de la Santé, que sans nul doute les médias allaient chercher dans les couloirs ou les bureaux des hôpitaux dans lesquels ils officiaient dans leur cadre spécifique, autant sanitaire qu’administrative. Ils ont envahi les plateaux télévisés, les radios, chacun portant son diagnostic sur la pandémie, à un point tel que plus aucun citoyen ne pouvait en tirer la moindre conclusion, ou en créer un minimum de compréhension scientifique pouvant influer sur un avis personnel. Le professeur Raoult fut un de ces Diafoirus, sachant (par ailleurs) que cette maladie, une grippette, n’avait rien d’imaginaire . Tous ces toubibs passés sur les plateaux furent les premiers à collationner des idées qu’ils placèrent pour la plupart d’entre eux dans des bouquins, ou entrèrent en politique (Juvin). Pour les sincères, ceux qui intervenaient pour rendre efficaces les méthodes et les approches quant à la pandémie, je les compte sur deux doigts de mes mains, y compris les pouces de mes pieds. Petit break avec l’élection présidentielle. Enlevez le masque pour voter à l’air libre, pour vérifier votre identité. Bon, OK .
Étendez-vous sur le canapé. La guerre en Ukraine génère en vous un mauvais stress ? Comment, madame, monsieur, vous avez deux enfants adultes pouvant être mobilisés en cas de troisième guerre mondiale ? Pas d’inquiétude : nous suivons la guerre d’heure en heure, sur toutes les chaînes d’infos en continu, et d’autres émissions nationales plus courtes. Nos intervenants sont triés sur le volet, voire sur le parapluie nucléaire (quand la France testait la bombe atomique en Algérie puis à Mururoa). Ainsi de vieux galonnés militaires, tout comme les toubibs, nous racontent des stratégies erronées avec les mêmes mots sur toutes les chaînes où ils sont invités, alors que les journalistes et certains spécialistes de la société civile, dont c’est le métier, nous informent intelligemment. A chacun d’en faire son bâton de pèlerin. Bref :
« La guerre, c’est une chose trop grave pour la confier à des militaires. ~ Georges Clemenceau «
La révolution orange de 2004 est aujourd’hui d’un rouge sang. Un dictateur tire la langue à l’Occident et utilise toutes ses armes (mensonges inouïs, armes hyper-sophistiquées, menaces nucléaires, jusqu’à en faire dégringoler l’ISS , menace de trancher les câbles sous marins des réseaux numériques, raser l’Europe avec ses missiles supra-soniques…).
Pour ce qui est du peuple russe, en tant que tel, et pour avoir pris le Transsibérien en 1978, je comprends cet encloisonnement dans l’idéologie poutinienne. Tous les médias dits libres ont fermé boutique, plus rien ne filtre qui ne vienne que du pouvoir en place. Toute manifestation est réprimée férocement (jusqu’à 15 ans de prison).
Petit souvenir perso :
Quand nous sommes arrivés à Moscou, ma compagne et moi, il y avait beaucoup de monde sur le quai. Mais un type est venu de suite nous récupérer, nous a fait monter dans un taxi qui nous a amenés direct dans un grand hôtel du centre.Il devait être 16 h environ. Nous en avons profité rapidement pour visiter les alentours (la Place Rouge et ses abords). Bon, cela n’intéressera personne, alors je m’en amuse : les prestations de cet hôtel « de luxe » (repas, boissons…) étaient au-dessus de nos moyens. Nous avons fait un tour dans la ville et trouvé dans une épicerie, parmi les rayons dégarnis, ce que nous avons mangé le soir dans notre chambre : une boîte le pilchards. Le lendemain matin, un taxi nous mena à la gare de départ du transsibérien. Une babouchka par wagon, qui servait de temps en temps du thé, mais dont le rôle principal était avant tout de surveiller les passagers. Russes comme étrangers, durant une douzaine de jours, où le train changeait, à Khabarovsk, et où montaient un bon gros paquet de japonais venus certainement faire des affaires entre Oulan Bator et ce qui était encore l’URSS. Cela pour dire que le peuple russe est soumis depuis des décennies aux petits pères (de Staline à Poutine).
……….
Pendant que l’œil de Moscou
Inondait ses faux cils
D’un rimmel incivil ,
Noirs et criminels les missiles
Pleuvaient à verse sur la ville
Marioupol pour ne pas la nommer,
Le marteau et la faucille
Plantés sur le tapis sanglant
Tous ceux qui voulaient vivre
Jeunes, vieux aux allures de revenants
Fuyaient cette effroyable réalité
Alors, où aller depuis que Dieu est mort
Quel Diable inflige encore aux hommes, aux femmes
Et aux enfants l’impunité d’un monstre
L’œil était dans la tombe et regardait Caïn.
Dans sa rétine poutinienne se reflétait le Kremlin,
Et Nathalie, la place Rouge, les cris des gamins
Autres guides innocents qu’aurait chanté Bécaud,
Un seul paria vous menace et tout est dévasté.
20 03 2022
AK

A lire, cet article de REPORTERRE paru ce jour
Début de l »article ;

La caste des oligarques russes incarne le capitalisme dans ce qu’il a de plus prédateur. Avec leur mode de vie ostentatoire et leurs investissements dans l’industrie extractive, ces ultrariches ravagent la planète sous le regard complaisant des élites occidentales.
C’est une image qui préfigure les prochaines crises climatiques. Les ultrariches refusent d’affronter l’Histoire et préfèrent faire sécession. Alors que la guerre fait rage en Ukraine et que le bas peuple s’écharpe sous les bombes, les oligarques russes fuient la tempête à bord de leurs yachts et de leurs jets privés, en quête d’eaux turquoise et de terres plus hospitalières. Face à la menace d’une saisie de leur fortune, en Occident, les milliardaires russes se planquent dans les paradis fiscaux. Comme l’écrivait le philosophe Bruno Latour [1], « à défaut d’atterrir, les ultrariches tentent d’échapper au monde commun ».
la suite (effarante) est à lire ici : https://reporterre.net/Comment-les-oligarques-russes-detruisent-la-planete?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=nl_hebdo


Commentaires récents